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Hawa Timera »urbanisation: à quand une vision globale en Afrique »?!

Ajouté par , Le décembre 31, 2012 , dans Buzz, Ethical People, Femmes et Hommes d’Ethique, Naturalia, Société

C’est  à l’âge de 7 ans qu’Hawa débarque en France avec sa mère qui vient rejoindre son père installé depuis 1961. La banlieue parisienne est agréable mais les enfants sont féroces face à la petite fille arrivée tout droit du Sénégal avec un français approximatif. Aînée d’une famille de 4 enfants, une mère peuhl hyper-protectrice qui a pour principale préoccupation que ses enfants ne manquent ni d’attention ni de nourriture. Son père, homme indépendant et avant-gardiste encourage sa fille à poursuivre ses études pour choisir son travail et réussir sa vie. Elevée entre valeurs soninkés et modes de vie français, ses parents ont toujours souhaité que leurs enfants prennent le meilleur de leur double-culture.

Hawa Timéra

Hawa Timéra fait des études de Géographie à l’Université de la Sorbonne pour le plaisir, en attendant d’intégrer une Ecole spécialisée en Transports. La rencontre de quelques professeurs passionnants sur les bancs de la Sorbonne l’amène à suivre un double cursus entre Urbanisme et Transport. Le premier par plaisir intellectuel et le second dans un objectif professionnel bien précis. Au final, l’urbanisme l’emporte. Après avoir travaillé plusieurs années dans des grandes filiales de la Caisse des Dépôts ou des cabinets d’Architectes sur de grands projets comme le tramway de Paris, la ligne TGV Tours Bordeaux, l’aéroport de Champagne-Ardenne à Vatry mais aussi des projets de rénovation urbaine et sociale plus proche du quotidien des populations, elle décide de créer Urbanea, Agence d’urbanisme et de conseil aux collectivités locales, services de l’Etat et grands organismes internationaux. L’intérêt général et l’utilisation à bon escient des ressources disponibles est une préoccupation première dans son travail.

Femme libre, indépendante elle a fondé sa vie et sa carrière professionnelle sur la probité, la recherche permanente de l’équité et la main tendue pour que chacun puisse progresser et exceller dans son domaine. Car elle est persuadée que chaque être a un talent, un don qu’il suffit juste de rencontrer. UFFP La croisée dans le cadre du dernier Sommet Africités où elle était venue participer en tant qu’urbaniste. Une belle rencontre, et une vision de l’Afrique positive et constructive, des problématiques afférentes à notre Continent et notre diaspora africaine, abordées sans angélisme mais avec beaucoup de réalisme.

Entretien coup de cœur avec UFFP

L’Afrique est le continent le moins urbanisé et pourtant dans certains pays une urbanisation sauvage défigure l’environnement tout en contribuant à mettre en danger les populations locales surtout celles les moins favorisées?

L’Afrique est certes un continent peu urbanisé mais mal urbanisé. Hormis les villes coloniales qui ont fait l’objet d’une planification structurée et d’une organisation pensée, les quartiers nouveaux ont été réalisés souvent en dépit du bon sens. Cependant l’Afrique est vaste est on ne peut généraliser. Ce que l’on peut dire c’est que les villes d’Afrique subsahariennes s’étendent trop vite et concentrent tous les maux de la Ville : constructions anarchiques, congestion, manque d’eau, problèmes d’assainissement, absences de lieux de rencontres qui correspondent aux modes de vie locaux. Cela est d’autant plus grave que ces villes se sont étendues en négligeant et en sacrifiant systématiquement les milieux naturels (destruction des forêts, pollution des eaux par exemple.) L’optimisme est autorisé car l’on sent une prise de conscience sur la nécessité de limiter les dégâts et même de les réparer. Ce n’est pas encore satisfaisant, mais il y a de l’espoir.

Parlez-nous de votre participation à Africités, vos impressions, votre bilan sur la question ?

Africités VI est une première expérience pour moi. Expérience formidable de par la richesse des débats et des sessions, des personnes présentes et de la volonté qui existe chez les Africains qui s’occupent du développement humain, urbain et social de trouver des solutions. C’est rafraichissant de sortir de «l’afromisérabilisme». Cette énergie concentrée pendant ces quelques jours ne peut que générer des actions positives pour les peuples africains.

