Dans beaucoup de situations, le trauma est consécutif à la soudaineté de la disparition. Dans d’autres scénarios, les circonstances de la mort peuvent aussi nourrir le trauma, d’autant que la personne reste profondément marquée et n’arrive pas à faire son deuil « naturellement » si elle choquée par des circonstances « extraordinaires ».
PHOTOS ALL RIGHTS RESERVED UFFP / SHUTTERSTOCK

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En Suisse et au-delà, de nombreuses personnes sans lien direct avec les victimes de Crans-Montana sont bouleversées émotionnellement, marquées psychologiquement et j’en fais partie.
Car il faut le dire, nous vivons actuellement un traumatisme collectif. Cette ambiance va en tout cas perdurer jusqu’à la cérémonie de vendredi. Ce n’est pas surprenant que ce drame trouve un si grand écho, parce que c’est des jeunes, dans un cadre festif, dans une station réputée safe et huppée… C’est inconcevable, et traumatisant pour tous. Nous sommes encore dans un état de choc et de sidération.
Ce billet je l’écrit avec beaucoup d’humilité, pour aider les familles qui ont perdu un enfant ou ceux qui ont leur enfant dans un état grave, car il faudra toute l’aide et l’amour du monde pour continuer et pour se battre.
J’ai également réagi à la lecture de certains commentaires haineux face à ce qui est arrivé.
Ce drame à Crans- Montana est universel car il touche à des enfants nos enfants. Oui on les a traités de gosses de riches ou “d’imbéciles” car ils filmaient en disant “wesh wesh” à ce moment précis, j’ai su que je devais faire quelque chose.
Car oui pour ceux qui ont survécu les corps sont abimes certes, mais l’espoir est encore la de pouvoir les accompagner et de leur donner une dignité de vie. Mais ce déferlement de négatif ne les aidera pas et n’aidera pas les parents. Et surtout il remet en question les bases fondamentales de notre compassion et humanité.
Des tragédies dans le Monde il y en a partout, des guerres, des génocides, des attentats des mouvements de foule, mais ce drame injuste, une négligence atroce, nous a aussi touchés de plein fouet car il nous sort d’une zone de confort: le fait de croire que nos enfants sont en sécurité dans une station huppée et privilégiée.
La mort c’est aussi la perception des circonstances
Quand une mort est consécutive à une maladie et que dans le conscient, on est plus ou moins préparés, les thérapies brèves ( Sophrologie et Hypnose) peuvent accompagner en atténuant les souvenirs dégradés des dernières semaines.
Mais ce n’est pas le cas de la tragédie du 31 décembre 2025, cette horrible explosion et cet incendie qui a frappé tous ces jeunes dans une boite de nuit en Suisse, à Crans- Montana. Ce drame qui s’est produit nous a tous touchés, le monde entier est sous le choc et beaucoup d’entre nous avons développé une forme de choc ou effraction traumatique notamment du fait d’avoir regardé en boucle les news et les images sur le drame. Nous vivons tous actuellement une sorte de traumatisme collectif. En Suisse et partout dans le monde, de nombreuses personnes sans lien direct avec les victimes de Crans-Montana sont bouleversées psychologiquement. Des pays entiers sont en deuil, d’abord les enfants qui ont péri ou qui sont gravement blessés en sont ressortissants ( Maroc, Serbie, Portugal, France, Italie, Suisse, Turquie et la liste est tristement longue)
Cela me renvoi à un autre drame qui m’a aussi bouleversée, l’attentat en Turquie le jour du réveillon qui a enlevé la vie à un jeune couple tunisien parti fêter les fêtes de fin d’année ( il y a plus de quinze ans) morts tous deux dans la fleur de l’âge lors d’un attentat terroriste, laissant un bb de six mois…
La maman est une amie et encore aujourd’hui je les connaissais, nous portons encore aujourd’hui, tous les stigmates de ce deuil qui étant traumatique et non conscientisé; ne sera jamais guéri.

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Et je sais que des tragédies comme celles la ont toujours existé et continueront d’exister, simplement elles sont plus visibles aujourd’hui, avec les réseaux, on vit en temps réel l’horreur avant pendant et après!
Je veux par ce billet envoyer toute ma lumière aux familles endeuillées, en ce jour béni, jomaa moubaraka, que ces anges reposent en paix, et que les survivants aient la force et la résilience de s’en sortir.
