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Carine Durand « il faut une prise de conscience réelle de notre relation à l’environnement !


 

Nous avons été invitée en Suisse à  l’Exposition inédite du MEG  » Injustices Environnementales – Alternatives Autochtones » au Musée Ethnographique de Genève.

United Fashion for Peace la plateforme pour une planète éthique a ainsi pu voir de près, cet évènement qui a voulu être le portevoix des populations en danger face à la détérioration de la planète. Une magnifique exposition qui se veut,  vibrant hommage pour la justice écologique et la reconnaissance du savoir faire des populations restées étroitement connectées à la matrice.

Oui l’écologie et l’amour pour Gaia n’est pas un effet de mode, mais une question de survie de l’espèce et de l’humanité toute entière pour les populations autochtones.

Mais face au monde actuel et au tout capitaliste, ses voix et ses appels de détresse sont bien souvent mis en sourdine, face au profit et à la cupidité des grands, des politiques et entreprises dégradantes. Les peuples autochtones sont particulièrement vulnérables et donc les premières victimes de cette in considération pour la planète. La  survie des populations autochtones reste tributaire de la santé de la nature. Une nature bien malmenée qui s’oppose de plus en plus malgré elle, aux bienfaits de certains rites coutumes et savoir-faire ancestraux.

 

La matrice ne peut plus nourrir et protéger si on la malmène, juste et terrible retour des choses.

Pourtant ce sont les communautés écocentres qui sont les plus aptes à nous sauver car elles ont de tout temps survécu aux plus grands tsunamis de notre siècle. Elles sont par leur résilience, seules capables de trouver  des alternatives,  pour tenter de sauver ce qui est possible, à savoir  la biodiversité, les sols,  l’eau et les écosystèmes.

Hommes et femmes debout face au saccage de GAIA

L’exposition «Injustice environnementale – Alternatives autochtones» est un réquisitoire unique qui a pour but de faire  valoir le droit à disposer des  territoires. Le parcours s’articule autour de la situation politique, géographique et sociale de peuples autochtones dans le monde d’aujourd’hui. Il montre comment ils proposent de modifier la relation avec les écosystèmes pour faire face aux dégradations de l’environnement accélérées par le changement climatique.

Ne plus taire l’urgence climatique !

L’urgence climatique est l’un des enjeux majeurs de notre époque et de cette expo. Le parcours présente les perspectives et les savoirs et savoir-faire de peuples autochtones pour faire face aux dégradations de leurs territoires accélérées par les changements de climat.

Culture de la réparation

Parce qu’on aime à le penser, même si pour beaucoup le mal est si grand qu’il sera difficile de revenir en arrière, tout au moins, tenter de réparer le « réparable » !

Par une charte de savoir faire, une éthique de soin, et une culture de la réparation, les populations autochtones demandent la préservation de leurs droits fondamentaux pour résister face à l’injustice environnementale, protéger leurs territoires et transmettre leurs connaissances aux jeunes générations.

Cette magnifique exposition a eu le soutien  du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

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Entretien Xpress avec Carine Durand Directrice par interim du MEG

Carine Ayélé Durand est une anthropologue sociale qui a travaillé au cours des vingt dernières années dans différents musées en Europe. Elle a été commissaire de plusieurs expositions sur l’art et les mouvements politiques contemporains des peuples autochtones. Consultante en patrimoine culturel à Barcelone, en Espagne, entre février 2011 et août 2015, elle est actuellement conservatrice en chef au Musée d’ethnographie de Genève (MEG).

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1 Votre parcours en bref :
Etudes en anthropologie sociale /ethnologie/Négociations internationales
Doctorat à l’Université de Cambridge (2010),  DEA en Ethnologie à l’Université d’Aix-en-Provence (France, 1999), Magistère en Négociation Internationale à Aix-en-Provence (France, 2000), Maîtrise en Ethnologie à l’Université de Nice (1997).

 2 Parcours professionnel  : je suis chercheuse en anthropologie sociale et conservatrice de collections de musée
En poste dans divers musées européens depuis 2001 :

Oct. 2015 – Présent Musée d’ethnographie de Genève, Genève
Conservatrice en chef. Responsable de l’unité Collections.
https://www.ville-ge.ch/meg/collections.php
Fév. 2011 – Juil. 2015 Kultura Ideas y Estrategias para el Patrimonio, SL. Barcelone.
Coordinatrice de projets.
Responsable de projets d’analyse stratégique, diagnostic et mise en valeur
du patrimoine culturel
http://www.kultura.cat
Nov. 2009 – Fév. 2010 Musée d’Archéologie et d’Anthropologie de l’Université de Cambridge.
Commissaire invitée.
Direction de l’exposition Sápmi. Responsable de la conception et réalisation.
http://maa.cam.ac.uk/maa/sapmi/
Jan. 2007 – Juin 2007 Musée nordique de Stockholm.
Commissaire invitée.
Direction de la section: Bildspel Urfolk au sein de l’exposition
Sápmi. Responsable de la conception et réalisation.
http://www.nordiskamuseet.se/en/utstallningar/sapmi

Avr. 2005 – Avr. 2006 Musée d’Archéologie et d’Anthropologie de l’Université de Cambridge.
Assistante de conservation. Projet textile
Assistance en gestion, documentation et conservation de 4000 objets de la
collection textile.
http://museum.archanth.cam.ac.uk/textiles/
Jan. 2001 – Oct. 2004 Muséum d’histoire naturelle de Lyon (actuel Musée des Confluences).
Conservatrice des collections ethnographiques et archéologiques des
Amériques et du cercle polaire
Responsable de la gestion, documentation, conservation et mise en valeur des
collections.
http://www.museedesconfluences.fr/musee/
http://www.laclasse.com/v25/statique/thematiques/parcours_du_temps/

Sept. 2000 – Déc. 2000 Musée africain de Vérone.
Guide conférencière des collections ethnographiques.
http://www.here.it/museoafricano2/default.asp

  3 Directrice par interim cela signifie quoi pour vous ?
Je suis directrice interim depuis mars 2022. Avant, j’ai été  conservatrice en chef. Mon rôle en tant que directrice interim a été d’assurer une continuité dans la poursuite de projets importants en cours au musée en matière de décolonisation du musée, d’engagement sociétal vis-à-vis de nos publics et de durabilité notamment.

