Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes recommande depuis 2023 de passer par une politique de quotas pour faire progresser le nombre de femmes dans les filières scientifiques.

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La dernière enquête internationale Trends in International Mathematics and Science Study (Timss), publiée en décembre 2024, a retenu toute l’attention d’UFFP. En effet, dans un pays comme la France, l’écart de performance entre filles et garçons en mathématiques en classe de CM1 est le plus important.
Un écart en “Sciences” entre filles et garçons dés le primaire
Par Fériel Berraies Guigny Présidente de UFFP : l’Association, plateforme et webzine pour une planète éthique
Et c’est vraisemblablement, sur les bancs de l’école républicaine que se construisent les premiers stéréotypes qui alimentent des fausses croyances ou perceptions. Il est clair que l’on pense toujours à la douce petite ou jeune fille dans les filières littéraires ( et je n’ai rien contre, étant proudly une linguiste et une littéraire moi même) néanmoins casser des “vocations” simplement parque que l’on a des aprioris et que l’on s’autocensure en fin de compte, reste bien dommage et dommageable pour nos sociétés.
Les filles en France représentent seulement 25 % des étudiants en sciences de l’ingénieur, mathématiques et informatique aujourd’hui. Une courbe qui stagne depuis vingt ans.
A l’époque toujours en 2023, l’ancienne ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, Mme Elisabeth Borne avait tout fait pour inverser la donne et avait lancé le 7 mai 2023, un plan Filles et maths, avec l’ambition de porter de 42 % à 50 % leur nombre au sein de la spécialité mathématiques en terminale générale, et d’atteindre 20 % de filles dans chaque classe préparatoire scientifique en 2026 et 30 % en 2030.
UN SEXISME QUI NE BAISSE PAS VOIRE S’ACCENTUE encore aujourd’hui, malgré les efforts
Alors que faire, comment sensibiliser, comment créer ces ” nouvelles vocations scientifiques au féminin” ?
Au delà des stéréotypes, des fausses croyances, qu’ est ce qui bloque ou “‘beuge” quand il s’agit de la féminisation des filières scientifiques ?

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Et y réfléchir est bien opportun en ce mois de février à l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science.
Les femmes scientifiques sont une minorité. Dans les domaines de la recherche notamment on estime à seulement 30% les chercheuses en France en 20211. En mathématiques, ce chiffre est encore plus faible, avec seulement 15% de chercheuses. Pourtant, si l’on regarde les résultats du baccalauréat en 2020, les filles ont de meilleures notes que les garçons dans toutes les séries, même scientifiques2. Alors pourquoi ces jeunes filles ne s’orientent-elles pas vers des carrières scientifiques3 ?
Casser les fausses perceptions !
Pourquoi les jeunes filles restent frileuses? je pose la question d’ailleurs souvent à ma jumelle Elyssa qui a aujourd’hui 19 ans et qui était excellente en primaire, jusqu’à la rencontre d’un prof de mathématique “‘castrateur” ( son ressenti… qui l’humiliait en classe… elle revenait en pleurs, et moi qui rêvait de voir ma fille devenir médecin…) pourquoi les “insécurités” de nos filles prennent le dessus? sont elles plus sensibles? ou pensent on qu’elles ” le soient trop” et donc qu’elles seraient pas assez “costaud émotionnellement et intellectuellement pour ces filières” ?
Lorsque l’on interroge des élèves sur leur niveau de confiance, les filles déclarent avoir moins confiance en elles que les garçons dans les matières scientifiques, notamment en mathématiques, même si leurs résultats sont similaires.*Comment les filles, les femmes, perdent-elles confiance en elles-mêmes ? Comment faire pour empêcher le décrochage vers ces filières dites ou pensées trop “ambitieuses pour elles “
Les femmes se dévalorisent et s’autocensurent bien souvent
Un colloque de rentrée du Collège de France « Genre et sciences » en 2024 a bel et bien souligné cet ‘apriori” Quelle est l’origine de cette croyance ? les femmes ont elles plus de difficultés dans les matières scientifiques de facto ? Qu’est ce qui contribue à leur mal être qui devient un frein?
Que faire pour désamorcer cette autocensure ?

