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Bouhamed Nessrine » une Nouvelle Tunisie est en train de naître en même temps, qu’une nouvelle Moi » !


Bouhamed Nessrine » une Nouvelle Tunisie est en train de naître en même temps, qu’une nouvelle Moi » !

 au sommet de la montagne Chaanbi (randonnée) (1)

Au Sommet du Mont Chambi, là où nos valeureux militaires ont été assassinés l’été dernier, paix à leur âme !

Elle est fille du jasmin, elle est jeune et belle, elle est engagée. Elle a été marquée par la vie, mais elle est résiliente et combattive. Cette UFFPienne de Sfax aime son pays, sa région, sa planète. C’est une femme émancipée, et elle l’assume dans un pays et une ville qui a du mal à digérer tradition et modernité au féminin. Mais les tunisiennes ne sont pas prêtes à capituler.

Par Fériel Berraies Guigny

Nessrine Bouhamed fut une magnifique rencontre humaine durant notre séjour sfaxien. Jeune femme militante, engagée pour sa région, pour l’environnement et pour le droit des femmes, actuellement en recherche doctorale sur la problématique des transports à Sfax et la pollution de l’air. Nessrine, depuis son plus jeune âge,  est très proche de toutes les problématiques en rapport avec le développement durable, un concept qui reste malheureusement incompris dans un pays qui traverse une très lourde crise post révolution. Dans une ville comme Sfax, premier poumon économique du pays, les considérations sociétales et environnementales ont très peu droit de cité. Il est d’ailleurs surprenant de parler de  Sfax comme le poumon économique de la Tunisie alors que les plans d’aménagement urbain ne favorisent pas l’aérologie de la ville et négligent les espaces verts !! Et malheureusement, c’est une situation qui s’aggrave et qui menace la durabilité de cette ville côtière… et la santé de ses citadins.

1er anniversaire de la révolution à SidiBouzid avec mère de Bouazizi (1)

1er anniversaire de la Révolution, Nessrine en compagnie de la Mère de Mohamed Bouazizi ( le jeune qui s’est immolé, l’étincelle de la révolution du jasmin ) !

Pourtant des personnes averties, conscientes des dangers terribles, tentent d’être « les gardes fou » Nessrine Bouhamed fait partie de ces femmes qui veulent changer les lignes, malgré les tabous et les carcans conservateurs. UFFP vous fait découvrir cette jeune femme qui a vécu la transition de son pays, minutes après minutes.

Entretien avec UFFP :

1) Parlez-nous de votre parcours?

Après des études à l’Institut des Hautes Etudes Commerciales de Sfax IHECS, j’ai obtenu une maitrise en Marketing en 2009. Une période de quatre ans assez difficile, car j’étais non boursière et faisais 40 km de parcours journalier dans des transports en commun, où parfois la promiscuité était intolérable. Il faut savoir que Sfax est très mal dotée en transports en communs et pour les jeunes filles, cette situation pouvait parfois les exposer à certaines nuisances… deux stages dans deux des entreprises les plus attractives pour un étudiant avec zéro expérience.. Je devais pratiquer ce que j’avais appris en marketing théoriquement pendant deux ans, je m’étais intéressée au service marketing de l’entreprise CHAHIA (Société spécialisée dans l’élevage, l’abattage, la découpe, le conditionnement, la distribution de volailles de qualité) et avec toute l’équipe marketing, j’ai élaboré un processus de conception et de développement de nouveaux produits CHAHIA lancés en 2007. Puis, attirée par le domaine GRH surtout s’agissant des droits de travailleurs et des conditions de travail, j’ai pris la décision d’effectuer un stage de 2ème cycle au sein de l’entreprise SICERAM (Société industrielle de céramique) Et là j’ai élaboré le bilan social de 2008 de cette entreprise avec l’équipe du service ressources humaines. Enfin, j’ai clôturé ces quatre ans avec un mémoire dans lequel, je m’intéressais de très près au concept du développement durable.

avec drapeau de la Tunisie

Vive la Tunisie !

Développement durable, en Tunisie ?