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Quel est votre sentiment s’agissant des mvments de restitution dans les Musées dans le Monde ?
Cela fait plus de 20 ans que je suis les mouvements de restitution dans les musées. J’ai participé à plusieurs rencontres à ce sujet et m’intéresse à la manière dont ce débat s’inscrit aujourd’hui dans une perspective de droits humains, notamment lorsque l’on aborde la question des restitutions de restes humains et objets sacrés (https://www.ohchr.org/EN/Issues/IPeoples/EMRIP/Pages/CallforSubmissionsRepatriation.aspx). Le MEG s’engage dans ces réflexions à divers titres en organisant ou co-organisant des conférences sur le thème de la recherche de provenance (https://www.geneve.ch/fr/agenda/decoloniser-recherche-provenancehttp://www.palaisderumine.ch/expositions/expositions-passees/exotic-en-2020-21/provenance-globale/27-janvier-2021/)  et en menant des recherches sur nos collections en collaboration avec les porteurs et porteuses de cultures (https://www.ville-ge.ch/meg/collections_03.php)

4 Cette exposition au MEG elle est importante c’est un cri  ?

Tout d’abord un constat: Comme nous l’indiquons en préambule de cette exposition «  partout dans le monde, près de 500 millions d’autochtones défendent leurs droits face à l’injustice environnementale qui menace leur économie, leur santé et leurs cultures. Les peuples autochtones sont particulièrement vulnérables aux dégradations environnementales en raison de leur étroite dépendance au milieu naturel pour leur subsistance et leur bien-être. Ils jouent un rôle important dans la recherche d’alternatives, grâce à leurs savoirs et savoir-faire ancestraux qui se révèlent particulièrement efficaces pour la protection de la biodiversité, des sols, de l’eau et des écosystèmes. » Ensuite une prise de conscience sur la relation que nous entretenons aujourd’hui avec l’environnement. D’autres manières d’être au monde, et d’être en relation avec les écosystèmes est-elle possible? J’estime à titre personnel que les peuples autochtones nous démontrent au quotidien qu’une autre relation avec l’environnement est possible pour autant que l’on respecte leurs droits fondamentaux et notamment le principe de consentement libre, préalable et éclairé.

 5 Genève plaque tournant européenne des revendications du MONDE ?

 OUI Depuis au moins 1923, selon les sources historiques dont nous disposons. Genève n’est pas seulement un lieu de revendications. C’est un lieu où les droits des peuples autochtones ont été définis et ratifiés par de nombreux états. Les droits des peuples autochtones sont aujourd’hui reconnus au niveau international dans une convention (https://www.ilo.org/dyn/normlex/en/f?p=NORMLEXPUB:12100:0::NO::P12100_INSTRUMENT_ID:312314), et une déclaration (https://www.un.org/development/desa/indigenouspeoples/wp-content/uploads/sites/19/2018/11/UNDRIP_E_web.pdf). C’est aussi à Genève que des experts en droits des peuples autochtones se réunissent annuellement de manière ininterrompue depuis des dizaines d’années.

6 la Cop fut un flop et pourtant il ne faut pas cesser d’y croire ?!

Les enjeux actuels sont énormes, cela fait de nombreuses années que les peuples autochtones alertent les instances locales, nationales et internationales sur les dramatiques conséquences du réchauffement climatique sur les terres et territoires autochtones et sur la vie des populations concernées. Même si l’accord sur le climat de Glasgow est loin d’être satisfaisant, au niveau des relations entre droits humains et environnement, il y a quand même eu cette année des avancées notables que nous pouvons reconnaître. La protection de l’environnement dans le champ des droits humains en est un exemple: https://www.fidh.org/fr/themes/mondialisation-droits-humains/environnement-sain-et-droits-humains-deux-victoires-historiques-a-l

7 Le Message est clair et il doit être entendu ?!

Dans le cadre du plan stratégique pour les années 2020-2024  : cette  exposition s’inscrit dans une réflexion majeure qui se poursuivra dans les années à venir. Les musées tels que le nôtre ont un rôle à jouer pour repenser notre relation à l’environnement. Les problématiques climatiques et les dégradations environnementales, accélérées par le changement climatique, nous invitent à explorer les conflits et les déséquilibres du monde, mais également l’éthique du soin et le rôle que peuvent jouer les alliances internationales, tel que le mouvement international autochtone pour repenser notre relation à l’environnement. Les musées ont un rôle à jouer. Ils peuvent démontrer que la créativité, la bienveillance et le respect surgissent irrémédiablement même au coeur de ce que nous avons appelé dans l’exposition le temps de la crise.

 

MEG EN BREF

Le musée d’ethnographie de Genève est un musée suisse situé dans le quartier de Plainpalais, à Genève. Consacré à l’ethnographie, il est lauréat du prix du musée européen 2017.

Adresse : Bd Carl-Vogt 65, 1205 Genève, Suisse

EXPOSITION

Du 24 septembre 2021 au 21 août 2022

Du mardi au dimanche

de 11h à 18h


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