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Des stéréotypes qui ont la peau dure et qui sont aussi relayées dans les MEDIAS
Même certaines émissions de vulgarisation scientifique, telles que C’est pas sorcier ou E=M6, sont majoritairement animées par des hommes. Les femmes scientifiques y sont quasi transparentes voire invisibles ou invisibilisées… comme vous préférez.
Alors forcement une femme “scientifique” c’est presque une martienne sur terre !
L’invisibilisation historique des femmes scientifiques
Sommes nous en plein effet “Mathilda” ?
Au début des années 80, l’historienne des sciences Margaret Rossiter théorise l’effet Matilda : elle remarque que les femmes scientifiques profitent moins des retombées de leurs recherches, et ce souvent au profit des hommes.
Nombreuses sont les femmes qui se voient évincées des remises de prix, quand il ne s’agit pas carrément d’un prix Nobel. De la physicienne Lise Meitner à la biologiste Rosalind Franklin en passant par l’astronome Jocelyn Bell, beaucoup de ces scientifiques n’ont accédé à la reconnaissance qui leur était due que des années après leurs découvertes. La minimisation, quand il ne s’agit pas de déni, de la contribution des femmes scientifiques à la recherche n’est pas un phénomène nouveau : l’historienne des sciences Margaret Rossiter l’a théorisé sous le nom d’effet Matilda.
Dans l’histoire et les biographies scientifiques on compte moins de 15% de femmes . Cet écart exprime des biais historiques et culturels. Les apports scientifiques, les progrès, les réalisations des femmes scientifiques sont peu documentées et sont volontairement moins valorisés. Comme si elles n’étaient qu’un accident de parcours.
Les femmes, sont presque inconnues dans le bataillon des progrès de l’humanité. Et pourtant, elles ont bien contribué à nos sociétés.
Petite liste non exhaustive
Ada Lovelace a développé le premier programme pour calculer les nombres de Bernoulli avec un algorithme très détaillé en 1842, alors que c’est Alan Turing, dans les années 1930, qui est considéré comme le fondateur des programmes informatiques. La chercheuse Sue Corkin, dont les travaux sur la mémoire humaine dans les années 1960 ont été pionniers et majeurs dans ce domaine, n’est même pas citée sur la page Wikipédia dédiée à la mémoire, alors que nombre de ses collègues masculins le sont.

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Exclusion quand il s’agit des Prix NOBEL ( sauf pour le quartet tunisien suite à la révolution du jasmin ou on compte mon amie et compatriote Mme Ouided BOUCHAMAOUI a œuvré à gérer la transition démocratique en Tunisie avec ses trois confrères) pour rappel :

