Parce que cet enfant de Tunis, né à Bab Souika, qui a grandi aux cotés de la célèbre et aussi disparue… (rip to both of them ) Leila Menchari (décoratrice des vitrines d’Hermès, une grande amie d’UFFP) ce designer incroyable que l’on reconnait par le seul nom “ALAIA”‘ et qui est devenu une icone de la mode mondiale, même des années après sa disparition, continue d’inspirer, d’être inspirant et nous fait rêver encore et toujours.

De son ADN à ses multiples univers et voyages, il a métissé la mode et a fédéré le monde entier par son savoir faire unique et bien qu’il soit devenu plus “parisien” qu’un parisien, l’enfant est resté dans son authenticité : un tunisien, un méditerranéen et un africain dans l’âme et dans le sang.
L’ami de toujours et directeur de la Fondation, Olivier Saillard, président de la Fondation Azzedine Alaïa a magnifiquement mis en avant le périple africain du designer disparu. Après une exposition tournée autour des premiers amours et la collection Christian Dior, la fondation nous fait voyager en Afrique. De la Tunisie anciennement AFrica proconsularis, aux multiples voyages du designer, à la couture et le savoir faire made in Paris. L’ADN africain de l’artiste transpire par toutes les pores textiles possibles, tout se sent, se voit, s’imagine, lui qui aimait tant faire voyager les autres depuis son tabouret.

Jusqu’en janvier prochain, Azzedine et l’Afrique vous invitent dans son écrin de la rue de la Verrerie. Alaia le parisien est avant tout un africain et pas des moindres.

Modèle de référence, mythe ou légende éternelle, il a bercé nos plus belles années, habillé les plus grandes stars du MONDE et de toutes les époques et toutes générations confondues, affirmé haut et fort son style si particulier, pour ensuite rejeter les diktats des calendriers officiels de la Haute Couture française.
Mais il le pouvait et il le valait si bien !
Curieux, ouvert, érudit, il aimé voyager et faire voyager dans sa couture et tout au long de son périple créatif et de sa vie, il a fait de ses inspirations des “masters pièces” de l’Egypte au Kenya, il est allé dans les contrées lointaines, affrontant faune et flore, peuplades pour finalement s’intégrer dans un paysage sauvage qu’il savait si bien dompter.

Il a habillé la “panthère” Naomie Campbell et tant d’autres que nous aimons car elles sont de notre génération, Karen Mulder, Eva Herzigova, Yasmeen Gauri, Yasmeen le Bon, Carla Bruni, Christie Turlington, ah une époque révolue mais quelle EPOQUE!
Pour UFFP fouler les marches de ce si beau réceptacle dans le Marais, qu’est la Fondation Azzedine Alaia, est un voyage émotionnel, voire un roller coaster!

A quelques mètres de là ( toujours dans le marais face à la mairie durant la Fairpride de Paris) sur la place Baudoyer UFFP la Caravane défilait pour les Artisans du Monde en 2014, pour les quarante ans du commerce équitable, oui le luxe c’est aussi l’éthique… et UFFP plus qu’un média est un message.
ET moi la francotune, fan d’ALAIA amie de feu Leila Menchari, me revoilà, après tant d’années dans sa fondation pour l’honorer encore une fois, il n’y a pas de hasard…
Découvrir l’antre du MAESTRO, voir son bureau, découvrir ses planches à travailler, ses ciseaux, j’avais le coeur serré. Tout est resté intact, c’est comme s’il n’avait jamais quitté les lieux, son âme est partout.

L’AFRIQUE AU BOUT DES DOIGTS
Quand on pense Afrique, on pense bien sur au Continent, mais il commence d’abord dans le vécu et l’enfance de l’artiste, l’Afrique du Nord et la Tunisie natale, et nous retrouvons avec plaisir ces clairs obscurs que seuls les moucharabieh de chez nous, savent offrir.

Le mystère, l’ombre et la lumière fondent sur les doigts du couturier et la mise en scène de toute beauté, laisse place au souvenir et à la nostalgie sans pour autant cacher la perfection des finitions et des robes sur mesure, faites pour des silhouettes sculpturales.

