Lorsqu’un loup meurt, la meute se rassemble autour du corps. Elle lèche sa fourrure. Elle hurle dans le silence. Elle reste là pendant des heures avant de finalement partir.

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Du cœur au cerveau, les intelligences animales racontent aussi l’histoire de notre espèce !
Le chagrin n’est pas seulement humain. Il traverse aussi la nature sauvage.
Les chercheurs ont observé des changements évidents après la mort d’un loup. La meute devient silencieuse. Elle joue moins. Elle se déplace plus lentement.

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La perte transforme le groupe.
Ce n’est qu’avec le temps que l’équilibre revient.
Les loups pleurent leurs morts.
J’ai aussi vu dans un documentaire, cette maman orque qui continuait à transporter son baleineau, mort depuis des jours, refusant de le laisser s’échouer dans le fond de l’océan.
J’ai expérimenté à mon échelle, le deuil de la persane de ma fille, Missty. Elle a passé toute une nuit dans la boite où se trouvait Isis sa maman compagne. Ma persane que l’on a dû euthanasier. Elle avait ouvert la boite de carton pour être avec elle et avait passé la nuit à ses côtés, comme pour la veiller.
Et après sa mise en terre, Missty continuait à venir se poser dans le même endroit, au fond du jardin.
Je n’oublie pas non plus ces chats en soins palliatifs qui ont entouré mon regretté époux, le réconfort est bien venu d’eux à l’hôpital, puis ensuite à la maison, auprès de nos deux matous.
Oui l’intelligence, l’empathie animale nous ont sauvés les trois, les “cinq” nous avions fait face au chagrin incommensurable d’un deuil traumatique, isolés, dans une période où la câlinothérapie nous était interdite, par peur de la transmission du covid. Tout le monde nous fuyait, sauf nos chats.
Je me rappelle, même de quelque chose qui m’avait perturbée à l’époque, (mon époux est parti d’un cancer digestif fulminant en quatre mois) et Pacha mon autre persan, se mettait souvent sur son estomac : à croire qu’il avait deviner le mal qui le rongeait…et surtout l’endroit.
Je ne suis pas une scientifique, mais une instinctive, une hypersensible, hpe hpi et borderline, et mes chats le ressentent, tous les chats que je rencontre, ont une attitude étrange avec moi, comme s’ils me devinaient.
Depuis toute petite, j’ai un lien fusionnel avec eux et avec tous les animaux, du têtard, coccinelle, chenilles, j’interdit aujourd’hui à mes ados de massacrer les araignées chez moi ( mêmes consignes pour mes invités) on me prend pour une folle.
Je ne saurais jamais la part d’instinct, la capacité cognitive qui leur permet de deviner nos attentes à nous les humains. On dit que les félins nous « scannent » on aurait une aura comme un écran d’ordinateur qui permet de lire nos intentions et ce que nous portons en nous.
Toutes ces choses intriguent, interpellent, mais aujourd’hui, plus rien ne m’étonne car je découvre l’intelligence plurielle de nos amis. En foyer domestique ou en liberté, leur apport est considérable pour nous espèce humaine.

Que nos amis les animaux se soient peut-être adaptés à nous dans la vie domestique à travers les âges, comme aime à le rappeler l’éthologue le professeur Eric Baratay oui, ils n’ont pas eu le choix… mais je dois aussi souligner que nous aussi nous nous sommes « adaptés » à eux !
Retrouvez notre sujet sur la ronronthérapie
Et sans transition, UFFP s’est rendue à la 8ème édition de la Journée mondiale des intelligences animales. Organisée par notre amie, la journaliste et activiste environnementale, Yolaine de la Bigne. Yolaine de La Bigne est la Fondatrice des Rencontres des intelligences animales et de la Journée mondiale des intelligences animales.
Administratrice et porte-parole de l’ASPAS.
Administratrice de la SNPN.

Yolaine de la Bigne lors de la dernière conférence sur l’intelligence animale Cité des Sciences et de l’Industrie, photo UFFP all rights reserved
A la Cité des Sciences et de l’industrie à Paris.
Retrouvez notre entretien avec elle et nos sujets en marge de la conférence
Le monde c’est une histoire d’interaction entre deux espèces : animales et humaines
Par Fériel Berraies Guigny UFFP editor
Dauphin, cochons, éléphants, chimpanzés, chevaux, chiens, chats, tous occupent une place dans notre matrice. Mais leur rôle est bien défini selon le territoire que l’on aborde.
Cette 8ème édition de la Journée mondiale des intelligences animales, c’est le travail de scientifiques conteurs qui nous font découvrir des talents, des stratégies, des émotions, des chemins souvent insoupçonnés, grâce à leurs recherches qu’ils soient, historien, militant, éthologue ou biologiste.

