Un rendez vous devenu incontournable et qui nous pose pas mal de questions existentielles qui ont fait l’objet de rencontres et débats à l’IMA. Comment se traduit l’arabité dans le design contemporain? nos identités en constante mutation et selon le contexte historique et politique comment se transforment elles? Face aux situations parfois endémiques de guerres et conflits; quelle répercussions sur le créatif face aux pressions géopolitiques et économiques?!
Pourtant la création n’a jamais été autant prolixe pour le SUD SUD donnant naissance à des talents qui ont franchi le cap international.
création arabe contemporaine
Le 14 Septembre les a célébré à l’Institut du MONDE ARABE.
De la Tunisie, à l’Algérie, au Maroc à l’Arabie saoudite, le Liban à la Palestine, de la Jordanie aux Émirats arabes unis, la quatrième édition du Prix du design de l’Institut du monde arabe a réuni tout un courant de créatifs pour qui patrimoine, identité, modernité et environnement se fondent et se confondent. Un jury international présidé par l’architecte égyptienne Shahira Fahmy et un Grand Prix attribué à la Marocaine Salima Naji, l’Afrique du NORD A BRILLE DE MILLE FEUX !
Ce PRIX DU DESIGN DE l’IMA qui en est à sa quatrième édition a récolté toutes ses lettres de noblesse et est devenu incontournable dans le paysage du DESIGN.

Mehdi Kesaieb et Yasmin Sfar le duo derriere ALTIN photo all rights reserved
Présidé par l’architecte égyptienne Shahira Fahmy, le jury du Prix du Design 2026 de l’INSTITUT DU MONDE ARABE a réunit des personnalités de premier plan issues des univers du design, de l’architecture, des médias et des institutions culturelles. Il est composé de Sheikha Reem Al Thani (Qatar), directrice générale adjointe d’Al Riwaq, Art public et Rubaiya Qatar au sein de Qatar Museums ; Mette Degn-Christensen (Émirats arabes unis), directrice de Downtown Design; Aidan Imanova (Émirats arabes unis), responsable éditoriale d’AD Middle East ; Michèle Maria Chaya (Liban), architecte et cofondatrice de MARIAGROUP ;
Memia Taktak (Tunisie), architecte et fondatrice de l’agence DZETA ; Nicolas Bellavance-Lecompte (Canada/Italie), directeur fondateur de NOMAD ; Daniele Gerkens (France), directrice de la rédaction d’ELLE Décoration ; Ali Khadra (Émirats arabes unis), éditeur et fondateur de Canvas ; Arnaud Morand (France/Arabie saoudite), commissaire d’exposition et responsable Arts & Industries créatives à l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA) ; Samer Yamani (Émirats arabes unis), curateur et directeur de Creative Dialogue ; ainsi que Frédéric Imbert, coordinateur technique de projets transversaux aux Manufactures nationales.
retrouvez notre autre billet sur les vainqueurs tunisiens
La présence de l’architecte d’intérieurs tunisienne Memia Taktak au sein de ce jury international témoigne de la reconnaissance croissante de l’expertise tunisienne dans les domaines de l’architecture, du design et de la création contemporaine.
Une quatrième édition qui a promis de belles découvertes et histoires humaines via DESIGN
L’exposition a mis en avant les finalistes de cette 4e édition, dans cinq catégories :
- Prix du Talent émergent (étudiant ou designer dont la pratique professionnelle a moins de 10 ans) : ce prix porte une attention particulière aux solutions apportées aux enjeux propres aux pays arabes, aux procédés de fabrication et au potentiel de développement.
- Prix de l’artisanat contemporain : tourné vers l’avenir, ce Prix, créé sous l’impulsion de Nada Debs, couronne un artisanat revisitant les traditions (y compris par l’utilisation d’innovations technologiques) pour répondre aux enjeux contemporains, tels que la durabilité, la personnalisation et la valorisation des patrimoines locaux.
- Prix de l’Impact, Arab Bank Switzerland : ce prix distingue l’impact social (éducation et transmission, sauvegarde des territoires, protection des populations) ; l’impact environnemental (solution écologique, production locale, valorisation de matériaux à faible émission carbone) ; et l’impact économique (développement de procédés opérants, de technologies, modernisation des traditions, création d’emplois).
- Grand Prix (architecte ou designer dont la pratique professionnelle est supérieure à 10 ans) : ce prix récompense une réalisation concrète, objet ou réalisation d’architecture intérieure, révélant le talent développé par son créateur.ice tout au long d’une carrière reconnue.
- Nouveauté de cette édition, le Prix du Public, attribué à l’un des candidats finalistes au termine d’une campagne de votes en ligne.
Coup de projecteur sur le couple tunisien.
Exposition AlUla, design d’un territoire vivant le couple tunisien vainqueur dans la catégorie Artisanat Contemporain

Du 10 au 20 septembre 2026 | Salle hypostyle (niveau -2) | accès libre
Du mobilier urbain aux dispositifs d’ombrage, des prototypes aux objets issus de démarches de recherche, les œuvres présentées ici posent des questions essentielles : comment construire dans un environnement désertique sans en négliger les caractéristiques fondamentales ? Comment le design peut-il produire du confort et de la beauté tout en respectant la fragilité des écosystèmes ? Comment peut-il appartenir en propre à ce paysage, et à nul autre ? Telle est l’ambition des programmes de design d’AlUla : affirmer le territoire comme un laboratoire vivant, où la création accompagne le développement en dialogue avec le lieu, ses habitants et leurs histoires millénaires.

