Parce qu’à l’heure actuelle, l’Opéra a un manque de nouveaux récits et de nouveaux langages et qu’une
polémique comme celle de Timothée Chalamet qui a osé moquer ou parodier une institution vieille de 500 ans, que nous avons décidé d’aborder le sujet. UFFP a voulu surfer sur le buzz. Et découvre qu’en réalité, le malaise est bien plus profond que cela dans ces métiers. On se moque de Chalamet mais au fond, peut être qu’il a mis le doigt sur des réalités “indigestes” pour les puristes du milieu.

Manon de Massenet. Photo all rights reserved Yann-Armel Quemener Rhym Aïda AMICH mezzo soprano
Et il faut le le dire et sans polémiquer.
UFFP à cette occasion aimerait vous faire découvrir une artiste lyrique, elle est francotunisienne, et elle est mezzo soprano.
Un parcours atypique mais qui la prédestine tout de même à embrasser une carrière dans les Arts.
Après avoir obtenu une licence d’Arts plastiques à la Sorbonne, Rhym Aïda AMICH se forme au chant classique auprès de Mady Mesplé au CMDP du XIIè arrondissement de Paris avant de poursuivre ses études au CRR de Boulogne-Billancourt. Elle y
obtient son prix de chant et son DEM u.v. musique de chambre avec mention très bien puis se perfectionne auprès du ténor et professeur au CNSMDP Robert Dumé.
Elle a eu l’occasion d’interpréter des œuvres allant du baroque à la musique contemporaine sous la baguette de Raphael Rochet, Pierre Calmelet et Patrick Bismuth mais aussi des oratorios, notamment Le Stabat Mater de Dvorak sur la scène de L’Opéra Graslin à Nantes et celle du Quai d’Angers pour le Festival “Jours étranges”.
Elle a incarné les rôle-titre de Carmen, Ottavia ( Le Couronnement de Poppée de Monteverdi), Mère Jeanne ( Dialogue des Carmélites de Poulenc) ou plus récemment Flora ( La Traviata de Verdi), mais aussi dans le répertoire d’opéra- comique celui de Boulotte ( Barbe-Bleue d’Offenbach) et Soeur Opportune ( LesMousquetaires au Couvent de Varney).
Artiste Lyrique du chœur permanent d’Angers Nantes Opéra de 2009 à septembre 2025 , Rhym Aïda a chanté sous la baguette de chefs d’orchestre de renom tels que Michael Schonwandt, Alain Altinoglu, Mikko Franck, Daniel Rustioni, Sascha Goetzel, Aziz Shokhakimov, Joseph Swensen et tant d’autres. Elle s’est produite régulièrement sur les scènes d’Opéras de France mais aussi au Grand Théâtre du
Luxembourg et a pris part aux multiples productions des Chorégies d’Orange.
Forte de son apprentissage de la batterie durant son adolescence, mais aussi de celui de la danse et du théâtre, elle a exploré des projets alternatifs transdisciplinaires en tant que membre du collectif d’improvisation (sound‐painting) Anitya, en interprétant des rôles de création tel que Lady Macbeth
( “Macbeth Variation” , La Nef, Paris) , La mère dans le spectacle “D’où” de Roland Fichet (Festival off d’Avignon 2009), mais aussi pour les Ateliers de Création Radiophoniques de Radio France en 2015.
Sa polyvalence artistique l’amène à naviguer entre le répertoire lyrique , les musiques du monde et univers pop music ( tournée internationale et plateau télé avec l’artiste Ivoirien Tiken Jah Fakoly de 1998 à 2005 , concert Alpha Blondy Mayotte 2025, Patricia Kass, Mory Kanté ) mais aussi à arranger et enregistrer les chœurs pour des artistes d’Universal Music ( Baobab, Don Choa) ou pour d’autres
supports ( B.O du film “Le Boulet” de Rossy de Palma , documentaire “Immigrés de France” de Karim Miské).
Afin de relier toutes ces expériences, elle entreprend des études de mise en scène en 2016 et obtient un Master 2 Pro de la Classe Unique: Théâtre et dramaturgie de l’université Paris X.
Elle enrichit ainsi son parcours avec des collaborations à la mise en scène à l’Opéra Bastille pour la reprise en 2016 d’Aïda mis en scène d’Olivier Py, au Grand Théâtre du Luxembourg pour une création de Brice Pauset mais aussi pour Angers-Nantes Opéra, l’Opéra de Rennes et de Dijon pour une création mondiale jeune public de David Chailloux “ Little Nemo dans laquelle elle crée notamment une petite chorégraphie pour les artistes du chœur.
Cette nouvelle expérience l’amène à créer sa compagnie en 2019 “Le Totem Lyrique” afin de porter des projets participatifs et éco responsables innovants.
En plus de son amour pour l’Opéra, elle est également, une artiste désireuse de faire bouger les choses.

