Homeyra Sellier” les violences sexuelles sur les enfants sont criminogènes” !

  • By UFFP
  • 14 février 2026
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La prédation sur nos enfants, une thématique hautement douloureuse, inconcevable, mais qui reste endémique, et impunie bien des fois.

Chaque année, 165 000 enfants sont victimes d’agressions sexuelles en France. Mais qu’est-ce que la pédophilie ? Et à partir de quand parle-t-on de pédocriminalité ? À quel âge peut-on considérer qu’il y a consentement sexuel ?

Plusieurs procès ont mis récemment en lumière l’ampleur des violences sexuelles sur mineurs en France. Si le constat est inquiétant, les progrès faits en matière de lutte contre les réseaux sont réels.

Pédocriminalité et pédophilie

Il est important de différencier pédophilie et pédocriminalité. On qualifie de pédophilie le désir[Définition] sexuel éprouvé pour les enfants, sans passage à l’acte. Dès lors qu’il y a passage à l’acte, on parle de pédocriminalité

Que dit la loi ?

L’âge à partir duquel un enfant peut exprimer clairement un consentement[Définition] pour avoir une relation avec un adulte est fixé à 15 ans par la loi. Cependant, une personne majeure entretenant une relation sans l’accord des parents avec un enfant âgé de 15 à 18 ans pourra être poursuivie (et ce, qu’ils aient – ou non – des rapports sexuels). De manière générale, les infractions à caractère sexuel commises sur les mineurs sont sévèrement punies. Les peines varient selon la gravité des faits et l’âge de la victime.

Depuis 2023, un service du ministère de l’Intérieur, commun à la police et à la gendarmerie, a pour mission de traiter les affaires les plus difficiles de violences contre mineur. L’Office mineurs (Ofmin), est dédiée à l’accueil des enfants victimes et de leurs familles.

Que fait concrètement l’Ofmin ?

Centraliser et développer la compétence en matière de lutte contre les infractions commises à l’encontre des mineurs en France. Prendre en charge, principalement les violences sexuelles. En effet, malgré le nombre de victimes chaque année, estimé par la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Civiise) à 160 000, seulement 65 000 plaintes sont déposées. Ainsi environ deux tiers des victimes ne portent pas plainte.

L’Ofmin travaille en lien avec les ministères chargés de l’enfance, de la jeunesse, de la justice, des affaires étrangères, de l’éducation nationale, de la santé et des sports, ainsi qu’avec de nombreux partenaires à l’étranger, doit nous donner une vision globale des problématiques. Cette collaboration permet aussi de mener un travail d’information, de formation et de sensibilisation, sans lequel il serait impossible de faire avancer le sujet. Tout le monde est concerné, des personnels travaillant au contact d’enfants jusqu’aux parents eux-mêmes.

Quel est le profil type du pédocriminel en France ?

Les agresseurs sont à 97 % des hommes. C’est la seule donnée fixe, car sinon il n’y a pas de profil type.

Issus de toutes les classes d’âges (à partir de 14 ans environ, sachant que près de 20 % des agresseurs sont eux-mêmes mineurs et agressent des plus jeunes), de tous les milieux sociaux et de tous les territoires. Quant aux interactions entre pédocriminels (« pédosphère »), on parle davantage de pédocriminels en réseaux et sur les réseaux que de réseaux pédocriminels. Les pédocriminels ne sont pas forcément isolés socialement. En ligne, ils communiquent entre eux ou avec des mineurs pour échanger ou obtenir des contenus, voire organiser des rendez-vous pour un passage à l’acte physique.

La détention ou la consultation de contenus pédopornographiques est déjà une infraction pénale passible d’emprisonnement. 

Quelles situations à risque?

La dangerosité ou le risque est tout aussi important en ligne que dans la « vie réelle ». En 2024, l’Ofmin a reçu 164 516 signalements de contenus pédocriminels échangés en ligne en France. C’est autant d’enquêtes qui pourraient être ouvertes chaque année (soit environ 450 par jour).

