En allant sur les Stands bijoux de BIJHORCA, nous avons eu le loisir de flâner dans une véritable jungle créative, habitués du salon, il est parfois difficile de tout voir, tout découvrir, tant la matière est prolixe et diversifiée; mais UFFP bien qu’épuisée et en fin de journée, car il faut le rappeler WSN EVENTS cumule plusieurs salons en une fois et il faut avoir de l’endurance… on avait à cœur de passer sur les stands parrainés cette année par le pôle Artisans du MAROC; un accompagnement mérité qui a mis en avant des talents de tous horizons. De ceux qui cultivent la tradition à ceux qui s’ouvrent aussi à plus de contemporaneite.
Après la jolie découverte tunisienne de l’Atelier du Figuier à SHOPPE OBJECT PARIS, cap sur l’Atelier Zarafa, girafe en arabe, ce joli animal doux, tendre et gracile est le nom d’une toute jeune griffe, portée par Audrey Barbier Lahlou; une strasbourgeoise établie depuis des années au Maroc, plus marocaine qu’une marocaine.
Aprés de longues années dans l’entrepreneuriat et l’évènementiel pour enfants, le Covid lui fait changer de cap, c’est là que son amour de la création reprend ses racines, elle commence à créer pour elle, puis ses amis, des bijoux, puis de fil en aiguille elle décide de lancer sa marque.
UFFP vous la raconte.

Entretien :
L’ATELIER ZARAFA c’est une envie que vous avez toujours eu et de puis longtemps?
C’est dans mon atelier à Casablanca que j’imagine et crée toutes mes pièces en pâte polymère. Cette matière, très malléable, je la sculpte et la modèle à la main pour créer principalement des boucles d’oreilles, en petites séries et aussi en pièce unique. Sa grande légèreté me permet de créer de grandes boucles d’oreilles sans craindre l’effet « lobes surchargés » que redoutent souvent les femmes face aux pièces imposantes : à titre d’exemple, une grande paire peut peser l’équivalent d’une pièce de monnaie.

Quels sont les best of de la marque?
Parmi mes pièces les plus plébiscitées, la boucle d’oreille Sofia s’inspire du zellige et des formes géométriques marocaines. Déclinée en plusieurs couleurs et en différentes tailles, elle s’adapte à tous les moments : d’une journée de femme active à une soirée décontractée entre amis, jusqu’à une soirée plus habillée.
Vos sources d’inspiration?
Chacune de mes créations, je les puise dans l’héritage marocain ou ailleurs, elles sont revisitées avec ma touche personnelle pour en faire une pièce unique, d’inspiration plus contemporaine. Elles reflètent le côté franco-marocain que je côtoie depuis 23 ans.

Pourquoi le nom de L’Atelier Zarafa ?
Zarafa est un mot qui signifie « girafe » en arabe . Cet animal, je le chéris depuis de très longues années pour sa majestuosité, son élégance et sa distinction.
En choisissant ce nom pour mon atelier, j’ai eu envie d’y associer un peu de moi et de rendre un clin d’œil à mon pays de cœur et d’adoption, le Maroc. C’est une façon de relier mes inspirations à ce que j’ai envie de transmettre aux femmes qui portent mes créations : leur permettre de se draper de cette même prestance, de ce raffinement et de cette assurance qui définissent si bien la girafe.
Depuis quand existe la marque ?
L’Atelier Zarafa existe depuis un peu plus de deux ans. Au départ, c’était avant tout une aventure créative, née de mon envie de créer et de travailler la matière. Puis, face à l’engouement rencontré par mes créations, j’ai décidé, il y a environ un an et demi, de véritablement développer la marque et de lui donner une dimension plus entrepreneuriale.
Quel est votre parcours ?
J’ai d’abord suivi une formation dans le domaine pharmaceutique en France, où j’ai également exercé pendant quelques années. En arrivant au Maroc, j’ai rapidement eu envie d’entreprendre et de créer ma propre activité, mais dans un domaine très différent de ma formation : l’événementiel, et plus particulièrement l’événementiel pour enfants.

