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Amref: non à la mortalité maternelle en Afrique !

Ajouté par , Le mars 26, 2012 , dans Société

Par Aicha Bounaies

Un futur où aucune mère africaine ne perdrait la vie alors qu’elle la donne, un futur où elle pourrait bénéficier de soins prénataux en toute sécurité, pour avoir enfin la possibilité de donner naissance sans se mettre en péril ou son nourrisson.

 

 

Un projet, un défi lancé par l’AMREF et sa campagne Stand up for african mothers qui désire apporter son soutien et une formation aux sages femmes africaines qui opèrent la plupart du temps dans des conditions très précaires dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne. Et c’est plus particulièrement le cas en Angola et au Sud Soudan où le seuil de mortalité est des plus inquiétants. Sauver les enfants et les mères c’est combattre les fatalités de certaines régions du Monde où les problématiques de la contraception mais également des conditions d’accouchement restent aléatoires. A cela, s’ajoute la question de l’amélioration de la formation et des conditions de travail dans le domaine de la santé, ainsi que celle des structures sanitaires dans lesquelles les femmes sont prises en charge. Autant de points cruciaux qui doivent s’inscrire dans les objectifs du millénaire au profit des femmes.
Mais il conviendra également de combattre les préjugés, les mentalités qui sont autant d’obstacles face à la perdurance de certaines coutumes et rites religieux qui mettent sérieusement en péril les futures mères.
La mortalité chez les mères par manque de moyens est une fatalité qu’il faut absolument combattre. L’un des objectifs de la Banque Mondiale pour les femmes d’ici 2015 est de baisser drastiquement la mortalité des mères. A cet effet, 57 pays bénéficient de programmes en faveur du planning familial: contraception, formation en médecine féminine en vue de protéger les femmes. Des partenariats comme celui conclu avec la Fondation Bill & Melinda Gates sont cruciaux en vue d’éradiquer les fléaux qui handicapent les communautés rurales de la région. La Fondation Elle s’est également investie dans cette mission et son dernier programme est orienté vers la réduction de la mortalité maternelle par la formation de sages-femmes communautaires. Une collaboration qui s’est faite par le biais de l’AMREF Flying Doctors, notamment dans la région du Sud Soudan. Un programme qui a été présenté à l’occasion de la dernière édition du Women’s Forum de Deauville.

Amref et la campagne Stand up for African Mothers ( encadré) :
AMREF Flying Doctors est la première ONG de santé publique en Afrique ; avec la campagne Stand up for African mothers, elle a pour objectif de former près d’une centaine de sages-femmes communautaires, provenant des régions les plus reculées du Sud Soudan, et où l’on enregistre la pénurie la plus forte de personnel médical.

Grâce à la formation de sages-femmes communautaires compétentes, capables d’assurer les accouchements et de prodiguer des soins de santé reproductive de qualité, l’AMREF souhaite contribuer à l’amélioration à long terme de la santé des femmes sud soudanaises.

La Fondation ELLE soutient activement l’AMREF dans son grand projet de former 30 000 sages-femmes dans plusieurs pays africains d’ici à 2015, afin de réduire de 25 % la mortalité maternelle en Afrique.
New African Woman a rencontré trois femmes emblématiques qui militent dans le cadre de cette campagne. Christine Ndowa la Ministre de la santé en Angola, Teguest Derma la Directrice Générale d’Amref international et enfin une sage femme angolaise du nom d’Esther Madudu que l’Angola mais aussi la campagne d’Amref veulent, au travers d’une pétition à signer, proposer comme futur prix Nobel l’année prochaine.

Ministre de la Sante Christine Ndowa. Angola
Médecin, Ministre et militante pour le droit des femmes
Médecin de formation, Christine Ndowa est la Ministre de la santé de la République d’Ouganda. Œuvrant depuis des années dans le domaine médical, cette grande dame est connue pour son militantisme auprès des femmes de son pays » le gouvernement est très engagé vis-à-vis de la femme et a décidé que l’éducation primaire et secondaire soit une obligation pour elle »‘ nous explique t-elle. Les opportunités sont donc les mêmes pour les garçons et pour les filles d’aller à l’école, un pas assez important et un accomplissement rendu possible par l’intérêt que porte le pays pour le domaine de la santé et de l’éducation ». Le développement durable d’un pays se mesure par les indices de progrès dans les domaines de la santé » ajoute t-elle. Si le taux de mortalité maternel et infantile est élevé alors il faut se dire que le seuil de développement sera sérieusement en péril « explique t-elle. « C »est aussi le signe que vos services médicaux sont préoccupants et incompétents « ajoute t-elle. Et pour cela toute une révision est à faire.

