Soudan, souviens-toi, réalisé par Hind Meddeb en 2024, est un documentaire puissant. Il raconte la vie d’hommes et de femmes, la jeunesse soudanaise notamment, depuis la révolution qui s’est transformée en terre brulée. Une lutte désespérée et courageuse d’un peuple qui rêve toujours d’un avenirmeilleur .
Une guerre oubliée par tous, médias, monde, mais un hommage à la résilience d’un peuple qui n’abandonne jamais et tous les moyens sont bons. Comme le raconte la réalisatrice Hind Meddeb, dans son documentaire, éligible à un Oscar en 2026 et que nous encourageons de tout notre cœur !
A travers son récit, Hind Meddeb a suivi cette jeunesse qui par le biais de l’Art et de la musique, tente de faire face à un régime répressif des plus féroce.
Une formidable leçon de vie et de courage, dans le contexte d’une guerre civile d’une rare violence. Un conflit féroce et meurtrier qui paradoxalement, attire peu l’attention internationale et où la diplomatie peine à trouver une issue. Son film est une ode à l’espoir et à la combattivité, un œil témoin, d’une génération qui refuse de lâcher prise dans la défaite.
Courage, honneur, dignité et union des consciences, continuent de porter un peuple meurtri mais qui refuse de se laisser abattre. Les jeunes par leur formidable créativité, leur amour pour l’Art, la culture, la musique continuent à vivre leur quotidien dans les ruines d’un pays qui n’est plus que terrain de combats.
Dans l’horreur de cette guerre stérile et innommable, la vie est la plus forte, l’envie de continuer est là et Hind Meddeb plus qu’une cinéaste, construit une relation d’amitié et de complicité avec des jeunes qui défient tout sans peur.

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Seule nation en proie à la famine. Le Soudan est aussi la plus grande crise humanitaire de la planète, face à la plus grande indifférence internationale.

Flashback d’une guerre dévastatrice
Depuis la 15 avril 2023, le Soudan est le théâtre d’un conflit dévastateur entre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane, qui s’est emparé du pouvoir en 2021 lors d’un putsch, et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), fidèles à son ancien adjoint, Mohamed Hamdan Daglo.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, exhorte pourtant les deux factions rivales à « mettre fin aux combats sans délai » et à engager un véritable processus politique « pour remettre le Soudan sur la voie de la paix et de la stabilité ».
Il demande également à la communauté internationale de se mobiliser pour mettre un terme à ce conflit « atroce » mais discours prononcé face à un silence assourdissant…

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De son côté, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, dénonce une « attaque généralisée contre les droits humains, dans une indifférence mondiale coupable ».
Des bombardements aveugles dans des zones habitées aux exécutions sommaires de civils, en passant par l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre, les violations du droit international humanitaire perpétrées par les deux camps se multiplient.
Un peuple massacré errant et otage de la faim
Derrière les lignes de front, la population paie un lourd tribu. Filippo Grandi, le Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés, explique qu’ « Un tiers de la population soudanaise est déplacée », constate-t-il, soit plus de 12 millions de personnes, dont près de 4 millions ont fui dans les pays voisins. « Les conséquences de ce conflit absurde et cruel dépassent largement les frontières du Soudan ».
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) dresse quant à lui un tableau des plus sinistre « Des millions de Soudanais sont en détresse, les civils et les humanitaires sont tués en toute impunité, et les violences sexuelles se multiplient », rapporte Jens Laerke, porte-parole de l’OCHA. Il appelle à l’arrêt immédiat des attaques contre les civils, à la poursuite des responsables et à un accès humanitaire sécurisé, condition essentielle au soutien des ONG locales.
Crise alimentaire sans précèdent
Sur le terrain, la crise alimentaire atteint des proportions dramatiques. « Le Soudan est aujourd’hui, à tous égards, la plus grave crise humanitaire au monde », alerte Sean Hughes, coordinateur d’urgence du Programme alimentaire mondial (PAM). Environ 25 cinq millions de personnes – soit la moitié de la population – souffrent de la faim. « Des dizaines de milliers de personnes mourront durant cette troisième année de guerre si nous ne pouvons pas les atteindre », prévient-il.

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Une guerre meurtrière et aveugle
Une guerre incompréhensible et inutile qui sème des ravages indicibles ». Les ONG parlent de 50.000 disparus ; certains cas ont pu être documentés, incluant femmes et enfants. Le spectre des agressions sexuelles, des expulsions forcées et des recrutements d’enfants-soldats hante les récits “recueillis également.
Mines antipersonnel l’autre danger
Des munitions non explosées, omniprésentes dans les zones urbaines et rurales font des ravages. Siddiq Rashid, à la tête du programme de lutte antimines (UNMAS) au Soudan, souligne l’ampleur du danger. « Ce qui est inquiétant, c’est que ces munitions se trouvent désormais dans des maisons, des jardins… Lorsque les gens reviendront, ils seront tentés de nettoyer les lieux eux-mêmes, sans savoir qu’ils mettent leur vie en danger ».
Un certain nombre d’ enfants et des femmes ont été tués ou mutilés. M. Rashid appelle les belligérants à ne pas recourir à ces armes dans les zones peuplées et exhorte à un soutien financier urgent pour les opérations de déminage.
L’agonie d’un peuple oublié
À Port-Soudan, l’émissaire humanitaire des Nations unies, Clementine Nkweta-Salami, résume la détresse collective : « La population est à bout. Nous appelons la communauté internationale à ne pas oublier le Soudan, à ne pas abandonner les hommes, les femmes et les enfants piégés dans cette situation critique ».
Son appel résonne comme un dernier sursaut d’espoir. « Il faut un effort massif. Nous avons encore besoin de ressources, d’un soutien renforcé et d’un accès facilité par toutes les forces armées en présence ».
Trois ans après le déclenchement de la guerre, la souffrance du peuple soudanais passe aux oubliettes et Khartoum disparait de la conscience internationale.
Pourtant, dans les ruines des villes, sur les routes de l’exil, dans les camps surpeuplés, des millions de vies ont les yeux tournés vers les NATIONS UNIES ET LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE.
Un film qui raconte la vie autour de la violence et du néant
Ce Documentaire parle de l’immense courage d’une jeunesse qui veut continuer à vivre dans les ruines mortifères d’un contexte de guerre endémique.
Synopsis
Après 30 ans de dictature, le portrait d’une jeunesse soudanaise, qui par ses mots, poèmes et créations défie la répression militaire et lutte pour ses rêves de démocratie. En croisant leurs itinéraires, Hind Meddeb articule les fragments d’une révolution impossible, de ses débuts prometteurs jusqu’à ce que la guerre détruise tout, mettant les Soudanais sur les routes de l’exil. Progressivement, les liens se tissent au fil d’une correspondance entre la réalisatrice et les protagonistes du film.
Hind Meddeb
Réalisatrice, Scénariste, Directrice de la photo, Ingénieure du son, Productrice
Producteur à My Way Production
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