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Katherine Pradeau « …c’est en acceptant nos différences que le mieux vivre ensemble prendra le dessus « !

Ajouté par , Le septembre 1, 2016 , dans Ethical People, Paroles Ethiques

Elle est engagée, elle est créative, elle a du talent, elle fait le lien entre la France et le Niger, sa collection invite le métissage Nord Sud, elle c’est Katherine Pradeau, elle a un coeur grand coeur énorme et depuis des années, se bat pour une couture éthique et qui donne un sens.

UFFP vous la fait découvrir

 

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Vous avez choisi de travailler dans la mode mais avec le Sahara, pourquoi?

Après plus de 10 ans dans la mode parisienne, c’est en 2000 que j’ai été invitée au Niger pour le Fima. Etant passionnée du Sahara depuis toujours, je n’ai pas hésité une seule seconde. Ce fut une révélation et surtout une envie fulgurante d’y retourner seule en dehors du contexte d’un festival pour aller à la rencontre de la population et du pays.

Lassée des podiums parisiens et du rythme effréné des collections qui ne correspondait pas à mes valeurs profondes, l’envie de tout changer à pris le dessus.

 

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Vous y avez vécu, vous avez vu ce qui se passe la bas pour les femmes, quel est votre retour?

Au fil de toutes ces années, je peux dire que la culture touareg fait partie intégrante de ma vie. La culture touareg est une culture millénaire encore peu connue,avec une langue, une écriture, une histoire riche… C’est une culture matriarcale dont la femme en est le pilier et la garante. Femmes de caractère, elle n’hésitent pas à dire haut et fort ce qu’elles pensent, et font partie intégrante de la société, elles ont là bas un statut privilégié.

 

 

photos ROMAIN NICOLAS

photos ROMAIN NICOLAS

Votre marque respire le métissage le respect des spécificités et la  valorisation du travail des femmes touaregs?

De part mon métier de créatrice et ayant beaucoup travaillé avec les artisans d’arts de la couture en France, je me suis intéressée naturellement à l’artisanat du Sahara et plus particulièrement des femmes touaregs. Au fil des rencontres est venue l’envie mutuelle de valoriser ensembles nos savoir-faire. Il a fallu du temps, du temps pour “s’apprivoiser”, du temps pour intégrer et comprendre la culture, du temps pour équilibrer le métissage tout en respectant l’identité de chacun.

Et comme le dit si bien un dicton saharien: vous avez l’heure, nous avons le temps…

 

 

Vous avez formé des femmes artisanes mais qu’avez vous appris d’elles?

Nous avons beaucoup appris mutuellement, nous donnant l’envie et l’énergie d’aller plus loin. Et surtout une complicité et une amitié s’est installée, sans cela rien n’aurai été possible.

Elles m’ont dit souvent voir des formations mises en place suscitant un élan mais sans suite. C’est encore plus frustrant. Il y a encore beaucoup à faire pour mettre en valeur les spécificités de chacune. L’artisanat a un fort potentiel de développement économique et même si les gouvernements locaux et les personnes décisionnaires mettent en place certaines actions, les résultats sont très décevants.  Il est possible de faire bien plus!

 

 

Longtemps vous avez bataillé pour construire une école là bas mais sans succès pourquoi?

C’est toujours d’actualité, et je n’ai absolument pas l’intention d’ abandonner! Disons que je n’ai pas encore rencontré les bons partenaires…

Dans un premier temps, il s’agit de reconstruire une école dans le nord du Niger qui a été détruite lors de la dernière rébellion puis d’en faire un projet pilote plus élargi pour d’autres endroits du Sahara.

Seulement le Sahara est très convoité et ceux qui le convoitent n’ont pas envie que sa population s’instruise. Des partenariats dans tous les domaines se tissent de parts et d’autres, avec “petits arrangements”,  sous couvert de belles actions humanitaires mais sans y impliquer la population locale. Le résultat est en conséquence. Mais tout cela changera un jour, peut être plus vite qu’on ne pense…

 

 

Quel est votre regard de femme occidental par rapport à qui se passe là bas depuis le printemps arabe et la crise au Sahel?

La population est prise en otage par une minorité . Quoi faire quand il n’y a pas d’alternative. Il faut faire manger sa famille, tout est une question de survie.

En occident, nous avons tendance à mettre tout le monde dans le même sac, tout est une question de connaissance. Trop ont une étiquette de spécialistes, leur connaissance du pays se résument la plus part du temps à quelques voyages dans les capitales et leurs environs dans des 4X4 climatisés avec une escorte qui les amène là où l’on veut bien,  ou pire sans même y avoir mis les pieds. Je crois que c’est en occident que l’on trouve le plus de spécialistes au kilomètre carré ! On peut donc s’interroger sur ceux qui conseillent ceux qui nous dirigent…

Ceux qui peuvent apporter la paix ne sont pas ou peu écouté.

C’est par la culture que les occidentaux peuvent aider à lutter contre le terrorisme.

Au Sahara, la paix se discute avec les chefs de tribus.

 

 

La mode pour la paix, le dialogue entre les cultures est mis en danger a cause de mouvances radicales?

La mode doit être structurée et professionnalisée pour qu’elle puisse être acceptée dans certains pays . Faire un défilé juste pour le spectacle ou voir de jolies filles n’a seulement aucun sens mais nuit  gravement à l’image que l’on s’en fait. Et cela bien avant que les mouvances radicales de maintenant n’apparaissent.

L’artisanat est le pilier de la mode. C’est une excellente base, un bon outil de développement et de paix en y intégrant également la culture de chacun. Un juste équilibre à trouver.

En Terre d’occident les attentats ont également fait émerger des mouvances populistes qui mettent en danger le mieux vivre ensemble qu’en pensez vous?

Les attentats,  il y en a malheureusement tous les jours partout dans le monde avec énormément de morts, mais en occident la presse et les médias n’en parlent pas du tout ou très peu et il est parfois difficile de s’y retrouver dans tous les sites d’info ou réseaux sociaux sur internet. La population occidentale ( et je sépare population et gouvernements ) empêtrée dans les problèmes quotidiens ne se rend pas toujours compte qu’ailleurs c’est souvent pire.  Les attentats touchent toutes les cultures et toutes les croyances, et c’est en acceptant nos différences que le mieux vivre ensemble prendra le dessus et nous rendra tous plus forts.

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Comment les femmes peuvent elles jeter des ponts là ou les politiques et les alliances militaires et économiques et le terrorisme brouille les cartes?

En mettant en place des actions concrètes qui touchent et impliquent les populations dans la vie de tous les jours, dans tous les domaines économiques et sociaux. En jetant des ponts entre les cultures, en créant des alliances pour la paix et le développement. En éduquant leurs enfants dans le respect de la différence.

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En montrant combien les nations dites civilisées ont rompu avec les lois de la vie et les exigences de la nature et se comportent comme des insensés.

En prenant part activement à la vie politique des pays.

Pour vous quand je vous dit femme africaine vous dites quoi?

Femme multiple, aux mille facettes, femme africaine de coeur. Un état d’esprit au délà des frontières, des cartes d’identité et des  couleurs de peaux , une femme qui se bat pour que la paix soit dans le coeur des hommes.

 

 

 

 

 

 

 

 


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