Les violences sur les femmes sur les enfants continuent tristement de faire la une de nos médias.
Un grand malaise, une boite de pandore encore et toujours ré ouverte, encore une énième fois, et à quel prix… la mort d’une enfant et le témoignage de viols de femmes victimes et dans le silence depuis des années face à la notoriété d’un chanteur “longtemps intouchable” enfin jusqu’à aujourdhui/
Quel triste constat d’échec, voire de naufrage d’instances qui n’ont pas suffit garantir la sécurité des “plus faibles”
La violence persiste envers les enfants et les femmes malgré les lois en vigueur. Les politiques publiques en direction des victimes ne suffisent pas MAIS prôner la tolérance zéro envers les auteurs des violences, seraient un premier pas ( encore faut il le vouloir politiquement) Il faut savoir qu’une femme meurt en France sous les coups d’un conjoint tous les 3 jours, 122 sont décédées en 2021.

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Quelques chiffres :
Le nombre de féminicides a augmenté de 20 % en 2021 par rapport à 2020 : 122 femmes ont été tuées par leur partenaire. Dans plus de 4 homicides au sein du couple sur 5, la victime est une femme et l’auteur est un homme. Un tiers des femmes victimes étaient déjà victimes de violences au sein du couple. Lorsque les femmes sont autrices d’homicide entre partenaires, dans la moitié des cas elles avaient subi des violences par leur partenaire.
190 FEMMES VICTIMES D’UNE TENTATIVE DE FÉMINICIDE
L’étude sur les morts violentes au sein du couple porte également sur les tentatives d’homicides entre partenaires. En 2021, 251 personnes ont été victimes d’une tentative d’homicides au sein du couple : 190 sont des femmes et 61 sont des hommes. Ces tentatives d’homicides ont augmenté de 37 % entre 2016 et 2021. Sur l’ensemble des tentatives d’homicides, les tentatives d’homicides entre partenaires représentent 7 %.
85% DES VICTIMES D’HOMICIDES SONT DES FEMMES ET 6 AUTEURS SUR 7 SONT DES HOMMES
Les femmes représentent 85 % des victimes d’homicides en 2021. En effet, 143 personnes, dont
122 femmes et 21 hommes, ont été tuées par leur partenaire.
Le nombre de femmes tuées au sein du couple a augmenté de 20 % entre 2020 et 2021.
Les hommes représentent 86 % des auteurs en 2021. On compte 143 auteurs d’homicides, dont
123 auteurs et 20 autrices.
Concernant les homicides commis par une femme sur son partenaire, presque la moitié des 20 femmes
autrices (9 femmes) avaient antérieurement été victimes de violences exercées par leur partenaire.
DES VIOLENCES ANTÉRIEURES SIGNALÉES PAR LA VICTIME DANS 1 CAS SUR 3
En 2021, un tiers des femmes tuées par leur partenaire (39 sur 122) était déjà victimes de violences antérieures, principalement physiques (35 victimes).
Sur les 39 femmes victimes ayant subi des violences
UN SYSTEME QUI ENCOURAGE LE DENI ET LA STIGMATISATION DE LA VICTIME pourquoi ?!
Il faut pourtant dénoncer le système de fonctionnement de nos sociétés qui reste machiste et laisse de fait peu de place aux femmes. Il est à craindre qu’au-delà des lois, des numéros spéciaux pour appeler en cas de violence, il faille faire un gros travail sur les mentalités restées machistes et rétrogrades.
Le sexisme, les harcèlements, les violations envers les femmes n’ont jamais autant interpellés les consciences.
L’affaire Bruel rejette le gros pavé dans la mare, mais avant lui, il y avait eu Polanski, Hamilton, ce sot les plus connus mais la liste est tréeees longue…
Patrick Bruel a été mis en examen, alors que l’on enterrait la petite Lyhanna, petite fille de 11 ans retrouvée morte à Fleurance (Gers), près d’une semaine après sa disparition, un trauma pour nous tous.