Manon de Massenet.Photo all rights reserved Yann-Armel Quemener Rhym Aïda AMICH mezzo soprano
Elle est pour le renouveau, la diversité, une nouvelle créativité plurielle pour redonner un coup de jeunesse à une institution certes respectable, mais qui a du mal à se mettre à niveau.

Aïda Verdi. Photo all rights Yann-Armel Quemener Rhym Aïda AMICH mezzo soprano
Et quid de la diversité dans le milieu lyrique que ce soit en chant lyrique ou en ballet, question légitime d’UFFP ?
Dans le chœur permanent où j’ai évolué pendant seize saisons, j’étais la seule artiste
maghrébine” nous confie l’artiste lyrique. Cela fait bien entendu, réfléchir !

Le vaisseau Fantôme, Wagner.Photo all rights reserved Jeff Rabillion Rhym Aïda AMICH mezzo soprano

Entretien avec l’artiste lyrique mezzo soprano Rhym Aïda AMICH :
1) La polémique Timothée Chalamet sur l’opéra et le ballet comme des arts dont« plus personne n’en a rien à faire », a provoqué une réaction en chaîne mondiale.
Qu’en pensez vous?
Sincèrement, cela m’a fait sourire au début.
Puis, en voyant le déferlement de réactions mondiales, je me suis demandée si Timothée
Chalamet avait été promu ministre de la Culture !
On voit rarement le monde de l’opéra se mobiliser de façon aussi offensive. Ce malentendu a surtout mis en lumière une certaine frilosité.
Selon moi, le débat ne devrait pas être de savoir si cet art intéresse encore, ni celui de légitimer son intérêt artistique et sa place dans la cité.
Peut-être faudrait-il plutôt réfléchir à comment le rendre indispensable aujourd’hui.
2 )Vous êtes une artiste qui revendique une certaine mise à niveau de cet univers
resté assez conservateur ?
Oui, et il faut se demander ce qu’on veut réellement “conserver” dans l’art vivant.
Pour ma part, n’ayant eu de cesse de naviguer entre plusieurs disciplines et styles — comme on navigue naturellement entre plusieurs langues — je ressens à l’opéra un manque de nouveaux récits et de nouveaux langages.
Je suis comme tous les passionnés d’Opéra : je vais à l’institution pour voir la “Joconde”.
Mais si on ne crée pas plus d’occasions permettant aux artistes d’expérimenter, de pratiquer
et d’essayer, nous n’aurons aucune chance de donner vie à “la Joconde 2.0″.
N’oublions pas que les chefs-d’œuvre que nous admirons étaient des œuvres contemporaines en leur temps. Il faut savoir regarder en arrière parfois et trouver le courage de rétropédaler pour que l’Opéra redevienne un laboratoire vivant !

