C’est durant nos déambulations dans le Salon TRANOI à Paris que nous sommes tombée nez à nez avec une compatriote. Elle c’est la marque d’accessoires de luxe durable “YASSS” et sa génitrice? la jolie Sofia Essaied Cherif. Une très jolie histoire de hasard, de rencontre humaine et surtout de talent!
YASSS cette griffe d’accessoires à base de fil de satin est en train de grandir et on peut, déjà l’acheter dans des écrins emblématiques de la capitale : le Bon Marché, la Samaritaine ( six mois l’année dernière)
Mais on peut la retrouver aussi à Paris au corner Louvini, et aux Galeries Lafayette Haussmann, une véritable consécration pour cette marque qui est en passe de devenir une grande.

Sofia Essaidi Cherif fondatrice de la marque d’accessoires YASSS photo all rights reserved
Sofia Essaidi Cherif c’est aussi une très belle leçon de reconversion par passion, car elle a décidé de prendre le risque de faire un saut dans l’univers créatif de la m ode après des années dans le milieu académique. Un saut dans l’inconnu dans un milieu hautement compétitif, mais Sofia savait déjà ce
qu’elle voulait faire: moderniser l’artisanat, le rendre plus accessible et dans l’air du temps. Et cette mission elle l’a réussie !

photo YASSS all rights reserved
Entretien avec UFFP
Comment suis-je arrivée à la mode ?
Mon parcours est plutôt atypique (musicologie, sociologie, anthropologie). J’ai enseigné l’éducation musicale dans le système français en Tunisie, pendant plus de 15 ans.
C’est vrai que rien ne me prédestinait à travailler dans ce domaine. Mais avec le recul, mes études en sociologie et en anthropologie m’ont donné une
particulière pour l’humain et les traditions. La musicologie, elle, m’a appris le rythme et l’harmonie. Inconsciemment, ces disciplines nourrissent ma vision de la mode. J’ai toujours aimé les accessoires élégants et singuliers, loin de la production de masse. Avec du recul, je pense que créer était une évidence qui attendait son heure.

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Le catalyseur à 40 ans ?
Après des années dans l’enseignement, j’ai ressenti une certaine lassitude. C’est un métier passionnant mais épuisant, où l’on donne énormément de soi. À 40 ans, on arrive à un carrefour : on a encore toute l’énergie nécessaire pour construire, mais on a aussi la maturité pour savoir ce qui nous fait vibrer. J’avais ce besoin vital de me renouveler, de sortir d’un cadre académique pour entrer dans un cadre créatif. C’est
une stimulation intellectuelle et manuelle différente : on part d’un cordon, d’une idée, et on finit avec un objet concret. C’est extrêmement gratifiant ! Étant d’un naturel réservé, la création est devenue mon mode d’expression privilégié. Je pense aussi que c’était le moment ou jamais de transformer ma passion pour les accessoires en une aventure entrepreneuriale.
YASSS : La genèse et la mission, pouvez vous nous raconter l’histoire de la marque ?
L’aventure YASSS, c’est avant tout une histoire de passion et de sens. Voici
comment la marque a pris vie et ce qui m’anime au quotidien : YASSS est née d’un besoin personnel : celui de porter des accessoires qui ne ressemblent à rien d’autre. Ayant toujours été fascinée par l’élégance et les jolies associations de couleurs, assez improbables, j’ai voulu créer une marque qui sorte des sentiers battus de la production industrielle. J’avais vraiment envie de transmettre une émotion à travers la matière, en partant d’un simple cordon de satin.

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Vous vouliez également donner un coup de fraicheur à l’artisanat local ?
Moderniser l’artisanat est la mission de YASSS, il faut prouver que l’artisanat n’est pas “figé” dans le passé. Chez YASSS, on prend des techniques manuelles très anciennes (le tissage) pour les injecter dans un design moderne, urbain et chic. L’idée est de valoriser le travail de la main tout en proposant des pièces que l’on a envie de porter aujourd’hui, que ce soit à Tunis, Paris, New York ou Tokyo.
L’engagement pour une création durable c’est aussi l’ADN de la marque ?
Pour moi, la durabilité n’est pas un argument marketing, c’est vraiment le cœur du projet. Chez YASSS, on est à l’opposé de la “fast-fashion”. Chaque pièce prend des heures, parfois des jours, à être tissée. (Voir la collection exclusive pour BARDO Collection-Galerie Selma Feriani) Ce temps passé donne une valeur et une âme à chaque objet, ce qui incite à le garder longtemps.
Les petites mains c’ est important de la valoriser, joyful, circulaire, humaine et durable ?
En faisant travailler des artisanes locales (nos fameuses “Petites mains”), nous préservons des métiers qui risqueraient de disparaître. C’est une durabilité humaine et culturelle.

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“Les Petites Mains” : Une petite histoire dans la Grande in fine?
Absolument. C’est un point fondamental de mon projet. Derrière chaque pièce, il y a
la transmission d’un savoir-faire. Au-delà de l’esthétique, YASSS a une véritable vocation sociale.
La plupart de nos artisanes étaient sans emploi avant de rejoindre l’aventure. Elles ont été formées au tissage.
En les intégrant au projet, nous ne faisons pas que tisser des accessoires ; nous créons vraiment une chaîne de solidarité : ces femmes ont une autonomie financière.
Leur travail est valorisé, puisque les pièces qu’elles tissent sont vendues à l’international.
C’est cette dimension humaine qui me donne la force de continuer. Quand une cliente achète une pièce YASSS, je dis toujours qu’elle n’achète pas juste un bel accessoire de mode, mais qu’elle soutient directement le quotidien de ces femmes.
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L’expérience Canex Tranoï
C’était une étape très intéressante ! Exposer au Tranoï via Canex, c’est une reconnaissance internationale. Cela permet de confronter son travail au regard des acheteurs du monde entier et de prouver que l’artisanat tunisien a toute sa place dans le luxe contemporain.
Déjà vendue au Bon Marché… Quelle est la prochaine étape ?
La Samaritaine, Le Bon Marché, ça a été une consécration pour moi ! Lorsque personne n’y croyait, la marque a été remarquée par une acheteuse d’un grand magasin parisien. YASSS y était représenté pendant plusieurs mois. D’autant plus, que la marque n’était pas encore vendue à l’international. C’est par suite, que YASSS a été implantée en boutique (Australie, Dubaï, USA, Italie…)
Pour la suite, mon actualité se tourne vers l’expansion sur de nouveaux marchés internationaux et le développement de collections capsules encore plus exclusives.
Une ligne de bijoux en collaboration avec une créatrice talentueuse verra le jour d’ici quelques mois.
Côté matériaux : Est-ce de Tunisie ? Quels fils utilisez-vous ?
J’utilise principalement des cordons de satin, que j’achète en Tunisie. Ces cordons
de satin colorés et brillants sont travaillés avec des techniques de tissage manuel qui
permettent d’obtenir ce rendu texturé et unique, propre à YASSS.
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merci SOFIA AND BIG UP FROM UFFP !
retrouvez la marque en France à Paris au Corner Louvini, et aux Galeries Lafayettes Haussman
le site est en cours de reconstruction so stay tuned!
Sofia ESSAIED CHERIF
Founder & Creative Director
Tel : +216 22 20 06 82
E-mail : yassshandmade@gmail.com
Website : www.yassshandmade.com
Instagram : @yassshandmade
