Une splendide artiste iranienne qui s’est construite toute seule. Hier soir UFFP est allée aux portes ouvertes dans le 18e à Paris. Des portes ouvertes sur trois artistes au féminin : Tunisie, Moldavie, Iran, des identités plurielles, des parcours féminins différents, des chemins entre abstraction, réel, nostalgie, souvenirs, identités parfois meurtrières. Le tout sublimé par des visions singulières du monde, du rapport à ce dernier, de la place et du rôle du féminin, chez certaines plus que d’ autres.

Niyaz Azadikhah artiste iranienne photo all rights reserved REIHANE TARAVATI
Niyaz était absente, c’est l’artiste iranienne, mais son atelier respirait elle, avec une force et une violence parfois inouïe. Car ces tableaux, constructions, entre fil, crayons et pinceaux, nous racontent des histoires de sang, de sexualité, de féminin dans la douleur mais parfois avec une indécence assez destabilisante.
photos des créations : UFFP par David Thompson et Fériel Berraies Guigny
Mais il faut savoir se frayer un chemin entre ces réquisitoires de l’âme et de la chair, du féminin sacré tant de fois violenté dans son pays d’origine.

La mémoire, le passé, le récit d’un chemin et d’un voyage singulier où le sang, est souvent présent. Comme pour crier cette rage de liberté et d’émancipation qui s’est obtenue par la douleur.

La douleur de l’enfantement, celle de la sexualité, celle du corps féminin considéré comme une tentation diabolique, tout rappelle les fêlures, les douleurs et la culpabilité sociétale d’être femme et de vouloir exister en liberté.

Elle est autodidacte, difficile de le croire et pourtant si
À travers une large gamme de médiums — peinture, couture, broderie, installation, vidéo et animation — elle développe un langage personnel et elle nous dissèque le corps humain, chair par chair, morceau par morceau. Une réalité parfois aveuglante et insoutenable.

La résistance c’est la nudité un espace où l’on ne peut plus se cacher
Le corps humain source de réflexion et d’expression, se raconte à travers des gestes, cicatrices, traces et postures.

Couture et fil pour tenter de faire le lien
Chaque point, chaque superposition de fil et chaque variation chromatique ne sont pas
seulement des éléments visuels, mais participent à une narration intérieure oscillant entre blessure
et réparation, contrainte et libération.

Encre acrylique, découpe textile
Dans ses histoires, l’ethnoculturel est prépondérant.
La notion de « flacon à larmes » issue des traditions iraniennes devient un point de départ
pour une recherche artistique où les émotions éphémères se transforment en traces matérielles.

La douleur n’anéantit pas mais elle reconstruit
Un va et vient incessant et un dialogue entre l’intime et le collectif, la mémoire et la transmission.
Niyaz Azadikhah transforme la douleur en énergie créatrice, elle se libère et avance dans un langage aveuglant de réalisme de réalité, pour casser cette voix si longtemps bâillonnée sur la sexualité au féminin dans son pays.
Retrouver sa place, retrouver sa sexualité dans son essence avec cette crudité parfois qui appelle à une forme de terreur de l’image et des émotions.
On n’en ressort pas indemne… de ce travail car il évoque une palette de la condition humaine. Un langage assourdissant, entre vulnérabilité espoir et résilience.
Le corps de la femme n’est plus une prison au contraire il exulte dans une indécence poétique incroyable!