Bal masqué, Verdi.Photo all rights Yann-Armel Quemener Rhym Aïda AMICH mezzo soprano
3) Que pensez vous par ex, de la diversité ou de l’interculturalité dans le milieu, notamment en France, car aux USA on est plus habitués à des divas black comme Leontyne Price, Grace Bumbry, Jessye Norman, Shirley Verrett et Christiane Eda-Pierre sont aussi de “grandes” noms. Elles ont ouvert les portes de l’opéra aux artistes afro-américains? quid en France ?
Des initiatives comme celle de Patricia Djomseu VOICE FOR AFRICA font elles le job,
que se passe t il une fois le prix remis?
Grâce à ces figures d’excellence, le milieu n’a heureusement plus de réticence à intégrer des personnes racisées à son cast. Pene Pati et Amina Edris qui sont à l’affiche de l’Opéra de Bordeaux actuellement en est une preuve. Cependant, quand Guillaume Diop, en 2023, devient le premier danseur étoile afro-descendant de l’histoire du ballet de l’Opéra de Paris, cela reste un événement. Cela raconte quelque chose.

Le turc en Italie Rossini .Photo all rights reserved Yann-Armel Quemener Rhym Aïda AMICH mezzo soprano
Dans le chœur permanent où j’ai évolué pendant seize saisons, j’étais la seule artiste
maghrébine. On pourrait penser que c’est une question de culture, pourtant l’invisibilisation des talents d’outre-mer pose aussi question.
Le travail de mon ancien camarade de conservatoire, le sopraniste français Fabrice DiFalco, est remarquable en ce sens qu’il a bien compris que la question de l’accès à la formation classique dans les îles était capitale pour le développement du potentiel des talents français d’outre-mer.
Voice for Africa permet également une visibilité, mais il faut penser la suite : un prix ne fait pas une carrière.
Comment accompagner ces artistes dans un monde très codé, comment les mettre en
valeur dans toute la richesse de leur culture ? C’est évidemment une histoire de vases communicants.
Selon moi, la meilleure représentativité passera par la création. Zad Moultaka, par exemple, a commencé il y a des années un travail qui n’a pas été assez poursuivi par d’autres à mon sens. La plupart des compositeurs invités par l’opéra n’incluent plus le chœur dans leur création, ce qui crée un déficit considérable pour le répertoire.
Mes collègues et moi aurions adoré chanter du répertoire en arabe, perse, lingala, wolof,
zoulou, créole, hindi, etc. Autant de langues et de sonorités que j’ai eu la chance d’explorer
quand je travaillais dans les musiques du monde.
Nous avons pu interpréter quelques mots en Afrikaans grâce à une création participative
très engagée sur l’écologie, d’après un livret inspiré de la poétesse Antjie Krog, en collaboration avec un compositeur de jazz. Donc plus que jamais, ce sont des librettistes et des compositeurs ancrés dans leur
temporalité dont nous avons besoin maintenant. Les chanteurs sont déjà là !
4) Parlez-nous de votre parcours, et qu’est ce qui vous a fait tomber “dedans” vous
êtes d’origine tunisienne fille d’un grand peintre, cet univers des Arts, c’est de
naissance? De vos premières rencontres avec l’art et l’opéra.

La vie parisienne Offenbach.Photo all rights reserved Yann-Armel Quemener Rhym Aïda AMICH mezzo soprano
Non, certainement pas — sinon mon frère aurait également aussi suivi ce chemin !
Mais il y avait sans doute une sensibilité liée à l’environnement.
Rentrer de l’école et sentir l’odeur des pinceaux trempés dans la térébenthine, voir
l’élaboration minutieuse d’une toile évoluer chaque jour, avoir comme meuble d’entrée une
presse de gravure, être entourée de livres — ceux avec des coquilles que ma mère
rapportait de la maison d’édition où elle travaillait — entendre du Malouf tunisien, du Brel ou
du Ravel en boucle… et aller au musée le dimanche comme on va à la messe : tout cela
laisse forcément des traces.
C’est une familiarisation naturelle qui crée, de facto, une forme de légitimité quand on
s’oriente vers cette voie ; mais c’est certain : cela demande ensuite de développer sa propre
intelligence artistique. C’est pour cela que je me suis retrouvée presque naturellement en
faculté d’arts plastiques, alors que je voulais surtout approfondir mon apprentissage de la
musique. Je pratiquais déjà la batterie et chantais et composais dans des groupes de funk et
de soul, mais je voulais aussi depuis toujours pouvoir me mettre au piano, savoir déchiffrer
un morceau, connaître l’histoire de la musique et percer les mystères de la composition.
J’étais avide de savoir.

