Max Lobe
« 39, rue de Berne »
Le jeune auteur Max Lobe manie une langue inventive et nonchalante, imagée d’expressions africaines savoureuses qu’il tient de ses origines camerounaises. A la fois drôle et triste, l’histoire attachante balance entre l’Afrique, la rue de Berne à Genève et la cellule d’une prison.

Au Cameroun, pour « sauver » les filles et aider leurs familles, « les bienfaiteurs-philanthropes » les emmènent en Europe où elles finissent sur le trottoir, condamnées à la prostitution pour rembourser leurs dettes avant d’obtenir une liberté vaine et sans papiers.
Mbila, n’a que 16 ans lorsqu’elle comprend, « un camion de haine dans le ventre », qu’elle ne sera jamais danseuse à Paris mais esclave sexuelle à Genève. Après une relation furtive avec son mac, un homme noir beau et élégant, elle met au monde un fils: Dipita. Le petit garçon grandit dans une ambiance plutôt joyeuse entouré de femmes « ses mères » qui participent activement à son éducation. Il assiste, régulièrement aux réunions de l’ « AFP » (Association des Filles du Pâquis) qu’elles organisent et surprend des conversations osées mais ô combien instructives ! A 17 ans, Dipita comprend qu’il est « comme ça ». A sa grande surprise, son homosexualité est acceptée avec beaucoup de gaieté et même de fierté par son entourage féminin.
Dans « 39, rue de Berne », l’adolescent, très attaché au Cameroun raconte l’histoire de sa mère et leur vie complice; tour à tour, admiratif ou honteux, comme cette fois où elle lui demande suppliante de l’aide pour un trafic de cocaïne.
Max Lobe est né en 1986 à Douala au Cameroun. Il vit à Genève depuis 8 ans où il travaille et poursuit des études de communication et de management.