Le facteur reconnaissance (rémunération, statut, respect, etc.) est une variable très importante dans le bien être au travail, et mieux encore dans la QVT
Pourtant, dans les faits, nous sommes loin du compte et on dira même que ces inégalités génèrent beaucoup de souffrances qui se traduisent en RPS risques psychosociaux.

L’inégalité professionnelle déstabilise la femme, elle la rend vulnérable financièrement.
Les femmes : les statistiques montrent qu’elles sont majoritaires dans les emplois peu rémunérés, ainsi que chez les précaires et les temps partiels imposés. Cette situation pèse nécessairement sur leur santé mentale, notamment en affectant leur estime de soi.
En outre, du fait de l’inégalité dans l’accès aux emplois, les femmes sont très présentes dans
les secteurs les plus exposés aux RPS (ex. : médico-social et commerce de détail).
L’ensemble de ces éléments se solde par un constat sévère dressé par l’assurance maladie
(rapport de janvier 2018 – « Les affections psychiques liées au travail ») :
– Les affections psychiques touchent majoritairement les femmes : 60 % des cas.
– Pour la tranche 40-49 ans, la fréquence de ces affections est entre 1,5 et 2 fois supérieure
chez les femmes que chez les hommes.
Selon le dernier baromètre « Santé au travail » de Malakoff-Humanis, publié le 20 septembre
2023 : 44 % des femmes déclarent avoir une moyenne/mauvaise santé mentale (taux de 32 % pour les hommes). Elles étaient 40 % à dresser le même constat en 2020. L’analyse révèle que ce sont les troubles du sommeil et l’anxiété qui les affectent le plus, et de façon croissante.
Pour autant, les critiques restent nombreuses et mêmes les outils juridiques censés les protéger ne suffisent pas.

La difficulté à parvenir à l’égalité professionnelle renvoie notamment aux limites du seul levier juridique : modifier en profondeur les pratiques des entreprises suppose de s’attaquer aux barrières culturelles et comportementales, en particulier dans les milieux patronaux à forte dominante masculine.
Cela passe par une mobilisation des femmes elles-mêmes, premières intéressées et les
mieux placées pour apprécier les objectifs à prioriser.
A cote de cela, il faut aussi combattre les préjugés : la dévalorisation des femmes n’est pas neutre en termes de risques psychosociaux (RPS).
Les RPS sont des risques dits « invisibles », sans relation directe avec les
dangers matériels (outils, équipements, produits, etc.). Ils trouvent leur origine dans
l’organisation du travail, en liaison avec les pratiques managériales destinées à renforcer la
rentabilité (secteur privé) ou à réduire les coûts (Fonction publique).
Les risques psychosociaux, popularisés sous le sigle « RPS » depuis plus de deux décennies, mettent en jeu des contraintes professionnelles qui conduisent à des conditions de travail dégradées et à une souffrance mentale des salariés.
Ils sont étroitement liés aux pratiques managériales destinées à renforcer la
rentabilité (secteur privé) ou à réduire les coûts (Fonction publique).
Ces objectifs financiers, imposés à marche forcée, pèsent lourdement sur
les salariés : ils sont porteurs de menaces et de déstabilisation, mettent les
individus en concurrence et, au final, les fragilisent en les isolant.
S’ajoute à cela la crainte du chômage, qui suscite un sentiment permanent d’insécurité économique et sociale, terreau propice au développement des RPS. Ce sentiment d’insécurité s’est singulièrement amplifié avec la crise
Covid-19 : la pandémie génère en effet des vagues de licenciements, desfermetures d’entreprise et une remise en cause supplémentaire des acquis
sociaux. Elle se traduit en outre par une extension du télétravail, qui rompt le lien social entre collègues et accroît ainsi l’isolement.
Plus que jamais, les RPS sont donc à l’ordre du jour :
– stress ;
– dépression ;
– burn-out ;
– harcèlements moral et sexuel ;
– actes suicidaires ;

Les salariés doivent jouer un rôle moteur et permettre aux plus fragilisés de passer d’un statut de victime à un statut d’acteur. La médecine du travail doit aussi faire son travail, tout ce qu’il faudra retenir, c’ est qu’il est crucial de libérer la parole, de militer, de se mettre en groupe, d’influer pour tenter de changer les mentalités !
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