La Perichole Offenbach.Photo all rights Yann-Armel Quemener Rhym Aïda AMICH mezzo soprano
Les arts plastiques continuent de nourrir profondément mon travail de chanteuse : la
musique est pour moi une forme de tableau vivant. J’associe souvent des mélodies à des
œuvres ou à des matières picturales. Cette recherche de matière était déjà au cœur de mon
travail lorsque je composais, notamment dans des esthétiques plus actuelles.
Mon travail avec le Musée du Louvre en 2015, autour de la Cour Marly (notamment les
figures de Didon et Énée), m’a permis de développer cette approche, entre écriture, mise en
voix et spatialisation sonore.
Je suis d’ailleurs très sensible aux dialogues actuels entre musique, danse et musées, qui
donnent aux œuvres une présence presque tridimensionnelle
Quant à l’opéra, il est entré de façon fracassante dans ma vie d’enfant. J’avais six ou sept
ans. Ma mère avait acheté une petite cassette rouge pour mon frère qui devait chanter un
chœur d’enfants pour un spectacle d’école. Je me souviens encore du moment où ma mère
enthousiaste a enlevé le filtre de plastique de la cassette pour la mettre dans le transistor —
petit clic du lecteur — ce qui en est sorti m’a littéralement foudroyée sur place.
Je ne savais pas ce que j’entendais, c’était un ovni mais je me suis immédiatement emparée
de ce petit objet qui est devenu mon trésor d’enfant. J’ai écouté en boucle cette musique
tout en regardant pendant des heures le dessin du visage fascinant de la femme sur la
pochette, me demandant si elle existait. Plus tard, j’ai commencé à chanter avec elle à tue-
tête les airs magnifiques que j’entendais.Ado, le mystère du visage sur la petite cassette
rouge a été résolu: il s’agissait de Maria Callas dans Carmen dirigée par Georges Prêtre!
Bien des années après, par une suite de hasards assez incroyables, je me suis retrouvée à
24 ans — sans jamais avoir pris de cours de chant — dans la classe de Mady Mesplé. C’est
là que j’ai commencé à me dire que je pouvais peut-être avancer dans ce milieu qui m’était
pourtant totalement étranger. Deux ans plus tard, intégrer le CRR de Boulogne-Billancourt et
recevoir enfin l’enseignement complet que j’attendais a été absolument déterminant. Et
bien-sûr, ma rencontre et mon perfectionnement avec feu Robert Dumé ont définitivement
orienté mon parcours dans cette direction.
Je ne sais pas si ma mère — yarhamha — a su à quel point cette petite cassette rouge a
été, jusqu’ici, le fil conducteur de ma vie artistique.