Vous êtes urbaniste qu’auriez-vous à proposer justement aux pays africains?

Je n’aurai pas la prétention de proposer des choses aux pays africains. Chaque territoire a ses problématiques, ses caractéristiques et on doit les traiter de manière individualisée. En revanche, la seule préconisation que j’oserai serait d’éviter de reproduire les erreurs en matière d’aménagement et d’urbanisme des pays occidentaux. Or lorsque l’on se chemine dans les villes et mêmes villages africains, je me rends compte que l’on plaque des modèles inadaptés à l’environnement local. On doit passer au développement en mode 3.0 pour optimiser les ressources disponibles.

Quel est l’état des lieux, des fonds sont débloqués mais l’argent est mal utilisé en Afrique ?

L’Etat des lieux est contrasté. Quand on regarde le Maroc aujourd’hui, waouh ! Quel exemple d’utilisation de la richesse locale comme levier de développement. Le Mali était bien parti ;  malheureusement, les évènements actuels feront perdre un peu de temps alors que les populations sont en attente que leurs problèmes soient résolus. Le Sénégal est un paradoxe : les compétences sont disponibles, l’argent n’est pas un problème comme ailleurs, la créativité ne fait pas défaut. Mais la difficulté est que la notion d’intérêt général s’est émoussée depuis plusieurs années.

La question des fonds renvoie à la question de la gestion, de la probité et du contrôle. En matière de projet urbain, on peut faire bien avec peu. L’argent est une question de priorité que l’on se fixe. Les projets sont morcelés, on manque de vision globale indispensable même lorsqu’on agit localement. En creux, la corruption est présente, malheureusement ce n’est pas une spécificité africaine…

On parle beaucoup de politiques urbaines nationales mais en pratique qu’est-ce que cela a donné?

Les politiques urbaines nationales ? Evidemment que je ne les connais pas toutes, mais de ce que j’ai pu lire et voir, je n’ai pas le sentiment qu’il y ait de planification stratégique urbaine à l’échelle nationale. Il y a beaucoup d’annonces, cependant les actions sont plus rares. Et elles manquent de cohérences. La bonne volonté existe, mais elle ne suffit pas.

Le chantier sénégalais est un exemple, quel est votre analyse de tous ces chantiers?

Les chantiers sénégalais ont déjà fait beaucoup parler et écrire. Si on s’arrête à l’idée que les infrastructures de transport sont un levier de développement, l’ancien Président Abdoulaye Wade avait fait siennes ces théories. On peut dire qu’il a posé un premier jalon et que l’irrigation et le réseau doit être maillé et adapté. C’est l’enjeu pour le gouvernement actuel. Car il n’est pas économiquement raisonnable d’imaginer la démolition de ce qui a été fait, continuité de l’Etat oblige. Toutefois il est possible d’améliorer d’une part certaines aberrations urbanistiques et paysagères comme la VDN, l’autoroute qui traverse les quartiers peuplés et de ramifier ce réseau pour que l’ensemble des centres névralgiques du pays soient connectés d’autre part. Cela induit une réflexion territoriale, qui intègre les régions jusque-là négligées du Grand Est sénégalais ou certains endroits de la Casamance par exemple. Et je pense que la stratégie de développement régional en cours de mûrissement par le gouvernement sénégalais va dans ce sens. Le seul bémol est que le clivage et les disparités régionales ne doivent pas être renforcés par une telle politique. La solidarité nationale et la complémentarité régionale sont des fondamentaux pour la cohésion d’un pays. Et le Sénégal s’est construit sur ces ressorts et j’appelle de mes vœux que cela perdure, a contrario de certains pays africains qui n’ont pas su trouver ce lien commun.

Cela a contribué aussi à diminuer les deniers publics et nous avons des banlieues dakaroises sans égouts, sans eau et électricité tout cela pour donner une image de façade?