Les femmes sont la moelle épinière de l’économie africaine
Pour la Ministre ougandaise, ce fait est une réalité et il faut encourager et renforcer les mesures incitatives qui encadrent et aident les femmes dans tous les secteurs où elles seraient amenées à évoluer. La femme ougandaise est de plus en plus visible, tant dans les responsabilités ministèrielles que lors les des élections. Pour les présidentielles de février 2011, sur les 7 candidats il y avait une femme. Bien sur, le défi pour elle était qu’elle n’était pas connue dans l’arène politique, mais cela reste une première positive pour la femme ougandaise.
La transition en Ouganda il faut le rappeler, s’est faite dans la durée et dans la douleur, guerres et instabilités économiques, mais depuis 1986 selon les dires de la Ministre, le pays est réputé comme étant le plus stable de la région « .
L’éducation de la femme est primordiale et notamment dans le domaine de la santé
Les femmes tout comme les hommes, les mères mais aussi les pères sont concernés  » les gens doivent être informés, connaitre c’est avoir le pouvoir de décider de sa vie de son destin » ajoute la Ministre.
En Afrique, la grossesse est perçue comme étant quelque chose de naturel, mais ce que l’on ne sait pas, c’est que parfois les choses peuvent mal se passer durant la grossesse ; et il faut donc que les mamans soient en mesure d’avoir le suivi nécessaire ; et nous nous devons d’éduquer les communautés et nos citoyens sur la prévention »!
L’analphabétisme, le fait de ne pas être éduquée renforcent aussi les possibilités de perdre le bébé en cours de route. Il est important que l’information soit lue et comprise et pour cela, l’alphabétisation de base est nécessaire.
Teguest Derma Directrice Général de l’Amref internationale au Kenya. Ethiopie
Une femme d’engagement qui voulait changer de vie
Teguest a exercé pendant plus de vingt ans au sein de l’OMS, elle a été confrontée à nombre de ces problématiques sanitaires qui taraudent le Continent et surtout les problématiques afférentes aux femmes ». Jj’ai traversé toute l’Afrique, j’ai traversé l’Asie, j’ai exercé à New York et mon dernier poste était directrice du programme sur le Sida » Puis un beau jour, la fonctionnaire internationale a eu envie de changement  » je voulais le terrain, la proximité pour l’Afrique, je ne voulais plus étudier des papiers dans un bureau de l’OMS » nous explique t-elle. Agir, voilà ce qu’elle fait depuis juin 2010, depuis qu’elle a rejoint son poste de directrice générale à l’AMREF au Kenya. Un choix qu’elle ne semble pas regretter aujourd’hui » ; en un an j’ai fait plein de choses, je fais bouger certaines fatalités et je me sens encore plus accomplie « ajoute t-elle.
Les réalités du terrain : gagner la confiance de l’autre
Le combat est difficile, mais l’AMREF est connue pour son engagement et le fait qu’elle travaille avec les populations les plus pauvres dans les endroits les plus reculés d’Afrique : « on travaille à Tourkana, on travaille avec les Massaï, on travaille avec les Afars en Ethiopie, on travaille dans le Sud Soudan » Amref est présent dans ces endroits justement délaissés voire abandonnés.
Amref est une organisation africaine, constituée de plus de 90% d’experts africains, basée en Afrique  » cela nous permet une réelle transparence et franchise sur tout ce que nous faisons, c’est très important de pouvoir dire la vérité à nos compatriotes » explique la fonctionnaire internationale. Travailler avec les communautés demande de comprendre les ressorts ethnoculturels des personnes « et de catalyser le maximum l’attention sur la santé, sans désir de manipuler quiconque, mais juste de sensibiliser sur l’urgence sanitaire » explique Teguest.
Amref avec le temps est devenue un partenaire pour les communautés, quand on s’installe dans une région c’est vraiment pour un changement durable « on ne traite pas les symptômes puis on part, on reste dans la durée on fait en sorte que les Communautés puissent vraiment se prendre en charge par elles mêmes » insiste Teguest Derma.