Celles qui portent Alaïa , se comptent sur les doigts, tant certaines robes corsets, laissaient deviner des mensurations parfaites, sur ce point précis Alaïa était intransigeant car il avait une idée du corps féminin.

Nous avons adoré le jeu de lumière qui met en avant le coton blanc, les textiles légers parfois ajourés ou transparents.

Les bas des jupes et des chemises qui révèlent et dissimulent, pudeur ou impudeur jeu de cache cache à qui sera la plus belle pour sortir danser ou simplement assister à une mondanité.
Le noir, les dorures, les broderies ont fière allure, et contrastent avec les tenues ensoleillées et blanches.

Dans un registre luxe pap on retrouve les chemises rayées que montrent fièrement ses mannequins de la collection 1992…
De son époque ” AFRICA” on retrouve, le cuir, les vocabulaires du masque et de bois ombre et brûlé.

Le sable doré dans toutes ses nuances et tout un déco de film, des territoires subsahariens dans les rouges intenses. Mais aussi et surtout quel ravissement le langage des raphias, les ficelles qui se déroulent au service de robes dont le couturier a imaginé les empreintes.

Des toilettes iconiques dignes d’une GRACE JONES, entièrement parcourues de broderies de
coquillages et de cauris à l’occasion de trois collections particulièrement sous influence, celles des printemps été 1988, 1989 et 1990 d’Azzedine Alaïa.
EGYPT ON MY MIND
L’Égypte et l’art secret des momies qu’Alaïa ré-évalue au plus près l’exercice de la
coupe, a donné naissance à des robes iconiques portées par Campbell mais aussi Cindy Crawford. Ces
créations emblématiques, sont les robes bandelettes, dont les toutes premières datent de
1985, véritables prouesses de coupe qu’il inventa de toutes pièces, excellent à représenter la virtuosité du
couturier toujours subjugué par le patrimoine des reines et des pharaons.

AU PAYS DES MASSAI
En 1996, Azzedine Alaïa partage avec le photographe Peter Beard un voyage en pays Massaï. De ce séjour
au Kenya naît une correspondance entre les deux amis, unis par une solide admiration réciproque. Une série de photographies atteste de l’enthousiasme et de l’émotion avec lesquels le couturier revint de ce séjour, dont il évoquait, longtemps après, la fondamentale impression.

Fondation Azzedine Alaïa
18, rue de la Verrerie, 75004 Paris
Tel. +33 ( 0 ) 1 87 44 87 75
FONDATION AZZEDINE ALAÏA
La vie d’Azzedine Alaïa a constamment été remplie par la mode, l’art, le design, l’architecture,
la musique et le théâtre.Pendant cinquante ans, Monsieur Alaïa a été un collectionneur passionné par tous les domaines de la culture.
En 2007, il a décidé de protéger son œuvre et sa collection d’art en fondant l’Association Azzedine Alaïa,
conjointement avec son partenaire de vie, Christoph von Weyhe et son amie depuis plus de quarante ans,
l’éditrice Carla Sozzani, afin que cette Association devienne la Fondation Azzedine Alaïa.
La Fondation Azzedine Alaïa a été reconnue d’utilité publique par décret du 28 février 2020.
La Fondation expose le travail d’Azzedine Alaïa et les œuvres d’art et de mode de sa collection personnelle, à Paris, au 18 rue de la Verrerie, où il a vécu et travaillé, ce lieu mythique abrite des expositions régulières sur l’histoire de la mode et de la photographie et du design.
DAR ALAIA
A Sidi Bou Saïd où le designer avait aussi déposé bagage avant de disparaitre, se trouve également “Dar Alaia” achetée en 1986 et anciennement « Dar Beji Trabelsi » en 1986.
Le designer était un grand amoureux de Sidi Bou Saïd, s’y rendait à chacun de ses rares séjours tunisois.
PHOTOS © Stephane Aït Ouarab
images de presse :© Andrea & Valentina