Depuis 2023, un service du ministère de l’Intérieur, commun à la police et à la gendarmerie, a pour mission de traiter les affaires les plus difficiles de violences contre mineur ou de grande ampleur, ainsi que de proposer une réflexion stratégique sur le plan national. L’Office mineurs (Ofmin) a désormais pris ses quartiers à Nanterre (Hauts-de-Seine), dans des locaux neufs et lumineux, dont une partie, décorée de fleurs et équipée de jouets et de mobilier petit format, est dédiée à l’accueil des enfants victimes et de leurs familles. Cyril Colliou, lieutenant-colonel de gendarmerie, est l’adjoint de la cheffe de l’Ofmin, Gabrielle Hazan. Il décrypte pour La Vie la réalité de la pédocriminalité en France aujourd’hui et le rôle joué par les réseaux sociaux et internet.

Pourquoi avoir créé ce service en 2023 ? Pour répondre à quels besoins ?

L’objectif était de centraliser et développer la compétence en matière de lutte contre les infractions commises à l’encontre des mineurs en France. En premier lieu, nous traitons des violences sexuelles. En effet, malgré le nombre de victimes chaque année, estimé par la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Civiise) à 160 000, seulement 65 000 plaintes sont déposées. Ainsi environ deux tiers des victimes ne portent pas plainte/

Quelles formes prend la pédocriminalité aujourd’hui en France ?

Les agresseurs sont à 97 % des hommes. C’est la seule donnée fixe, car sinon il n’y a pas de profil type : ils sont issus de toutes les classes d’âges (à partir de 14 ans environ, sachant que près de 20 % des agresseurs sont eux-mêmes mineurs et agressent des plus jeunes), de tous les milieux sociaux et de tous les territoires. Quant aux interactions entre pédocriminels (« pédosphère »), on parle davantage de pédocriminels en réseaux et sur les réseaux que de réseaux pédocriminels. Les pédocriminels ne sont pas forcément isolés socialement. En ligne, ils communiquent entre eux ou avec des mineurs pour échanger ou obtenir des contenus, voire organiser des rendez-vous pour un passage à l’acte physique. Je rappelle que la détention ou la consultation de contenus pédopornographiques est déjà une infraction pénale passible d’emprisonnement. 

Les réseaux sociaux contribuent à multiplier les passages à l’acte 

Les outils numériques n’ont pas fait émerger la pédocriminalité, mais ils la facilitent par la mise en relation des auteurs entre eux, et aussi des auteurs avec les victimes.

Mais il faut se dire que tout est devenu situation à risque, et les cas se multiplient malheureusement, un peu partout dans le monde entier, du Nord au Sud et quelque soit le médium. Dans les crèches, les écoles, les endroits publics ou privés, dans les hautes sphères comme dans celles des moins nantis, ce phénomène ; glaçant est partout.

PHOTOS ALL RIGHTS RESERVED UFFP / SHUTTERSTOCK

La nébuleuse de prédation est énorme, sur les réseaux, dans des endroits familiers, dans des endroits publics, de façon cachée ou parfois pas, sur les réseaux, et ces tragédies ne sont reléguées qu’à des faits divers.

Les coup de buzz, les coups sensationnalistes et médiatiques comme l’Affaire Epstein, après la vague me too de Harvey Weistein les ressorte des “armoires” combien d’affaires avérées mais classées sans suite, combien de souffrances et de douleurs bâillonnées ?

Dans tout cela, les victimes survivantes souffrent, leurs familles aussi, mais rien n’est fait pour une juste réparation; à quoi attribuer les lenteurs des procédures, et les non lieux quand tout accable ?

Une société qui consomme ses enfants, une société qui ferme les yeux quand cela dérange et qui pointe le doigt sur le prédateur s’il n’est pas une “‘figure” publique” en oubliant qu’il faut regarder aussi les “producteurs” les rabatteurs de cette production et la sphère des riches et puissants du Monde qui en ont fait leur “cour de récréation” !

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PEDOLAND est devenue une sombre réalité

Alors oui, les Etats Unis on se dit bon c’est loin, cela nous touche pas, mais l’Affaire Epstein a ouvert la boite de Pandore. Des personnes, des personnalités au plus haut niveau sont touchées, l’affaire est en cours et chaque jour on apprend quelque chose de terrible.

Cela donne le tournis, la criminologue que je suis, ne crois qu’aux choses factuelles, mais hélas en France, dans notre pays, un raz de marée est en train de nous prendre tous au dépourvu.