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Le comité Nobel norvégien avait en effet décidé de décerner le prix Nobel de la paix 2015 au «Quartet du dialogue national» en Tunisie pour sa contribution décisive à la construction d’une démocratie pluraliste en Tunisie à la suite de la révolution de Jasmin en 2011. Ce quartet a été formé au cours l’été 2013, alors que le processus de démocratisation était en danger en raison de plusieurs assassinats politiques et de vastes troubles sociaux. Le Quartet a lancé un processus alternatif et pacifique à un moment où le pays était au bord de la guerre civile, et a ainsi contribué à établir en Tunisie un régime constitutionnel de gouvernement garantissant les droits fondamentaux pour toute la population, sans condition de sexe, de convictions politiques et de croyances religieuses.
Quatre grandes organisations de la société civile tunisienne composaient ce Quartet : le syndicat UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail), l’organisation patronale UTICA (Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat), la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH) et l’Ordre national des avocats de Tunisie. Ils ont représenté différents secteurs et valeurs de la société tunisienne au sein du processus : le monde du travail et le bien-être social, les principes de l’Etat de droit et les droits de l’homme. Sur cette base, le Quartet a joui d’une grande autorité morale dans son rôle de médiateur et d’instigateur œuvrant en faveur d’un développement pacifique et démocratique en Tunisie. C’est pourquoi le prix Nobel de la paix de cette année la fut attribué au Quartet, et non pas aux quatre organisations individuellement. Bon une “femme ” et trois hommes ensemble, mais c’est déjà bien !!
Bon grosso modo, les prix Nobel sont majoritairement attribués à des hommes ; depuis que le prix Nobel existe, les femmes représentent 6% des lauréats. En 1962, le prix Nobel de médecine est décerné à James Watson, Francis Crick et Maurice Wilkins pour la découverte de la structure de l’ADN en 1953. Or, les premiers clichés de la structure en double hélice de l’ADN obtenus par diffraction de rayons X étaient ceux de Rosalind Franklin. À son insu, ces clichés seront dérobés et transmis à James Watson et Francis Crick, ainsi que ses rapports de recherche. Malgré la contribution cruciale de Rosalind Franklin à la découverte de la structure de l’ADN et son article publié en 1953 dans le même numéro de la revue Nature que celui des articles de James Watson, Francis Crick et Maurice Wilkins, Rosalind Franklin ne sera pas lauréate du prix Nobel.
Depuis les années 60 le NOBEL continue de bouder les “femmes scientifiques”
En 2024, dix hommes ont reçu un prix Nobel, alors qu’aucune femme scientifique n’a reçu de prix. Plus surprenant, encore, le prix Nobel de médecine a été attribué à deux chercheurs pour leurs travaux sur le microARN, alors que Rosalind Lee, co-signataire et même première autrice (c’est-à-dire la personne qui mène les recherches et rédige l’article) des travaux de 1993 mentionnés par le comité Nobel, n’a pas été associée au prix Nobel qui en a découlé…
2024 à aujourd’hui, une invisibilisation et exclusion des femmes scientifiques qui perdure
Ce manque de mixité dans plusieurs domaines et aspects de nos vies, a un cout énorme qu’ on se le dise. Quand la parité n’est pas au rendez vous, on perd le meilleur d’ une nation. Et les conséquences se traduisent dans la gestion de la société, de l’économie et aussi dans la gestion des crises.
Il ne s’agit pas ici de féminisme, nous UFFP croyons justement qu’à deux nos sociétés seraient plus saines et performantes.
Dans le domaine scientifique, les travaux de recherche effectués par des équipes mixtes sont de meilleure qualité et plus cités que les travaux d’équipes non mixtes. La présence des femmes au sein de directions d’entreprises est positivement corrélée à leur capacité de production et aux performances organisationnelle et financière. Pendant la pandémie de Covid-19, les pays dirigés par des femmes présentaient une meilleure gestion de la crise sanitaire. L’efficacité de la lutte contre le dérèglement climatique est corrélée à la proportion de femmes qui siègent dans les parlements nationaux.

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Dans le domaine économique, le manque de mixité a également un coût. L’innovation, qui est un moteur de la croissance, est freinée par le manque de mixité. Si les femmes représentaient 50% des professions de l’innovation, les répercussions sur le taux de croissance de la France seraient énormes. La parité dans l’innovation entraînerait une hausse de 70% du taux de croissance. Enfin, le coût des discriminations en France est estimé à 14% du PIB.
Lutter contre les stéréotypes de genre aurait des conséquences sociales et économiques qui profiteraient à toute la société. Promouvoir la diversité de genre améliorerait individuellement la vie des femmes et favoriserait l’équité.
11 Février : Journée internationale des femmes et des filles de science
4ème édition des Assises nationales de la féminisation des métiers et filières du numérique à l’UNESCO