Tout le monde doit être responsabilisé !
C’est le combat et le vœu pieux de Teguest Derma, que ce soit les gouvernants, les Institutions internationales, les civils ou le privé  » tous doivent s’unir et aider les communautés en détresse »! Ce qui se passe dans la Corne de l’Afrique et la tragédie qui s’y opère est inexcusable  » nous devons honorer nos promesses et répondre autant que faire se peut à la détresse humaine » nous confie-t elle.
Pour Stand up for African mothers, il faut aussi que les africains se mobilisent et qu’ils y contribuent en finançant cette campagne ; l’Afrique ne doit pas attendre à uniquement recevoir elle doit donner aussi  » les africaines doivent s’engager et unir leurs efforts à ceux des femmes du Nord  » c’est un combat qui touche l’humanité. Il faut signer cette pétition, faire en sorte de soutenir ces femmes !

Esther Madudu sage femme et candidate au prix Nobel 2011. Ouganda
Nous devons former les sages femmes
Des années à sauver des femmes et à aider des enfants à venir au Monde, Esther est plus qu’heureuse aujourd’hui de représenter toutes les sages femmes africaines, puisqu’elle a été choisie parmi elles et que l’Amref ainsi que son pays l’Ouganda font signer une pétition afin de la présenter comme prix Nobel pour l’année prochaine « . Jje suis heureuse de voir tout ce que l’Amref fait pour nous, pour nous former, nous donner les outils nécessaires pour mieux aider ces nouvelles mamans qui viennent à nous alors qu’elles sont en pleine détresse »! explique la sage femme.
 » Nous sommes très peu nombreuses dans les districts dont nous nous occupons ; la population y est déjà de plus de 6000 habitants et nous y comptons beaucoup de mamans. Notre rôle à nous les sages femmes est de tout faire pour sauver des vies » explique Esther; la plupart du temps les femmes sont dans des villages très reculés et elles n’ont pas toujours les moyens de venir jusqu’aux dispensaires et hôpitaux « . Et leurs maris ne sont pas même disposés à les y emmener « ils considèrent que c’est une affaire de femmes et cela ne les concerne pas » s’indigne la sage femme.

Un métier qui ne laisse aucun répit
Esther Madudu se lève aux aurores, elle range sa maison et prépare les trois repas pour ses deux enfants qu’elle ne verra pas de toute la journée ; paradoxalement elle qui met au monde les enfants des autres ne voit pas grandir les siens ! Elle se rend au dispensaire pour voir les futures mamans, elle examine aussi les enfants nouveaux nés. Ensuite, elle se rend au service prénatal et rejoint les sessions de formation sur les questions prénatales données aux futures mamans  » Nous insistons toujours pour dire aux futures mamans d’assister à ces sessions pour le bien de leur grossesse, nous formons également sur la contraception » explique Esther
Parmi les conseils qu’Esther donne aux jeunes mères, la sage femme recommande toujours « l’allaitement exclusif au sein » pour permettre à l’enfant de recevoir la meilleure immunité possible; il est également recommandé de suivre toutes les maladies qui pourraient se développer durant la grossesse. Cela semble superficiel mais même le dress code de la femme enceinte y passe  » nous ne voulons pas que les femmes enceintes portent des choses serrées qui pourraient asphyxier et ralentir le développement du bébé explique Esther Madudu. Quand la maman travaille, elle a tendance à porter des pantalons, des choses serrées, c’est un peu la panoplie de la working woman et cela à terme peut amener des complications quant au positionnement de l’enfant dans le ventre de sa mère.

Où sont les hommes dans tout ça ?!
Il y a véritablement un changement des mentalités qui doit s’opérer, les hommes sont les grands absents durant la grossesse de leurs femmes « ils ont participé à la reproduction et pourtant ce ne sont pas eux qui amènent leurs femmes à l’hôpital » insiste la sage femme. Pour eux, c’est une question de bonne femme, ils se disent ce n’est pas moi qui suis enceinte ou malade pourquoi devrais je aller à l’hôpital?! il est impératif de sensibiliser les hommes sur leurs responsabilités ; outre la problématique de grossesse de leur conjointe, il y a également le désir de pouvoir dépister le virus du Sida. La prévention de la transmission du sida de la mère à l’enfant est très importante ; quand la maman vient à nous au service prénatal on peut l’aider. Il y a toute une procédure qu’il nous faut à tout prix leur administrer s’il y a un risque quel qu’il soit !


  • http://twitter.com/CTougma Céline Tougma

    La femme est l’avenir de l’humanité

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