Oui me direz vous, cela existe depuis très longtemps, mais souvent après l’effet d’annonce de certains médias qui veulent bien communiquer, l’affaire finit par être classée sans suite, sauf erreur de ma part, en tout cas bien souvent, quand il s’agit de quelqu’un de haut placé, bien sur sans généraliser, si l’auteur se suicide ou disparait, il est clair que c’est plus compliqué.

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Ce terme en lui même, pédophilie, pédocriminalité, c’est tellement dur de le prononcer encore plus de le concevoir comme étant devenu une fatalité de nos sociétés modernes.

Mais malheureusement, rien qu’hier, on a fait état d’un vaste réseau entre la France et le Sénégal, dans d’autres pays du Sud, cette problématique aussi, mais le tabou de la religion et de la culture font que les médias n’en font pas étalage de façon aussi criarde. Un réseau de formateurs au sexe pour jeunes garçons a été pourtant démantelé entre Beauvais et le Sénégal.

La police sénégalaise a annoncé l’arrestation de 14 personnes dans le cadre d’une affaire de pédocriminalité. Un notable de Beauvais, dans l’Oise, est accusé d’être la tête du réseau criminel.

Et voila un autre cas, celui d’un pédophile français de 79 ans, écroué depuis 2 ans maintenant et soupçonné d’avoir fait au moins 89 victimes, sur plus de 40 ans, et aux quatre coins de la planète. Le procureur de Grenoble a rendu public ce dossier en diffusant un appel à témoin.

Mardi 10 février 2026, le procureur de Grenoble a diffusé un appel à témoin, autour d’une affaire de pédocriminalité qui a fait au moins 89 victimes dans le monde. L’homme est déjà écroué depuis deux ans et la justice a pris connaissance de l’affaire, il y a trois ans, grâce aux soupçons du neveu de cet homme.

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Dans le détail ces mémoires on recense 89 victimes, sur quatre continents et dans huit pays : Colombie, Algérie, Maroc, Niger, Suisse, Allemagne, Philippines, Inde, en plus de, pour la France, la Nouvelle-Calédonie.

Le suspect reconnaît tous ces garçons croisés au gré de missions à travers la planète, alors qu’il est mi-professeur, mi-éducateur sportif, mais l’homme émet une nuance. Si la justice le met en examen pour viol et agression sexuelle sur mineurs et mineurs de moins de 15 ans, lui ne se voit pas comme un pédocriminel. Il fait référence à la Grèce antique pour justifier d’une prétendue “éducation sexuelle et culturelle” sur ces garçons, à qui il donne parfois de l’argent, pour payer un permis de conduire ou pour “faciliter” une installation.

“Il se décrit dans ses mémoires comme un ‘gentleman boy lover’, évoquant des vieux démons qui le poussent à agir ainsi, expose le procureur de Grenoble Étienne Manteaux. Il se dit donc ‘pédéraste’ : un ‘pédéraste’ peut apporter quelque chose d’important à l’humanité, et il est certain que les mineurs, enfin certains d’entre eux qui ont été entendus après avoir été identifiés, admettent qu’il y a eu des abus sexuels, mais il y avait aussi du temps qu’il passait pour leur apprendre des langues étrangères, pour les éveiller à la culture, à l’architecture, etc. .

Un appel à témoin et deux meurtres “altruistes”

Ce personnage a peut-être fait d’autres victimes. C’est l’un des objets de l’appel à témoin : identifier les victimes parmi les 89 qui n’ont pas pu l’être, car elles sont souvent uniquement désignées par leur prénom. C’est aussi donner l’occasion à d’autres éventuelles victimes qui n’étaient pas dans les mémoires de l’octogénaire de se signaler, même si, il faut le dire, une bonne partie des faits seront prescrits : ceux qui ont été commis avant 1993. “La plupart ont déposé plainte. En revanche, peu se sont constituées parties civiles”, précise le procureur.

De plus, les enquêteurs ont découvert que cet homme avait tué sa mère et sa tante, avec, là encore, des motivations et des scénarios particuliers.

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Le scandale EPSTIEN réveille les vieux dossiers endormis et remet au devant de la scène le phénomène

Un dossier aux ramifications tentaculaires mais c’ est l’arbre qui cache la foret et elle est bien “touffue” cette foret, au point ou en a le vertige, alors oui “ca arrive ici et c’est plus près que l’on ne pense” !

Cela va t il relancer des enquêtes? des procès autrefois classés sans suite, va till libérer la parole des victimes?