Que l’on croit ou non, que l’on soit dans la spiritualité ou pas, nous sommes une communauté d’humain et seule l’empathie la compassion et l’amour du prochain, nous permettra de faire face aux pires tragédies de ce siècle ‘( oui certaines sont absurdes; naissent de négligences criminelles ou pas) mais le résultat final est le même.
UFFP est avec eux par pensée avec les parents, et nous ferons à notre humble portée, le maximum pour que ces vies sacrifiées ne soient jamais dans l’oubli.
Allah Yarhamec Dalia Benkirane, que le seigneur nous donne la force et surtout à tes parents de vivre ton départ injuste.
Stop au sensationnalisme de la douleur
Le Sensationnalisme outrancier de certains médias ici en France et ailleurs, ne nous a pas laissé de répit, les images terribles en boucle, les vidéos des jeunes qui ne savaient pas qu’ ils filmaient leur mort prochaine, tout cela nous a touchés et progressivement alimenté une grande souffrance morale.
Beaucoup ont cessé de regarder les nouvelles, moi je ne pouvais pas être dans le déni.
En tant que mère d’ados qui ont l’âge de ceux qui ont péri je me suis dit “cela peut être les miens, ils sont les miens au fond tous ces jeunes” je n’ose imaginer la douleur et la détresse des familles touchées.
Autopsie d’un trauma collectif par procuration tv et numérique
Nous vivons actuellement un traumatisme collectif. Cette ambiance va en tout cas perdurer jusqu’à la cérémonie de vendredi. Ce n’est pas surprenant que ce drame trouve un si grand écho, parce qu’on touche à du sacré: un jour de fête, les victimes sont des jeunes… C’est inconcevable, et traumatisant pour la population générale.
Les réseaux sociaux ont abondé sur les commentaires et les réflexions parfois tellement déshumanisées, qu’elles ont rajouté une louche à la douleur des victimes survivantes pour celles conscientes, aux parents.
Le temps est au recueillement pour les jeunes disparus et au coping pour les survivants, c’est la seule trajectoire possible. Pour les parents il faudra aussi les accompagner dans leur chemin de deuil. Et pour les parents d’enfants gravement brules et rescapés, lui comme eux devront faire le deuil de la vie d’avant le drame.
Les 7 étapes du Deuil
Elisabeth Kubler Ross, psychiatre et psychologue, décrivait les 7 étapes nécessaires au travail de deuil: Le choc, le déni, la colère, la tristesse, la résignation, l’acceptation et la reconstruction. Le deuil peut devenir complexe voire même devenir un pathos si l’une de ces étapes ne s’est pas déroulée correctement.
Les dangers du Deuil pathologique
Si l’on est pas passés par toutes les étapes, on peut rester « bloqués » dans sa souffrance et ne pas arriver « à faire son deuil » de l’absence.
Un Deuil pathologique non traité engendrera toute une panoplie de conséquences psychosociales non négligeables: allant de l’anxiété à la dépression. Ses expressions extrêmes seront les phobies, les crises de panique, les troubles du comportement alimentaire, les TOCs , les pensées morbides et suicidaires etc
Casser les blocages du Deuil
Regrets, sentiments de frustrations, culpabilité, déni, non-dits, autant de facteurs psychologiques et émotionnels pour la personne qui les subit et qui est face à un tsunami :
« Je n’ai pas profité de lui, je n’ai pas pu lui dire au revoir, ce n’est pas juste, pas comme ça et pas aussi tôt » ! Ou encore « je n’ai pas pu lui dire combien je l’aime, je lui ai pas demandé pardon » etc. et la liste est longue des non-dits. Tous ces éléments bloquent le processus du deuil qui ne peut plus faire son chemin naturellement. Une situation que bon nombre de « familles de personnes décédées » dans des cas d’extrême violence ( Attentats, catastrophes etc) vivent aujourd’hui.
Cette tragédie est un devoir de mémoire pour tous
Elle est exceptionnelle et elle a la même portée que tous les attentats qui ont été perpétrés dans les lieux publics concerts, boites de nuits, hôtels dans le monde. En parle ici, de la gravité psychique et la rançon émotionnelle qu’ elle va impliquer dans la durée.
