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Recherche ma PLANETE ETHIQUE désespérément !

Ajouté par , Le août 6, 2014 , dans Afrique des Droits des Femmes, Buzz, Paroles Ethiques

Edito du mois d’Aout

Le mot de la Présidente d’UFFP : Fériel Berraies Guigny

L’édito de ce mois se voulait être « light » intitulé sous l’olivier d’Hammamet, en référence à ma maison familiale, et je me délectais par avance de ce moment de recueillement si nécessaire à mon équilibre personnel en vue d’affronter la nouvelle saison et tous les projets de la rentrée pour UFFP. Tout un programme « fantasmé » mais ce cliché des vacances qui devait sentir bon le farniente n’a pas eu lieu. Car durant tout le mois de juillet passé dans mon berceau natal, je fus sur des charbons ardents. Le climat politique social et économique de mon pays a eu raison de mes bonnes résolutions. Il y a d’abord eu ce massacre de militaires au Mont Chambi, en période sacrée du Ramadan, par les mouvances voulant instaurer la terreur dans mon pays. Puis les affrontements sanguinaires et fratricides en Libye engageant bon nombre de nos compatriotes, à quelques kms de nos frontières. Le monde marche sur sa tête quand des frères du même sang s’entretuent pour de mauvaises causes et de sinistres raisons, manipulés par des puissances occultes ou des états arrogants voulant imposer leur vision du monde à des peuples qui ont, eux, une histoire millénaire. On tue des enfants, on enterre l’innocence, on souille des terres du sang de nos martyrs, on bafoue les principes fondamentaux des religions. Et, pendant ce temps la on se soucie plus du naufrage de la Seleçao que du spectre de guerres civiles dans la région, si l’avancée des mouvances extrémistes semant la terreur n’est pas stoppée à temps !

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Fériel Berraies Guigny. Photo Rim Temimi

Malgré les bonnes volontés, la Tunisie ne sort pas du marasme : des attentats déjoués, un piétinement politique, une crise économique qui paralyse le pays, pas d’Etat fort, pas d’institutions viables, trois ans de tâtonnement politique et de lutte de pouvoir, un patriotisme moribond, corruption et retour des « affranchis » de l’ancien régime déchu ; difficile décidemment de digérer ce printemps arabe qui a fait le plus grand mal à ma Nation.

Et maintenant le Nord appelle les chrétiens d’Orient à s’expatrier. Pour les protéger d’un massacre, sans doute, mais les chrétiens sont chez eux comme nous, ils sont nos frères, jamais ils ne devraient quitter le berceau de leurs ancêtres, si le monde, si les hommes étaient, à l’image de ce que leur imposent les religions pour lesquelles ils se battent, un peu plus tolérants, respectueux, charitables.

Non décidemment, mon mois de juillet ne fut pas de tout repos, mais le monde arabe ne capitulera pas, malgré ses errements, ses fautes, ses écarts, son histoire contemporaine peu clémente, ses amitiés meurtrières, car son peuple, l’âme de ses enfants, son histoire et sa civilisation, survivront aux plus grands tsunamis géopolitiques de notre siècle. On tuera nos enfants, mais d’autres naitront encore plus forts et déterminés.

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Couverture internationale du mois d’Aout, Bazar »àpagne. France

J’ai vécu un purgatoire moral au soleil sous les senteurs du jasmin, j’ai aussi vécu des journées de tempête face à la mer, les éléments totalement déchainés, comme si ces derniers communiaient leur rejet des atrocités que connaît ma région actuellement. Je me suis sentie bien seule face à tout ceci, face à la grande bleue dans laquelle je puisais ma force tranquille. Elle seule a pu me consoler, me réconforter, me rappeler combien ma terre est belle et riche, féconde d’une histoire qui a enfanté des grands hommes politiques qui ont transcendé les siècles et le monde. Non ma Tunisie ne mourra jamais.

Face à la beauté de notre littoral, qui bien que « maltraité » depuis l’après révolution, je me suis délectée d’instant volés, à la rencontre des crabes, des petits poissons chatouillant nos pieds, des hirondelles qui virevoltaient au ras de l’eau et pendant un instant, il m’a semblé que rien n’a changé dans mon beau pays, alors que mon regard plongeait dans la transparence d’une eau cristalline. Une eau, un sable, une douceur que l’on ne trouve nulle part ailleurs que dans mon doux pays. En tout cas j’ai la faiblesse de le croire.