Paris la Capitale mondiale du Vice ?

Les chiffres donnent en effet le tournis, la France a été citée plus de 66 000 fois dans les dossiers Epstein. Comment est ce possible, pourquoi on a tu tout cela?

Epstein a résidé longtemps en France et y avait ses appartements, mais il n’a jamais été inquiété. Ghislaine Maxwell était aussi française, et l’on sait qu’elle faisait le Traffic d’enfants et de jeunes femmes avec Jean Luc Brunel le patron de l’agence de mannequin, qui s’est suicidé. Tout cela a été confirmé en 2003, pourquoi elle n’était pas inquiétée ou arrêtée ?

Et bien avant, l’Affaire ” Laureen Verdun” la petite fille de quatre ans qui a été abusée et est décédée des suites d’une MST” impliquant trois hommes politiques notoires, un par action et deux par le fait qu’ils ont mis en sourdine l’affaire… qui finira par être classée.

On est entrée dans une ère d’ultra information après la désinformation et il est de plus en plus difficile d’étouffer les affaires qui ne vont pas manquer de s’abattre sur la place publique.

Alors oui cela va faire mal, mais ceux qui ont le plus mal, certaines en sont mortes, d’autres ont survécu mais dans quel état, aujourd’hui adultes, et combien sont encore dans le silence par trauma et peur de s’exposer dans une société qui ne va pas manquer d’essayer de les juger et de les culpabiliser!

Et UFFP notre seul souci, c’est les victimes, c’est les invisibles qui ont souffert dans leur chair et dans leur âme.

Ce que l’on ignore bien souvent, alors que les gouvernances détournent le regard et que peu de moyens sont allouées aux rares instances qui se préoccupent du bien être de ces enfants violentés, c’est que ces derniers, une fois adultes peuvent reproduire le schéma !

Une spirale infernale, qu’il est alors difficile de briser. Tout comme notre sujet sur les traumas infantiles de guerre ( sujet de notre recherche) on finit par reproduire ce que l’on a vécu.

Pour essayer de mieux comprendre, nous sommes allée à la rencontre d’Omeyra Sellier, la Présidente d’Innocence en danger, elle qui se bat depuis vingt sept ans pour venir en aide aux victimes. Sans moyens, sur un chemin d’indifférence souvent, d’adversité parfois, elle a tenu bon et continue d’accompagner les douleurs invisibles des enfants tombés dans la prédation du monde et des turpitudes adultes. Des enfants et des générations sacrifiées sur l’autel de la complaisance pour les puissants, l’indifférence pour les petits, des enfants qui grandissent sans réparation et qui finissent à leur tour par grossir les statistiques de la pédocriminalité.

Un problème endémique, tentaculaire, vieux comme le monde, qui se déterre des oubliettes a coup de punch médiatique et qui finit par être oublié, une fois l’émotion passée.

