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Rentrée en mode Zen !

Ajouté par , Le septembre 1, 2016 , dans Buzz, Evénement, Paroles Ethiques, Prix Ethique

 

 

L’édito de ce mois est celui de la rentrée et il se doit d’être porteur d’espoir et de légèreté, pourtant durant tout le mois de juillet passé dans mon berceau natal, je fus sur des charbons ardents, car l’actualité régionale est des plus consternante, les attentats à Nice, l’assassinat du prêtre, les centaines d’enfants et civils syriens massacrés suite aux frappes contre les mouvances obscurantistes, une certaine politique arabe d’Europe qui continue son ingérence sous prétexte de la chasse aux « spectres », la politique intérieure de mon pays de naissance, le marasme socioéconomique ambiant en Tunisie et en France, l’assassinat de l’imam et de son assistant aux USA passé sous silence, la chasse au burkini en France qui nous a valu d’être la risée du monde, l’acharnement médiatique sur les musulmans, l’épée de Damoclès sécuritaire que nous vivons du nord au sud, le chômage, la précarité, les temps incertains, tout cela a compliqué mon séjour, qui devait se faire en mode lâcher prise.

credit ludovic Parfaite

credit ludovic Parfaite

 Le mot de la Présidente d’UFFP

Fériel Berraies Guigny

Oui, car j’ai beaucoup souffert des amalgames, des dénonciations de la diabolisation que nous, musulmans d’Europe, vivons à chaque tragédies, des raccourcis du manque d’intelligence et de l’acharnement conscient et inconscient et d’une presse française sensationnaliste qui n’a rien fait si ce n’est encourager les clivages. Et les réseaux sociaux sont alors devenus des déversoirs de racisme et de Haine, et cette France adorée, j’ai fini par ne plus la comprendre…

Le climat politique social et économique de mon pays a eu raison de mes bonnes résolutions mais celui de la France, est tout aussi préoccupant et me voici écartelée une nouvelle fois entre le deux.

Malgré les bonnes volontés, la Tunisie ne sort pas du marasme : des attentats certes déjoués, mais un piétinement politique, une crise économique qui paralyse le pays, pas d’Etat fort, pas d’institutions viables, six ans de tâtonnement politique et de lutte de pouvoir, un patriotisme moribond, corruption et perte de civisme, d’humanisme surtout !

Et maintenant le Nord en rajoute aussi une couche, pouvant provoquer une réelle guerre de religions, un communautarisme provoqué par un trop plein et une perte de repères, d’identité et surtout de clairvoyance, car à vouloir s’arroger le rôle du Zorro et du gendarme du monde, comme les US, la France perd et martyrise ses enfants !

Mais le monde arabe ne capitulera pas, malgré ses errements, ses fautes, ses écarts, son histoire contemporaine peu clémente, ses amitiés meurtrières, car son peuple, l’âme de ses enfants, son histoire et sa civilisation, survivront aux plus grands tsunamis géopolitiques de notre siècle. On tuera nos enfants, mais d’autres naitront encore plus forts et déterminés, mais ceux qu’UFFP aime sont les bâtisseurs, les éclairés, les porteurs d’espoir, rien à voir avec ceux qui ont décidé de combattre un système et d’opter pour le nihilisme.

Nous arabes et musulmans du Monde, européens de la diversité, ne sommes pas des alibis politiques ou culturels nous sommes le lien entre les histoires aussi meurtrières et douloureuses soient elles, nous sommes le renouveau et nous ne voulons pas être les cibles les otages ou les boucs émissaires, d’un quelconque marchandage géopolitique, au profit d’alliances occultes qui cherchent à asseoir leur domination de notre région quitte à songer à notre destruction totale ou à nous vendre au plus offrant !

Car la Tunisie éclairée malgré ses brebis égarées est un peuple digne et fier, un peuple tolérant, et même si le désenchantement, la pauvreté ont touché certaines de nos couches sociales, nous ne cautionnons pas les actes de barbarie dont nous sommes victimes en Syrie, en Irak en Afghanistan en Turquie en Afrique Subsaharienne en Lybie !