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Le 11 février à l’Unesco s’est tenue la 4ème édition des Assises nationales de la féminisation des métiers et filières du numérique.
Une journée organisée par Femmes@Numérique en partenariat avec l’UNESCO et consacrée à un enjeu majeur : « De la vision à l’impact : redéfinir les STIM en comblant l’écart entre les genres ».
Articulée autour de temps forts dédiés à la place des femmes dans les technologies, des échanges avec plusieurs tables rondes et interventions inspirantes, abordant notamment la santé, la cybersécurité, l’IA, l’entrepreneuriat scientifique et le leadership féminin dans les STIM.

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Des discours ont marqué cette journée, d’abord celui de la Ministre Madame Anne Le Hénanff,
La place de la femme dans les secteurs du numérique et de la Tech, a été un des axes de travail prioritaires de la Ministre quand elle est arrivée à son poste à Bercy. En tant que Ministre chargée de l’IA et du numérique, exprimant aussi une continuité de ses engagements ( en tant qu’élue locale).

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Faire une place aux femmes dans le milieu du numérique reste un enjeu d’égalité de chance et se traduit par un réel déficit de compétence. Il reste un frein majeur pour la compétitivité et les capacités d’innovation et à l’autonomie des femmes ” je porte et je défends sans relâche une vision forte de souveraineté en Europe” explique telle
Mais cette souveraineté n’est qu’un rêve sans talent humain pour la mettre en œuvre ” si nous voulons éviter le décrochage de notre nation et qu’elle garde son rang face aux transformations profondes portées par le numérique et la science et l’IA” il faudra former des techniciens et des scientifiques à ces enjeux.
Le Sommet de l’IA à Paris, lancé par le Président de la République Emmanuel Macron a encore plus souligné cette ambition. Dans ce contexte la féminisation des filières scientifiques et technologiques et plus généralement la place des femmes dans le secteur du numérique, de la cybersécurité et l’IA du cloud EST UN ENJEU CRUCIAL. En nous “privant de filles dans les filieres mathématiques, scientifiques et technologiques, nous nous privons d’un nombre considérable de talents” !
Il faut donc un changement profond dans les mentalités et cela commencera autant à la maison que dans les discours et les messages que l’on fait passer aux filles du genre ” peut être que ces métiers ne sont pas faits pour les filles” !
Car c’est un monde jugé trop masculin et dangereux pour elles. Un ressenti, une idée véhiculée à l’école déjà dés le CP et cela conduit bon nombre de filles à s’en détourner. Pourtant les filles réussissent mieux que les garçons au collège mais cette perception voyagera et cela s’accentuera aussi dans les parcours d’orientation. Que ce soit dans les filières techniques, les formations ou les filières générales.
Aujourd’hui en France seules 7% de jeunes filles expriment de l’intérêt pour le numérique contre 29 % pour les garçons( petit clin d’œil à ma belle soeur Z BD qui enseigne l’informatique à l’Université en Tunisie) comme quoi dans le Sud on a moins froid aux yeux) cela devrait donner du peps à nos sœurs du Nord…

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En France, seuls 23% des emplois dans le numérique sont occupées par des femmes. Seuls 21% des start ups sont crées par des femmes ou une équipe mixte. Seuls 2% des levées de fond sont réalisées par des équipes exclusivement féminines.

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qui a posé les enjeux importants de l’Intelligence artificielle et du Numérique et encouragé les étudiantes à s’investir dans les filières numériques, puis celui de la Ministre Madame Élisabeth Moreno, Présidente de la Fondation Femmes@Numérique, qui rappelle avec ferveur que comme bien souvent les grandes causes avancent avec les personnes qui ne cherchent pas la lumière…

