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Un manifeste pour les femmes à la 4e édition de la Women’s Tribune d’Essaouira !

Ajouté par , Le octobre 4, 2012 , dans Afrique des Droits des Femmes, Buzz, Ethical Planet, Evénement


De notre envoyée spéciale Fériel Berraies Guigny

Photos Hakima Bedouani Kernane

Toute reproduction du texte et des photos interdite. Copyright UNITED FASHION FOR PEACE

Vue d’ensemble de la Tribune de gauche à Droite Christine Bargain la Poste, Khalid Hamdani Jardins de la Cité Maroc , Jeannette Macharia PNUE Kenya, Said Mouline ADEREE Maroc


Sous le Haut Patronage de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, la Women’s Tribune, présidée par Mme Fathia Bennis  a organisé sa 4ème édition à Essaouira les 28, 29 et 30 septembre 2012.  Après avoir mis le focus l’année dernière sur le rôle des femmes dans la gouvernance avec également un nouvel intérêt pour  les jeunes et leurs aspirations démocratiques pour la région, rappelons que la 3e édition s’était inscrite l’année dernière à la sortie du printemps arabe, la 4 édition ce mois de septembre dernier, s’est plutôt orientée vers la question du développement durable et du rôle que la femme pourrait jouer dans ce contexte précis.
« Femmes et société : constater pour agir »  voici la direction qu’a bien voulu emprunter la Women Tribune cette année, désireuse plus que jamais de démontrer qu’un développement durable ne pouvait être possible que dans la valorisation du statut et des conditions de vie des femmes de notre région. Pendant trois jours, la tribune a mis les femmes mais aussi les  hommes, partenaires indissociables de tout progrès social, au premier plan. United Fashion for Peace la plateforme et le webzine étaient partenaires média de cette dernière édition.

 

Janet Maccharia PNUE Kenya et Said Mouline ADEREE Maroc

Au cœur des débats : l’économie, le  développement durable, la croissance,  le statut de la femme arabe mis en danger par la montée des courants conservateurs dans certains pays du Monde arabe ( Tunisie, Égypte, Libye), la parité ( France, Maroc, Tunisie, Kenya), l’écologie ( Gréce, Maroc) la lutte contre la violence à l’égard des femmes ( Maroc, Turquie)  qui a été le cœur du témoignage de la turque Nusin Artun qui a rappelé que parler des droits des femmes, reviendrait à évoquer les droits  humains.

Un programme ambitieux mais qui nous laisse aussi sur notre faim, tant ces problématiques sont complexes, mais nous espérons sincèrement les voir s’inscrire dans la durée pour avoir un  suivi de toutes ces réflexions.

United Fashion for Peace. UFFP media Partner Women Tribune Essaouira

Un rendez vous incontournable que la Women Tribune d’Essaouira, le rêve concrétisé d’une role model de la finance, Mme Fethia Bennis PDG de Maroclear et fondatrice de la Tribune. Celle-ci nous avait confié il y a quelques années déjà, qu’elle était désireuse de créer une plateforme pour les femmes de sa région qui soit plus démocratique et réceptive face aux particularités ethnoculturelles et politiques de sa région.

Femme de cœur, femme de poigne, nous l’avions rencontrée au Women’s Forum for economy and Society de Deauville, il y a deux ans. Une amitié qui s’est inscrite dans la durée et dans la durabilité. Comme quoi la finance et la solidarité peuvent faire le meilleur des ménages.

Aujourd’hui le  Women’s Tribune, reste la seule plateforme régionale capable d’évoquer tous ces sujets d’actualité  sans tabou et avec une vraie volonté de comprendre les problématiques que rencontrent les femmes de la Méditerranée et d’Afrique subsaharienne, et plus globalement, les femmes du monde. Avec la particularité de prôner la mixité ( hommes et femmes y sont invités) et l’inter culturalité pour mieux asseoir les fondements du dialogue entre les civilisations. A l’image de la ville qui l’abrite, Essaouira une presqu’île qui a accueillit toutes les cultures et les religions du Monde depuis trois mille ans. Idée confortée par le politologue français Roland Cayrol, pour qui la confrontation des regards est enrichissante, notamment quand il s’agit  d’interculturalité.

