Maria Romanova est née en Russie et s’est installée à Paris au début des années 1990. Elle avait alors, commencé sa carrière dans la mode en tant que mannequin. Puis, pour approfondir son lien avec la culture française, elle fera des études de littérature à la Sorbonne.
All Photos by Pauline Garraud
Un parcours qui va ensuite se poursuivre au sein de maisons de mode parisiennes, où elle va évoluer dans l’univers du luxe et du développement commercial.
De cette trajectoire, entre exigence esthétique, sens du détail et quête de sens, est née une vision singulière : celle d’un luxe plus conscient, plus essentiel.
Un luxe durable qui a du cœur et qui est conscient, comme le crédo d’UFFP. Notre rencontre peut sembler être le fruit du hasard, mais un hasard guidé par des ressentis subliminaux.
Aujourd’hui, elle est la fondatrice et directrice artistique de CopperFil, une marque d’accessoires et de bijoux en cuivre, pensée comme un lien entre artisanat, lumière et énergie.
Nous l’avions rencontrée sur Paris, durant les salons Who’ NEXT et Bijhorca, à porte de Versailles en janvier dernier.
Dans une marée de stands, nous avons instinctivement été attirée par elle, avant même de voir le produit.
Revenons à la marque.
En observant, les sacs et les accessoires entreposés dans le stand CopperFil, j’ ai tout de suite compris la dimension durable, mais j’ignorais encore que ce magnifique travail artisanal, venez d’un village en Indonésie.
CopperFil fait partie des marques chouchous d’UFFP cette salon et nous allons vous la présenter.

Entretien avec la fondatrice :
Copperfil en anglais signifie le fil et le cuivre, parlez moi de la genèse? faire le lien artisanat culture et spiritualité?
Oui, CopperFil signifie littéralement fil de cuivre. C’est aussi un mélange de langues, français et anglais : un clin d’œil compréhensible à l’international.
Il y a également une référence cachée, presque magique, à travers la sonorité du nom : CopperFil évoque subtilement David Copperfield, le magicien… comme un rappel que la matière peut parfois sembler mystérieuse.

Maria porte un de ses bijoux sur la tète in the Monkey Forest, Photo CopperFIL all rights reserved
Le cuivre est un métal très ancien, vivant, conducteur, utilisé depuis des siècles aussi bien pour ses qualités techniques que symboliques. Le fil, lui, est un lien : il relie, il structure, il transmet. CopperFil est né d’une rencontre entre l’énergie invisible et la matière.

Sumba Necklace Photo CopperFIL all rights reserved
La spiritualité n’est pas ici un concept abstrait, mais une attention portée à l’intention, à la présence, à ce que l’objet dégage une fois porté.
L’artisanat est au cœur de CopperFil parce qu’il engage le corps, le temps et le geste. Le tressage du fil de cuivre est une pratique ancienne, transmise de génération en génération sur l’île indonésienne de Sumba.
L’Indonésie, un voyage, une quête initiatique presque, un temps suspendu hors du temps qui vous a transformée?
L’Indonésie a surtout été un temps de ralentissement et de réajustement. Là-bas, le rapport au temps, au geste et au sacré est différent, plus intégré au quotidien.
Ce voyage m’a permis de revenir à l’essentiel : créer moins, mais mieux ; écouter davantage ; laisser la matière guider le processus. Ce n’est pas une transformation spectaculaire, mais un déplacement intérieur profond.

Sac et béret dans la foret des singes Photo CopperFIL all rights reserved
Vous qui avez évolué dans le monde du luxe, cette orientation dans l’éthique et la conscience, cela s’est fait naturellement?
Oui, très naturellement. Je n’ai jamais quitté le luxe, je l’ai redéfini.
Pour moi, le luxe véritable réside dans la cohérence, la qualité du geste, le temps accordé à la création et le sens porté par l’objet. L’éthique et la conscience ne sont pas des tendances, mais une continuité logique de cette exigence.
Pour moi, la définition du luxe est la lumière. Et il m’a toujours semblé évident que l’éthique et la conscience font partie intégrante du luxe.

Bracelet Photo CopperFIL all rights reserved
Préservation des savoirs faire des patrimoines, le travail du cuivre est il aujourd’hui en danger?
Comme beaucoup de savoir-faire artisanaux, le travail du cuivre est fragile. Il demande du temps, de la patience, une connaissance fine de la matière.
L’enjeu n’est pas seulement de préserver, mais de faire évoluer ces techniques dans un langage contemporain, afin qu’elles restent vivantes et désirables.
Je souhaite aussi que le cuivre puisse élargir son champ d’action à l’international et apporter une part de lumière dans le monde occidental.
Parlez-nous de votre experience au salon?
Le salon a été un moment très fort. Les visiteurs ont souvent réagi de manière émotionnelle, sensible, presque instinctive. Je vois que la lumière du cuivre attire les gens très naturellement. Ils ont envie de toucher, d’interagir avec les pièces, de sentir la matière.

Pyaar rouge, Photo CopperFIL all rights reserved
Qui est le client Copperfil?
Le client CopperFil n’est pas défini par un âge ou un statut, mais par une sensibilité.
Ce sont des personnes qui choisissent un objet pour ce qu’il raconte, pour ce qu’il fait ressentir, autant que pour sa beauté.
Une actue à venir?
CopperFil continue de se développer à travers de nouvelles pièces et des présentations plus intimistes. Le projet avance lentement, de manière choisie, fidèle à son rythme et à ses valeurs.
Je crois qu’il est important de prendre le temps : c’est presque intuitif. CopperFil ne court pas après les tendances ou la mode. C’est un projet pensé pour durer.
Lisez notre editorial sur la marque
On peut vous acheter?
Les pièces sont disponibles via des rencontres directes et au showroom.
Très bientôt, nous ouvrirons également le site e-commerce avec une sélection de pièces.
La distribution commence à s’élargir, et la liste des boutiques présentant CopperFil sera disponible sur notre site copperfil.com.
https://www.instagram.com/copper_fil_paris
All Photos by Pauline Garraud
