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Vincent Mangematin » …l’anosmie est une maladie invisible »!

Ajouté par , Le mai 1, 2017 , dans Beautiful & Zen, Santé

Vincent Mangematin est docteur en sciences de gestion. Il est professeur en management stratégique et directeur de la Recherche à Grenoble Ecole de Management. Ses recherches s’intéressent aux phénomènes émergents pour mieux comprendre comment les entreprises créent de nouveaux business models, valorisent les activités quand les marchés sont évanescents et bénéficient des transformations liées à l’économie digitale. Il s’intéresse particulièrement aux évolutions de l’industrie pharmaceutique et aux secteurs du bien-être.

UFFP s’est entretenue avec lui pour parler de cette Chaire sur l’Anosmie

 

Agence Prisme

Agence Prisme

Entretien avec UFFP: 

 - Nous connaissons l’Anosmie notamment suite aux traitements thérapeutiques relatifs au cancer, s’agit-il de ce type d’Anosmie ou pas?Il existe une anosmie congénitale qui reste très rare et une anosmie qui se déclenche suite à un choc, à un traumatisme ou autre. On connait très mal l’anosmie et ses déclencheurs. On sait aussi que la perte de l’odorat et du gout est lié au vieillissement. Comme on perd l’ouïe, comme on a besoin de lunettes, on perd le gout et l’odeur. Mais il n’existe pas de prothèse olfactive pour l’instant. On a une idée plus précise des conséquences de l’anosmie, notamment en termes d’isolement, de dépression.

- Comment les patients ou sujets vivent cette problématique au quotidien ?

L’anosmie est un handicap. Comme tous les handicaps, il y a des conséquences directes et indirectes. Le gout et l’odeur sont très liés au plaisir et à la socialisation. Ils sont aussi des sens essentiels pour vivre en sécurité et se sentir bien avec soi-même. Les conséquences directes de l’anosmie sont donc une privation de certains sens et une vie plus difficile, moins agréable, des difficultés relationnelles et une exposition plus forte au risque. Les conséquences indirectes sont souvent la dépression, l’isolement et le repli sur soi. L’anosmie est un handicap invisible et méconnu. Cela renforce l’isolement et le repli par un sentiment d’abandon. Peu de médecins connaissent l’anosmie, il n’y a pas vraiment de traitement, pas d’outils de test ou de diagnostic et pas de prothèse (comme les lunettes par exemple).

- Aujourd’hui, cette problématique ne semble pas inquiéter outre mesure les services de santé, comment se fait-il?

L’anosmie est une maladie invisible. C’est une des raisons pour lesquelles les services de santé l’ignorent. Comme on ne dispose pas de diagnostic de l’anosmie, on ne peut pas mesurer précisément la population concernée. On ne traite que les effets secondaires, qui témoignent de la souffrance des anosmiques et qui ont un coût énorme pour la société. La création de la chaire « Rendre visible l’invisible » a pour objectif premier de sensibiliser la population, les services de santé et les pouvoirs politiques. Il s’agit d’accompagner la prise en de conscience de ce qu’est l’anosmie et de ces conséquences. Dans un second temps, la chaire propose de mieux saisir l’ampleur du phénomène pour mobiliser toutes les énergies pour mieux prendre en compte ce handicap. Enfin, la chaire travaille avec les apporteurs de solution pour réfléchir aux usages des prothèses olfactives.

- Quels sont les dangers? Parlez-nous des dangers, des défis?

Les dangers principaux de l’anosmie sont liés à la perte de l’odorat et donc aux dangers associés qui peuvent être détectés et prévenus par l’odeur. Les dangers indirects sont liés à la dépression et à l’isolement qui sont souvent consécutifs au fait que les personnes anosmiques ne peuvent pas se sentir et ont ainsi plus de difficultés à aller vers les autres.

- La Chaire, pour sensibiliser oui mais qui et pourquoi les industriels? Et pas plutôt les autorités de santé, le gouvernement?

La chaire « rendre visible l’invisible » s’adresse en premier lieu aux anomiques. Nous travaillons avec eux plusieurs dimensions : une prise de conscience de l’existence de l’anosmie par l’ensemble des « audiences » (grand public, corps médical, professionnels de santé, pouvoirs publics), un meilleur diagnostic pour mesurer précisément l’ampleur du phénomène et un travail sur l’usage de prothèses olfactives.

- Quel est le défi pour vous aujourd’hui?

Trois grands défis

-          Mettre l’anosmie en lumière pour que ce handicap devienne un enjeu dans le débat sociétal

-          Imaginer avec les anosmiques un moyen de rendre visible le handicap pour améliorer sa prise en compte

-          Mesurer l’ampleur du handicap et accompagner le développement de solutions pour une population en souffrance


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