Cette Tribune a aussi été l’occasion, au cours d’échanges ouverts et diversifiés avec hommes et femmes, experts, politiques, société civile, de divers horizons du Nord comme du Sud, d’essayer de trouver ensemble des voies d’évolutions, d’amélioration et des solutions aux problèmes qui taraudent nos sociétés. Réseautage, networking, échange d’idée, ateliers de réflexion ont permis de mettre sur la table, l’idée que le socialement équitable devait également tenir compte du socialement écologique.


Le parrain de cette Tribune qui n’est nul autre qu’André Azoulay, Conseiller de Sa majesté le Roi Mohammad VI,  Président de la Fondation Euro-méditerranéenne Anna Lindh,  souiri de naissance, homme de paix primé par le Golden Gate 2012 du trophée d’Homme de paix de l’Année, a mis en garde sur les temps incertains qui habitent notre région. Des temps malheureusement plus favorables à l’hermétisme entre les cultures. Il n’a pas caché son inquiétude par rapport aux  profonds remous que connait la société tunisienne, embourbée dans une crise sociale et identitaire sans précédent. Un grand signe d’amitié que nous a fait Monsieur Azoulay qui a dressé un vision réaliste de l’état des lieux de la Tunisie post révolutionnaire et menacée par l’islamisme radicale. Aujourd’hui plus que jamais, il est nécessaire d’avoir des gardes fou afin que les acquis démocratiques, s’agissant notamment des femmes tunisiennes et égyptiennes ne soient pas irrémédiablement compromis.

Mme Fethia Bennis, Présidente de la Women’s Tribune, PDG de Maroclear, primée Femme de l’année au Golden Gate 2012, a bien insisté sur le fait que sa plateforme n’était en aucun cas féministe.

Mbarka Bouaida a d’ailleurs repris cette idée souhaitant de ce fait que les hommes participent davantage aux débats et que l’on s’engage désormais à la fin de chaque tribune, en vue de  décliner les propositions en actions concrètes. Dans une seconde étape, les médiatiser.

Pour Mme Bennis encore une fois, le principal objectif de la Tribune est le concept anglosaxon qu’on appelle women empowerment.  Éclairer l’action des femmes, les aider à acquérir une autonomie, une visibilité et surtout renforcer leur leadership. Un vœux pieu mais qui devra s’inscrire dans la durée, pour asseoir un humanisme réel au profit des femmes. Le développement humain ne pourra se faire que dans un développement durable qui devra prendre en charge les principales lacunes à leur égard: alphabétisation, éducation, formation des femmes, octroi de microcrédits, représentativité politique, interprétation objective de la religion.

Nezha Hayat, membre du Directoire de Société Générale Maroc et membre fondateur de l’Afem a en effet rappelé que même si 50% des étudiants sont des femmes, elles sont de moins en moins nombreuses au niveau du top management et dans les postes de décisions économiques.

Mais au-delà des témoignages concernant le statut des femmes du Monde arabe dans les régions de paix ou en transition, le témoignage de l’avocate syrienne  Hind Kabawat, à propos des réfugiées Syriennes en Turquie, nous rappelle l’urgence humanitaire d’une tragédie qui continue d’être occultée par les grands de ce Monde . Une  situation d’impasse terrible, légitimée par la passivité de la communauté internationale et des Nations Unies incapables d’arriver à un compromis.

De gauche à Droite Serena Romano de Corrente Rosa, Hind Kabawat avocate syrienne et Michele Sabban Assemblée des régions d’Europe

Un appel du cœur, une sonnette d’alarme, qui a permis de lancer l’idée de la signature d’un Manifeste par les femmes de la Tribune du Nord et du Sud.

Spyros Kouvelis ancien Ministre des Affaires Étrangères et député au parlement grec a quant à lui souligné que la discussion se déroule dans une « situation de guerre » s’agissant de la Syrie et que par conséquent il est impératif d’ y répondre rapidement et efficacement par un réseau de coopération et une forte communication.

Un même manifeste de soutien sera également signé au profit des femmes tunisiennes pour les aider et les soutenir contre les exactions qu’elles subissent sous couvert de religion.

