Artiste touche à tout, Zino nous embarque à chaque fois dans une nouvelle aventure.
Sa toute dernière, un défilé en Seine Saint Denis avec parmi ses spectateurs et fans, le tout nouveau maire Bally Bagayoko (La France insoumise)
Élu dès le premier tour le 15 mars 2026 avec 50,77 % des voix.
Un grand retour pour Zino Touafek qui a laissé sa créativité s’exprimer avec des tenues tant estivales qu’aériennes.
photos Cédric ODET

Le designer pour cette édition a joué les transparences et la légèreté, avec un coup de coeur pour les dos nus.
Flash back sur tout un parcours
Né en 1985 à Alger, il grandit dans l’ombre bruissante des usines de sa mère — une femme seule qui dirige des ateliers de fabrication textile et l’élève dans la rigueur et l’exigence du geste juste. Dès l’enfance, les rouleaux de tissu sont ses terrains de jeu, les femmes qui l’entourent ses premières muses. Il ne le sait pas encore tout à fait, mais il est déjà couturier.
Mais avant les écoles et les diplômes, il y a les mains. Les mains d’un enfant qui coud en secret, qui observe, qui démonte et reconstruit. Autodidacte par instinct, il commence par habiller les Barbies de ses cousines — premières clientes, premiers mannequins, premier public. Ce qui n’est encore qu’un jeu devient vite une vocation : il finit par confectionner, très jeune, les robes de mariage de ses cousines. Dans une Algérie qui sort à peine de la décennie noire, dans un pays où les plaies sont encore ouvertes et où les rêves doivent se justifier, il choisit la beauté. Contre l’évidence. Contre l’époque.
Après son baccalauréat, il s’inscrit en technologie à l’USTHB — l’Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediene d’Alger. Mais les amphithéâtres ne le retiennent pas. Là où ses camarades suivent les cours, lui organise. Il monte sa première collection et la présente à l’auditorium de l’université, devant trois mille étudiants. Trois mille personnes qui découvrent, sidérées ou troublées, qu’un des leurs fait défiler des femmes. La presse écrite, elle, ne s’y trompe pas — dans le mauvais sens d’abord : elle le couronne d’un titre assassin, « Le designer algérien qui déshabille les femmes ». Il a été simplement incompris. Trop tôt. Trop libre. Trop lui-même.
Sorti major de promotion de l’École Supérieure des Beaux-Arts d’Alger, il poursuit sa formation avec une précision méthodique : diplôme de modélisme à l’École Grand Chic Bologne, puis Master en création de marque option Luxe à MOD’ART Paris. Trois écoles, trois disciplines, une seule obsession : comprendre le vêtement de l’intérieur, dans sa chair technique autant que dans son âme créatrice.
En 2009, il franchit la porte du studio de Karim Sifaoui, l’un des créateurs algériens les plus respectés, et y affûte son regard pendant plusieurs mois. En parallèle, il surprend tout le monde en signant la direction artistique d’une collection de mobilier design revisitant la tradition algérienne — première démonstration de cette capacité à habiter tous les espaces, à penser la beauté sous toutes ses formes. Dès l’année suivante, il ouvre ses propres ateliers de Haute Couture à Alger. Son talent est immédiatement remarqué par Elite Model Look et L’Oréal : la scène internationale commence à se retourner.
Paris l’appelle en 2012. Il répond sans hésiter. Il entre dans l’orbite du couturier Alexandre Vauthier, dont il assiste les collections pendant plusieurs mois — école de l’exigence absolue, de la coupe au millimètre. Puis vient un passage fondateur à la mythique Maison Lesage, temple de la broderie de luxe, où il se consacre au dessin de motifs — une plongée dans un savoir-faire séculaire qui marquera durablement son rapport à l’ornement et au détail. Il contribue ensuite au stylisme de la lingerie de la jeune marque Zahia Couture, affirmant ce qui deviendra la signature de tout son travail : magnifier le corps féminin, non pas le contraindre, mais le révéler. Cette même année, l’Institut du Monde Arabe lui consacre une exposition — la première d’une longue série.

S’il est clair que la femme Touafek n’a pas froid aux yeux ni aux jambes, il serait bon de rappeler que le designer entend avant tout magnifier la femme moderne, sure d’elle et de ses atouts.

Certaines de ces tenues sont bien sur plus spectaculaires qu’autre chose, il faut tout de même le souligner.

Aux femmes libres, bien dans leur corps, la ligne Zino Touafek est pour vous.

Un retour fracassant du designer qui promet de nous surprendre encore et toujours !