Oui je voulais tenter de comprendre et étudier les implications stratégiques de cette notion dans l’entreprise tunisienne. Ensuite, et par volonté d’approfondir mes recherches dans ce cadre, j’ai orienté mes travaux de recherche de mon master sur les effets du transport urbain sur la qualité de l’air en choisissant l’espace sfaxien comme terrain de recherche. Le Développement durable est l’objet de la thèse que je viens de commencer. En fait au-delà de la théorie, il m’importe de tenter d’aborder des questions négligées et d’essayer d’y apporter des réponses en faveur de ma région et de mon pays. Effectivement, quand on dit développement, on ne désigne pas seulement la croissance économique de point de vue quantitatif ; en effet, le développement recouvre plusieurs sens et doit être considéré comme quelque chose d’orienté et finalisé. Et pour qu’un développement soit durable, il doit conduire obligatoirement à un équilibre entre le bien être matériel, bien-être social et qualité de l’environnement, non seulement en faveur des générations actuelles mais aussi pour les générations futures. Malheureusement, la situation du système de transport est entrain de générer des couts pour la collectivité et principalement les couts environnementaux.. Et là, toutes les parties prenantes Etat, ménages, entreprises, associations, municipalités doivent être conscients du danger qui n’est peut-être pas visible aujourd’hui.

marche Sfax-Tunis à pieds. au palais présidentiel (1)

Marche écologique Sfax Tunis et réception au Palais Présidentiel

Le développement durable c’est à la fois une mentalité, un mode de vie et de consommation, un mode de production, encore plus loin c’est toute une stratégie qui permet d’une part de satisfaire les besoins des générations actuelles et futures. Le concept de développement durable n’est même pas connu pour la plupart des personnes et à travers les entretiens que j’ai fait avec des PDG d’entreprises tunisiennes,  j’ai constaté que presque tous les interviewés n’entendent pas parler de cette notion ! Pour eux, le développement c’est se focaliser à maximiser la rentabilité et les bénéfices de l’entreprise.. Cette responsabilité sociale manque énormément à nos entreprises en Tunisie notamment les PME qui ignorent l’intérêt direct de ce concept. Il faudra beaucoup d’efforts pour expliquer, sensibiliser et convaincre tous les agents de s’engager. Tout le monde est concerné et si on veut bâtir une nouvelle Tunisie démocratique, ceci ne passera jamais sans mettre une stratégie de développement durable

Vous vous intéressez à la question du développement durable à Sfax ? Quelles sont les problématiques de la région? 

Comme vous le savez, Sfax est une grande ville,  parmi celles les plus urbanisées et industrialisées en Tunisie et constitue un pôle économique hyper important. Apparemment cette dynamique économique aurait dû amener la multiplication des besoins de mobilité des personnes. Mais c’est l’inverse ! Il y a une insuffisance des infrastructures qui n’ont pas suivi l’évolution des déplacements, un réseau de voierie incapable d’absorber toute cette circulation accrue.

Au contraire, de fait, on observe des conditions de transport dégradées de manière significative, un envahissement de la voiture particulière, une absence de politique de stationnement, une défaillance des transports en commun, la qualité médiocre des chaussées et leur étroitesse flagrante, 85% des sections correspondent à des chaussées dont la largeur ne dépasse pas les 7m.  Tous ces phénomènes ont mené la ville à un état de saturation et engorgement de la circulation et à une consommation énergétique massive. Au centre-ville surtout, le bruit venant de la circulation est insupportable de même que la pollution de l’air qui provient des échappements des véhicules.

Sfax une ville qui s’auto asphyxie devant l’indifférence ?

Oui, c’est réellement inquiétant, et au-delà du réchauffement climatique actuel et confirmé à Sfax si l’on examine les températures de l’air enregistrées ces dernières années, on souffre à la fois de la pollution industrielle atmosphérique, avec des groupes industriels qui sont implantés encore dans un milieu urbain où habitent pas mal de citoyens qui respirent cet air pollué, mais aussi de la mauvaise gestion des déchets qu’ils soient domestiques ou industriels.

Le tout industriel qui amène aussi une urbanisation massive et sauvage ?

Actuellement, les plans d’aménagement urbains ne favorisent pas l’aérologie de la ville et négligent les espaces verts…La situation s’aggrave de plus en plus et menace la durabilité de cette ville côtière. La mauvaise desserte, précisément du Grand Sfax, est flagrante, il n’y a pas un parc automobile renouvelé d’une part ; ensuite l’accélération urbaine et la croissance démographique laissent présager le pire, les routes souffrent d’un encombrement insupportable ; et puis il y a la concentration des activités économiques dans le centre-ville liée évidement à une centralisation de la population dans un espace géographique limité autour du centre. C’est ce qui paralyse effectivement la circulation notamment sur les axes qui mènent au centre-ville. Même les indicateurs de parcours journaliers publiés reflète que la circulation routière est souvent freinée et que le trafic est congestionné même hors des heures de pointe. Voilà donc un système de transport déséquilibré et plein de dysfonctionnements.

Que faire ?

Je pense que les solutions existent mais elles nécessitent une volonté politique et ensuite une priorisation budgétaire pour les accomplir sérieusement. Pour l’instant, malheureusement pour nous, Sfax n’est pas dans les priorités, du reste notre pays est dans « un tel chantier » qu’il est difficile je pense de prioriser aujourd’hui.