Il y a différentes échelles à prendre en considération. Dans la session spéciale à laquelle je participais pendant Africités, nous traitions de la question des quartiers informels, en plus clair les bidonvilles. Il faut des infrastructures à une échelle nationale ou à impact national ; c’est indispensable au développement économique et social d’un pays. C’est le rôle de l’Etat de mener cette politique en concertation avec les autorités locales. En superposition, il y a le développement local qui inclut l’extension des villes. Et là, le constat est sévère, car les villes africaines, et la banlieue dakaroise n’y échappe pas, s’étend d’abord par des installations non contrôlées, non maîtrisées. Les pouvoirs publics interviennent a posteriori pour tenter de régulariser une situation initialement illégale. C’est en partie une explication de l’absence de services de base dans les banlieues (même chics parfois). On est dans le rattrapage permanent et non dans l’anticipation. Je ne saurai dire si réaliser de grandes infrastructures a empêché de desservir les populations en eau, égouts, électricité. Il y a avant tout de la mauvaise gestion, de l’absence de vision urbaine stratégique et de la non-prise en considération de la parole des élus locaux. En effet, ces derniers sont les mieux placés pour organiser et identifier les besoins de leurs quartiers. La connexion entre l’Etat et les autorités locales reste à améliorer voire… créer notamment sur ces sujets-là. D’où tout l’enjeu de la décentralisation phase III annoncée par le Président Macky Sall. Donner une belle image de façade, n’a pas de sens si cette façade se fissure à la première pluie et c’est un manque de respect pour les populations… donc de l’esbroufe, il faut travailler dans « le fin » à l’échelle locale avec les décideurs et acteurs locaux. Et c’est tout l’intérêt du sommet Africités.

Wade a été l’instigateur de ces chamboulements, bilan des courses? Il me semble prématuré de tirer un bilan des courses aujourd’hui, car l’impact des infrastructures n’est pas évalué et sans un arrière pays organisé, structuré, ça paraît compliqué. Cependant, les malfaçons (tunnel de Soumbédioune que j’ai vu inondé en août 2012, les palmiers de la Corniche qui décrépissent, les dalles de la promenade de la Corniche qui se soulèvent et se fissurent, les maisons des quartiers populaires envahies par l’eau) interrogent sur la responsabilité de chacun à son niveau. Concernant les grands chantiers, ils auraient bien pu être réalisés pour être durables. Le rôle des hommes et femmes de l’art est d’apporter des clefs et outils de décision aux Elus car nous n’intervenons pas dans la même temporalité. Les Politiques sont soumis à des calendriers électoraux avec toutes leurs contingences, les experts, les professionnels ont cette liberté de donner un avis objectif (au moins du point de vue technique) car ils inscrivent leur action dans le long terme. Il y a une responsabilité morale, sociétale et déontologique à oser dire non à un Elu, fût-il Président de la République, si les arguments étayent le point de vue mais avant tout le souci de l’intérêt général. Au regard de la raréfaction des ressources financières, naturelles, il est urgent que nous prenions nos responsabilités. Des millions de personnes subissent les conséquences de nos propositions et nos choix ou non choix d’ailleurs.

Les villes africaines sont surpeuplées et mal équipées et la tendance ne va pas en décroissant, les processus d’aménagement du territoire, c’est un euphémisme ?

Les Elus locaux sont dépassés et les gouvernements loin des réalités de terrain. L’aménagement du territoire est confondu avec une action magistrale posée ici ou là : construction d’un quartier nouveau pour personnes aisées, une grande autoroute rapidement gagnées par les nids de poule, etc. Le constat est que l’on est toujours dans le rattrapage et non l’anticipation. Il n’y a pas de processus d’aménagement du territoire il y a une urbanisation anarchique non réfléchie.

Secteur public ou privé, ce beau monde rame toujours autant quand il s’agit de développement local? Je ne sais pas s’ils rament toujours, mais s’ils le faisaient dans le même sens ce serait déjà positif. On ne peut pas mettre les deux dans le même sac, car les intérêts ne sont pas les mêmes voire antagonistes. Et la difficulté émane souvent de la confusion des rôles. Dans un processus d’aménagement du territoire, le Public est garant de l’intérêt public et de la protection des populations. Le secteur privé ne peut être prescripteur et concepteur d’aménagement du territoire, car ses enjeux ne sont pas ceux de l’Etat ni des autorités locales. Les deux sont complémentaires, mais chacun doit connaître sa place et y rester.