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Oui certaines femmes comme Gladys Mywest sont à l origine d’avancées numériques conséquentes. Faut il le rappeler ? et bien oui car cette dernière est une mathématicienne américaine connue mais peu “visibilisée” pour ses contributions aux systèmes de positionnement par satellite et notre GPS si familier et bien c’est grâce a elle que “nous ne nous perdons pas en chemin”
En arrivant dans la salle amphithéâtre à l’UNESCO bon nombre d’entre nous cherchions une connexion “wifi” LA AUSSI c’est grâce à une femme “une star d’HOLLYWOOD ” célèbre pour sa beauté mais moins quand il s’agit de cette innovation. Hedwig Kiesler, dite Hedy Lamarr, était une actrice, productrice de cinéma et inventrice autrichienne, naturalisée américaine. ET oui je me rappelle encore, le Festival de Carthage et les journées cinématographiques il y a près de trente ans de cela et mon papa, l’ambassadeur à la retraite Anouar Berraies avait été convié à la projection du film de Cecil B Demille ” Samson et Dalilah” starring Hedy Lamarr et Victor Mature * (et il m’avait emmenée le voir avec mon jumeau. J’en suis encore bouleversée. Magnifique épopée historique et film d’amour ( comme on en fait plus, thanks DAD)
*Cecil B. DeMille
États-Unis / 1949 / 130 min / DCP / VOSTF
D’après le roman Samson, le nazir de Vladimir Jabotinsky.
Avec Hedy Lamarr, Victor Mature, George Sanders, Angela Lansbury.
Cette star adulée entre les années 1930 et 1960. Il y a presque 80 ans, a inventé la technologie à l’origine du wifi, du GPS, de la téléphonie mobile” elle a aidé le Monde à se connecter, pendant qu’on la réduisait à une affiche de cinéma” ajoute Élisabeth Moreno.
Une autre pionnière trop peu citée Karen Spark Jones est une chercheuse britannique en informatique. Ses travaux concernent le domaine de l’intelligence artificielle, et principalement le traitement automatique du langage naturel et la recherche d’information.
Pour Elisabeth Moreno, toutes ces femmes, ces grandes scientifiques ont contribué au progrès de notre humanité et à notre confort de tous les jours “ou comment retrouver l’aiguille dans la botte de foin” ajoute la Ministre “‘ et l’informatique est trop importante pour qu’on la laisse aux mains des hommes” une boutade qui dit tant de vérités… car ne faut il pas mettre de l’humour pour faire passer nos réalités au féminin… quand on songe aux nombre de femmes scientifiques invisibilisées encore aujourd’hui.
Oui car les femmes chercheures scientifiques sont rarement racontées et les jeunes filles ne se projettent pas dans ces carrières” une innovation sans modèle, c’est comme un GPS sans satellites, ca a l’air moderne mais cela ne mène nulle part” martèle Elisabeth Moreno.
Les Femmes sont “un risque” en Entreprise et les hommes par contre “ont le droit à l’ erreur” un fardeau bien trop lourd qui explique encore aujourd’hui, la frilosité du féminin dans ces filières.
UNE MERITOCRATIE SELECTIVE SANS GENDER EQUALITY
Si elles sont en Entreprise, les femmes doivent redoubler d’effort et continuellement prouver qu’elles méritent leur place, là ou le masculin est perçu comme un talent inné de facto.
Quand une femme échoue en Entreprise, elle ne fait que confirmer un stéréotype risquant de fermer une porte pour toutes les femmes “si l’on perd les femmes, ce n’est pas une question de compétence, simplement PARCEQUE le prix est bien trop lourd” conclut elle
ET la zone grise entre 35 à 45 ans : la Femme SENIOR un no womans land en Entreprise
Accélération de carrière, plus charge familiale, plus fatigue cumulative, plus plafond de verre, face à de plus en plus d’entreprises Sans flexibilité réelle ou maturité, les femmes sans dans un no way IN to GO OUT !
Un arbitrage sous contrainte, et non un choix personnel pour les femmes, prises dans l’engrenage des discriminations au travail.
ET l’IA dans tout ca? on l’utilise pour tout désormais pour écrire, reproduire, optimiser”‘ par fois sans nous rendre compte. Car le numérique est autant une affaire d’imagination que de mathématique!
Mais tant que perdurera ce contexte masculin et discriminant, les conséquences pour les Nations seront graves ‘ car la technologie deviendra une fabrique industrielle d’inégalités sociales”
Alors qu’attendons nous pour faire front dans l’unité quand on songe que “c’est toutes et tous ensemble que nous réussirons à féminiser les métiers et filières du numérique”!
Un programme riche et bien pensé pour nourrir la réflexion, susciter des vocations et ouvrir des perspectives nouvelles.
Félicitations à Mme Lidia Brito,