Et puis, il y a eu le massacre « de nos enfants » à Gaza, victimes encore une fois de l’enlisement politique dans la région. Et puis il y a eu les avions abattus dans d’autres région du monde et encore une fois, des civils qui payent pour les stratégies géopolitiques dévoyées, et qui se traduit par la mort de centaines de civils innocents. Alors ma légèreté estivale a laissé place à de la gravité et du désenchantement. Et maintenant le virus Ebola en Afrique de l’Ouest, devenu le territoire d’expérimentation sur des enfants par la plus grande puissance du Nord… les frontières libanosyriennes, une nouvelle fois touchée…

Ma douleur est sans limites

Quand on est engagée dans le cœur et activiste dans l’âme, il n’y a pas de retraite possible, on subit et on souffre un temps, puis après on décide d’agir. Et moi, c’est toujours par l’écrit que je le fais, car je connais la force et le poids des mots qui restent dans l’inconscient populaire.

Ma douce Tunisie se cherche et pour elle des dates fatidiques approchent cette rentrée.

Ma vie est on hold, depuis cet hiver arabe qui a rongé les entrailles de ma région ; cette mise en scène déguisée sous couvert de lutte pour la démocratie s’est transformée en pire cauchemar avec sur fond de diplomatie malveillante les cartes géopolitiques à venir. Car certaines puissances aidées par certains pays  arabes, instrumentalisent les bras de mouvances religieuses rétrogrades et groupuscules terroristes. Un jeu pervers et dangereux pour le Monde entier, qui aura surement comme à chaque fois, un effet boomerang.

Mais ce qui m’attriste au fond, c’est qu’encore une fois, ce ne seront pas les politiques qui trinqueront mais nous : nos jeunes, nos femmes et nos enfants. La région étouffe, l’espoir est asphyxié, la crise économique fait rage, l’emploi est bloqué et la volonté des plus persévérants mise à rude épreuve. Les choses nous dépassent certes, entre les mains des grandes puissances qui se jouent de nous et aidés par nos gouvernants complices devenus leur valet. Mais pour autant, il faut rester en état d’alerte pour éviter le pire. Car quand on a touché le fond, le meilleur est à venir !

Oui notre rêve de dignité et de liberté est dans une impasse, mais les UFFPiens du Monde entier vous le diront, nous sommes des obstinés, des utopistes du meilleur et du mieux vivre ensemble.

Il faut tout faire pour que  notre rêve de liberté et de dignité se concrétise. Sinon le risque est que devenu moribond, cela ouvre la voie à une perte d’identité et d’autonomie, les peuples arabes se mourant lentement sous le coup de la violence, l’oppression, l’injustice sociale et économique, et les luttes fratricides, manipulées par des forces extérieures qui ont intérêt à ce que la donne persiste. Irak, Syrie, Palestine, Egypte, Lybie le chantier des douleurs est immense, mais le changement est en cours, du pire on ira vers la lumière.

UFFP est apolitique et sans connotation religieuse, et je m’étais jurée en quittant ma carrière de diplomate en Tunisie de ne plus faire « de politique ». Toutefois, en parlant d’éthique nous touchons à ces champs si complexes qui continuent de régir le devenir de notre humanité. Alors tout en insistant toujours sur la « culture pour la paix » et le respect des droits de l’homme quel que soit la confession, en insistant sur la nécessité d’un droit international qui devrait s’appliquer à tous les peuples sans exception, élus de Dieu ou pas, mettons notre langue de bois de côté, pour une courte minute. Car le monde est en danger dans sa globalité et les extrémismes se nourrissent de la désespérance des peuples, de la pauvreté et de l’ignorance, de la précarité entretenue par les plus grands de ce monde capitaliste et du Nord au Sud on assiste au grand retour des discours populistes les plus dangereux. Et les extrêmes prennent alors le pas sur cette douce utopie qu’est ma bataille : le mieux vivre ensemble. Il est des peuples élus ou qui se proclament tel, des peuples qui ont souffert ; mais cela ne leur donne que le droit d’être exemplaires !!!

En ce qui concerne ma Tunisie, l’autre plus grand danger serait, c’est cette fatale indifférence qui frôle le laxisme irresponsable, l’acceptation des choses les plus absurdes et improbables parfois. Trois ans depuis l’avènement de ce tsunami populaire qui a contribué à renverser l’ancien régime, trois gouvernements successifs, trois ans d’atermoiements politiques, de lutte de pouvoir entre les différents partis, trois ans de gouffre financier, de fausses promesses, alors que progressivement le pays est rongé par l’insécurité, l’inflation, l’insalubrité, une crise économique et sociale sans précédent. Les assassinats politiques qui n’ont jamais été jugés, nos militaires assassinés avec une quasi indifférence… et l’installation à nos frontières du terrorisme international.