La Tunisie sort d’une période de transition ou pas mal de droits auparavant acquis ont été gravement atteints, lesquels ?

 

Qu’est ce qui a vraiment changé en Tunisie depuis la révolution ?? Une question qu’on se pose quotidiennement…

En fait, C’est vrai qu’avant le 14 janvier 2011, tout était contrôlé tout était interdit, on était un peuple soumis. Mais depuis la révolution du jasmin et la fuite du président Ben Ali, beaucoup de changements ont vu le jour: la sphère politique est désormais ouverte à tous, en matière de liberté aussi, il y a eu d’importants bouleversements: la liberté de parole et d’expression, y compris la liberté de critiquer le gouvernement, sont devenues une réalité.et il existe maintenant une société civile active avec plus de libertés associatives. Les associations fleurissent un peu partout et enrichissent le paysage civique On jouit actuellement des droits de grèves,  de protestation…etc.

La Société civile a repris le flambeau au fond  

C’est la société civile qui représente la plus grande avancée de la révolution et sa présence est l’un des acquis les plus solides dans l’ère postrévolutionnaire. Une société civile active ne peut plus faire défaut à la Tunisie. La chute de Ben Ali a apporté la dignité et la liberté. Toutefois, reste le pain et le travail. Ce combat-là ne se règle pas en une journée. En tant que jeune femme qui a pris une part active à la révolution, il faudra toujours poser la question : où on va avec ces droits nouvellement acquis? Quelles sont les priorités pour aller dans le bon sens, le concret, le pragmatique.

 La Tunisie a besoin de la participation de tous, quelle que soit leur idéologie. Pour parvenir à une vraie démocratie, il faut trouver un terrain d’entente entre tous les Tunisiens, une plateforme qui offre à tous l’occasion de contribuer au développement du pays mais qui, en même temps, respecte les croyances et les idées de chacun.

Il faut encore bâtir l’avenir et c’est à nous, les jeunes, qu’incombe cette tâche. Les signes d’espoir sont manifestes…

 

Pour des jeunes femmes comme vous qui veulent affronter ces problématiques quels sont les défis au quotidien? 

J’essaye toujours d’appliquer les principes de développement durable dans ma vie quotidienne, j’apprends à bien exploiter mes ressources financières, je me sens responsable lors de ma consommation des énergies eau électricité chauffage…etc. , j’ai l’habitude quotidiennement de faire une marche à pieds au lieu de démarrer la voiture surtout quand il s’agit de petits parcours, utiliser la plupart des cas le bus commun, j’apprends aussi par exemple comment être plus solidaire avec les autres comment lutter contre les discriminations et avoir une bonne citoyenneté et respecter de la diversité idéologique des personnes … etc. Puis j’essaie de convaincre mon entourage, ma famille, mes amis de l’importance de respecter telles pratiques qui sont simples et faisables mais qui comptent beaucoup pour notre avenir.

J’ai participé à de nombreuses campagnes de nettoyage et de sensibilisation sur la propreté de la ville de Sfax afin d’inciter les gens à changer leurs modes de vie et surtout de respecter l’environnement. J’ai également participé à des événements nationaux tel que le 2eme forum citoyen pour l’environnement » qui s’est tenu en juin 2013 à Tunis et qui a traité la problématique de «L’environnement : la cause oubliée de la transition démocratique »

Et j’ai complété ma formation en apprenant à prendre la parole en public pour mieux convaincre les autres d’adopter une telle idée ou principe .. Des investissements personnels avec plusieurs instituts et associations tel que CREDIF et NDI….etc.

Chaque jour, je confronte des défis dans ce sens et j’essaie de réagir rationnellement tout en mettant en exergue les principes que j’apprends continuellement… 

Vous avez participé à une marche écologique l’année dernière, parlez-nous de cette expérience?

De 2011 à 2013, j’étais membre dans un club de sports de nature SOS (Sfax Outdoor Sports), on pratique tous ce qui est sports d’escalade, spéléologie, camping, randonnée, marche à pieds.. etc et j’avais l’occasion de participer avec un groupe de jeunes à une marche écologique de Sfax à Tunis à pieds en mars 2013. Une aventure inoubliable qui a duré 9 jours y compris un jour de pause à Sousse. Cet événement a fait un buzz médiatique extraordinaire et les gens étaient très chaleureux avec nous….et c’est vrai que c’était un événement sportif par excellence pour sensibiliser le tunisien et attirer son attention sur l’importance de la marche à pieds comme étant un mode de transport silencieux, non polluant et efficace pour désencombrer les rues. Il était aussi un message touristique projetant une image d’une Tunisie agréable renouvelée attractive et surtout là où on peut se déplacer en toute sécurité et sans risques.. Par ailleurs, cette marche avait une dimension culturelle puisqu’on a visité les patrimoines historiques les plus célèbres dans notre beau pays : Sousse Carthage Tunis etc. c’était aussi un appel pour intégrer la ville traditionnelle de Sfax au patrimoine culturel de l’UNESCO. Cet événement a été couronné par une réception de Mr le Président Mohamed Moncef Marzouki au palais présidentiel de Carthage un grand merci pour lui.. je suis fière vraiment d’avoir participé à une telle initiative..