 En tant qu’urbaniste d’origine africaine qu’auriez-vous à apporter ?

Mes origines sénégalaises me donnent un regard un peu décalé dans ce métier. Ayant baigné dans le multiculturalisme, il se peut que je me pose toujours beaucoup de question car j’intègre des paramètres que d’autres confrères ne jugeraient pas importants. Riche de mes différentes références urbaines, culturelles et de l’obligation que je me fais de toujours m’interroger sur la pertinence d’une décision prise, d’un avis ou expertise fournie. Ensuite, mon rapport à « l’autorité » qu’elle soit politique, familiale ou autre , bien que si je sois respectueuse des personnes, me permet d’exprimer sans ambages ni crainte d’être jugée. Etant d’ici et d’ailleurs, on se sent toujours plus libre. Et cette liberté, tant qu’elle s’exprime dans le sens du bien commun et de la dignité du plus grand nombre, c’est ce que je peux apporter. Ensuite, de manière plus modeste, une expérience professionnelle variée dans mon domaine, mais celle-là nous sommes nombreux à pouvoir l’offrir. Mais moi, je le fais avec ma sensibilité et les fondamentaux qui sont les miens.

Proposez-vous des modèles de développement local durable ?

Déjà, je vais récuser la notion de modèles, car on risque de se fourvoyer. Le principe étant que chaque territoire, comme chaque être humain est « unique », on ne peut calquer des modèles. En urbanisme, nous avons vu la limite des modèles par exemple celle des villes nouvelles françaises. Il y a des pratiques qui peuvent être répliquées, il y a des enseignements et expériences qui peuvent être partagées. Mais, non pas de modèle.

Comment installer l’éco conscience et protéger les espaces publics contre le tout construire ?

L’éco-conscience, je ne saurai dire que l’on peut l’installer partout. En revanche, éduquer et « conscientiser » au bon sens du terme les individus comme étant responsable chacun à son niveau de son environnement, son cadre de vie est quelque chose de possible et qui commence dès le plus jeune âge. A mon sens, c’est quelque chose qui existait mais qui s’est perdu notamment en milieu urbain ces 30 dernières années. Il me souvient enfin que l’on s’occupait autant de l’espace public que privé : on balayait la devanture de nos maisons chaque matin même si c’était du sable. Aujourd’hui, on observe que personne ne se préoccupe des déchets jetés par terre, ni de veiller à ce que les bancs publics soient en bon état. C’est déjà là qu’on doit travailler. Ensuite la notion d’espace public/espace privé, je trouve, n’a pas le même sens dans les pays occidentaux que dans les pays d’Afrique subsaharienne, ni dans les pays méditerranéens. Ni le mode d’occupation ni les usages ne sont les mêmes. D’ailleurs ce que je constate est que l’espace public à Dakar et dans les villes moyennes tend à disparaître au profit de « privatisations » diverses et variées : les vendeurs ambulants, les mendiants, les étals que les femmes peuvent installer devant la maison tout en s’occupant des affaires domestiques. Si l’espace public était structuré, organisé, propre, l’occupation intempestive serait moins fréquente. Car les places, les jardins, les squares sont les espaces de respirations de la ville et de ses habitants mais aussi de convivialité et de socialisation. Dans chaque projet urbain, les autorités locales devraient imposer des espaces publics à vocation diverse.

 Une Afrique verte une utopie ?

Les utopies ne sont-elles pas là pour nous transcender ? Certes aller contre les lois de la nature n’est pas sensé. Cependant l’idée de cette muraille verte de Dakar à Djibouti semble utopique, mais par endroit, on voit les réalisations qui sont très réussies. Il faut raisonner en préservation des espèces végétales et animales et veiller à planter, replanter, cultiver et entretenir les moindres parcelles de verdures sur ce continent. Cela induit aussi que les populations puissent satisfaire leurs besoins primaires de manière alternative et durable : ne plus déboiser pour du bois de chauffe, ne plus pratiquer la culture sur brûlis… en leur donnant la possibilité d’avoir des terres riches, l’accès à l’eau ou d’échanger leurs productions, etc. Dans les villes les autorités locales devraient imposer des obligations de planter les espaces publics, des ratios entre surface bâtie/surface plantée par exemple même sur les parcelles privées. Une idée que j’ai depuis longtemps est de planter un arbre pour chaque naissance dans les villages africains. Pour les petits citadins, on planterait un arbre dans un parc national ou parrainerait un animal en voie de disparition. Vous imaginez, le nombre d’arbre que ça ferait à la fin d’une année ? Plus de 36 millions d’arbres par an. Ca commencerait à redevenir vert et Yann Arthus Bertrand pourrait aller photographier l’évolution tous les ans J

Quel type de partenariats pourrait on mettre en œuvre avec les citoyens urbains mais également ceux habitant les bidonvilles ?