Entretien avec HOMEYRA SELLIER Présidente d’Innocence en danger

  1. Comment est venu à vous ce phénomène ? Parlez nous votre parcours personnel et pourquoi avoir lancé Innocence en danger ? ce qui m’a amenée à choisir ce chemin, est un hasard de la vie. Je suis née en Iran, je suis iranienne et je me suis retrouvée à venir en France, il y a plusieurs années. J’ai du quitter ma terre natale lorsque les choses ont commencé à aller mal dans mon pays. Mes parents ont décidé d’envoyer ma sœur jumelle et moi en France. L’idée était de nous mettre en sécurité ma sœur et moi. Nous étions alors très confiantes, nous avions grandi avec certaines valeurs culturelles. Nous parlions anglais, nous voulions apprendre le Français et plus tard y faire nos études supérieures. On s’est retrouvée à Paris et c’est à Paris, que j’ai vu de mes propres yeux, déjà à l’époque comment on pouvait se faire “approcher” alors que nous n’étions que des adolescentes. On n’avait pas encore dix huit ans.
  2. On vous abordait ? oui on se faisait aborder dans les restaurants et surtout dans un restaurant en particulier. Et une autre fois aussi, dans un évènement de mode. On se faisait approcher par des femmes très élégamment habillées. Elles étaient très belles, très gentilles et elles nous demandaient si on voulait aller à des diners avec des hommes; moyennant de l’argent. Ma sœur et moi nous avions refusé de le faire. Ma sœur aujourd’hui, n’est plus de ce monde, je ne peux pas lui poser la question désormais. Moi je ne l’ai pas fait, mais je ne sais pas si certaines de mes amies l’ont fait. Je sais simplement que l’on a eu des “vies qui se sont décomposées par des tentatives de suicide etc.
  3. La prise de conscience du “danger” vous l’avait eu plus tard? oui avec le recul, j’ai appris que durant ces “diners” il y avait eu parfois des viols en groupe. J’étais très jeune, je ne connaissais pas grand chose à la sexualité et encore moins quand il s’agissait d’un viol. En Iran on se marie, il n’y avait pas ces choses là. C’est Paris qui m’a appris. Des années plus tard, après mes études, j’ai voulu faire quelque chose et venir en aide aux jeunes filles qui pouvaient se trouver des ces situations.
  4. C’est en 1999 que vous devenez le porte voix de l’enfance en souffrance? oui j’ai été amenée à conduire le plan d’action du mouvement mondial de protection des enfants qui est né à l’UNESCO en 1999. Ce mouvement s’appelle ‘Innocence en danger’. Je n’ai pas hésité un seul instant, des que l’on m’a proposé. A l’époque ma naïveté était de croire que le monde entier allait m’aider. Je ne pensais pas que j’allais me retrouver seule, que cela allait être un chemin solitaire qui allait m’isoler de beaucoup de gens. A l’époque le sujet dérangeait, on ne voulait pas en parler. J’ai tenu bon.
  5. Quels sont les défis de votre engagement? la solitude, le manque crucial de toute aide, aide morale ou financière etc. Je me suis battue pour Qu’Innocence en danger vive et que l’on puisse identifier des mineurs victimes de violences sexuelles.
  6. Que leur proposez vous Homayra à ces victimes? je suis là pour les écouter, les accompagner, leur fournir un conseil juridique car je travaille aussi avec des avocats. Leur proposer un accompagnement thérapeutique également. En 2002, j’ai lancé les retraites de résilience, c’est pour leur permettre de commencer à se reconstruire, via les Arts, toute forme d’art thérapie mais également équithérapie. Car les chevaux ont également des vertus thérapeutiques sur les enfants.
  7. Quel âge a Innocence en danger aujourd’hui? elle a 27 ans et nous travaillons dans plusieurs pays. Je suis bénévole, j’ai dédié ma vie à cela, et je n’ai pas pu faire autre chose. Ce travail a permis de changer le parcours de vie de milliers d’enfants victimes et de leur famille et entourage. En 27 ans je n’ai pas fermé mon portable, weekend compris, cela fait des années que je n’ai pas pris de vacances. UN vrai engagement, une passion qui me conduit et ne me quitte jamais. ET sans regrets car j’adore ce que je fais.
  8. Vous avez travaillé dans plusieurs pays mais en France, la situation est grave non? oui effectivement, je dirai même qu’ elle est catastrophique ! la France a toujours eu une culture du viol et est très permissive sur ces questions, le libertinage est culturel. Les Français sont aussi très individualistes, bien sur cela est une généralité, même si il y a des gens comme moi qui pensent qu’il ne faut pas toucher aux enfants. Mais il y a aussi une majorité qui pensent que je ne dois pas m’intéresser à cela, que cela ne me regarde pas. Ne pas savoir, c’est ne pas agir en quelque sorte. Au début c’était un parcours du combattant, il fallait avoir du souffle.
  9. 166000 victimes de violences sexuelles chaque année en France, les chiffres sont bons? oui mais ca c’est pour les plaintes quand elles sont identifiées et les plaintes qui ont été enregistrées. Mais qu’en est il du reste? quand on sait que seule 8 à 10 pour cent des plaintes sont enregistrées. Les autres victimes qu’on ne dénombre même pas sont invisibles. Chaque jour il faut compter une dizaine de cas reliés à la pédocriminalité. Et malheureusement, la France n’a jamais eu à sa tète des gouvernements qui aient accordé à cette cause un regard réparateur ou des moyens mis en œuvre pour. La France est le dernier de la classe sur ces questions. il n’y a pas de budget alloué pour les enfants ou la justice ou pour leur protection. Innocence en danger essaye de faire face à un gouvernement qui faillit tous les jours. L’ASE quant à elle, est une catastrophe et c’est plutôt une source de maltraitance, de viol et de Traffic elle même. Les choses vont mal, les gouvernements Français successifs n’ont pas compris, que l’on ne peut gouverner un pays en étant indifférent face aux enfants victimes.
  10. Mais le problème c’est aussi “la qualité et le statut du pédocriminel” oui tout dépend “qui a fait quoi’ en France, si on a de l’argent, si on est connu, si on est puissant, si il a rendu service, les gens regardent ailleurs. Souvent la justice traine ou il n’y a tout simplement pas d’enquêté ou la justice fait trainer les choses, cela reste dix ans, puis après il y prescription.

