Figuig, (en berbère : ⵉⴼⵉⵢⵢⴻⵢ / Ifiyyey, Figig; en arabe : فݣيݣ ou فجیج) est une ville située à l’extrême-est du Maroc, dans la région de l’Oriental (Maroc), à environ 368 km au sud de Oujda et 254 km au nord-est de Merzouga.

photo UFFP fériel Berraies Guigny all rights reserved
Nous avons eu le bonheur d’y séjourner trois jours lors d’un voyage dans le Grand Oriental.
Au départ d’Oujda et de Cap de l’eau, un grand merci à notre amie la docteur Samiya Kaouachi qui nous a fait aimer cette région du Maroc, moins connue et surtout plus authentique car moins touristique.
Durant notre périple nous sommes passée à Berkane, petit stop pour acheter des cornes de gazelles puis nous avons continué notre chemin, sur une région qui est tout de même plus conservatrice que les villes balnéaires que l’on connait.
Nichée à l’extrême est du Maroc, à la frontière avec l’Algérie, Figuig est une oasis saharienne qui semble suspendue par le temps. Il est crucial de noter que cette frontière terrestre est fermée. Cet ancien carrefour commercial, aujourd’hui plus confidentiel, est un ensemble cohérent de villages fortifiés, de palmeraies et de savoir-faire ancestraux liés à la gestion de l’eau, proposé pour une inscription au patrimoine mondial de l’Unesco et reconnu depuis 2022 comme « Système Ingénieux du Patrimoine Agricole Mondial » (SIPAM) par la FAO. Loin de l’agitation des grandes villes touristiques, Figuig offre une expérience authentique, au cœur d’un paysage désertique structuré par l’ingéniosité humaine.

photo UFFP fériel Berraies Guigny all rights reserved
La ville se compose d’une partie haute, plus moderne, et d’une partie basse qui abrite les trésors patrimoniaux de l’oasis. C’est ici que se déploie une immense palmeraie comptant plusieurs centaines de milliers de dattiers et des jardins étagés où poussent figuiers, grenadiers et oliviers. L’ensemble forme un paysage culturel unique, façonné au fil des siècles.
A une époque de sa vie UFFP voulait un réel dépaysement et retour aux sources, loin du brouhaha de la vie moderne, se retrouver, se recentrer.
Oui ce fut dur au début, seule, isolée, sans contact extérieur et sans numérique, il me fallut trois jours pour accepter le retour à l’essentiel.
Mais nous avons été subjuguée par la gentillesse et la simplicité des habitants, et la beauté de cette ville palmeraie qui a inventé tout un systéme hydraulique pour faire face à l’aridité de la région.
Oasis palmeraie, on y produit bien sur les dattes mais tant d’autres choses aussi.
Il me fallut des années pour me résoudre à écrire ce petit sujet, la plupart de mes clichés ont été perdus, mais ce que l’on a gardé suffit pour raviver l’émotion pure que j’ai éprouvé en revoyant ce voyage initiatique.
Figuig est nichée au cœur d’un cercle de petites montagnes. L’agriculture de l’oasis, et particulièrement les dattes, répond aux besoins premiers des habitants jusqu’à la perte d’immenses territoires. Son climat est de type semi-aride méditerranéen, à aride ; mais l’intérieur de l’oasis forme un microclimat très contrasté avec les territoires environnants.

photo UFFP fériel Berraies Guigny all rights reserved
Figuig connaît l’existence d’une ébauche d’université au XVe siècle, au sein de laquelle étaient enseignés l’algèbre et la théologie islamique, grâce à Sidi Abdel Jabbar et son fils Mohammed.

Son autre fils, Sidi Ibrahim ben Abdel Djebbar el Figuigui, est connu pour avoir composé ce que certains considèrent comme le premier recueil de cynégétique moderne : Rawdat Al soulwan (Le jardin de consolation).

photo UFFP fériel Berraies Guigny all rights reserved
La palmeraie de Figuig est l’un des derniers exemples de jardin étagé oasien encore fonctionnel, c’est-à-dire produisant une variété d’aliments et de produits d’échange (dattes notamment) et s’appuyant sur des savoir faire et des pratiques traditionnelles de gestion de l’eau. Dans la plupart des oasis, les palmeraies ont soit connu une tendance à la modernisation, ce qui les a transformées en agro-systèmes très simplifiés, potentiellement plus productifs mais également plus vulnérables face à la raréfaction de la ressource en eau ; soit les palmeraies sont devenues des « fonds de décor » pour une mise en valeur touristique, ce qui conduit à leur dégradation faute d’entretien.

photo UFFP fériel Berraies Guigny all rights reserved
Figuig comprend une ville haute (nouvelle) et une ville basse. Le boulevard Hassan II, l’artère principale, traverse la ville haute, où l’on trouve des DAB et d’agréables jardins municipaux.

photo UFFP fériel Berraies Guigny all rights reserved
En passant devant l’Hôtel Figuig, le boulevard entame sa descente vers la ville basse – les jardins de palmiers et les ksour forment la partie ancienne de Figuig. Cette crête constitue un balcon sur la palmeraie et l’Algérie : c’est depuis le belvédère d’Azrou, où le chemin conduit en allant vers le ksar Zenaga, et depuis la terrasse de l’Hôtel Figuig que l’on a la meilleure vue.

photo UFFP fériel Berraies Guigny all rights reserved
Les sept ksour de la ville contrôlaient tous un secteur de la palmeraie et son approvisionnement en eau, si important. L’état de délabrement d’une grande partie d’entre eux met à nu leur astucieux mode de construction : troncs de palmiers enduits de pisé et plafonds en feuilles de palmier. La fraîcheur, l’obscurité et souvent un calme étrange y règnent. On s’y perd facilement.
Le Ksar Zenaga, le plus grand des sept ksour, est situé au sud, sous la crête qui partage l’oasis. Prenez le chemin qui longe les canaux d’irrigation, et vous déboucherez brusquement dans un labyrinthe de passages couverts. En cheminant dans ces tunnels entre les maisons, repérez les magnifiques portes anciennes en bois – prenez garde de ne pas vous retrouver dans le jardin d’un particulier.
Près de la partie haute de la ville, à l’ouest de l’artère principale, le ksar Oudaghir possède un joli minaret octogonal du XIe siècle, appelé sawmann al-hajaria (tour de pierre). Son architecture évoque celle des minarets de Mauritanie et du Sahel.
Alors c’est un magnifique voyage, mais il ne faut pas le faire seul si on est une femme, on pourrait se perdre, et si on est pas de la région, ce serait compliqué.
Mais dépaysement assuré et gentillesse locale assurée!!! et pensez à amener des chaussures pour grimper car le crapahutage est assuré, et on pourrait se faire mal.