Fadéla Mounib,  a quant à elle, rappelé l’urgence d’instaurer   la séparation des pouvoirs, d’encourager  la réforme de la justice  et a conclut sur la nécessité également d’accompagner le travail des chercheurs, en vue de développer les nouvelles filières académiques pour les femmes.

Fadela Sebti a proposé de  » s’emparer du religieux »  domaine longtemps réserve aux hommes afin de mieux l’appréhender  mais a surtout insisté sur le fait qu’il était crucial de cesser d’avoir un référentiel religieux dans toutes les actions sociales en faveur des femmes. Selon Bariza Khiari, les femmes doivent enseigner et éduquer à la différence, à l’altérité. Sur le plan politique, chaque pays doit produire ses propres modèles. Dans les pays musulmans, on pourrait aussi trouver un équilibre entre tradition et modernité. Ce qui a été le cas en Tunisie pendant plus de cinquante ans avant l’arrivée de l’islamisme.

A contrecourant des laïques, Nusin Artun (Turquie), directrice générale, Ata Sigorta, pense que la laïcité n’est pas la panacée. La solution se situerait plus  au niveau de l’éducation pour lutter contre les traditions archaïques.

Khalid Hamdani modérateur des débats ancien membre du Haut conseil à l’intégration et du Comité consultatif de la Halde et directeur Conseil des Jardins de la Cité : a quant à lui cité  l’anthropologue Françoise Héritier, disciple de Lévi-Strauss, pour expliquer l’idée que la domination masculine date du néolithique.  Et que par conséquent, il faudrait  aussi faire face à toutes ces strates historiques qui ont solidement emmure les mentalités masculines à la défaveur des femmes. Mais il conclura sur une note positive arguant que des musulmans éclairés ont aussi compris la nécessaire émergence des femmes dans les sociétés contemporaines et il cite  »  » regarder le passé pour comprendre le présent et préparer l’avenir  » !

 

 

TV2M interviewant la Présidente de United Fashion for Peace: Feriel Berraies Guigny

En Conclusion:

Aujourd’hui ce que l’on doit retenir de cette Tribune mais surtout des débats à venir, c’est que la politique ne donnera pas ou plus la solution aux profondes crises que traversent les sociétés arabes nouvellement libérées. Au contraire, il a été prouvé pour la Tunisie et l’Égypte et d’autres pays voisins, que la démocratie a aussi laissé entrer en scène les courants religieux les plus rétrogrades.  Mettant en péril l’espoir de toute une génération et les acquis des femmes arabes modernes. Aujourd’hui,  s’il y a changement, il ne pourra se faire que par la société civile et pour la société civile. Même les recommandations de la Women’s Tribune risquent d’être lettre morte, face à l’hermétisme de certaines gouvernance. La voix du peuple, celle des indignés est la plus forte. Elle fut l’instigatrice des mouvements de libération dans la région. Aujourd’hui,  le pouvoir est dans l’éducation, l’information, la formation, le réseautage et le Networking. A terme, cela finira par faire plier  les courants politiques et religieux les plus rétrogrades.

Le pouvoir est dans la connaissance, le partage, la solidarité, l’échange des connaissances et l’Expertise. A cela, les institutions régionales, apolitiques, capables de suivre et  d’accompagner les revendications des sociétés civiles. Les fondations, les Ongs, les institutions financières solidaires capables de nous fournir des mini plan marshall aussi.

C’est bien à juste titre que Roland Cayrol  politologue avait rebondit sur la réflexion de Bariza Khiari: “Rien n’est jamais acquis.” et la situation en France est également là pour témoigner des régressions d’ordre culturel, familial…

Il ajoute que les femmes ne défendent pas que la cause des femmes mais la cause de la liberté. Il est plus qu’évident aujourd’hui qu’il faille élargir le combat féministe à un combat universel.

Mais pour le politologue pas question de rejeter le politique car même si le combat de la société civile reste fondamental,  il ne faut pas laisser tomber l’action politique. Mais au contraire,  tenter de concilier les deux par des initiatives locales concrètes et des réflexion globales.


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