Fabienne Delfour éthologue et cétologue et Yolaine de la Bigne journaliste activiste green et fondatrice des journées des intelligences animales photo UFFP all rights reserved
Mieux comprendre les capacités des animaux, aux moyens d’études comportementales, d’expériences cognitives et éthologiques, nous éclairent aussi sur les diverses manières dont les intelligences se manifestent chez les espèces. On a longtemps tenté de comprendre et d’analyser l’intelligence animale selon un baromètre précis : l’intelligence de l’homme.
Or c’est une grave erreur, car il s’agit de multiples intelligences animalières, qui n’ont rien à voir avec les codes humains. Des intelligences riches et différentes, les animaux quand ils restent sauvages n’essayent pas de s’adapter à l’homme, alors que l’animal domestique lui, tentera de faire le lien et devra alors pour communiquer un peu « le copier » pour entrer en lien.
Zoom et résumé des interventions lors du dernier colloque à la Cité des Sciences et de l’Industrie,
Les mammifères marins sont racontés par l’éthologue et cétologue Fabienne Delfour, qui nous a expliqué les comportements étonnants et ingénieux des mammifères marins : des dauphins aux baleines en passant par les orques.

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Fabienne Delfour éthologue nous explique comment ces mammifères interagissent dans leur environnement.

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De l’écholocalisation – qui nous révèle un monde de sons et de formes dans les profondeurs – à la métacognition, cette capacité à réfléchir sur leur propre savoir. Qu’il s’agisse de se déplacer, de chasser, de communiquer, de se soigner ou de transmettre des traditions, les dauphins apparaissent comme de véritables génies des océans. Fabienne Delfour est docteur en éthologie cognitive et cétologue, enseignante vacataire à l’École

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Nationale vétérinaire de Toulouse et chercheuse associée à l’Institute of Langage, Communication and Brain de l’université d’Aix-Marseille.
Une histoire animale du monde racontée par Eric Baratay, historien, professeur à l’université Lyon 3
Dans un de ces livres « histoires félines » il décrit comment les animaux se sont adaptés à nous pour mieux interagir avec notre espèce.

Les chats ont leurs cultures, ont aussi une histoire à eux. Les animaux, et les chats en particulier, n’ont pas une nature immuable avec des comportements constants. Ils s’adaptent aux environnements dans l’espace et le temps, ce qui permet des évolutions et des changements de leurs cultures comportementales. Donc une histoire, des manières d’être qui changent avec le temps et le cadre.

Depuis sa thèse sur l’église et l’animal, Éric Baratay s’est spécialisé dans l’histoire des animaux, vue de leur côté, pour comprendre ce qu’ils vivent et mieux analyser leur relation avec les humains. Auteur de nombreux ouvrages dont le plus récent est « Cultures félines, XVIII°-XXI° siècle, les chats créent leur histoire » (Seuil).
Retrouvez notre entretien inédit
L’histoire animalière du monde met en en avant cette capacité d’adaptation des espèces qui au contact de l’homme ont su déployer des trésors de résilience et de créativité.
Avec le temps, leur comportement s’est modelé avec les exigences de survie et leur intelligence a fini par acquérir certains mécanismes de cohabitation. Ils ont pour certains étés capables d’initiatives, de conscience ou de faculté cognitive car au contact des humains, ils apprennent à savoir ce que l’on attend d’eux. Il s’agit bien sûr des animaux domestiqués par l’homme qui ont été utilisés, un temps dans l’histoire (chevaux de traie ou des mines) par la force des routines et des habitudes. Ces chevaux des mines, ils n’existent plus (chevaux et mines) mais à l’époque les chevaux utilisaient leur poitrail pour ouvrir les portes pare feux. Grâce à leurs capacités, les animaux vivent et créent leur histoire, celle avec les humains et la leur aussi.

Des intelligences et des sens au pluriel selon l’animal
Les animaux développent des intelligences dans des domaines qui leur sont utiles, grâce à des sens spécifiques. C’est ainsi que la tortue caouanne (Caretta caretta) utilise l’intensité et l’inclinaison du champ magnétique terrestre pour retourner pondre sur la plage où elle est née après avoir parcouru des milliers de kilomètres dans l’océan Atlantique.