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Monsieur Khaled El-Enany (Directeur général, de l’UNESCO) a quant à lui insisté sur le fait que son organisation a de tout temps défendu une Science au service des peuples “ouverte, lucide fondée surtout sur la diversité des regards” explique t il. Une science inclusive qui intègre les femmes à tous les niveaux.
“c’est le prof de Fac, d’un pays d’Afrique et du Moyen Orient qui vous parle’ insiste till. Se remémorant la fierté qu’ il éprouvait alors à accueillir dans ses classes, les jeunes scientifiques égyptiennes ” qui faisaient 300 kms presque tous les jours pour poursuivre leurs études. Du temps de son poste ministériel dans son pays, il avait plus d’assistantes que d’assistant ” et au sein de L’ONU ( j’ai une PDG et 2 ADG femmes pour le moment) conclut il.

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Merci aux intervenant.es. ainsi qu’aux Maîtres de cérémonie : Lora Gailly et Charlène Jouanguy.

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Les femmes dans le numérique
Les femmes sont sous-représentées dans le secteur du numérique et la proportion est encore plus faible lorsqu’il s’agit de postes à responsabilité.
Selon une étude de l’Opiiec publiée en mai 2023, la part des femmes dans le secteur du numérique peine à atteindre les 30 %, les chiffres chutant à 21 % pour les postes de cheffes de projets ou responsables informatiques.
Dès lors, comment favoriser la mixité dans le numérique ?
Femmes@Numérique est un des leviers, un formidable espace de convergence et de rencontres entre les chercheurs internationaux, les Entreprises, Institutions, pouvoirs publics, Experts et Expertes engagées.
Espace qui permet d’aborder de nombreuses thématiques en rapporte avec la prévention, la protection des Droits des femmes. Et à l’occasion de cette conférence, l’occasion de rappeler que la présence des femmes dans les métiers et filières du numérique est un enjeu de défense de notre modèle social et sociétal ici comme ailleurs dans le Monde entier.

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Toutefois, loin d’être figées, les représentations de la société peuvent évoluer, et de nombreuses possibilités d’actions sont envisageables pour déconstruire ce ressenti et contribuer à bâtir une société plus égalitaire. Les femmes dans ces filières n’ont plus rien à prouver.

Autour de tables rondes, 3 femmes vont parler de leur expérience
Rendez vous première table ronde, (UFFP était présente uniquement en matinée)
La lauréate 2025 du Prix l’OREAL UNESCO pour la recherche scientifique
Priscilla Baker, Professeure de chimie, Université du Cap-Occidental, Le Cap, Afrique du Sud ;
Lauréate 2025 du Prix international L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science.
Professeure de Chimie, elle nous explique comment les femmes se sous estiment bien souvent, refusant de se mettre en avant dans les filières traditionnellement masculines ” et c’est souvent dans des situations de crise et de tentions, qu’ elles prennent conscience qu’elles peuvent agir et s’imposer dans les filières masculines, à compétences égales” “‘ conduire un tracteur, soulever des choses lourdes, s’imposer dans des jobs d’homme “on est pas naturellement prédisposée à cela” explique telle et pourtant… son métier lui a démontré qu’il était possible, d’imposer les femmes dans le secteur universitaire et de leur donner une voix dans des filières scientifiques autrefois” fermées”