En France et dans le Monde entier on n’oublie pas les victimes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis, qui ont fait 130 morts et plus de 350 blessés. Mais au-delà de la France, ce billet est pour tous ceux qui ont péri dans le Monde ( Tunisie, Turquie, Irak, Syrie, Cameroun, Nigéria, Ouagadougou, Mali, Espagne, UK et dans bien d’autres capitales dans le Monde) arrachés à la vie, dans des conditions tragiques semblables, dans la violence et la folie déshumanisée. Car l’humanité entre belle et bien dans une ère d’imprévu, de sauvagerie et d’irrationnel mortifère, ou bien souvent, des populations civiles resteront alibis et cibles principales de sombres desseins politiques et idéologiques.
L’humanité n’est pas à l’abri non plus des tragédies liées aux aléas climatiques ( les chutes de neige par ex en France ce mois de janvier 2026 ont occasionné plus de six morts, et la tempête Goretti, continue actuellement de faire plein de dégâts) et on a des morts, et on entre encore une fois dans une spirale de deuil traumatique, car c’est violent, c’est imprévu, c’est injuste.
Reconnaitre la souffrance des rescapés et la souffrance de ceux qui ont « perdu » un être cher
A l’heure actuelle pour Crans- Montana, il est trop tôt pour se prononcer sur les responsabilités, les négligences, mais chaque jour les médias tombent sur une actue inédite, et c’est un peu comme si on mourrait encore avec ces jeunes.
Partagés entre sidération, choc émotionnel, ahurissement, colère et rancoeur et deuil surtout, il est tres compliqué pour l’opinion publique de comprendre, et les parents dans tout cela?!
Comme pour les attentats, après le deuil vi endura le temps des procès, des règlements de compte, des financements, mais le deuil dans tout cela est il une variable quantifiable, la mort d’un enfant l’est elle?

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Le dédommagement moral n’existe pas
Dédommagement, si l’on peut considérer que l’on puisse dédommager financièrement la perte d’un être cher, comme ce qui fut le cas pour les attentats en France, un Fonds de garantie des victimes d’actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI) qui est en fait approvisionné régulièrement par une contribution sur chaque contrat d’assurance.
Au-delà de la réparation financière
Des cérémonies d’hommages seront peut être régulièrement données pour rendre hommage à ces victimes, pourtant la plaie « morale » est encore là. Car au–delà de la réparation financière, les familles des victimes seront face un autre type de préjudice « leur souffrance morale » écrasante qui continue à peser dans leur quotidien, mais qui n’est pas encore assez « comprise » et bien appréhendée.
L’Etat de Stress Post Traumatique une des manifestations d’une souffrance invisible
L’état de stress post-traumatique survient à la suite d’un événement violent, type attentat, ayant généré une intense détresse, comme c’est également le cas lors d’agressions ou d’accidents.
Un trouble réactionnel nourrit en réaction à un événement traumatique : confrontation à la mort, angoisse de mourir, menaces à l’encontre de l’intégrité physique de soi, ou d’un tiers. Ce trouble réactionnel se traduit essentiellement par un sentiment d’impuissance voire d’horreur, accompagné d’une peur intense qui hante dans la durée. Les attentats et les risques imminents de ces derniers, depuis des années, continuellement suggérés par les divers plans Vigipirate en France , l’actualité, et la surmédiatisation sont autant d’éléments déclencheurs dans les esprits des familles des défunts, mais aussi les blessés et les personnes lambda qui vivent dans des conditions anxiogènes. Même le personnel médical n’est pas épargné !
Les symptômes du trouble stress post-traumatique
Les scientifiques classent les symptômes du stress post-traumatique en trois étapes distinctes. La première est un type de « reviviscence » cad que la personne concernée peut avoir tendance à revivre de manière perpétuelle la scène traumatique, à travers ses pensées, ou sous la forme de cauchemars.
La deuxième, fait que la personne fait un « syndrome d’évitement » cad qu’elle va vouloir éviter, consciemment ou inconsciemment, tout ce qui peut lui faire revivre l’événement en question. Ce symptôme d’évitement est aussi appelé engourdissement émotionnel. Et enfin, la personne peut basculer dans un état de vigilance accrue et permanent, bien qu’aucun danger imminent ne la menace.