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Le patrimoine réinventé par le design
Les projets finalistes témoignent d’une remarquable diversité d’approches.
Certains réinterprètent les formes vernaculaires et les traditions artisanales du monde arabe, tandis que d’autres explorent les matériaux biosourcés, les biomatériaux, les installations artistiques ou encore la reconstruction post-conflit.

Parmi les projets les plus marquants figurent notamment : sur votre droite Mehdi Ksaieb partenaire de Yasmine Sfar le couple tunisien vainqueur du Prix de l’Artisanat contemporain bravo à eux et à tous !
- « Saraab », une collection qatarie qui revisite les jeux de lumière des mashrabiyas à travers des objets contemporains ;
- « Ma’dan », du designer suédo-irakien Alexis Sizar, inspiré des architectures en roseaux des Arabes des marais du sud de l’Irak ;
- « What Remains: Atlas of a Disappearing Casablanca », qui documente la disparition progressive du patrimoine moderne casablancais ;
- ou encore la reconstruction du complexe Al-Nouri à Mossoul, symbole de la renaissance patrimoniale de l’Irak après les destructions de la guerre.
La cérémonie de remise des prix s’est tenue le 9 septembre au siège de l’IMA à Paris. Le palmarès a également distingué l’architecte marocaine Salima Naji, lauréate du Grand Prix, ainsi que le Jordanien Sahel Alhiyari, Prix du Jury. L’édition 2026 a par ailleurs récompensé la Saoudienne Aseel Alamoudi, Talent émergent, le Libanais Christopher Ghoussoub, Prix de l’Impact, et la Palestinienne Areen Hassan, Prix du Public
L’ensemble de ces propositions traduit une tendance forte : le design devient un vecteur de mémoire, de résilience et de transformation des territoires.
La Tunisie à l’honneur grâce au studio ALTIN
Parmi les finalistes de la catégorie Artisanat contemporain, la Tunisie est représentée par le studio ALTIN, fondé par Yasmine et Mehdi, un duo de designers dont la démarche fait dialoguer artisanat traditionnel tunisien et création contemporaine.
Leur projet, « Our AlUla Trilogy », est né d’une résidence artistique en Arabie saoudite. Réalisées en bois de palmier, fibrillum et fibres végétales, les trois pièces sculpturales rendent hommage aux paysages d’AlUla tout en établissant un dialogue entre deux cultures du palmier : celle de la Tunisie et celle de l’Arabie saoudite.
Le projet illustre parfaitement l’une des grandes tendances du design contemporain : faire du patrimoine artisanal un terrain d’innovation plutôt qu’un simple héritage à préserver.

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ALTIN a reçu le Prix du Design de l’Institut du monde arabe 2026 — catégorie « Artisanat contemporain » — lauréats : Altin
– Yasmine & Mehdi, « Our AlUla Trilogy », Tunisie – Arabie saoudite, 2026.
ENTRETIEN AVEC ALTIN la marque design du duo dans la vie et le pro Yasmin & Mehdi :
Ça fait quoi d’avoir remporté ce prix du Design à l’IMA ?
Ce prix reconnaît un travail précis : trois pièces — Wadi, Waha, Yusr — conçues en bois de palmier, en fibrillum et en fibres végétales, nées d’une résidence de design à AlUla. La catégorie « Artisanat contemporain » nous touche particulièrement parce qu’elle distingue une méthode de travail avec la matière, pas seulement une esthétique. C’est aussi une reconnaissance qui
dépasse le studio : elle valorise le dialogue entre deux cultures du palmier, la Tunisie et l’Arabie Saoudite, et l’ensemble du travail mené avec les artisans qui nous accompagnent depuis des années.

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Quelles influences pour le projet de la résidence ?
Ce qui nous a d’abord marqués à AlUla, c’est le contraste : la puissance minérale des canyons face à la douceur protectrice de l’oasis. Le palmier a fait le lien entre les deux territoires — arbre nourricier qui structure l’oasis d’AlUla comme il façonne la vie tunisienne depuis des siècles. C’est de ce fil commun qu’est née l’idée d’une trilogie : trois pièces, toutes issues de la matière du
palmier — son bois, ses fibres, ses palmes — pour traduire les émotions ressenties sur place, entre grandeur minérale et simplicité des gestes vernaculaires.

Que veut dire ALTIN ? / tinja existe encore ?
ALTIN vient de l’arabe al-tin, qui signifie l’argile, la terre — une matière malléable, qui se façonne et ouvre à l’expérimentation. C’est le rôle qu’ALTIN joue dans notre pratique : la part de notre travail qui s’autorise une liberté de forme, de temps et de récit. Elle nous permet de questionner le sens des traditions qui nous inspirent, et d’y voir un potentiel pour imaginer le monde de demain. tinja existe toujours, et porte l’autre part de notre pratique : celle qui fait vivre les savoir-faire dans
le présent, qui les verse dans l’usage quotidien et leur donne un sens aujourd’hui.

Quels projets futurs ?
Depuis l’expérience saoudienne, nous avons engagé une nouvelle collaboration, qui sera dévoilée prochainement. Elle nous conduit vers un territoire au carrefour du Caucase, entre Europe et Asie — nous en dirons davantage bientôt. Ce qui nous requiert dans ces rencontres, c’est l’immersion complète dans une culture différente. La rencontre avec l’Autre est fertile : dans un monde qui pousse à s’en méfier, il nous semble essentiel de rappeler qu’elle n’élimine rien, elle enrichit.
L’intelligence ne se divise pas, elle s’additionne.

merci Yasmin et Mehdi !

Retrouvez les sur leur site :