Pour nous tous, ces deux affaires nous rappellent encore une fois, les incohérences, les manquements d’un système, d’un gouvernement qui échoue à protéger ses citoyens.

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Bio expresse
Barbara Para est psychologue clinicienne, spécialisée dans l’accompagnement des personnes confrontées à des situations de traumatisme, de violences et de souffrance psychologique. Formée aux thérapies cognitivo-comportementales (TCC), à l’EMDR et à l’Intégration du Cycle de Vie (ICV), elle intervient auprès d’adultes, d’adolescents et de victimes de toutes formes de violences. Fondatrice de JuriPsy, elle réalise également des expertises psychologiques privées dans des contextes judiciaires, notamment en lien avec les violences conjugales, les violences sexuelles, le harcèlement et les préjudices psychologiques. Conférencière et formatrice, elle œuvre à renforcer les liens entre psychologie, santé mentale et justice afin de mieux comprendre, prévenir et réparer les conséquences des violences faites aux femmes.
Barbara Para, psychologue clinicienne, psychotraumatologue et experte psychologique privée
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Entretien avec Barbara Para, psychologue clinicienne, psychotraumatologue et experte psychologique privée
Ces dernières années, la parole des femmes victimes de violences sexuelles semble s’être libérée. Comment expliquez-vous cette évolution ? Est-ce le résultat des médias, des réseaux sociaux, des célébrités ou d’un véritable changement de société ?
La libération de la parole est probablement multifactorielle. Le mouvement #MeToo a joué un rôle majeur en permettant à des millions de femmes de constater qu’elles n’étaient ni seules ni responsables de ce qu’elles avaient subi. Les médias ont amplifié cette prise de conscience, tout comme les témoignages de personnalités publiques qui ont contribué à rendre visibles des mécanismes longtemps passés sous silence.
Mais au-delà de l’effet médiatique, nous assistons aussi à une évolution progressive des connaissances sur les violences et leurs conséquences psychologiques. Les notions d’emprise, de contrôle coercitif, de dissociation traumatique ou encore de mémoire traumatique sont davantage connues du grand public et des professionnels. Cette meilleure compréhension favorise la reconnaissance des victimes.
Pourtant, malgré cette visibilité croissante, les femmes et les enfants semblent toujours particulièrement vulnérables. Pourquoi observe-t-on encore autant de déni, d’omerta ou de dysfonctionnements institutionnels ?
Parce que reconnaître les violences implique souvent de remettre en question des équilibres individuels, familiaux, sociaux ou institutionnels.
Les violences sexuelles ne sont pas uniquement des actes individuels. Elles s’inscrivent parfois dans des systèmes où interviennent des rapports de pouvoir, des mécanismes de domination, des intérêts économiques ou encore la protection de certaines réputations. Reconnaître la réalité des faits peut être extrêmement coûteux pour ceux qui préfèrent maintenir le statu quo.
Le déni constitue également un mécanisme psychologique puissant. Accepter qu’un proche, un collègue respecté, un professionnel reconnu ou une personnalité admirée puisse commettre des violences est parfois difficilement supportable. Il est alors plus simple de mettre en doute la victime que de remettre en cause ses propres représentations.
Nous vivons à l’ère du numérique, de l’information permanente et des campagnes de sensibilisation. Comment expliquer que la violence demeure aussi présente, voire que certaines formes semblent se multiplier ?
L’information ne suffit pas à modifier les comportements.
Nous avons aujourd’hui davantage de visibilité sur les violences, ce qui donne parfois l’impression qu’elles augmentent. Une partie de cette impression s’explique simplement par un meilleur repérage des situations auparavant invisibles.
Par ailleurs, les technologies numériques ont créé de nouveaux espaces d’expression de la violence : cyberharcèlement, diffusion d’images intimes, surveillance numérique, contrôle à distance ou campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux. Les outils évoluent, mais les mécanismes de domination restent souvent les mêmes.