La vie parisienne Offenbach.Photo all rights Yann-Armel Quemener Rhym Aïda AMICH mezzo soprano
5 )Actuellement, vous êtes sur des projets en gestation? Quels sont les défis d’une
artiste dans un milieu assez fermé, surtout si issue de la diversité? un racisme latent
existe t il? comment déconstruire cela?
Vous allez prochainement chanter dans plusieurs registres, en France et en Tunisie?
Bien sûr, je fais partie d’une génération qui a grandi dans un monde où certaines formes de
racisme étaient tellement présentes qu’on finissait parfois par les intégrer, comme les
femmes ont longtemps intégré certaines formes de sexisme systémique. Donc je n’y pense
pas en permanence. Mais savoir les reconnaître reste une veille naturelle et permanente,
pour ne pas se résigner à faire des choix en désaccord avec ce qu’on ressent et s’auto-
saboter. Et cette vigilance doit tous nous concerner, car nous avons tous des angles morts.
J’ai assisté en janvier dernier aux tables rondes du BIS 2026, notamment à celle intitulée
« Diversité mais pas trop : à qui le spectacle vivant ouvre-t-il vraiment ses portes ? ».
Les chiffres et les témoignages y restent particulièrement édifiants. Les dénonciations
autour du « blackface », par exemple, ont conduit l’Opéra national de Paris à commander un
rapport officiel et à créer une mission spécifique. Cela montre que, même si nous ne
sommes plus à l’époque de SOS Racisme et de son slogan « Touche pas à mon pote »
dans les années 80, il est peut-être temps que ces questions trouvent aussi une traduction
plus claire dans nos cadres collectifs pour avancer franchement.
Quand à mes projets, j’’en ai toujours mille en gestation et dans mes tiroirs.
Les chanteurs sont comme les comédiens ( demandez à Chalamet! ) ils aiment incarner des
rôles différents et varier les projets et les rencontres. En mai prochain je me réjouis de
retrouver le répertoire baroque que je n’ai pas chanté en solo depuis longtemps.
J’ai fait dernièrement le choix de quitter une magnifique structure collective où j’avais le
privilège de voir tous les corps de métier à l’œuvre, pour retrouver du temps, ma liberté de
création, et explorer une polyvalence qui ne trouvait plus sa place entre ces murs.
Repartir à l’aventure après seize saisons était nécessaire.

Lucio Silla Mozart.Photo all rights reserved Yann-Armel Quemener Aïda AMICH mezzo soprano
S’accorder une pause, s’occuper de son enfant, voyager, redevenir spectatrice pour se
nourrir du travail des autres, et mettre sa voix au repos pour aborder des rôles de mezzo
plus exigeants… tout cela m’était indispensable pour ouvrir un nouveau cycle artistique.
Mon expérience au sein d’une maison d’opéra ou tous les corps de métier travaillent
ensemble pour offrir de la magie au public, m’a beaucoup appris et m’inspire encore.
Travailler collectivement au coeur de ce navire de luxe m’a poussée à imaginer mes propres
mises en scène pendant l’arrêt du covid, à répondre aux enjeux du service public de
diversité et de rayonnement de l’opéra.
Je suis très attachée au collectif et avec Le Totem Lyrique, ma compagnie créée en 2019, je
peux désormais explorer des collaborations inédites, notamment en Tunisie, qui s’ouvre
magnifiquement à l’opéra.
Ma voix et ma compagnie sont mes outils de liberté, pour créer là où les répertoires se
croisent et où de nouveaux récits peuvent naître.
6) Que dire à toutes celles qui, comme vous, ne sont pas issues de la diversité mais
qui veulent se lancer dans ce métier assez complexe et exigeant?

Les contes d’Hoffmann Offenbach.Photo all rights reserved Yann-Armel Quemener Rhym Aïda AMICH mezzo soprano
L’art est une trajectoire extraordinaire, très enrichissante par l’apprentissage complet qu’il
exige, mais aussi par les formidables rencontres qu’il permet. C’est une véritable aventure
de vie.
L’art lyrique, malgré le stress des auditions incessantes, reste avant tout un art de la scène.
Chanter et interpréter une multitude de personnages, danser et être en contact direct avec le
public à chaque spectacle, sans aucun trucage sonore… c’est un bonheur immense,
presque une addiction pour certains!
Formez-vous solidement, entourez-vous de personnes compétentes et bienveillantes qui
connaissent la réalité du métier. Ne faites pas de concessions inutiles, préservez votre
talent et votre sensibilité, restez curieux et l’opéra de demain se fera avec vous.
Cela fait plus de 20 ans que je travaille dans la musique ; les pauses, les questionnements
et les changements de trajectoire sont nécessaires, mais ma passion reste intacte.
