UFFP s’est rendue l’ été dernier, dans la partie turque de Chypre, un voyage inoubliable qui a beaucoup marqué car outre la beauté des lieux, l’histoire est également bouleversante. L’histoire d’un peuple et d’une ile divisées en deux. Depuis 1974, alors qu’auparavant comme en Ex Yougoslavie les communautés entre elles vivaient en harmonie.
Bon oui c’est vrai, ce n’est pas la même configuration, mais le résultat est tout aussi tragique.
Autrefois station balnéaire florissante, la ville fantôme de Varosha est restée à l’abandon depuis les années 1970. Cela fait que depuis quelques années que la partie turque à autorisé le tourisme, en réouvrant ce site aux visiteurs. Dont nous faisions entre autre partie.
J’ai du mal à envisager qu’un an avant ma naissance, cette annexion est venue perturber un vivre ensemble pourtant si prometteur dans l’ile.
Une impression de déjà vu, comme avec le mur de Berlin, quand il a fallut donner son passeport et se dire qu’un petit mur mais beaucoup de méfiance et défiances séparent ces deux Chypre. C’est difficile de croire qu’il y a cette frontière, qui autrefois n’existait pas entre un peuple multiculturel qui cohabitait en paix.

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Une partie de la plage de Varosha a récemment été rouverte, tout en découvrant une plage merveilleuse comme si on était dans les Maldives, et nous avons fait le test du plouf, mais c’était aussi super perturbant de voir en toile de fond, le complexe abandonné.
Déambuler en pleine canicule du mois d’aout, dans un quartier en partie réouvert au public, totalement vidé depuis 1974, cela serre vraiment le cœur et il y a surtout une impression de gâchis face à tant de beauté. ET d’abandon, seule la nature reste libre.
En 2019, après tant d’années, la Turquie décide de rouvrir la station balnéaire aux visiteurs, en 2020 l” ONU condamne pourtaént la réouverture!
UNION EUROPEENNE
La République de Chypre a intégré l’Union européenne en 2004, au nom de l’île dans son ensemble. En réalité, Chypre est entrée divisée dans l’UE, le plan de réunification soutenu par Kofi Annan ayant échoué. Seule la partie chypriote grecque de l’île est reconnue par ses 24 partenaires, la communauté turque du Nord EST quant à elle, tenue à l’écart.

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Le récit de notre guide, qui enfant, s’est enfuie pieds nus avec sa famille sous les balles pour se réfugier sous un arbre, glace le sang aussi. On a du mal à comprendre les vrais motivations de cette partition, était ce une question de proximité des eaux territoriales ou autre chose?!
LA QUESTION CHYPRIOTE n’est toujours pas résolue…

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On a du mal à imaginer que cela puisse arriver, même si nous savons pertinemment qu’ailleurs aussi des annexions et colonisations sauvages et meurtrières perdurent sous l’œil de la communauté internationale…
Là encore le Droit international n’y peut rien de facto…
Ici à Varocha, beaucoup de personnes ont tout perdu en 1974. Et l’image désolante de toutes ces propriétés abandonnées, autrefois occupées par des familles – des hôtels vides en bord de mer – des bâtiments éventrés qui laissent chaleur, pluies rares, poussières et végétations s’installer. Des murs qui menacent de s’écrouler, des panneaux, des barbelés, des images de soldats mitraillette à la main, pour interdire les accès, c’est un presque un film surréaliste !
Beauté naturelle versus scénario post apocalypse.

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Ici même la nature se bat pour survivre car la région est hyper aride et plus personne n’est là pour arroser, alors quand on voit des arbres fruitiers se tenir debout, le cœur se serre de bonheur en plein milieu de décombres on sourit on retrouve un peu de poésie, la nature est plus forte que tout, même les ravages des hommes, n’ont pas d’emprise. Tout est resté intact, gardé par des barbelés.

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On se rappellera toute notre vie cette baignade inopinée dans une eau limpide, cristalline, merveilleuse, une baie totalement abandonnée, une ancienne station balnéaire bâtie en 1972, devenue no mans land abandonnée par ses habitants après l’invasion militaire turque et et son inclusion dans la zone d’occupation turque de la Chypre du Nord.