 

Pour vous, quels seraient les principaux axes  pour une Tunisie durable?

Merci pour cette question ! D’abord, j’insiste sur le fait que cette question délicate doit obligatoirement et sans exception, mobiliser tous les acteurs du pays, qu’ils appartiennent à l’administration, au monde associatif, de l’entreprise, de la recherche ou encore à la société civile. Ainsi bien entendu que les décideurs économiques et les hommes politiques.  On a de la chance, nous les générations post-révolution, de vivre dans un environnement propice pour la démocratie, l’innovation, la liberté d’expression, mais si on ne profite pas comme il faut de ces acquis on ne pourra rien changer.

 Pour une Tunisie durable on doit mettre fin au phénomène de la centralisation, il faut planifier une croissance économique mais en parallèle socialement et écologiquement soutenable, on attend aujourd’hui des entreprises d’intégrer visiblement et durablement des engagements économiques, environnementaux et sociétaux dans leurs stratégies et opérations, quel que soit le lieu activités.

Je pense que nos choix stratégiques doivent s’articuler sur plusieurs domaines d’action : valoriser et allouer rationnellement nos ressources naturelles, développer les énergies renouvelables et surtout être capable de penser loin et avoir des visions lointaines et partagées

La crise actuelle prouve bien que l’échéance du long terme est importante dans tous nos projets à venir, malgré l’impasse politique, le manque de sécurité, l’économie en déclin, je reste quand même optimiste.

Quels est votre investissement s’agissant des droits des femmes, ayant vécu des choses douloureuses ?

 

 La Tunisie depuis longtemps était considérée leader en matière de droits de femmes dans le monde entier notamment arabo-musulman. Théoriquement, c’est extraordinaire comme acquis et c’est beau de voir constitutionnaliser le Code du Statut Personnel. Ce code qui est témoin d’égalité entre homme et femme en Tunisie , ce code qui a aboli la polygamie interdit la répudiation abrogé le mariage forcé légalisé le divorce ..etc. Des avancées qui font de la femme tunisienne une véritable exception dans le Monde arabe…c’est ainsi qu’après la révolution de la dignité qu’également cette ambiance innovatrice du contexte juridique et sociopolitique appelle à la participation des femmes qui deviennent de plus en plus intéressées à conquérir la rue, la vie publique et politique.

Néanmoins, ça n’empêche pas des discriminations : la situation de la femme rurale est différente de celle qui habite à la ville, elles n’ont pas encore les mêmes conditions favorables et équitables pour avoir les mêmes objectifs. On observe que la femme d’une manière générale souffre encore de l’exclusion, de violences morales et physiques même dans les aires publiques, de discrimination dans les lieux professionnels. Le procès d’une femme c’est le procès de toutes les femmes. Car si une parmi elles est touchée dans sa dignité,  ou privée de ses simples droits, toutes les autres doivent réagir. Car dans ce cas ça ne sera plus une question de lois ou de textes législatifs mais plutôt laisser s’établir la sensation, le sentiment qu’une femme est unt être faible soumis effacé et passif. Le droit ne se donne pas, il se prend. Il faut toujours défendre nos droits et tenter d’obtenir le mieux.

 

Quels sont tes rêves de femme du printemps aujourd’hui ?

Je rêve comme tout autre citoyen tunisien du printemps que mon pays se développe à tous les niveaux et dans tous les secteurs d’activité, je rêve d’une feuille de route claire, une sécurité rétablie et une corruption disparue.

En tant qu’une jeune je souhaite participer à construire une Tunisie durable là où on pourra satisfaire les besoins des générations actuelles sans compromettre la chance de celles futures de vivre dans un environnement sain et favorable.

Je suis fière d’être tunisienne, mon pays la Tunisie pays natal du printemps arabe se trouve, depuis la révolution, dans un processus de transformation profonde mais il faut dire que sans la participation égale des femmes et la garantie de leurs droits, la démocratisation sera difficile à réaliser.

Jeunes, hommes, femmes, politiciens, scientifiques, administrateurs, décideurs.. la Tunisie a besoin de nous tous plus encore aujourd’hui qu’hier. Je m’adresse à tous les tunisiens et tunisiennes pour leur dire : soyons unis ! 

 

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