11 Qu’est ce qui a contribué à la situation dramatique des enfants en France ? c’est internet, ce médium n’a jamais été fait pour les enfants. Mais des personnalités comme Jacque Lang à l’époque à permis la généralisation de l’accès à internet pour tous. Et les parents à l ‘époque n’étaient pas encore conscients des dangers et l’on nous a empêché de venir aux écoles pour sensibiliser sur les dangers. Mon premier livre en 2000 s’appelait “internet le paradis des pédophiles” Edition Plon, il y a vingt sept ans je savais déjà et rien n’a changé depuis lors et mon discours tient encore.

La même indifférence encore et toujours face au danger pour nos enfants? oui rien n’a changé, les réseaux sociaux ont amplifié le phénomène et le gouvernement regarde ailleurs. Internet est devenu un terrain de chasse et a banalisé le problème pour les pedocriminels, et il y a vingt sept ans, je l’écrivais déjà.

Eradiquer le problème une illusion? on ne peut pas l’éradiquer ce fléau, car ce phénomène est la, c”est un peu tard, surtout pour ces enfants qui n’ont pas été écoutés, accompagnés, ils n’ont pas eu accès à une réparation juridique. Ils ont été maltraités, regardez l’affaire Outreau, Et Bettaram. Les affaires ne

manquent pas. Et il faut se dire que 20 à 30 % des victimes reproduisent ces crimes. Tous les procès auquel j’assiste ou “Innocence en danger assiste” il s’agit avant tout d’une centaine par an. Tous ces procès exposent des personnes qui viennent d’une enfance brisée: battus, violés, ils ont souvent vécu les mêmes choses.

Les laissés pour compte, sont ce pourcentage qui peut reproduire? oui ceux que l’on a laissé au bord de la route risque de reproduire. Nous on essaye de les accompagner thérapeutiquement et juridiquement pour éviter le basculement. Les violences sexuelles sur les enfants ont un cout immense et il faut faire référence au livre que j’ai co écrit avec Serges Guarde et Karl Zéro en 2021 ” un sur cinq” est le fruit d’une enquête menée par le Conseil de l’Europe sur trois ans. Il parle du fait qu’un européen sur cinq a été victime de violence sexuelle d’une façon ou d’une autre avant d’atteindre l’âge de dix huit ans? le cout des violences sexuelles en Europe se chiffrent à des milliards par an. Manques à gagner, les procès coutent cher, l’aide juridique, la psychiatrie coute cher. Et cela part de nos impôts.

Cette indifférence française nourrit la multiplication des crimes? oui nous payons par nos impôts, tout cela, la prison du prédateur, son loyer, sa nourriture, ce n’est pas les gouvernants, mais l’argent des Français, couvert par les impôts, nous payons pour les procès et tout le reste. Seule la prévention et l’accompagnement des victimes permettent de réduire le nombre de victimes. C’est dans l’intérêt de tout le monde.

Parlez nous de votre positionnement sur l’Affaire Epstein C’est moi en 2019 qui suite à l’appel d’une amie américaine, j’avais travaillé sur un autre dossier de pédocriminalité transnational, qui m’a contactée en juin 2019 et m’a demandée si je connaissais cet homme en me donnant le nom de “Jeffrey Epstein” je ne le connaissais pas à l’époque. Elle m’a demandé de faire des recherches sur lui sur le net et m’a dit qu’il venait souvent à Paris et il avait un appartement. Elle m’a invitée à signaler en France, sa venue, étant donné qu’aux USA c’était un prédateur connu qui a fait des milliers de victimes. J’ai fait alors un signalement au Procureur de la République après avoir fait connaissance de ce qui est dit sur lui.

