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Meriem Boussikouk  » j’ai grandi dans les étoffes, les aiguilles et le travail traditionnel » !

Ajouté par , Le juin 25, 2012 , dans Créateurs éthiques, Fashion & Trends


De notre envoyée spéciale à Dakar, Fériel Berraies Guigny

 

 

Texte et photos DR UNITED FASHION FOR PEACE TOUTE REPRODUCTION INTERDITE

UFFP a rencontré la talentueuse créatrice marocaine, Meriem Boussikouk à la Dakar Fashion Week en juin 2012, cette designer renommée qui vient de faire le Caftan 2012 à Marrakech, nous confie son amour du bel ouvrage, pour un des vêtements emblématique de son pays : le Caftan.

Designer marocaine spécialisée dans le Caftan, depuis 1993 elle fait du Caftan alors qu’elle était encore étudiante en école de Mode. Quand sa mère couturière  décède, elle reprend le flambeau avec sa tante. Meriem Boussikouk a fait sa formation à l’école Crévogue, filiale italienne qui a une représentation au Maroc. C’est là qu’elle optera pour une filière dans la gestion modélisme et marketing. Au début Meriem Boussikouk commence par faire du prêt à porter, mais très vite elle est saisie par le virus du Caftan » j’étais fascinée par la Haute Couture et le Caftan car ma mère qui était couturière, en faisait beaucoup » nous explique t elle.

L’amour du Caftan a fini par l’emporter et  Meriem Boussikouk se lance  dans cette confection du caftan  » qui est aujourd’hui une vraie mode, revisitée par tant de grands créateurs occidentaux » ajoute telle.

Le Caftan un incontournable intemporel

Toutes les techniques sont bonnes, le Caftan n’a de cesse d’être revisité au niveau de la coupe, du choix des tissus, des accessoires et des broderies. Il y a aujourd’hui, beaucoup d’innovations  » on fait même de l’insertion dans les ceintures avec de la dentelle métallisée, c’est une première au Maroc et c’est moi qui l’ai introduite » ajoute la designer. C’est une technique qui vient de France, découverte par un physicien qui utilise toutes les matières, même des insectes et on peut en faire des bijoux. Meriem Boussikouk a choisi de faire des ceintures par cette technique, avec de la dentelle pour parvenir à ces formes que l’on ne peut pas obtenir avec les bijoutiers de son pays. Le rendu est magnifique car le Caftan finit par absorber toutes les nouveautés au niveau des matières et des accessoires.

Du classique Caftan avec la robe, la ceinture et les manches longues on arrive à jouer sur la coupe » on aime beaucoup aussi les corsets européens que l’on travaille aussi » explique telle,  le caftan fascine même les jeunes car on a fini par le moderniser  » et dans un caftan on se sent toutes princesses, même les femmes qui ont un physique difficile se sentent belles dans un Caftan » ajoute Meriem Boussikouk.!

Le caftan cache les formes, ronde ou pas, le Caftan sublime. C’est véritablement un effet de mode qui n’est pas prêt de cesser, ajoute la designer marocaine.

 

Valoriser le travail des Maalems  » artisans du Caftan

Les tisserands il y  en a de moins en moins, et leur travail rend le Caftan cher, pourtant c’est une partie du patrimoine que Meriem Boussikouk tient à préserver. Mais il est vrai aussi, que le gouvernement actuel et le Ministère de la Culture a une politique destinée à  valoriser l’artisanat marocain. Il y des exonérations d’impôts vis-à-vis des artisans pour les encourager. Ils ont même fait construire des centres de formation professionnels, ajoute t elle. Ce qu’il faut savoir, c’est que derrière le Caftan, il y a plein de petits métiers dont les menuisiers, les brodeurs, les tisserands, ceux qui font les akaads cad les boutons de la ville de Sefrou, ce sont les meilleurs. Puis il y a les galons, les sfifas qui sont tissées à la main, ou encore l’artisan qui fait le motif pour les fils d’or qu’il tord d’une certaine manière. C’est tout un Art séculaire !

Une prédilection pour la dentelle

Meriem Boussikouk aime incorporer la dentelle dans ses collections  » je trouve cela très sensuel » et cela confère surtout un caractère précieux au Caftan. Cela donne une Classe folle au Caftan, tous les matériaux nobles y sont invités, les satins duchesse, les soies, les tissus rigides comme le brocard avec les motifs brodés, comme ceux des tissus d’ameublement   » on fait cela avec les caftans de la mariée de Fès » nous explique t elle. L’économie du Caftan a toujours existé au Maroc  » et ce, du temps de nos parents, à Marrakech, Fés, Essaouira »  ajoute telle; du temps des parents de Meriem Boussikouk d’ailleurs. Dans les anciennes Médinas il ya toujours eu le quartier des artisans et des couturiers du Caftan. Ceux qui font les Djellabas et toutes les tenues traditionnelles du pays.

 

Le Caftan se modernise

De plus en plus, de nouveaux designers sont en train de changer le Caftan en modifiant les coupes, le rendant plus léger, plus moderne et plus portable  » cela a crée de l’emploi à ce niveau là  » explique la créatrice. Le domaine est porteur » mais les vieux artisans malheureusement ont dépassé l’âge, et  ils n’ont pas  assuré de relève non plus. C »est dommage mais c’est ainsi, les modes  changent et  puis il faut de la patience, c’est un métier qui demande d’être assis toute la journée à travailler » explique meriem. Il faut être passionné pour travailler dans le domaine !

Malgré les périodes creuses, l’artisanat du Caftan reste un domaine porteur que seuls certains privilégiés ont l’honneur de pouvoir exercer.

 

Découvrez l’une de ces privilégiés Meriem Boussikouk !


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