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Stéphane Tourné l’AFRICAIN !

Ajouté par , Le août 30, 2012 , dans Buzz, Ethical People, Société, Star Ethique

Par Fériel Berraies Guigny

 

Un artiste, un baroudeur, un ami que nous Adorons:  le photographe Stéphane Tourné, nous l’avions rencontré il y a quelques années durant un reportage de son exposition  » Ici l’Espoir »  il avait ensuite décidé de partir en Amérique et même là nous continuions à le suivre. Cet enfant blanc d’Afrique, n’a jamais oublié notre Mama Africa et pour cause, l’Afrique vous prend dans les tripes. De retour depuis des années à la terre de la Teranga, UFFP a décidé de vous le faire redécouvrir dans un entretien à cœur  ouvert. Mettre en mots ce qu’il a su faire à travers l’image. Stéphane Tourné nous a d’ailleurs fait cadeau d’un magnifique reportage photo sur Alphadi et sur Tito au mois de juillet, et nous tenions à l’en remercier. Car il a le cœur sur la main autant que d’être un talent incontestable !

Métissage DR Stephane Tourné

Et même s’il dit être pragmatique et à ne pas trop croire en l’éthique dans l’Art, il l’est au plus profond de lui-même. Monsieur Tourné vous êtes un UFFP artist !!!

PHOTOS DR Stéphane Tourné

texte propriété exclusive UFFP. Merci de ne pas reproduire.

 

Regards Croisés DR Stephane Tourné

Récit de l’entretien avec la Présidente de UFFP

 

1 Une double nomination à l’Africa Fashion Awards cela fait quoi ?

 

Les premiers Africa Fashion Awards ou Trophées de la mode Africaine on eu lieu en décembre 2010, la seconde édition avait eu lieu, le 17 juin 2012. Effectivement, le jury a décidé de me décerner le trophée du meilleur photographe de mode pour la deuxième fois consécutive. Deux sur deux, c’est pas rien, hein ? J’ai été surpris lorsque j’ai entendu mon nom parmi les nominés, mais sans pression aucune puisque je pensais qu’ils ne décerneraient pas le prix deux fois de suite à la même personne… Et puis, j’ai entendu mon nom ! Incroyable !!! En plus, je ne savais pas que j’étais nominé, alors je n’ai même pas eu le temps de filer un backshish  aux membres du jury. (Rires)

C’est plus qu’une ligne sur un CV, c’est l’adoption, l’intégration, la reconnaissance. Beaucoup de fierté aussi.

2 Dix ans en Afrique, looking back cela te fait quoi ?

Je suis arrivé fin 99, parti fin 2006. On raconte que quand tu pars, les Sénégalais, en te serrant la main t’accrochent un élastique au poignet, pour être sur que tu reviendras… ça a fonctionné avec moi, et en 2010, je suis revenu, je suis rentré, avec le sentiment de revenir à la maison, chez moi.

Le bilan, il est immense, de nombreuses publicités dont certaines sont mythiques, de la mode, de l’humanitaire, des rencontres extraordinaires, des collaborations avec des artistes etc. La liste est trop longue.

L’Afrique est une terre à part, avec ses propres vibrations, ses propres rythmes, ses croyances. Tu ne choisis pas l’Afrique, tu ne peux pas venir et y faire n’importe quoi.

Tu dois te mettre au diapason, être à l’écoute, respecter les gens, la terre, et te respecter toi-même bien-sur.

L’Afrique se mérite, elle t’adopte ou pas. C’est elle qui te choisis…

3 La photo hier à aujourd’hui,  quel bilan ?

Hum… Les choses changent très vite. Il y a quatre ou cinq ans en arrière, les photographes Sénégalais, pour la plupart, faisaient des images des gens aux conférences, mariages etc, pour les développer très vite et tenter de les vendre, ou bien ils travaillaient pour les quotidiens. Mais tout ça a changé et maintenant il y a de nombreux photographes de presse, bien équipés qui savent quoi faire avec un boîtier. Et puis d’autres exposent, ici et en Europe, éditent, font des images de publicité, de mode… La culture de l’image s’est vraiment développée. Alors bien sur, c’est une nouvelle concurrence, mais il faut faire avec, et je prends toujours autant de plaisir à donner des conseils et répondre aux questions de ces photographes. Le fait qu’ils viennent vers moi pour demander est comme une reconnaissance.

Il y a aussi une recrudescence de photographes Français et d’autres pays européens. C’est la crise en Europe, alors ils viennent par ici. Il fait bon vivre, le soleil brille, les filles sont jolies. Mais beaucoup ne restent pas. Je crois que, souvent ils sous-estiment la qualité de la demande. Des photographes qui ne travaillent pas chez eux imaginent qu’ils feront de la mode et de la publicité parce qu’ils viennent en Afrique. Ils viennent ici sans savoir ou ils mettent les pieds, sans respect.

Les logiciels de retouche aussi font du mal. Ce sont des outils devenus incontournables, mais beaucoup de photographes font n’importe quoi en se disant qu’ils rattraperont leurs images avec de la retouche. Ils perdent des journées entières au lieu de prendre une minute pour réfléchir à la prise de vue. Et que je sache, ce qui se lit dans un sourire, dans un regard ne se fabrique pas sur un ordinateur, ça se saisi à l’instant ou pas. Et à cet instant, tu dois avoir aussi la bonne lumière, les bonnes teintes, le cadrage, l’exposition. Quand tu as réuni tout ça, tu as fait une photo.