Enfin, les changements culturels sont toujours plus lents que les prises de conscience. Il existe souvent un décalage entre ce que la société commence à comprendre et ce qu’elle est réellement capable de transformer.
Beaucoup de victimes rapportent avoir peur de parler. Certaines disent avoir le sentiment qu’on cherche à les discréditer, à les faire taire ou même à les diaboliser. Pourquoi ?
Parce qu’une révélation de violence constitue souvent une menace pour l’équilibre d’un système.
Lorsqu’une victime parle, elle peut remettre en cause une famille, une institution, une entreprise ou un groupe social. Les réactions de rejet ou de discréditation sont parfois des tentatives de protection de ce système.
Par ailleurs, notre société conserve encore certains biais profondément ancrés. Les victimes sont parfois interrogées sur leurs comportements, leurs choix ou leurs réactions, là où l’attention devrait d’abord porter sur les faits dénoncés. Cette inversion du regard peut renforcer leur sentiment de culpabilité et leur silence.
En psychotraumatologie, on évoque souvent la sidération, la dissociation ou encore la mémoire traumatique. Ces mécanismes peuvent-ils expliquer pourquoi certaines victimes ne parlent que plusieurs années après les faits ?
Absolument.
Lors d’un traumatisme, le cerveau ne fonctionne plus de manière habituelle. Face à un danger extrême, certaines personnes entrent dans un état de sidération qui les empêche d’agir ou de réagir comme elles l’auraient souhaité.
La dissociation peut également entraîner une forme de déconnexion émotionnelle ou mnésique. Certains souvenirs deviennent fragmentés, confus ou difficilement accessibles. Ce n’est pas un oubli volontaire mais une conséquence du traumatisme.
Il n’est donc pas rare que des victimes ne puissent mettre des mots sur leur vécu que plusieurs années, voire plusieurs décennies plus tard, lorsque leur environnement psychique leur permet enfin de revisiter ces événements.
Depuis l’affaire Pelicot, de nombreuses personnes ont découvert les notions d’emprise et de contrôle coercitif. Ces concepts permettent-ils aujourd’hui de mieux comprendre certaines violences qui restaient auparavant invisibles ?
Oui, et c’est probablement l’une des évolutions les plus importantes de ces dernières années.
Pendant longtemps, l’attention s’est principalement portée sur les violences physiques visibles. Or, de nombreuses victimes subissent pendant des années des violences psychologiques, relationnelles ou sexuelles sans forcément identifier ce qu’elles vivent comme de la violence.
Le contrôle coercitif désigne un ensemble de comportements visant à priver progressivement une personne de son autonomie, de sa liberté de penser, d’agir ou de décider. Isolement, surveillance, intimidation, dénigrement, contrôle financier ou affectif peuvent progressivement s’installer.
Ces mécanismes sont souvent difficiles à percevoir de l’extérieur car ils ne laissent pas toujours de traces visibles. Pourtant, leurs conséquences psychologiques peuvent être considérables.
Les affaires récentes ont permis de mettre en lumière ces phénomènes et d’améliorer leur compréhension, tant auprès du grand public que des professionnels de la justice, de la santé et du secteur social.
Le mouvement #MeToo, mais aussi les affaires Epstein, Polanski ou encore les nombreuses révélations médiatisées ont profondément marqué l’opinion publique. On observe cependant l’émergence d’un discours critique, parfois qualifié de mouvement « anti-MeToo ». Comment analysez-vous cette évolution ?
Toute transformation sociale importante génère des résistances.
Pendant des décennies, la parole des victimes a été minimisée, contestée ou ignorée. Le mouvement #MeToo a permis de rééquilibrer une partie de cette situation en donnant une visibilité inédite à des violences longtemps tues.
Mais lorsqu’un mouvement gagne en ampleur, il suscite aussi des inquiétudes. Certaines personnes craignent des accusations injustifiées, des jugements médiatiques trop rapides ou une remise en question de certains repères sociaux. D’autres expriment une forme de lassitude face à la médiatisation permanente de ces sujets.