Alors oui, ce temps de réflexion qui n’a que trop duré et n’aura servi qu’à soutenir les ambitions politiques individualistes qui ont mis sérieusement en péril mon peuple et ma nation.

Je suis partie de ma Tunisie car je n’avais pas ma place avec l’ancien régime, tristement je réalise qu’aujourd’hui, elle n’est pas pour autant acquise, mais mon combat pour l’éthique et le mieux vivre ensemble des peuples sur cette terre, continuera, car le chemin est long, et une vie ne suffira pas.

J’ose espérer que mes propres enfants continueront le combat à leur manière … ils sont nés de l’amour et de la mixité, du mieux vivre et du respect de la différence.

Il faut voir grand et loin et prendre le risque parfois, de sortir de son petit confort personnel, retrouver ce civisme que l’on a perdu, cet engagement et ce militantisme que nous avons mis en berne par découragement et dépit. Le pays a besoin de nous, notre région a besoin de nous, le Monde a besoin de nous. Nous avons fait le pire, mais le meilleur est encore possible, rien n’est éternel, tout est changement et il suffit de le vouloir !

L’OUMMA se relèvera, c’est une question de temps. Et pour cela réapproprions nous le sens des valeurs essentielles : solidarité, pardon, partage, équité et unité !

Je rêve d’une Tunisie démocratique, d’un Monde arabe autonome, prospère, une région qui apprendra de ses erreurs, qui embrassera la parité de plain pied, qui respectera sa jeunesse et son environnement. Qui comprendra que le progrès n’est pas antinomique du respect de la tradition et de l’identité musulmane

Pour cela, il faudra apprendre à laisser de côté ses ambitions et le profit à tout prix pour conjuguer le meilleur au nom de la prospérité et le progrès solidaire. Aujourd’hui, notre parole est libérée et c’est un grand pas, mais les actes n’ont pas encore suivis. La crise politique y est pour beaucoup. L’économique aussi, mais la prise de conscience est là !

Nous avons eu une magnifique constitution grâce au travail des femmes tunisiennes, mais tout reste encore à faire. Alors pour clore ce volet, je voudrais aussi dire et exprimer tout l’amour et l’admiration que j’ai pour la femme tunisienne, qui n’a jamais lâché prise et qui continue à se battre d’hier à aujourd’hui. Et je leur dédie cet édito!

Pour l’heure et j’en suis convaincue, le temps est pour les femmes et le 21e siècle sera au féminin ou ne le sera pas !

Et en attendant de pouvoir « changer le monde « tentons simplement de nous changer, de changer notre lecture des choses et notre action à son égard. Soyons fortes, unies et solidaires, du Nord au Sud, faisons le lien. Nos combats sont les mêmes.

Cette édition chers UFFPiens, gardera tout de même son gout estival et après les sujets « graves » voici venu le tour à nos sujets « plus légers » avec de la mode, du shopping, des focus sur des femmes chef d’entreprise dans le secteur de la mode éthique. Le tout avec amour et engagement, comme à chaque édition et avec en couverture unique de notre webzine, la griffe Bazar’àpagne que nous vous dévoilerons par le biais d’une entrevue exclusive avec la designer de la marque. Dans la série catwalks, les podiums des calendriers  off durant la couture à Paris, avec les collections automne hiver 2015 de nos coup de cœur.

En concours estival, la griffe les poulettes vous offriront 10 magnifiques bracelets en cuir, UFFP adore vous chouchouter.

Chers lecteurs, cela fait plus de trois ans et nous rentrons dans la 4e année que nous écrivons sur UFFP, que nous donnons la voix, la lumière à tous ceux qui contribuent de près ou de loin à cet idéal de société que nous voulons. Nous avons logés tout le monde à la même enseigne, nous avons investi du temps de l’argent, de l’énergie, sans doute négligé notre santé pour vous valoriser. Pour continuer à faire notre travail, il nous faut des fonds, de l’aide, des investissements, des publi-reportages payants, de la publicité. A la rentrée nous comptons sur vous, car vous voudrions faire un fund raising, pour pouvoir continuer à travailler dignement.

Nous avons travaillé à fonds perdus pour remplir tous nos objectifs et nous y sommes parvenus, alors à partir de septembre, la rentrée, la balle est dans votre camp !

Et en attendant, la rentrée qui se fera dans la joie et la bonne humeur avec plein de projets à venir, nous vous souhaitons un bon repos, de belles vacances, ressourcez vous pour le meilleur, allez à l’essentiel et surtout donnez beaucoup d’amour autour de vous car il n’y a que ça de vrai !

Continuez à nous aimer et à nous soutenir, car on porte en notre cœur tout l’amour du monde pour vous.

Pour nous écrire : unitedfashionforpeace@gmail.com


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