Alors j’en appelle à l’intelligence du cœur et de l’âme, ne prenez pas pour argent comptant tout ce qui se passe, les medias ont aussi une vision faussée biaisée, et l’envers du décor, il faut le vivre sur le terrain pour le comprendre…

Alors, oui j’ai vécu un purgatoire moral au soleil sous les senteurs du jasmin, j’ai pleuré pour tous mes frères du Monde, assassinés…

 J’ai aussi vécu des journées de tempête face à la mer, les éléments totalement déchainés, comme si ces derniers communiaient leur rejet des atrocités que connaissent ma région et le monde actuellement. Je me suis sentie bien seule face à tout ceci, face à la grande bleue dans laquelle je puisais ma force tranquille. Elle seule a pu me consoler, me réconforter, me rappeler combien ma terre est belle et riche, féconde d’une histoire qui a enfanté des grands hommes politiques qui ont transcendé les siècles et le monde. Non ma Tunisie ne mourra jamais mais je suis simplement déçue de ce leadership opportuniste qui ne remplit pas son devoir, je suis aussi triste de voir combien mon peuple pour avoir trop souffert, a aussi changé.

Six ans de souffrance, de stagnation, mon pays, son environnement, son peuple se consument…

Mais mon pays est d’une grande beauté malgré tout, certains « mohicans » survivent et vivent en autarcie et c’est avec eux que j’ai pu retrouver un petit peu de cette douceur de vivre qui n’est plus.

Ma douce Tunisie se cherche encore car elle n’a pas trouvé des enfants dignes de sa noblesse.

Ma vie est on hold, depuis cet hiver arabe qui a rongé les entrailles de ma région ; cette mise en scène déguisée sous couvert de lutte pour la démocratie s’est transformée en pire cauchemar avec sur fond de diplomatie malveillante les cartes géopolitiques à venir. Car certaines puissances aidées par certains pays frères arabes, instrumentalisent les bras de mouvances religieuses rétrogrades et groupuscules terroristes. Un jeu pervers et dangereux pour le Monde entier, qui aura surement comme à chaque fois, un effet boomerang.

Mais ce qui m’attriste au fond, c’est qu’encore une fois, ce ne seront pas les politiques qui trinqueront mais nous : nos jeunes, nos femmes et nos enfants. La région étouffe, l’espoir est asphyxié, la crise économique fait rage, l’emploi est bloqué et la volonté des plus persévérants mise à rude épreuve. Les choses nous dépassent certes, entre les mains des grandes puissances qui se jouent de nous et aidées par nos gouvernants complices devenus leur valet. Mais pour autant, il faut rester en état d’alerte pour éviter le pire. Car quand on a touché le fond, le meilleur est à venir !

Oui notre rêve de dignité et de liberté est dans une impasse, mais les UFFPiens du Monde entier vous le diront, nous sommes des obstinés, des utopistes du meilleur et du mieux vivre ensemble.

Il faut tout faire pour que notre rêve de liberté et de dignité se concrétise. Sinon le risque est que devenu moribond, cela ouvre la voie à une perte d’identité et d’autonomie, les peuples arabes se mourant lentement sous le coup de la violence, l’oppression, l’injustice sociale et économique, et les luttes fratricides, manipulées par des forces extérieures qui ont intérêt à ce que la donne persiste. Irak, Syrie, Palestine, Egypte, Lybie le chantier des douleurs est immense, mais le changement est en cours, du pire on ira vers la lumière.

UFFP est apolitique et sans connotation religieuse, et je m’étais jurée en quittant ma carrière de diplomate en Tunisie de ne plus faire « de politique». Toutefois, en parlant d’éthique nous touchons à ces champs si complexes qui continuent de régir le devenir de notre humanité. Alors tout en insistant toujours sur la « culture pour la paix » et le respect des droits de l’homme quel que soit la confession, en insistant sur la nécessité d’un droit international qui devrait s’appliquer à tous les peuples sans exception, élus de Dieu ou pas, mettons notre langue de bois de côté, pour une courte minute. Car le monde est en danger dans sa globalité et les extrémismes se nourrissent de la désespérance des peuples, de la pauvreté et de l’ignorance, de la précarité entretenue par les plus grands de ce monde capitaliste et du Nord au Sud on assiste au grand retour des discours populistes les plus dangereux. Et les extrêmes prennent alors le pas sur cette douce utopie qu’est ma bataille : le mieux vivre ensemble. Il est des peuples élus ou qui se proclament tel, des peuples qui ont souffert ; mais cela ne leur donne que le droit d’être exemplaires !!!