Il faut distinguer plusieurs réalités. D’un côté, il existe parfois des critiques légitimes concernant certaines dérives médiatiques ou la confusion entre justice, réseaux sociaux et opinion publique. De l’autre, certains discours anti-MeToo peuvent également constituer une manière plus ou moins consciente de résister aux changements que ce mouvement implique.
L’enjeu n’est pas de choisir entre croire systématiquement ou douter systématiquement. L’enjeu est de maintenir une double exigence : accueillir la parole des victimes avec sérieux tout en conservant la rigueur nécessaire à l’établissement des faits.
Lorsque des victimes viennent vous consulter, comment les accompagnez-vous ?
Les demandes sont très diverses.
Certaines personnes viennent dans le cadre d’une prise en charge psychothérapeutique classique. Elles souhaitent comprendre ce qu’elles vivent, diminuer leurs symptômes, retrouver un sentiment de sécurité et reprendre progressivement le cours de leur vie.
D’autres consultent dans un contexte judiciaire ou précontentieux. Elles ont parfois besoin de mettre des mots sur des années de violences, de comprendre les mécanismes d’emprise ou de contrôle coercitif qu’elles ont subis, ou encore d’objectiver les conséquences psychologiques de ces violences.
Dans le cadre de JuriPsy, nous réalisons des expertises psychologiques et profilages de personnalité, souvent à la demande des victimes elles-mêmes ou de leurs avocats. Ces évaluations permettent notamment d’analyser les conséquences psychologiques, de documenter certains mécanismes traumatiques et, lorsque cela est pertinent, d’évaluer les préjudices psychologiques et moraux subis.
Pour beaucoup de victimes, cette démarche représente une étape importante. Au-delà de la dimension judiciaire, elle permet souvent de donner du sens à leur vécu, de reconnaître officiellement l’impact réel des violences sur leur trajectoire personnelle, familiale ou professionnelle et parfois de retrouver une forme de légitimité dans leur propre histoire.
On entend parfois dire qu’un traumatisme ne guérit jamais complètement. Partagez-vous cette idée ?
Je dirais plutôt qu’un traumatisme laisse une trace, mais que cette trace peut évoluer.
Certaines blessures psychiques ne disparaissent pas totalement. En revanche, leur impact peut considérablement diminuer. Une personne peut retrouver un sentiment de contrôle, reconstruire son identité, renouer avec des projets de vie et retrouver une qualité de vie satisfaisante.
La résilience ne consiste pas à oublier. Elle consiste à pouvoir vivre sans que le traumatisme dirige en permanence son existence.
Enfin, que faudrait-il améliorer aujourd’hui dans la prise en charge juridique, psychologique et sociale des victimes de violences ?
Je pense que nous devons encore progresser sur plusieurs points.
Le premier concerne la compréhension des mécanismes psychotraumatiques. Il arrive encore que certaines réactions des victimes soient interprétées comme des incohérences alors qu’elles correspondent en réalité à des phénomènes bien documentés de sidération, de dissociation ou de mémoire traumatique.
Le second concerne l’articulation entre les différents professionnels. Les victimes sont souvent confrontées à une succession d’intervenants : policiers, magistrats, avocats, médecins, psychologues, travailleurs sociaux. Cette multiplicité peut parfois générer une forme d’épuisement supplémentaire.
Enfin, il serait utile de développer davantage les évaluations psychologiques rigoureuses permettant d’objectiver les conséquences des violences. Dans de nombreux dossiers, les souffrances sont bien réelles mais demeurent insuffisamment documentées. Or, ce qui n’est pas objectivé risque parfois d’être sous-estimé.
L’amélioration de la prise en charge passe donc autant par une meilleure compréhension du traumatisme que par un renforcement des liens entre les mondes judiciaire, médical et psychologique.
Les victimes, sans oublier les enfants, ont besoin d’être entendues, protégées, accompagnées, mais aussi comprises dans toute la complexité de leur parcours. C’est à cette condition que la société pourra réellement transformer les prises de conscience actuelles en progrès durables.
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