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Si certaines vocations manquent dans la recherche, il ne s’agit pas uniquement d’équité mais de ” qualité en question” explique Charléne Jouanguy déléguée Générale Femmes@ Numérique.
Pourtant dans bien des domaines, leur apport est inestimable, notamment dans le secteur de la sante, les femmes ont un apport important, que ce soit dans la prévention des crises sanitaires ou dans certains “accidents de la vie” comme l’atteste l’expérience de vie Sarah de Lagarde. Une héroïne des temps moder nes que l’on a découvert au travers de son message.
Sarah de Lagarde, Stratégiste Brighter Future, Janus Henderson Investors,
Royaume-Uni

Originaire des Pyrénées, Sarah de Lagarde, 46 ans, passe son enfance dans les montagnes. Elle change d’horizon à l’adolescence lorsque sa famille déménage à Francfort, en Allemagne. Elle revient en France pour ses études en langues étrangères appliquées avant un master à l’ESCP, puis s’installe à Londres en 2004 avec son mari.
Miraculée, elle est une leçon de résilience, Sarah de Lagarde est, 80% humaine, 20% bionique, à la suite d’un terrible accident dans le métro londonien, Sarah de Lagarde nous a confié son histoire, son quotidien, ses projets, sa mission. Le 30 septembre 2022, après une longue journée de travail, sur le sol mouillé de la station de métro High Barnet, Sarah glisse dans le fameux « gap » entre le quai et le wagon, sans que personne ne la voit tomber. Le train repart… Il lui faudra attendre 15 min et le passage de deux trains sur son corps pour que l’alerte soit donnée, par ses propres cris.
Sarah vit aujourd’hui avec deux prothèses dont celle du bras, articulée par de l’IA, qu’elle financera avec son mari par une levée de fonds de 250.000 £ !

En reprenant sa vie en main et son travail, Sarah redéfinit ses priorités et va se concentrer sur le secteur de la santé ; elle est aussi conférencière, auteur, influenceuse et ambassadrice pour la start-up COVVI, qui a conçu sa main bionique : « Je veux montrer à quel point cette technologie d’assistance peut et va changer nos vies. » Mais il reste beaucoup de progrès à accomplir pour la population vieillissante et les 60 millions d’amputés dans le monde ! Sarah clame : « Ma mission est d’amener cette coûteuse technologie dans notre quotidien pour plus de sécurité et d’autonomie jusqu’à la fin de nos vies ! »
Rendez vous première table ronde, (UFFP était présente uniquement en matinée)
La lauréate 2025 du Prix l’OREAL UNESCO pour la recherche scientifique
Juliette Mauro, Cofondatrice, Femtech France ; PDG & Cofondatrice, My S Life, France
C’est dans la lignée du mouvement #MeToo qui est une succession d’évènements qui a poussé les femmes à s’élever contre des injustices (sexisme, stéréotypes, patriarcat) que la Start up a vu le jour explique Juliette Mauro. Derrière ce mouvement, les femmes demandaient plus de respect face à leur corps ” et un certain nombre de demandes, et de thématiques en rapport avec la santé f féminine a vu le jour” explique la cofondatrice “elles ne trouvaient pas toujours les réponses qu’elles attendaient”
Flashback sur un secteur qui délie la langue de bois
Règles, contraception, cancer du sein, ménopause : le secteur de la Femtech se moque des tabous et révolutionne la santé des femmes grâce à l’innovation. Promis à un bel avenir, ce secteur qui s’adresse à la moitié de la population mondiale, s’est longtemps heurté à de solides verrous culturels et financiers. C’était sans compter la détermination de ces nouvelles créatrices d’entreprises qui ont pour ambition de révolutionner l’entrepreneuriat en France. Toute une série de création et d’appli ont vu le jour pour répondre aux thématiques de santé propre à la femme.
Ce sont les femmes, les patientes, mais aussi les soignantes qui sont confrontées à une difficulté clinique dans la prise en charge, qui ont besoin de ce genre d’innovation ( ex les appli de suivi menstruel)
La Femtech c’est avant tout un mouvement mondial, on en trouve en Europe, aux USA, en Amérique, en Afrique et en Asie ‘”c’est une espèce d’intelligence collective qui réunit femmes et hommes entrepreneurs qui innovent aussi en Femtech.