Une enquête s’ouvre je fais un appel à témoin, quelques victimes me contactent, malheureusement il y a prescription pour la plupart d’entre elles. Je les envoie à l’OCDRP qui était la cellule qui devait enquêter sur l’affaire. J’apprends que Jean Luc Brunel est arrêté et que plus tard on le retrouvera mort dans sa cellule. J’apprend ensuite que l’enquête a été stoppée.

Quand les Epstein Files ont commence à ressortir, vous avez resollicité la réouverture ? je ne pouvais pas imaginer un seul instant que sur le territoire Français, Jeffrey Epstein ai eu une vie chaste. Les prédateurs ont un mode opératoire qui ne s’éteint jamais. Et puis l’enquête de 2019 s’était beaucoup intéressée sur Jean Luc Brunel, mais il n’était qu’un maillon. J’espère que l’ouverture aura lieu et que la justice pourra nous informer publiquement des résultats de l’enquête de 2019. Je crois pas à la chasteté, et en France les relations sexuelles avec les mineurs c’est presque un effet de mode , regardez André Gide, Daniel Cohn Benditt, la liste est longue. Epstein avait beaucoup de contacts en France, on sait qu’il y a rabatteurs, des victimes qui ont subi des viols sur le sol Français, même s’il y a prescription.

J’espère que justice sera fait que les victimes seront aidées, accompagnées.

En conclusion, dans votre travail le plus dur c’est? l’indifférence, la corruption de ceux qui nous dirigent. Que les gens regardent ailleurs, ne veulent pas savoir. Qu’aucune entreprise française ne veut donner de centimes, on a fait appel à des tas de fonds, des fondations, qui ont pignon sur rue, qui donnent pour les bb kangourous et les puits au Brésil, c’est très bien, mais rien pour les enfants victimes. Les soutiens sont éparses, notre travail est extraordinaire, et on fait tout avec des comptes vides. Mais on a une équipe magnifique. On perd beaucoup de temps pour trouver des fonds, et c’est dur. La corruption est dure.

Que dire au monde in fine ? L’Affaire Epstein a fait tomber les masques des élites des gens au pouvoir dans les pays européens. Ils parlent de démocratie de droits de l’homme, de la justice et aujourd’hui on voit ce qu’ils ont été vraiment. Epstein était une organisation transnationale de pedocriminels, de gens qui font toute sorte de trafics. Des hommes et des femmes qui étaient dans les plus hautes sphères de responsabilité. Ces individus qui dictent nos vies, qui nous font la morale, on se rend compte aujourd’hui que tout cela était une façade. Politiques, stars, chercheurs, universitaires qui s’autoprotégeaient. Tous ces noms, ces institutions, il y a un autre regard sur tous ces gens qui n’ont jamais voulu nous aider.

Ils ont longtemps joué la droiture et la morale, dés personnages qui révèlent leur turpitude, finalement c’est en train de sortir. J’espère que cette affaire ne sera pas enterrée avant que les victimes ne s’expriment et trouvent justice, qu’on puisse les honorer, les réhabiliter. Que l’on finisse par comprendre nous qu’en tant que peuple nous avons un pouvoir immense et qu’il faut refuser désormais de subir tout ce mal et cette gouvernance corrompue dans le Monde.

Merci Homeyra Sellier !

UFFP

UFFP la Fondatrice et Présidente FERIEL BERRAIES GUIGNY :
Tour à tour mannequin, criminologue, diplomate et journaliste, la franco tunisienne Fériel Berraies Guigny a lancé en février 2011, une Association loi 1901 du nom de United Fashion for Peace. Parmi les activités de l'Association, une Caravane de mode internationale qui met en avant la paix, la tolérance, le dialogue entre les civilisations par le biais de la mode et de l'artisanat éthique. Née dans la foulée du printemps arabe, cette Association réunit tous les artistes du monde pour la paix, désireux de donner de l'espoir dans des régions en crise ou en transition. Depuis le mois de mai dernier, le magazine en ligne a aussi vu le jour pour être le portevoix de tous ses combats pour une planète éthique. La première programmation de la Caravane de mode se fera prochainement en février 2012 en Afrique subsaharienne sous la thématique de l'éducation pour la paix à la Triennale de l'Education en Afrique. Sept pays ont été les Ambassadeurs, Tunisie, Maroc, Cameroun, Afrique du Sud, France/Niger et Burkina Faso.
Fériel Berraies Guigny dirige par ailleurs, depuis des années deux panafricains New African en co rédaction et New African Woman/ Femme Africaine qu'elle a crée pour le groupe de presse britannique IC publications. Elle a longtemps été journaliste correspondante presse pour la Tunisie.

