Canicule, fatigue, irritabilité, anxiété : les fortes chaleurs ne touchent pas seulement le corps. Elles ont aussi des conséquences sur le cerveau et la santé mentale, avec des effets plus marqués chez certaines personnes.

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Un constat partagé par les recherches menées par une équipe de psychiatres et climatologues français, publiées dans la revue scientifique The European Journal of Psychiatry en 2024 : « Les patients souffrant de psychose, de démence ou de troubles de l’humeur graves tels que la dépression présentent une altération cognitive notable qui pourrait les empêcher d’adopter un comportement adapté en cas de chaleur extrême, entraînant une déshydratation, une confusion, puis des visites aux urgences. »
Depuis le début de cette canicule , j’ai été constamment “agressée” verbalement, numériquement, et plus et affinités… Parfois aussi témoin de rixes– familiales et professionnelles – de « pétage de câble en bonne et due forme» des autres mais aussi de moi !
Comme si on avait un démarrage au quart de tour et une tolérance – 100 !
Entre sinistrose, actualité anxiogéne, une réelle souffrance morale physique qui se deverse sur les reseaux sociaux et dans les journaux télévisés en boucle, au secours heeeeeelp !!!!
Avec ce sentiment du vivre seule “sa souffrance” caniculaire, l’impression d’abandon des autorités et la peur de devoir “être transportée ” en urgence dans des conditions hospitalières plus qu’inquiétantes
La chaleur peut elle rendre fou?