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Mme Emanuelle Valentin-Fouchs, Directrice générale France, Specialty Care, Sanofi, France
Sanofi a de tout temps été engagé pour attirer les jeunes femmes vers la Science explique la DG Emanuelle Valentin Fouchs.
S’agissant de la patientèle”‘ il faut savoir que 85% des patients atteints de maladie auto immune “sont des femmes” pour répondre à la question de ce que fait Sanofi en particulier dans la recherche médicale.
Idem pour les maladies neurodégénératives, les femmes sont les plus touchées ( 3X fois plus de risques de développer une sclérose en plaques que les hommes) Alzheimer ( 60% sont des femmes)
La santé de la femme est importante, dans les années 2000 Sanofi avait développé le vaccins contre le HPV”( virus dont l’homme est porteur et le transmet à la femme par voie sexuelle, celle ci est alors prédisposée a un risque de développer un cancer de l’ utérus) les politiques de santé en France ont alors décidé de prévenir la maladie contre le cancer en “vaccinant les filles” pas les hommes !
Dans l’industrie pharmaceutique “on est dans une société qui culturellement va protéger les filles mais sans s’attaquer à la racine du problème” ! conclut elle c ‘était en 2007et depuis cette date on ne vaccine que les filles. Il a fallut attendre vingt ans pour que cela change!
Cela en dit long sur le sujet sur la santé des femmes et sur les biais culturels ” c’est à ce moment la que j’ai décidé de m’engager de défendre et d’attirer les filles dans les domaines de la Science”

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Conclusion
Continuons à agir et à soutenir les filles pour un numérique plus inclusif, plus juste et pour cela, grimpons toutes les montagnes, sans peur s’il le faut.
Il faut changer les mentalités, casser les fausses croyances incapacitantes sur les femmes. Pour cela, plusieurs moyens sont possibles : le tutorat, le mentoring. S’inspirer des role models féminins capables d’inspirer et de driver les nouvelles générations.
Il faut réhabiliter l’autre moitie de l’humanité, faire en sorte qu’elle occupe aussi l’espace qui lui est du à compétence égale.
Développer et rendre accessibles les stages, les alternances, et l’accompagnement ciblé. Il faut casser les inégalités et faire en sorte que l’IA a son tour ne perpétue pas les inégalités.
La France mais toute l’EUROPE doivent investir dans une IA inclusive, responsable et transparente en permettant la mixité des équipes qui la conçoivent.
Car in fine ce qu’il faut retenir, c’est qu’ il faut casser les constructions sociétales erronées sur les femmes et les filles en Science. Les normes sexistes du passé n’ont plus leur raison d’être face aux compétences vérifiées des femmes.
Alors ladies, mesdames SKY IS THE LIMIT IN THE NETLAND!
Ezra Clark et toute l’équipe Gender in Science UNESCO et toute l’équipe Femmes@numériques ont été précieux dans la constitution de cette journée du 11 février qui rappelle à nous tous, l’apport non négligeable du féminin pluriel dans les filières scientifiques, informatiques et technologiques.
NETWOMEN MUST NETWORK TOO !
Car seul un travail en commun peut rappeler avec force, qu’ une conviction partagée est encore plus puissante !
Retrouvez les casquettes et le parcours de la fondatrice d’UFFP qui a aussi construit une grande partie de ses combats par le biais du numérique.
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