UFFP Contenu rédactionnel webzine :
Magazine français pour une planète éthique. Se veut une plateforme internationale pour une mode éthique qui défend la paix, la tolérance, l'échange, le dialogue entre les civilisations par le biais de la culture, de la création et de l'artisanat. Rubriques : 'Planète éthique' - 'Le rendez-vous des entrepreneurs' - 'Ethnical Conso : beauté bio, manger éthique' - 'Ethical Fashion' - 'Eco Déco' - 'Culture éthique' - 'Eco Evasion' - 'Société et éthique' - 'Femmes d'Ethique' - 'Prix Ethique' - 'Paroles Ethique'.
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Dans le farouche désir de combattre pacifiquement les injustices sociales et économiques à l'encontre des peuples par la culture, elle entend véhiculer des messages d'humanité. Son slogan le beau au service de l'autre, permet des passerelles, des rencontres et l’ acceptation des diversités couture. L'esthétique pour l'éthique reste son credo.

United Fashion for Peace entend fédérer le meilleur de la création internationale dans le respect de la diversité, des us et des coutumes. Tout un symbole de paix aujourd'hui, alors que le Continent continue de subir les soubresauts de son histoire.
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Pont couture entre les peuples du Monde, cette plateforme a pour vocation de faire la promotion d'une création éthique et sans frontières. Favoriser un jour le commerce équitable de ces produits, pouvoir faire venir les artistes sur Paris pour leur organiser des défilés et vendre leurs produits.
United Fashion for Peace, c’est un concept qui propose un défilé de mode « clés en main », une animation « décalée » à l’occasion d’une manifestation, d’un colloque, d’un forum, d’assises politiques, économiques, scientifiques.
United Fashion for Peace c’est la présentation d’artistes qui font vivre et revisitent une culture, c’est un témoignage de richesse et de savoir faire, c’est la promotion du développement durable avec l’ambition d’accéder à la conscience durable
United Fashion for Peace c’est un vecteur d'amour et le partage dans la création.
Pour les organisateurs il s'agit de créer un évènement mais aussi de véhiculer une philosophie de vie dans la création. Pour laisser quelque chose aux générations futures " loin des passerelles du luxe, UFFP est avant tout une histoire d'amour et d'amitié avec les peuples, leur création, leur identité et leur patrimoine au service de l'autre.

C'était une idée, elle est devenue un projet, aujourd'hui une Association qui a hâte de trouver des programmateurs, des sponsors et des partenaires afin de pouvoir sa première édition.
UFFP dans le Monde
UFFP est à la recherche de programmations dans le Monde, de partenaires et de sponsors qui souhaiteraient se rapprocher de l'éthique, du développement durable, de la préservation des Arts et métiers, des droits de l'homme, de la culture et de la parité, sans oublier le dialogue entre les civilisations qui sont les valeurs qu'elle véhicule.
A chaque programmation dans un pays où événement donné, sont mis en avant les créateurs du pays hôte qui sont dans l'éthique.
UFFP s'adapte à toutes les thématiques et les rencontres politiques, économiques, culturelles, développement, environnements, bio, bilatérales, multilatérales, fêtes d'indépendance, fêtes nationales, parité, jeunesse, droits de l'homme, ou encore pour médiatiser une problématique donnée de la région.
A terme, L'Association voudrait pouvoir faire également du caritatif, et organiser des ventes de charité, au profit d’une ONG ou association défendant des valeurs similaires et la mettre en avant à l'occasion d'un défilé programmé.
Siteweb: http://www.unitedfashionforpeace.com
contact: unitedfashionforpeace@gmail.com

UFFP mode d'emploi :
La promotion d’un pays passe par la mise en avant de ses valeurs, de ses atouts et par une communication à la fois ciblée, régulière et soutenue. La Côte d'Ivoire de la paix et de la réconciliation souhaite développer un tourisme culturel mais également donner une image positive d’une Afrique à la fois moderne et traditionnelle où les valeurs humaines, sociales et pacifiques prédominent.

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