L’Etat de Stress Post Traumatique, peut rester enfoui pendant des années puis un jour pointer son nez, et il survient toujours « après coup » ainsi peuvent apparaitre des « troubles secondaires » au travers d’un état dépressif majeur, caractérisé par une extrême lassitude, une fatigue généralisée, et un désintérêt total par rapport aux choses de la vie. A cela peuvent s’ajouter d’autres manifestations comme l’anxiété, des douleurs chroniques, des addictions comme la dépendance à l’alcool, la consommation de drogues licites ou illicites, impactant la libido et ouvrant donc la porte à des troubles de la sexualité. Des troubles associés dits secondaires et toute une panoplie d’effets psychosomatiques (insomnies, mauvaise alimentation, asthénie etc.)
Les thérapies brèves verbales en complément d’un suivi médical et psy
La sophrologie est une des solutions pour accompagner la personne à accepter la situation tout en apprenant à mieux gérer « ses symptômes » entendons-nous bien, elle n’effacera pas le trauma, mais elle aidera à mieux vivre les symptômes au quotidien pour contourner ensuite le problème. Ce type d’accompagnement se fera toujours en parallèle d’un suivi médical et psychiatrique.
La sophrologie met en place des exercices de respiration et de détente corporelle, qui permettront d’évacuer dans un premier temps les pensées anxiogènes et angoissantes. Car tout passe par le corps avant de soulager le mental. L’objectif dans mon travail d’ici est d’aider la personne à retrouver une confiance en elle et en sa capacité de résilience.
Ici les exercices de respiration ont toutes leur important pour aider à éliminer les pensées parasites et limitantes tout en aidant la personne à se reconnecter à ses ressources et à ses capacités d’auto guérison mentales.
La Sophrologie va travailler sur « les symptômes et leur vécu dans le quotidien » cad tous ces troubles secondaires générées par le Trauma, qu’ils soient digestifs, musculaires, cardiaques, de sommeil, les compressions respiratoires, les blocages émotionnels, les tensions mentales.
En portant notre ancrage thérapeutique sur les fondements de la Sophrologie à savoir, l’adaptabilité, la réalité objective, l’intégration du schéma corporel et l’action positive, en restant toujours dans la tempérance, l’écoute et la bienveillance. Car la reviviscence, le fait de continuellement revivre le « film d’horreur » nous demande une certaine vigilance quant à la posture thérapeutique. Mais encore une fois, nous agissons en tant que soin de support face aux médecines conventionnelles.
Comment L’Hypnose peut accompagner le Trauma ou L’ESPT
Le passage obligatoire, est pour moi de faire « dérouler le film de la vie antérieure » de mon patient, juste avant « l’évènement traumatisant » et d’ensuite de l’aider tout en m’assurant de sa « sécurité physique et écologique » pour ne pas l’amener à revivre le même stress intense qu’il avait éprouvé la première fois. Pour ensuite, revenir à la scène X et l’amener à la voir sous un autre angle et tenter d’y trouver des apprentissages et du positif qu’il ramènera à sa vie dans le ici et maintenant. Je vais le faire revivre dans son inconscient via une régression en âge par ex et là il ne « subira plus » mais inversera la donne en termes d’apprentissage.
On peut également utiliser d’autres techniques comme les dissociations.
D’abord dissociation du conscient et de l’inconscient afin de bien séparer les parties en soi
Ou une dissociation visuelle pour permettre au sujet de se voir et de s’entendre
Dissociation dans le temps également, voir le avant, pendant, après.
L’Hypnose vous permet de construire « cet épisode manqué « de votre deuil
L’Hypnose est là pour proposer de reconstruire « ce chapitre ou épisode manqué » permettant un espace d’expression thérapeutique dans lequel le processus de deuil est relancé, pour que cette fois ci, chaque étape se déroule dans son intégralité.
Je vais vous accompagner au travers de votre deuil, pour faire votre deuil convenablement, à votre rythme pour aider à amoindrir les symptômes, voire, les faire disparaitre.

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Laissez partir le défunt pour Faire son Deuil
Lorsque l’absence est intolérable, l’Hypnose peut vous aider à dire au revoir à l’être perdu. Ainsi, laissant l’inconscient faire son travail de deuil. Petit à petit, à votre rythme vous construisez un chemin vers à la paix, pour commencer à vous ouvrir à la vie que le défunt aurait voulu pour vous.
Et vous réapprenez à vous non pas en l’oubliant, mais en vous habituant à son absence, tout en gardant le meilleur de son souvenir et de son amour qui est lui, immortel.
Site : www.feriel-berraies-therapeute.com