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Les poulpes sont quant à eux capables d’évaluer s’ils ont une chance de passer dans un trou en le palpant avec leur bras et en le comparant avec l’idée qu’ils se font de la taille minimale de leur propre corps.
A rappeler qu’il a été démontré que le poulpe a neuf cerveaux
Le poulpe a développé des capacités remarquables et différentes de celles des vertébrés, dont ils sont séparés dans l’évolution depuis plus d’un demi-milliard d’années ! Il ne s’agit pas d’une « intelligence » ancienne ou moins développée que la nôtre, mais d’une « intelligence » différente !

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J’ai arrêté d’ailleurs de la consommer… La pieuvre – aussi appelée poulpe est un animal mystérieux, étudiée par quelques scientifiques dans le monde. D’une intelligence légendaire, elle est douée d’émotions et de sensibilité, selon des mécanismes encore mal connus des humains, qui apprécient surtout sa chair !
Des intelligences animales à l’infini qui nous échappent encore
Plus on s’approche des intelligences animales, plus on découvre nos limites humaines et à l’instar de l’espèce animale qui est d’une infinie variété. Nous ne saurons jamais comment un blob réfléchit sans système nerveux, ni comment une abeille compte sans doigts, ni la façon dont un éléphant se souvient sans paroles. Difficile alors de tester ces capacités qui nous échappent, d’autant qu’elles se déploient en milieu naturel et restent souvent indécelables en laboratoire.

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Pour revenir aux abeilles, pour les domestiques notamment, elles pourraient en effet compter jusqu’à quatre … au moins
Chez l’abeille domestique, les capacités cognitives dépassent largement l’image d’un insecte guidé par le seul instinct. En 2008, une étude publiée dans Animal Cognition a montré que des abeilles entraînées pouvaient distinguer des quantités et compter jusqu’à quatre éléments pour obtenir une récompense sucrée.
Les chercheurs utilisaient des panneaux comportant différents symboles. Les abeilles devaient choisir celui correspondant au « bon nombre » pour accéder à la nourriture. Les performances observées dépassaient le hasard, suggérant un véritable traitement numérique élémentaire.
Les pachydermes et la médecine végétale en brousse

Jean Marc Dubost durant la conférence sur les intelligences animales photo UFFP all rights reserved
Jean-Marc Dubost, docteur en ethnobiologie et chercheur associé à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) étudie depuis plusieurs années les savoirs médicinaux partagés entre ces animaux et les cornacs au Laos.

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Les pachydermes se soignent naturellement en puisant dans la biodiversité qui les entoure. Arbres, écorces, baies, plantes, tout y passe quand il y a bobo au ventre ou blessure par ex. Gaia dans cette brousse luxuriante, devient le laboratoire pharmaceutique des éléphants.
L’Hypothèse qu’émet Jean Marc Dubost, est que les humains qui vivent au contact des éléphants ont appris certains usages médicinaux de certaines plantes, des usages qu’ils ont appris en observant leurs éléphants qui savent se soigner eux-mêmes en forêt lorsqu’ils sont souffrants.
Animaux et questions existentielles…
Alors on se pose toujours la question de comprendre ou savoir si nos amis les bêtes ont des fonctions cognitives, la mémoire par ex, ou aussi si on se pose la question de savoir s’ils ont une âme « il n’est pas prouvé scientifiquement que l’humain en ait » non plus nous explique Eric Baratay !
Les poissons rouges n’ont pas le cerveau d’un poids chiche, autre apriori, et bien ils mémorisent quand même et sont capables de bien des choses.
Les cochons ce n’est pas que GROIN GROIN !
Et oui ce n’est pas que de la saucisse ou du boudin, Caroline Dubois fondatrice du refuge nous les fait découvrir sous un jour nouveau. Souvent décriés, rejettés, moqués, caricaturés « espèce de cochon, tu es un porc » et surtout surconsommés et élevés dans des conditions atroces !!! mais ce qui fait mal aussi, c’est les stéréotypes réducteurs dans notre inconscient collectif !