J’ai ainsi dirigé pendant quinze ans une agence spécialisée dans l’événementiel pour les familles et les entreprises, avec notamment l’organisation de Family Days et de Kids Days à grande échelle. Ces quinze années m’ont beaucoup appris sur l’entrepreneuriat, la gestion d’une activité, mais aussi sur la création et la mise en scène d’univers.
Puis le Covid est arrivé et a littéralement balayé quinze années de travail. Du jour au lendemain, toute cette activité s’est arrêtée. Il a fallu faire face, se réinventer et trouver une nouvelle voie.
Pendant le confinement, je me suis formée dans différents domaines, notamment dans le digital. Mais il me manquait quelque chose : une activité qui me permette réellement d’exprimer ma créativité et ce côté manuel qui fait partie de moi depuis toujours.
La fibre créative cela vient d’où?
Depuis mon enfance, j’ai toujours aimé créer, fabriquer et travailler de mes mains. C’est finalement un peu par hasard que j’ai commencé à acheter de la matière première et à fabriquer mes premières paires de boucles d’oreilles, au départ simplement pour moi.
Les retours de mes proches m’ont ensuite encouragée à aller plus loin. On me complimentait sur mes créations, on me demandait où je les avais trouvées, et cela m’a donné envie de creuser cette idée et de voir s’il était possible d’associer deux choses qui sont importantes pour moi : la création et l’entrepreneuriat.
C’est ainsi qu’est né L’Atelier Zarafa. Aujourd’hui, je retrouve dans cette activité ce qui m’a toujours animée : créer de mes mains, imaginer de nouvelles choses, mais aussi développer une marque, la faire grandir et construire un véritable projet entrepreneurial autour de mes créations.
Votre expérience avec la Maison de l’Artisan ?
J’ai découvert l’opportunité de participer au salon Bijorhca à Paris lorsque la Maison de l’Artisan a lancé un appel à candidatures pour sélectionner des créateurs destinés à représenter le savoir faire marocain sur ce salon professionnel.
J’ai répondu à cet appel et j’ai eu la chance d’être sélectionnée. Mon travail correspondait aux attentes de la Maison de l’Artisan et à celles du salon, notamment à travers des créations entièrement réalisées à la main, avec une véritable démarche de création.
Cette participation a été une expérience très importante pour moi, puisqu’il s’agissait de mon premier salon professionnel de cette envergure en dehors du Maroc. J’ai également beaucoup apprécié de pouvoir représenter, aux côtés d’autres créateurs, une image contemporaine et très diversifiée du savoir-faire marocain.
Cette participation a été une expérience très importante pour moi, puisqu’il s’agissait de mon premier salon professionnel de cette envergure en dehors du Maroc. J’ai été honorée de pouvoir représenter l’artisanat marocain sur ce salon, et surtout de contribuer, aux côtés d’autres créateurs, à montrer une image différente de ce savoir-faire.
Casser un peu les clichés?
On a souvent une vision un peu clichée de l’artisanat marocain, associée aux souks et à l’aspect le plus traditionnel qu’on peut y trouver et cette dimension existe, bien sûr, elle fait aussi partie de notre patrimoine. Mais il y a également, au Maroc, des créateurs, et ils sont nombreux, qui apportent une image beaucoup plus contemporaine du savoir-faire marocain. Être marocain, ou puiser dans cet héritage, ne veut pas dire se limiter à des créations uniquement traditionnelles : c’est aussi savoir le faire évoluer, le moderniser, tout en gardant ce lien avec les racines.
L’expérience avec Bijorhca ?
Je pense qu’il y aura un avant et un après Bijorhca.
Présenter mon travail et recueillir les avis de professionnels du métier a été une expérience particulièrement importante pour moi. Ce sont des professionnels qui viennent de différents pays, à la recherche de nouvelles marques et de nouvelles créations à représenter sur leurs marchés. Pouvoir confronter mon travail à leurs regards et à leurs attentes a donc forcément un impact sur la suite de l’aventure.
En tant qu’entrepreneur, on a parfois besoin de sortir de son cadre habituel et de confronter son travail à des regards différents, à de nouvelles attentes, à des personnes qui ne connaissent pas forcément notre univers ni notre parcours. C’est important d’avoir ces feedbacks, parce qu’ils nous permettent de prendre un peu de recul sur ce que l’on fait et de voir nos créations autrement.
En ce qui me concerne, j’en ressors vraiment grandie. J’ai été agréablement surprise par les retours que j’ai reçus sur mes créations et par l’intérêt qu’elles ont suscité auprès des professionnels présents sur le salon. Ces échanges m’ont vraiment confortée dans ce que je fais et m’ont redonné encore plus d’énergie et de motivation pour continuer.
Je crois encore davantage au développement de L’Atelier Zarafa et à tout ce que cette aventure peut encore apporter. Pour moi, l’expérience Bijorhca est donc clairement une très belle étape dans le développement de la marque, et surtout une expérience extrêmement encourageante pour la suite.
Quels sont mes projets ?
L’objectif est donc de continuer à faire grandir L’Atelier Zarafa, d’abord en renforçant sa présence au Maroc, puis en faisant progressivement voyager mes créations au-delà des frontières.
Aujourd’hui, mes créations sont expédiées partout au Maroc. Elles sont également disponibles sur mon site internet et sur certaines plateformes de vente en ligne partenaires, mais aussi physiquement dans plusieurs concept stores, notamment à Casablanca, Bouskoura, Dar Bouazza et Marrakech.
Mon premier projet est donc de poursuivre ce développement et de renforcer la présence physique de L’Atelier Zarafa dans les principales villes marocaines, afin que les clientes puissent plus facilement découvrir les créations, les voir et les essayer.
Participer à un salon professionnel international comme Bijorhca ouvre aussi de nouvelles perspectives. Cette expérience m’a donné envie d’aller plus loin et de développer L’Atelier Zarafa à l’international, en étant présente dans des boutiques et des concept stores en Europe, aux États-Unis, mais aussi, pourquoi pas, dans d’autres pays à travers le monde.
J’aimerais également développer de nouveaux projets autour de la marque, notamment à travers des collections capsules ou des créations exclusives en collaboration avec des marques.
