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Alyson Kaneza « …la communauté internationale devrait éviter l’empathie sélective et réagir pour venir en aide à mon peuple » !


Alyson Kaneza est venue à notre rencontre durant le gala du Prix de l’Action Féminine de l’Union des Femmes Africaines ce mois de janvier dernier, à Bruxelles. Alison est burundaise et elle très engagée dans la cause des femmes et des jeunes dans son pays natal.  Le Burundi traverse actuellement une période assez difficile où justement les femmes et les enfants sont encore une fois, les premières cibles des instabilités politiques. Avec une recrudescence du viol sur les femmes, Alison a décidé d’agir en lançant  une magnifique initiative intitulée « icompassion » Il s’agit d’un mouvement global social qui s’est donné pour mission de relier l’Empathie et l’Action dans le but d’éveiller les consciences. Alyson a également lancé une course pour les femmes victimes de viol dans son pays, afin d’alerter l’opinion, sur cette problématique qui prend de plus en plus d’ampleur dans le silence le plus total des autorités.

Alison Pic

Entretien avec Alyson Kaneza : 

1/ Parlez nous de iCompassion-Ubuntu?

iCOMPASSION-UBUNTU est un mouvement global social qui s’est donné pour mission de relier l’Empathie et l’Action dans le but d’Eveiller les Consciences pour ainsi inspirer les actions de compassion quotidienne à travers un bracelet réversible dont un côté « iCompassion » nous rappelle de faire une action de compassion durant notre journée et l’autre côté « Ubuntu » (Humanité, Générosité) nous indique que l’action de compassion du jour est complète.

Set Bracelets

2/ Comment vous est venue l’idée du bracelet ?

L’idée du bracelet m’est venue lors d’un programme d’entreprenariat social que je suivais à l’université de San Diego aux USA, et c’est donc grâce à l’inspiration d’une grande dame appelé: Sara Schairer, elle-même fondatrice de Compassion It.Le concept du bracelet iCompassion-Ubuntu est de porter un bracelet et d’en offrir l’autre et son objectif est de propager le message de la compassion dans les communautés et dans le monde dans le but d’impacter positivement des vies humaines en vue d’un monde meilleur.

Sa fonction est la suivante : dès le réveil, portez votre bracelet du côté « iCompassion » retournez-le du côté « Ubuntu » dès que vous faites une action de compassion.

Exemples d’actions de compassion peuvent être:

- Etre présent pour les personnes qui 
nous entourent,

- Prêter une oreille attentive,

- Partager la joie et écouter la peine de l’autre,

- Offrir un sourire aux personnes que l’on croise,

- Un coup de main à quelqu’un en difficulté,

- Tenir une porte d’ascenseur à quelqu’un,

- Offrir à manger à un sans abris,

- Visiter un malade,

- Céder un passage à un piéton ou 
un autre automobiliste,

- Etc…

Grâce aux ateliers d’échanges sur la compassion avec les jeunes et adolescents et la vente du bracelet iCompassion-Ubuntu à 10€ la paire, nous consacrons les bénéfices en faveur des projets d’éducation des enfants démunis et des femmes victimes de violences physiques et sexuelles dans les pays des Grands Lacs, en soutenant financièrement les programmes mise en place par les organisations des partenaires locaux.

3/ Quelle est la situation actuelle des femmes au Burundi ?

La situation des femmes Burundaises est actuellement très critique.Les femmes sont devenues une minorité très faible au Burundi.Elles vivent tous les jours dans peur et dans l’angoisse de subir les violences sexuelles et d’assister aux assassinats et enlèvement ciblés. Les hommes sensés les protéger sont pour la plupart enlevés et tués et d’autres poussés à la fuite! Dans les quartiers qui ont contesté le 3ème mandat, les femmes se retrouvent seules et sans défense !

Dans la capitale, on découvre tous les jours, des cadavres jonchant les rues et les caniveaux!

La population qui espérait l’envoi de la MAPROBU par l’UA s’est vite rendu compte qu’elle est laissée à elle-même.

4/ Le viol une nouvelle arme de guerre ?

Effectivement, le viol est devenu la nouvelle arme de guère au Burundi.Depuis quelques mois, les femmes et jeunes filles ne cessent de subir l’humiliation de viol, de torture et de meurtres! Ces atrocités sont commis sous les yeux et le silence de ceux qui sont sensé les protéger. Le pouvoir en place a formé une milice qu’il utilise pour commettre ces horreurs! C’est horrible et le monde y assiste sans lever le petit doigt !

Personnellement, je me sens en colère mais impuissante face à cette situation qui ne cesse de s’aggraver au jour le jour.Les femmes qui sont entrain de subir ces assassinats, tortures et viols sont des mères  et des soeurs de quelqu’un.Je voudrais rappeler aux autorités burundaises et aux imbonerakure’s responsables de ces atrocités de bien vouloir user de la compassion envers les victimes et se rappeler que toutes ces femmes et filles sont avant tout les êtres humains qui, comme eux ont droit à la vie!

5/ Comment expliquer l’immobilisme du gouvernement ?

Le gouvernement burundais est dépassé par les évènements car jusqu’ici, ils ont été incapables de gérer les opinions différentes des leurs.
Quand la population a commencé à manifester leur contestation au 3ème mandat qu’ils jugeaient illégal et inconstitutionnel, la réponse du gouvernement à cette contestation a été de tirer à balle réelle sur la population !

Le Burundi est gouverné pour la plupart par des ex-rebelles reconvertis en politiciens, ces derniers ont, dans le passé, tué des innocents avant d’arriver au pouvoir et aujourd’hui, ils récidivent en tuant et en torturant son peuple. Si le Burundi était gouverné par un homme intègre et sage, il ne permettrait pas les malheurs qu’il inflige à la population qui lui a fais confiance dans les urnes!