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Famougouste l’ex riviera chypriote
Dans les années 70 c’était le premier spot touristique de l’ile, et à l’époque en plein boom urbain avec ses hôtels et ses grands bâtiments . À son apogée de1970 et 1974, c’était l’une des destinations touristiques les plus populaires au monde, devenant la destination de choix de personnalités riches et célèbres telles que les stars du grand écran : Raquel Welch, Brigitte Bardot, Elizabeth Taylor, Richard Burton etc

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Lorsque l’armée turque a pris le contrôle de la zone lors de l’invasion, elle l’a clôturée. Depuis lors, l’accès en est interdit, sauf pour les militaires turcs. Le PLAN KOFI ANNAN aurait ramené Varosha sous le contrôle des Chypriotes grecs, mais cela ne s’est jamais concrétisé car il a été rejeté par les électeurs chypriotes grecs.

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La raison pour laquelle Varosha est abandonné est due à la Resolution 550 du Conseil des Nations Unies (prise le 11 mai 1984), qui stipule que “les tentatives de colonisation dans n’importe quelle partie de Varosha par quiconque autre que ses habitants sont inadmissibles”. Par conséquent, les forces militaires turques ne peuvent pas peupler la zone sous leur contrôle, ce qui a conduit à l’abandon du district de Varosha. Le référendum en 2004 du Conseil de Sécurité de l’ONU, la résolution 550 déclare qu’elle « considère comme inadmissibles les tentatives de colonisation de toute partie de Varosha par des personnes qui n’en sont pas les habitants et appelle à le transfert de cette zone à l’administration des Nations unies ».

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L’absence de population et donc de réparations fait que les bâtiments s’effondrent peu à peu. La nature gagne du terrain, le métal se corrode, les vitres se cassent et les plantes étendent leurs racines sur les murs et les trottoirs.
Depuis 2017, les militaires turcs n’autorisent que leurs corps et le personnel de l’ONU à circuler.

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En l’absence d’habitant et d’entretien, les bâtiments continuent de se détériorer. Au fil du temps, certaines parties de la ville ont commencé à être récupérées par la nature alors que le métal se corrode, les fenêtres se brisent et les plantes prennent racine sur les murs et les trottoirs et poussent à l’état sauvage dans de vieilles jardinières.

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Avant 1974 et la séparation par une limite physique entre les deux communautés, l’île a connu une domination culturelle et politique ottomane durant laquelle un nombre important de Turcs immigrent pour former la deuxième communauté après les descendants des grecs au statut de Colonie britannique.
Dès 1931, des rebellions contre la domination britannique ; en 1950, un premier référendum sur le rattachement de l’île à la Grèce est organisé mais le résultat n’est pas pris en compte par les Britanniques. Malgré l’indépendance de l’île accordée en 1960 et la tentative de former un gouvernement bi-communautaire, les tensions entre les deux groupes ethniques croissent jusqu’à leur apogée : la tentative de coup d’État de 1974 et l’intervention turque qui en résulte.
La Grèce et la Turquie s’opposent désormais sur l’ILE et l’autodétermination est en question.
Débute une période de violences. En six mois, on dénombre plus de 200 morts et disparus imputables aux affrontements, ainsi que l’exode d’un millier de Chypriotes grecs du nord vers le sud de la capitale NICOSIA et de 25 000 réfugiés Chypriotes turcs qui quittent les villages mixtes ou à majorité turque, où ils vivaient, vers les grandes villes les plus proches.
En parallèle, les Britanniques utilisent des Chypriotes turcs dans les rangs des forces de l’ordre pour contrer les nationalistes chypriotes grecs. Cette accumulation de tensions conduit au glissement d’un conflit anti-colonial vers un conflit intercommunautaire.
En1959 les dirigeants chypriotes des deux communautés rencontrent les dirigeants turcs, grecs et britanniques lors de deux conférences en Suisse et au RU. Les Britanniques élaborent une nouvelle garantissant la souveraineté de l’île par la Turquie, la Grèce et le Royaume-Uni.. Les trois États renoncent à leur domination sur l’île. Elle ne doit pas être divisée et les Britanniques peuvent conserver sur l’île deux bases militaires ; Le 16 août 1960 Chypre devient une république indépendante.
Elle est également admise aux Nations unies, avec une pleine souveraineté. Cependant, il reste toujours 950 soldats grecs et 650 soldats turcs venus protéger leurs ressortissants et les deux communautés pendant la période de troubles qui a précédé l’indépendance. Après son accession à l’indépendance, la totalité de l’île devient membre du CONSEIL DE L’EUROPE poussent la Turquie à exprimer à son tour une ancienne revendication : le TAKSIM soit la partition de l’île entre les deux communautés.