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Par « pétage de câble » j’entends : accrochages, agressions verbales et à la rapidité et à l’intensité inhabituelles, laissant les protagonistes dans un état de choc, et de larmes, parfois pire.
Il a été en effet démontré qu’en période de chaleur dans certaines régions les agressions intra domestiques et sur les femmes augmentaient.
Lisez notre entretien avec Sherazade Zaiter sur l’impact sur les femmes réfugies climatiques et les violences qu’elles subissent…
C’est improvisé, suprenant, … mais hélas prévisible…
Plus la température augmente, moins l’être humain se contrôle
Longtemps, on a cru qu’il ne s’agissait que d’une impression ou d’une coïncidence.
Les bagarres d’été étaient surtout dues au fait, pensait-on, que les gens sortaient davantage, buvaient plus d’alcool ou fréquentaient plus les espaces publics.
Puis, il y a tout juste cinquante ans – en 1976, donc – une expérience devenue classique, menée par les psychologues Paul Bell et Robert Baron, a permis de d’objectiver et d’expliquer ce phénomène.
Les chercheurs avaient placé 66 volontaires de sexe masculin dans deux groupes différents : les uns dans une pièce fraîche, les autres dans une pièce chaude, avant de les exposer à des remarques plus ou moins désagréables.
Ils leur donnaient ensuite la possibilité de « se venger » symboliquement de leur interlocuteur en lui administrant une décharge électrique dont ils pouvaient choisir l’intensité.
Leur conclusion : la chaleur n’augmente pas directement l’agressivité ; elle augmente d’abord le sentiment d’inconfort, d’irritation et de tension intérieure.
Le système nerveux humain est comme une cocotte-minute, et placé trop longtemps sous une plaque trop chaude, il se met à bouillir voire à « exploser » beaucoup plus vite.
Depuis les années 1980, des dizaines d’autres d’études de psychologie et d’épidémiologie montrent que, toutes choses égales par ailleurs, les actes d’agressivité augmentent bel et bien avec la température[1].
Les journées plus chaudes que la moyenne engendrent davantage de violences conjugales, davantage d’altercations, davantage d’agressions sur la voie publique, davantage même d’homicides dans certaines régions du monde.
Il y a trois ans, une étude a permis d’établir une statistique qui fait froid dans le dos (sans jeu de mots) : le risque global de décès par agression croît significativement de 1,4 % par degré Celsius d’augmentation de la température ambiante[2].
Si on ajoute à cela les décès par noyade des jeunes dont le gouvernement Lecornu constate ces derniers jours l’augmentation, ainsi que ceux des jeunes enfants enfermés dans les voitures, on comprend que les « victimes » des canicules ne sont pas que les séniors.
qu’est-ce qui fait « griller un fusible » plus facilement au corps humain, transformé en tableau électrique ?
Ce qui se passe dans votre corps quand il fait trop chaud
Lorsque le thermomètre grimpe, votre organisme mobilise une part importante de ses ressources pour maintenir votre température interne aux alentours des 37 °C.
Dilatation des vaisseaux, transpiration, accélération du rythme cardiaque : toute cette mécanique, indispensable à votre survie, a un coût énergétique.
Les neuroscientifiques pensent que cette mobilisation permanente « emprunte » une partie des capacités normalement consacrées au contrôle des émotions.
Le cortex préfrontal – cette région située juste derrière votre front, qui vous aide à relativiser, à réfléchir avant d’agir et à contenir vos impulsions – devient moins efficace.
À l’inverse, l’amygdale, véritable détecteur de menaces de votre cerveau, prend davantage le dessus.
Votre cerveau est à fleur de peau.
Ce mécanisme explique probablement pourquoi une remarque anodine, un bruit répétitif, un embouteillage ou un simple désaccord prennent soudain des proportions démesurées lorsque la chaleur devient écrasante.
Ce n’est pas seulement votre patience qui diminue : c’est votre capacité biologique à inhiber une réaction impulsive.
À cela s’ajoute un second facteur, que vous avez sans nul doute expérimenté : le sommeil.
Les nuits tropicales comme celles que nous subissons depuis le début de la semaine réduisent le sommeil profond, multiplient les micro-réveils et empêchent l’organisme de récupérer correctement.
Mal dormir peut rendre l’amygdale beaucoup plus réactive et à diminuer notre tolérance à la frustration.
Une canicule qui dure plusieurs jours additionne donc les effets : le corps s’épuise, le cerveau chauffe lui aussi, et votre seuil d’irritabilité s’abaisse progressivement.
Plus ça bout dehors, plus ça bout dedans
Pas mal d’études démontrent une augmentation de la réactivité émotionnelle durant les canicules.
Les bruits deviennent plus pénibles, les contrariétés plus difficiles à supporter, les émotions plus intenses.
Les psychiatres observent que les épisodes de forte chaleur aggravent fréquemment les troubles anxieux, les états dépressifs, plusieurs troubles neurodéveloppementaux, mais aussi… les suicides[3].
Autrement dit, les personnes souffrant déjà de problèmes psychiatriques voient leurs symptômes s’aggraver.
LES CANICULES TUENT PAR MOULTS MANIERES
Plus que de simples inconforts météorologiques et « physiques ».
Les vagues de chaleur ont un impact mesurable sur la santé mentale.
Elles modifient la manière de penser, de ressentir… et d’interagir avec les proches, les amis, les voisins, tout devient source de souffrance réelle.
Troubles cognitifs et manque d’hydratation
Selon une étude parue dans la revue américaine PLOS Medicine et relayée par Le Progrès, la chaleur excessive influe directement sur capacités cognitives, et donc sur notre efficacité. Troubles de l’attention et de la concentration, lenteur de traitement de l’information, difficultés de mémorisation… autant d’effets pouvant facilement nous mettre de mauvaise humeur.

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Une hydratation insuffisante peut aggraver ces troubles et peser, elle aussi, sur nos nerfs. Pour limiter les effets de la chaleur, soyez donc attentif à vos apports en eau. Selon France Live, pendant une canicule, il faut boire au moins 2 litres d’eau par jour. Cette quantité peut être portée à 3 litres, voire plus si vous êtes réellement surexposé à la chaleur (activité professionnelle ou activité physique intense en extérieur, notamment).
ATTENTION A VOUS MENTALEMENT ET PHYSIQUEMENT !
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