6/ Comment faire pour alerter la communauté internationale ?

Pendant que le Burundi s’enfonce inexorablement dans la guerre civile et le génocide ciblé, le monde s’autorise le luxe de jouer à l’observateur détaché. Tandis qu’à Bujumbura les citoyens sont bloqués dans leurs domiciles pour éviter d’être exécutés d’une balle dans la tête devant femmes et enfants, depuis avril 2015, la communauté internationale et l’UA ont adopté une stratégie commune, celle de continuer à condamner les assassinats, enlèvements et viols et à ainsi appeler au dialogue ?!

Personnellement, j’arrive à me demander si elle sait quelle attitude adopter face au président qui a prouvé qu’il n’est pas prêt à négocier avec qui que ce soit. Ainsi, les Burundais qui ont naïvement cru qu’ils pouvaient compter sur le soutien de cette communauté internationale et de l’UA, continuent malheureusement à subir et à assister aux meurtres ciblés en attendant que le génocide soit déclenché, on verra alors cette communauté internationale pleurer les larmes de crocodile arguant qu’elle n’a rien vu venir….

La communauté internationale devrait éviter l’empathie sélective et réagir pour venir en aide à mon peuple !

« Le Burundi va mal et c’est mon problème » Je demande de la compassion pour mon pays !

7/ N a t’on pas l’impression de voire l’histoire se répéter

Il faut préciser que les crises politiques sont récurrentes au Burundi. Celles-ci sont souvent accompagnées des tueries massives des populations, dans certains cas, à cause des rivalités politiques et dans d’autres cas à cause des renversements des pouvoirs établis.

Au Burundi, il faut noter que plusieurs chefs d’Etat au Burundi ont été chassés du pouvoir alors qu’ils étaient en dehors du pays. Le premier cas est celui du roi Mwambutsa IV Bangiricenge qui, en séjour en Europe, avait été renversé par son propre fils.

Deuxième cas arrive en 1968 quand le Premier ministre de l’époque, le capitaine Micombero, renversa à son tour le jeune roi au moment où il se trouvait à la réunion de l’OUA au Congo.

Troisième cas, le président Micombero, devenu entretemps colonel, perdit à son tour le pouvoir au profit du colonel Bagaza – curieusement originaire de la même colline que lui – alors qu’il se trouvait en mission en Somalie.

Dans les mêmes conditions, le colonel Bagaza sera, à son tour, chassé du pouvoir en 1987 par Pierre Buyoya, un autre colonel de la province du Bururi – l’une des 18 provinces du Burundi – comme les deux précédents présidents. Jean-Baptiste Bagaza se trouvait au Canada.

Vint, enfin, la tragédie qui coûta la vie au président Cyprien Ntaryamira en 1994. C’est justement la situation qui a failli emporter le président Nkurunziza, pendant qu’il séjournait aussi en Tanzanie, où il prenait part, en mai 2015, à la réunion de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est.

L’histoire nous prouve que nous vivons un cercle vicieux qui ne s’arrête pas quand on voit la force de violence grave que le pays vit, ce qui risque, une fois de plus, d’entraîner des tueries massives dans le pays.

Aujourd’hui, ce que le gouvernement fait subir à la génération actuelle risque de se répéter, dans les années à venir, mais cette fois, à l’encontre de leurs propres enfants.

 

8/ Et l’Ubuntu dans tout cela ?

Ubuntu est un ancien mot Africain qui signifie : « humanité pour les autres » Avoir l’Ubuntu, c’est faire preuve d’humanité, de tolérance et de gentillesse envers son prochain !

Les autorités burundaises doivent aujourd’hui montrer de l’Ubuntu envers son peuple en lui évitant les atrocités.

A ceux qui font souffrir le peuple burundais, je vous demande ceci : mesurez vos actions et gestes, avant d’assassiner, violer, torturer un être humain comme vous, demandez-vous ceci: « Que ressens cette personne dont je m’apprête à menacer, torturer, violer? Demandez-vous ceci: que ressentirais-je si j’étais à sa place ? et si c’était ma sœur ?, ma mère ?, mon père ? qui subissait ce que je m’apprête à infliger à cette personne? Que feriez vous??

Posez-vous cette question et faites quelque chose en aidant la victime! FAITES PREUVE DE COMPASSION ET D’UBUNTU ENVERS VOS VICTIMES!

 

9/ Quel espoir et quel message donner aux femmes victimes dans les conflits armés ?
Je ne me permettrais pas de dire à ces femmes d’être fortes, de rester digne et courageuses, je ne peux pas parce que je sais que leur douleur dépasse l’entendement, je sais qu’elles se sentent seules face à la répression de l’autorité qui est sensée la protéger !

Par contre, je veux qu’elles sachent qu’il y’a des femmes qui pensent à elles, à ce qu’elles traversent, ce qu’elles endurent, je veux qu’elles sachent que je suis désolée et compatis profondément à leur douleur!

J’aimerais qu’elles sachent que malgré que même si je ne suis pas en mesure de changer la situation horrible dont elles vivent, je m’apprête tout de même de faire savoir au monde ce qu’elles traverser ! « Participer au 20km de Bruxelles pour elles ! »

D’ailleurs, je profite de cette interview pour faire un appel de solidarité : à tous mes amis et compatriotes, venez vous joindre à moi pour une grande action de compassion envers les femmes Burundaises violées en participant avec l’association « iCompassion-Ubuntu » au 20km de Bruxelles du 29/05/201. Pour toute information, contactez-moi : icompassion4@gmail.com ou via notre page fb « iCompassion-Ubuntu » N’oubliez pas de nous liker ! J


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