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Lucile Ysabel OBA LOEMBE SAUTHAT élue locale au Congo « … la femme africaine n’est pas une féministe, elle veut juste revendiquer ses droits à l’égalité » !


 

Elle est ancienne députée  à l’Assemblée Nationale congolaise et aujourd’hui elle est à son 4e mandat de conseillère élue locale dans le département du KIVU dan la République du Congo. Présente  en tant que conseillère élue locale, elle est membre au sein du REFELA et participe avec ses consoeurs  à la 8E édition du sommet panafricain Africités.

UFFP est allée à sa rencontre pour donner la voix à une femme engagée depuis toujours dans la région.

 

Lucile Ysabel Loembe conseillère élue locale au Congo membre du REFELA

Lucile Ysabel Loembe conseillère élue locale au Congo membre du REFELA

Entretien avec  UFFP

En tant qu’élue locale il est important de se réunir ? Oui au sein de ce sommet, les membres du REFELA composé uniquement de femmes élues locales, viennent et participent dans le dessein de partager nos expériences sur le terrain.

Beaucoup de thématiques ont été abordées ? Oui malheureusement, nous avons beaucoup de problématiques qui s’opposent à la femme africaine aujourd’hui. Parmi lesquelles l’environnement car nous ne sommes plus en adéquation avec la nature que nous avons saccagé. Et aujourd’hui paradoxalement, on fait  justement appel à l’homme pour qu’il change sa façon de faire et qu’il vive plus en respect et en conscience. Ensuite, vient la thématique sur le genre qui comme vous le savez, reste un problème universel. La femme africaine n’est pas une féministe en soi, mais nous au sein du REFELA nous voulons que la femme africaine puisse aussi être placée au cœur des décisions.

Une femme sur la table des décisions ? Oui c’est possible mais tant que la question du genre ne sera pas comprise et induise dans un système égalitaire et bien il y aura toujours des combats que nous devrons mener !

Quelle est la situation justement au Congo ? Nous avons un slogan dans mon pays « seule la lutte libère » ! il n’y a que par le combat que nous pourrons libérer de l’espace, le genre est lié à la question de l’égalité et c’st depuis 1945 que les femmes aujourd’hui peuvent avoir le droit à la parole, à un compte bancaire, peuvent avoir droit à tout ce que la société peut mettre à leur disposition. C’est ça le combat des femmes !

Le lancement de la campagne sur les enfants de la rue parlez nous en ?  c’est un problème qui reste certes endémique mais au Congo, nous on dit « la rue n’est pas géniteur d’un enfant » il faut aller au cœur des causes qui poussent l’enfant à la rue. Souvent c’est la maltraitance, la pauvreté.

Oui la maltraitance on en parle beaucoup du Nord au Sud ! Nous condamnons au sein du REFELA toutes les formes de violence et de maltraitance que ce soit sur les femmes ou les enfants et avec la campagne sur les villes africaines sans enfants des rues, nous pensons sincèrement amorcer un début de réponse. Le Parrainage de sa majesté la Princesse Lella Meryem va nous donner un sérieux coup de boost à cette problématique qui touche beaucoup de nos villes. Il nous faut laisser à nos enfants un monde meilleur sans enfants de la rue.

Dans la réalité du quotidien d’une femme africaine, quelle problématique prioriser ?

Sans langue de bois et dans la réalité des faits, oui il y a des résolutions, des traités, des  réflexions et des prises de conscience mais dans la vie de tous les jours, le terrain est âpre. Le premier défi reste l’autonomie financière et ou économique. La femme africaine n’ a pas accès facilement au microcrédit car ce sont les hommes qui sont au cœur des décisions. La femme doit accéder à cette forme de décision. Bien sûr je ne dis pas que les hommes ne nous accompagnent pas du tout, mais cela reste une réalité.

La femme africaine porte le poids de la société ? Oui elle fait tout, c’est pour cela que l’on dit et l’on ne le répété pas assez qu’éduquer une femme c’est éduquer toute une nation !

Casser les stéréotypes qui ont la dent dure en Afrique ? Oui il faut sortir d’une certaine mentalité, ça prendra du temps mais ça marchera, le changement est en cours. Avec Beijing on a beaucoup avancé malgré les lenteurs mais quand je vous parle de mon propre pays la République du  Congo, nous avons institué un système d’égalité de droit, un salaire égal, diplômes égales et pouvoir égal.

La notion de la parité existe ? Oui au Congo dans notre loi organique elle existe bel et bien cette notion de parité et  je pèse bien mes mots. C’est avant tout un problème de conscience politique et notre Président actuel a cette volonté de pousser les femmes. Notre président de la République c’est une « femme compatible » !

Il comprend les problèmes des femmes et il pousse les femmes à accéder à des postes de responsabilité.

Mais la représentativité des femmes dans la sphère publique, ce n’est pas encore ca pourtant ?oui il faut aller de façon progressive, doucement. Les mécanismes sont faits de telle sorte que naturellement on pense que la femme est l’inférieure de l’homme.

Les femmes doivent être conscientes de leur force ? Oui la prise de conscience n’est pas toujours là et cela fait trainer les choses pour elles. L’union des femmes fera leur force et seule la lutte libère pour moi. Les femmes ne savent pas prendre les armes et nous sommes plutôt des bâtisseuses de paix, nous savons négocier.

Dans les grandes décisions, elles sont absentes ? Elles ne sont pas absentes, disons qu’elles sont plutôt minoritaires et souvent c’est la loi masculine celle des hommes p rime.

La force c’est l’économie ? oui c’est le pouvoir économique, la culture aussi , le pouvoir socioculturel, la force englobe un tout !

Mais les bases aussi, telle que la santé l’éducation ? Oui cela reste la condition sine qua  non de la bonne évolution de la question genre. On doit aussi former, mettre à niveau, c’est un tout.

Votre prix Nobel est un médecin congolais, quel est votre ressenti ? Je suis très  heureuse, car il ne faut pas oublier que sur le terrain, la femme est toujours prise comme un bouclier de guerre notamment dans certaines régions du monde et particulièrement en Afrique. Et le travail est admirable, il faut le reconnaitre, et ce prix vient d’ailleurs, c’est une belle reconnaissance.

Le REFELA pour le Congo comment est-il perçu ? On comprend son importance et nos sœurs savent que cette initiative doit aller de l’avant. Nous avons pu lever des fonds pour par ex constuire certaines structures au Cameroun et au Congo aussi on va s’intégrer dans cette dynamique pour  encadrer notre Pdte une nouvelle fois réélue au sein du REFELA Mme Célestine Katcha Courtés du Cameroun.

Merci Lucile Ysabel  OBA LOEMBE SAUTHAT !

 

 


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