De mon point de vue ce sont les mêmes citoyens urbains avec les mêmes droits et obligations. L’acquittement des obligations pour ceux qui sont en bidonvilles est peut être juste différé dans le temps. Un bidonville n’a pas vocation à le demeurer. Il s’agit d’un accident de l’urbanisation. Les partenariats existent déjà dans la mesure où des échanges économiques, commerciaux et de services se font entre habitants des bidonvilles et les autres habitants des villes : les uns seront les domestiques des autres, ces derniers les enseignants des enfants des premiers. Il n’y a pas deux mondes parallèles. On se mélange dans la journée, arrivée la nuit chacun va dormir dans son secteur. Ca n’est juste pas écrit ni dit. La véritable urgence est d’éviter la pérennisation des établissements humains de ce type, car elles ont un coût social pour les pays.

 Une ville propre, éthique et eco-friendly en Afrique, une utopie ?

La ville propre tient à deux choses : l’une à nos modes de consommation qui génèrent du déchet que l’on doit revisiter et l’autre à la manière dont nous éliminons nos déchets. La meilleure manière est de ne pas en produire. Ce n’est pas possible, donc il faut trouver des modes adaptés pour les traiter et les utiliser par exemple pour créer de l’énergie par biomasse comme le propose une société présente à Africités, Cifer International. Ensuite, cela passe par l’éducation encore une fois, consommer moins, réutiliser au maximum ce que l’on a et se contraindre à mettre à la poubelle et non par terre ou entasser dans un coin de route ses déchets. Cependant les autorités locales ont aussi un rôle à jouer dans l’implantation des poubelles, bennes, collecte des ordures et leur traitement. Par exemple à Dakar, on voit des panneaux plage propre, des invitations à ne pas jeter de choses parterre mais… aucune corbeille à portée de main.

Je pense profondément que l’Afrique est eco-friendly. Car il y a à peine une génération les gens vivaient encore en milieu rural et avaient des réflexes de recyclage (on utilisait un vieux pagne recousu pour fabriquer un sachet pas de plastique, qui finissait en lavette pour la vaisselle par exemple), nos mamies utilisaient les bouses de vaches pour fumer leur petit potager, recousaient les calebasses etc. Donc les réflexes sont encore présents dans l’esprit collectif mais doivent juste être réinventés. Oui tout comme UFFP qui réinvente la mode, le soit disant superflu pour en faire un nécessaire dans la mesure où il sert une cause noble. N’est ce pas cela le luxe ?

Votre bilan de ce qui a été dit sur Africités ?

Le bilan d’Africités est globalement positif si l’on se dit que c’est un espace de rencontre et de discussion des décideurs et acteurs du développement africains proches du terrain. Ensuite, ce n’est pas dans ce type de cadre que les choses se font. Cependant ces espaces sont indispensables pour redonner de l’impulsion, donner à voir ce qui se fait, et surtout surtout s’écouter, se connaître se parler. Car en se connaissant, on ne peut pas se faire la guerre. Et pour cela, je crois que Dakar a été largement à la hauteur. Il faut féliciter les organisateurs dans leur ensemble, l’énergie contagieuse et la foi inébranlable dans l’Afrique, de Jean-Pierre Elong Mbassi, le professionnalisme du Maire de Dakar et le monde africain qui a répondu présent. J’ai eu le sentiment profond qu’une ère nouvelle s’ouvrait à Dakar dans les relations intra-africaines, mais aussi nord-sud : quelque chose de décomplexé. Curieusement, les autorités locales ont l’air plus en avance que les Etats dans ce changement de paradigme. C’est encourageant, n’est-ce pas ?


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