Rencontres entre artistes danois et l’Afrique du Nord
Des Artistes danois qui s’approprient artistiquement la lumière d’Afrique du Nord», une très belle exposition qui se tient à la galerie Racim depuis le 23 juin dernier et jusqu’ au 9 juillet 2026, une exposition organisée conjointement par l’ambassade du Royaume du Danemark en Algérie, la Wilaya d’Alger et le Willumsens Museum du Danemark. Cette exposition est présentée sous le commissariat de Beya Benamane. L’exposition réunit 58 reproductions de plusieurs œuvres de cinq artistes.
On citera un carnet de croquis, 21 croquis, 23 pastels et 14 peintures.
Cette exposition explore la rencontre entre des artistes danois et l’Afrique du Nord, parcourue lors de leurs voyages entre la fin du XIXᵉ siècle et le milieu du XXᵉ siècle.
Au-delà de l’histoire d’artistes sensibles à la lumière et aux paysages d’Algérie, de Tunisie et du Maroc, elle interroge également le regard européen porté sur des territoires alors placés sous domination coloniale.
L’exposition réunit les grandes visions du modernisme danois en Afrique du Nord. J.F. Willumsen y déploie une puissance compositionnelle exceptionnelle, transformant les silhouettes et les scènes de rue en structures visuelles d’une remarquable richesse chromatique. Theodor Philipsen capte la lumière tunisienne avec une rare sensibilité, tandis que Olivia Holm-Møller propose des visions intérieures profondément expressives et d’une force monumentale. Enfin, Ernst V. Brandt privilégie des portraits d’une sobriété intense, centrés sur la présence magnétique du modèle et la force du regard.
Mais cette exposition invite aujourd’hui à une lecture consciente de son contexte historique.
Derrière la beauté des œuvres apparaît aussi la construction d’un imaginaire orientaliste. Les
artistes danois arrivent dans une Afrique du Nord déjà racontée et fantasmée par la littérature de voyage, les récits coloniaux et l’industrie touristique.
Ils abordent ainsi la région à travers des représentations préexistantes : celles d’un Orient intemporel, mystérieux, pittoresque et exotique.
Ainsi, dans une grande partie de ces œuvres, l’Afrique du Nord semble suspendue hors du temps. Les réalités plus complexes de la société coloniale y sont absentes.

TUNISIE par Theodor Philipsen
Présenter aujourd’hui ces œuvres en Algérie permet de déplacer la perspective : l’exposition devient un espace de réflexion sur la mémoire visuelle, sur les récits construits durant la période coloniale et sur la manière dont l’art contribue à façonner des imaginaires durables.
J.F Willumsen est aussi présent avec des pastels et des peintures à l’huile montrant, notamment «des Arabes en Tunisie» dont des portraits d’enfants et de vieux en tenue traditionnelle, réalisés en 1914, la Tunisie étant à l’époque, sous protectorat français.
La Tunisie est aussi représentée à travers les oeuvres de Theodor Philipsen, mais aussi d’Ernst V. Brandt. Ejler Billie est présent avec une seule oeuvre abstraite qui représente Marrakech (Maroc). Les peintures à l’huile d’Olivia Holm-Møller, inspirées de son passage à Alger en 1947 montrent aussi des scènes de vie.
L’Afrique du Nord n’est ni un décor figé, ni un simple territoire d’inspiration. Elle est un univers vivant, traversé d’histoires, de résistances, de métissages et de mémoires plurielles.
Cette exposition invite ainsi non seulement à en apprécier la force esthétique, mais aussi à
interroger les récits qu’elle continue de transmettre ” explique la Commissaire de l’Exposition Beya Benamane.

ALGERIE
L’Algérie, terre de fascination et de mémoire
Dès le XIXᵉ siècle, le voyage en Algérie s’impose comme une étape majeure pour de nombreux artistes européens. L’Algérie devient alors une véritable terre de fascination. Sa lumière singulière, la diversité de ses paysages, la richesse de ses architectures et l’intensité de ses scènes de vie constituent une source d’inspiration et un univers central de l’imaginaire orientaliste.
Entre expérience esthétique et contexte historique, ces oeuvres révèlent autant les réalités observées que les imaginaires et sensibilités de leurs auteurs.». Dans un texte de présentation appelé «Lumières du Sud, regards du Nord. Rencontres entre artistes danois et l’Afrique du Nord».
Cette exposition met en évidence la vision de l’Algérie développée par les artistes danois J. F.
Willumsen et Olivia Holm-Møller, notamment d’Alger et d’Oran, au début du XXᵉ siècle.
À Oran, J. F. Willumsen représente, à travers ses croquis et ses peintures, des scènes de la
vie urbaine : rues, cafés et architectures locales baignés de lumière. Son attention se porte
également sur les costumes, les coutumes et les traditions locales, à l’instar de
l’effervescence des rassemblements populaires et des femmes drapées dans leurs haïks.
Ses œuvres traduisent une sensibilité vive aux contrastes lumineux et à l’atmosphère unique des
villes algériennes.
Chez Olivia Holm-Møller, l’approche devient plus expressive, tendant vers une abstraction
vibrante. Dans ses peintures consacrées à Alger, les personnages apparaissent stylisés,
silencieux et parfois énigmatiques. Les couleurs intenses et les compositions simplifiées
transforment les scènes observées en visions sensibles et poétiques. L’artiste ne cherche pas
tant à reproduire fidèlement la réalité qu’à transmettre une impression émotionnelle de
l’Algérie, de sa lumière et de ses ambiances méditerranéennes.
Entre observation documentaire et interprétation artistique, cette exposition constitue un
témoignage précieux sur l’Algérie. Elle révèle autant la place importante qu’a occupée
l’Algérie dans l’imaginaire artistique européen que les limites d’une vision extérieure souvent
marquée par l’exotisme orientaliste. Derrière les scènes pittoresques restituées par les
artistes demeurent absentes les réalités vécues par les Algériens durant la période coloniale.
Présentée aujourd’hui en Algérien “cette exposition invite à une relecture contemporaine, où
l’histoire de l’art dialogue avec la mémoire et une réflexion critique sur les représentations
réalisées durant la colonisation” explique Beya Benamane.

Beya Benamane Commissaire de l’Exposition
Présenter aujourd’hui ces œuvres en Algérie permet de déplacer la perspective. L’exposition devient
ainsi un espace de réflexion sur la mémoire visuelle et sur les récits construits durant la période
coloniale, invitant à interroger autant ce qu’ils montrent que ce qu’ils occultent, ainsi que la manière
dont l’art continue de façonner nos imaginaires.
Inaugurée le mardi 23 juin 2026 à la Galerie Racim, en présence de Son Excellence Madame Katrine
From Høyer, Ambassadeur du Royaume du Danemark, du wali délégué de Sidi M’hamed Monsieur
Abdelmalek Zidi ainsi que de nombreuses personnalités du monde institutionnel, diplomatique et
culturel, l’exposition se poursuivra jusqu’au 9 juillet 2026.
Informations pratiques
Exposition : Artistes danois dans la lumière d’Afrique du Nord
Dates : 23 juin – 9 juillet 2026
Lieu : Galerie Racim, Avenue Pasteur, Alger Centre
Commissariat d’exposition : Beya Benamane
Entrée : Libre

Beya Benamane Commissaire de l’Exposition
Retrouvez notre entretien bientôt avec Beya Benamane. stay tuned…