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Tous ces animaux que l’on maltraite, qu’on exploite, qu’on élève dans une industrialisation sauvage et maltraitante !
Je ne consomme plus de viande rouge depuis des années… le vegan je n’y suis pas encore, mais c’est un début.
Les histoires du Refuge Groin Groin, nous révèlent une autre image de ces mammifère
Capables d’émotions, d’intelligence, de lien avec le vivant. Car les animaux de ferme ne sont pas uniquement voués à une consommation aveugle, pour peu qu’on les écoute, qu’on les appréhende dans leur environnement. Il faut pour cela arrêter de discriminer les bêtes en les catégorisant entre « animaux à aimer « et « animaux à manger » !
En France, 95% des cochons d’élevage survivent enfermés dans des porcheries sans pouvoir satisfaire aucun de leurs besoins essentiels. L’élevage porcin est l’un des plus violents et les conditions de vie abjectes.
Avec Caroline Dubois, gérante et cofondatrice en 2005 du refuge Groin-Groin. Situé à Neuvillette-En-Charnie près du Mans dans la Sarthe, le foyer sauve et accueille sur 17 hectares des animaux d’élevage exploités pour leur chair, leur lait, ou leurs œufs, et en particulier des cochons. Une cinquantaine de cochons sont présents actuellement au refuge.
Et justement puisque l’on y est les carnivores que nous sommes, il ne faut pas non plus oublier , le mouton, l’agneau, la vache, le veau, les canards, les oies, les lapins et les conditions dans lequel l’elevage industriel, les reduit.
Toute cette catégorie de « bêtes à manger » ont droit à une individualité à respecter. À partir du moment où on considérera les animaux selon leurs propres intérêts, alors on pourra enfin penser et construire un nouveau rapport avec les animaux, et le vivant de manière générale, et bien évidemment avec les animaux en élevage.” Et in fine il faut repenser notre façon de consommer le vivant !
Manger et boire : des solutions du vivant
Retrouvez notre entretien avec Vincent Bels professeur spécialiste de la biodiversité

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Vincent Bels est chercheur en biologie animale et professeur. Il est affilié à l’Institut de systématique évolution et biodiversité.
Il développe ses recherches à la station de biologie marine de Dinard en Bretagne.
Il est l’auteur de nombreux articles et ouvrages scientifiques et ses travaux portent sur les comportements alimentaires et les mécanismes biologiques des vertébrés.
Il met en exergue notre capacité d’adaptation et tous les mécanismes nécessaires pour « trouver de la nourriture » créativité, résilience tout y est et c’est aussi la même chose avec les animaux qui ont dû aussi s’adapter à un environnement de plus en plus incertain avec les aléas climatiques, mais aussi la déforestation et tous les méfaits de l’homme.
Depuis les premiers vertébrés aquatiques, souvent réunis sous le vocable de « poissons », jusqu’aux mammifères comme les primates, dont ont fait partie.
En conclusion
Il faut arrêter de juger l’intelligence animale par rapport à celle de l’homme. L’anthropomorphisme ne nous permet pas de comprendre le règne animal, au contraire.
Ces raccourcis peuvent nous, nous rassurer mais ils font du tort à nos amis les bêtes. Entrainer nos amis à faire les humains, dans les cirques et les foires, c’est aussi injuste pour eux !
Penser qu’ils réagissent comme nous, c’est aussi faux.
Leur faire subir des conditions d’élevage atroces, tout autant, faire une séparation de valeur entre ceux que l’on aime et ceux que l’on mange et qui seraient dépourvus d’affect… est aussi hautement dommageable.
Leur vraie intelligence est adaptée à leur milieu de vie et il faut donc respecter leur milieu de vie sans rien leur imposer. Il faut arrêter les projections humaines, les animaux n’ont pas d’égo, ils ne se vengent pas, ils ne culpabilisent pas et ils n’ont pas besoin d’avoir un cerveau pour être intelligents. Mollusques, Bernard l’Hermite font preuve d’une grande intelligence et capacité d’adaptation quand il le faut.
Il faut aussi arrêter la discrimination de penser que les bêtes à manger ne sont pas capables de ressentir, il faut mieux les traiter, les respecter et abréger leurs souffrances tant dans nos mode de production que d’abattage. Il faut leur rendre la dignité et l’amour qu’ils méritent quelque soit leur utilité.
Il faut être plus responsable dans nos mode de consommation, d’élevage, d’abattage et dans nos méthodes de chasse et de pèche car nous mettons en danger la biodiversité et son cycle alimentaire et de reproduction.
Il faut rester dans l’humilité et rester surtout très ouverts face à ce que Gaia nous offre continuellement comme leçon de vie et de survie en des temps marquées par la destruction et la cupidité de notre espèce.
Moi je peux vous assurer aujourd’hui, que c’est GAIA qui m’a sauvée monde végétale et animal, et je puise en elle en respect, chaque jour où il m’est donné d’encore exister. Je la respecte et la vénère et j’essaye de lui rendre ce qu’elle me donne chaque jour. Elle m’a sauvée des plus grands drames de ma vie et m’a donnée encore plus foi dans le vivant, dommage que pour l’humain, ce ne soit pas encore le cas.
Retrouvez notre sujet sur la Sylvothérapie