En ce qui concerne ma Tunisie, l’autre plus grand danger c’est cette fatale indifférence qui frôle le laxisme irresponsable, l’acceptation des choses les plus absurdes et improbables parfois. Six ans depuis l’avènement de ce tsunami populaire qui a contribué à renverser l’ancien régime, trois gouvernements successifs, trois ans d’atermoiements politiques, de lutte de pouvoir entre les différents partis, six ans de gouffre financier, de fausses promesses, alors que progressivement le pays est rongé par l’insécurité, l’inflation, l’insalubrité, une crise économique et sociale sans précédent. Les assassinats politiques qui n’ont jamais été jugés, nos militaires assassinés avec une quasi indifférence… et l’installation à nos frontières du terrorisme international. Et maintenant on nous parle de tutelle « américaine » cautionnée par un nouveau gouvernement, mais où va ma Tunisie ?

Je suis partie de ma Tunisie car je n’avais pas ma place avec l’ancien régime, tristement je réalise qu’aujourd’hui, elle n’est pas pour autant acquise, mais mon combat pour l’éthique et le mieux vivre ensemble des peuples sur cette terre, continuera, car le chemin est long, et une vie ne suffira pas.

J’ose espérer que mes propres enfants continueront le combat à leur manière … ils sont nés de l’amour et de la mixité, du mieux vivre et du respect de la différence.

Il faut voir grand et loin et prendre le risque parfois, de sortir de son petit confort personnel, retrouver ce civisme que l’on a perdu, cet engagement et ce militantisme que nous avons mis en berne par découragement et dépit. Le pays a besoin de nous, notre région a besoin de nous, le Monde a besoin de nous. Le meilleur est encore possible, rien n’est éternel, tout est changement et il suffit de le vouloir !

 L’OUMMA se relèvera, c’est une question de temps. Et pour cela réapproprions nous le sens des valeurs essentielles : solidarité, pardon, partage, équité et unité !

Je rêve d’une Tunisie démocratique, d’un Monde arabe autonome, prospère, une région qui apprendra de ses erreurs, qui embrassera la parité de plain-pied, qui respectera sa jeunesse et son environnement. Qui comprendra que le progrès n’est pas antinomique du respect de la tradition et de l’identité musulmane

Pour cela, il faudra apprendre à laisser de côté ses ambitions et le profit à tout prix pour conjuguer le meilleur au nom de la prospérité et le progrès solidaire. Aujourd’hui, notre parole est libérée et c’est un grand pas, mais les actes n’ont pas encore suivis et nous n’avons gardé que la critique et la destruction. La crise politique y est pour beaucoup. L’économique aussi, mais la prise de conscience est là !

Nous avons eu une magnifique constitution grâce au travail des femmes tunisiennes, mais tout reste encore à faire. Alors pour clore ce volet, je voudrais aussi dire et exprimer tout l’amour et l’admiration que j’ai pour la femme tunisienne, qui n’a jamais lâché prise et qui continue à se battre d’hier à aujourd’hui. Et je leur dédie cet édito!

Pour l’heure et j’en suis convaincue, le temps est pour les femmes et le 21e siècle sera au féminin ou ne sera pas !

 Soyons fortes, unies et solidaires, du Nord au Sud, faisons le lien. Nos combats sont les mêmes.

Cette édition chers UFFPiens, met en avant pas mal de femmes engagées sur des questions assez épineuses, religion, radicalisation, droit des femmes, écologie, parité, développement durable, tout y est pour rentrer en force.

Chers lecteurs, cela fait plus de six ans que nous donnons la voix, la lumière à tous ceux qui contribuent de près ou de loin à cet idéal de société que nous voulons. Nous avons logés tout le monde à la même enseigne, nous avons investi du temps de l’argent, de l’énergie, sans doute négligé notre santé pour vous valoriser. Pour continuer à faire notre travail, il nous faut des fonds, de l’aide, des investissements, des publi-reportages payants, de la publicité. A la rentrée nous comptons sur vous, car vous voudrions faire un fund raising, pour pouvoir continuer à travailler dignement et nous recherchons des sponsors pour une prochaine caravane UFFP

Nous avons travaillé à fonds perdus pour remplir tous nos objectifs et nous y sommes parvenus!

Et en attendant, la rentrée doit se faire dans la joie, l’espoir et la sérénité. Continuez à nous aimer et à nous soutenir, car on porte en notre cœur tout l’amour du monde pour vous.


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