 

 

4 Baroudeur de la mode mais ton engagement dans tout ça ?

Oui, bien sur. Je me dois de donner de mon savoir faire. Je ne suis qu’un photographe, voir un artiste. Je sais que je ne changerai pas la face du monde, mais j’essaie de montrer, mettre le doigt sur des problèmes, des vérités. Un commerce non-équitable, la pollution, la pauvreté, la mendicité, l’éducation. La vie est belle à mes yeux, les gens sont beaux, alors je tente de mettre en avant, de façon esthétique, ces problèmes, et de les faire entrer dans des galeries d’art. Je pense aussi, bien sur, à l’édition

5 Tes victoires, tes défis ?

Mes défis, c’est de rester humble, ne pas sous-estimer la demande et les besoins, donner le meilleur de moi-même à chaque fois, et progresser. Me remettre en question, avoir des idées, des envies, des besoins… J’ai la chance de vivre de ma passion, je dois toujours rester attentif à ça. Et puis, bien sur, le respect de soi, ne pas regarder ce qui se fait ailleurs, continuer à montrer ma vision des choses à travers mon objectif. Ne jamais chercher à copier.

Mes victoires, ce sont ces deux trophées, ma réputation, mon travail. Des commandes de France ou des Etats-Unis. Aider des modèles à faire des bouts de carrières en leur faisant faire une couverture de magazine, par exemple.

Mes victoires, ce sont des témoignages. Franco, ce photographe Italien qui écrit qu’à travers mes images il a entrevu l’éternité et Dieu. Ce monsieur, africain, qui travaille au musée du Louvre et me confie en pleurant qu’il est ressorti de la galerie plus fier encore d’être africain et qu’il n’a jamais rien vu d’aussi beau, même au musée. Cet autre monsieur de la fondation Louis Vuiton, qui dit voir dans mon travail un mélange de Richard Avedon et Herb Ritts. Ce professeur d’école qui revient avec sa classe. Le doyen du Works Institute, la plus fameuse école de photographie des Etats-Unis, qui m’écrit qu’il serait honoré si je venais faire une conférence pour ses élèves. Des lettres d’enfants aussi, bien sur ! La photo est un cadeau, alors quand tu touche quand tu émeus quelqu’un, c’est une victoire.

6Aujourdhui papa ?

Oui, bien sur ! Je ne vis plus au jour le jour. Maintenant, je pense à l’avenir de Lya-Marie, ma fille de 4 mois. C’est un être de plus à chérir, le plus important, sans doute.

Donc je pense de plus en plus à l’édition, aux expositions. C’est un travail qui demande du temps, beaucoup de concentration et de persévérance, mais c’est aussi ce qui restera. Pour le première fois, je pense à ce que je vais pouvoir laisser de mon passage sur cette terre…

7Ton regard sur les enfants d’Afrique ?

Chaque fois que je peux soutenir des causes nobles, je le fais, avec plaisir. C’est même un besoin. Moi, ce que je peux faire, c’est en images. Je suis d’ailleurs en train de produire une musique et le clip qui ira avec. Je vais l’offrir à une organisation qui œuvre pour l’éducation pour tous.

8 Art et éthique ?

Je ne suis pas comme ces artistes qui pensent qu’en se réunissant à 4 ou 5, ils vont changer le monde. Bien sur, c’est le rôle de l’artiste de parler ou montrer, à travers son art, ce qui le dérange, ce qui le touche. Mais c’est le travail des politiques de faire changer les choses. Nous, on ne peut qu’interpeller… Maintenant, je suis à fond dedans, et mon travail artistique est toujours porteur d’un message éthique ou d’interpellation sur un sujet précis.

9 Projets ?

Tu  avais fait un sujet sur mon exposition « Ici l’Espoir ». Ce travail a été plagié par une photographe Française qui exposait place du Louvre, à Paris. J’ai obtenu que ses photos soient décrochées, mais je ressens encore ça comme un viol.

J’ai effectivement un projet d’exposition à Dakar. Mais ça demande un investissement assez lourd et je dois trouver un sponsor. Je n’en dirai rien, trop peur d’être pris de vitesse… Et puis, il y aura une grosse exposition, en début d’année prochaine, à Paris, pour laquelle je reverserai la moitié des bénéfices à une association. Mais là encore, il est bien trop tôt pour en dévoiler le contenu.

Sinon, je commence à faire de la vidéo. De l’image en mouvement. J’ai réalisé 4 clips pour des chanteurs, Deux aux Etats-Unis et deux ici, dont un pour un chanteur qui vit en France.

Je réalise aussi des books vidéo pour des mannequins. Avec la retouche, aujourd’hui, on ne peut plus choisir un mannequin sur photo. Alors les agences en Europe et en Amérique font des petites vidéos de présentation, sur un fond blanc, très simple.

Ce que je propose, c’est à chaque fois une petite histoire qui permet de voir le mannequin marcher, sourire, de profil et de face. Un peu comme un clip pour une chanson. Et puis, on met ça sur youtube, ainsi, ils peuvent montrer ça aux agences, aux annonceurs, simplement en envoyant un lien Internet. Plus besoin de book, de tirages papier…

 


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