Un peu comme ce qui m’est arrivé en allant souffler mes bougies sur Pornichet. Tous les éléments devaient être là pour le bonheur et le dépaysement. Trois jours, et sur les trois, rhinopharyngite, le deuxieme jour, je suis heureuse et le soir même quasi fini aux urgences, grosse infection et douleur et crise d’angoisse et grosse déprime !!!

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Résultat des courses, une journée de transition et quasi début de bonheur, mais la première et la dernière, clouée en deux par la douleur, le mal être, au lit.
Ce n’est pas un coup du destin, c’est paradoxalement, un phénomène décrit en 2001 par le psychologue néerlandais Ad Vingerhoets, sous : la maladie des loisirs[1].
Le constat est le même chaque été. Des personnes apparemment en forme s’effondrent dans les 24 à 72 heures suivant l’arrêt du travail.
Rhume, migraine, douleurs musculaires, troubles digestifs… Comme si le corps attendait le signal vacances pour disjoncter.
Qui sont les coupables?
Le cortisol est le trublion semblerait il.
Le cortisol suit un rythme circadien précis : élevé le matin, décroissant dans la journée, puis au plus bas le soir. Mais sous stress chronique (charge de travail, sollicitations permanentes, hypervigilance sur plusieurs mois), ce rythme se maintient à un niveau haut en continu. Depuis ma chirurgie de ce mois de janvier, le solde de la succession de feu mon époux, les gros dossiers entamés sur le racisme, la violence de genre, la pédophilie, l’indifférence et l’ingratitude liés à mon métier, et à présent le chaos climatique, mon mental ayant subi trop de pression et de douleur : le corps a lâché.
La sinistrose mondiale, mon éloignement de ma terre natale ( la France est mon second pays, mais ici n’ai personne) , mes parents fatigués, ma belle famille, la charge morale, mentale et matérielle qui m’incombe depuis la mort de feu mon époux, tout cela et six ans de combat depuis son départ, et enfin, y a du positif, la matérialisation de trois projets, tout cela, fut un cocktail molotov et il a fallut payer la note.
Alors médicalement cela signifie quoi ?
L’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (un axe de régulation bien connu dans la régulation nerveuse et de l’énergie au quotidien) reste activé bien au-delà de ce pour quoi il a été conçu, à savoir des épisodes courts, pas des mois de suractivation.
Quand il est sécrété à dose physiologique, le cortisol régule aussi l’inflammation. Il tient en respect un système immunitaire pour ne pas qu’il s’emballe[2].
Alors quand l’hyperactivation cesse brutalement, lors des premiers jours de vacances, quand cessent les réunions, les deadlines, les obligations, le cortisol chute d’un coup . Et avec lui tombe le frein qu’il exerçait sur l’immunité.
Le système, débridé, s’emballe, et ce qui aurait dû être perçu comme un simple rhume en gestation prend soudain toute la place, parce que plus rien ne le contient[3].
Ce n’est pas le travail qui rend malade, c’est l’absence de transition, ce nouvel inconnu et cet espace sans limite.
Généralement, on vous explique la fatigue par la charge de travail, et on prescrit du repos pour la contrer. C’est logique en apparence.
Mais le corps ne fonctionne pas en mode tout-ou-rien. Il a besoin d’une alternance respectée entre activation sympathique et récupération parasympathique.
C’est un mouvement de bascule, pas un interrupteur on/off.
Or c’est précisément de cette alternance dont notre mode de vie nous prive bien avant que les vacances n’arrivent.
C’est aussi le souci de bien faire, de ne décevoir personne : le conjoint à contenter, le patron qu’on ne veut pas décevoir, les enfants pour qui on veut être toujours disponible… et pour ma part, toutes les personnes pour qui je fais d’énormes dossiers et qui me le rendent pas toujours !
On tient la barre, on assure, et on s’oublie un peu plus chaque jour, sans jamais s’accorder la pause qui permettrait à notre système nerveux de relâcher la pression.
Alors le corps lâche
Un organisme qui ne bénéficie pas de cette alternance travail/repos arrive aux vacances sans savoir comment relâcher progressivement. Il ne peut faire qu’une chose : s’effondrer.
ALORS QUE FAIRE ?
Construisez votre transition avant les vacances…
Préparez-la, si possible, trois ou quatre jours avant.
Apprenez à procrastiner en reportant tout ce qui peut l’être à la rentrée. Déléguez plutôt que de tout boucler vous-même et acceptez qu’une tâche reste inachevée. CA J’Y ARRIVE pas !!!!
Le système nerveux a besoin de ce signal progressif pour comprendre que la pression retombe réellement et tranquillement.
C’est pourtant celui qui peut le mieux absorber le choc de la transition.
Dès le premier matin de congé, privilégiez la lumière naturelle avant de regarder votre smartphone. C’est le geste le plus simple pour resynchroniser l’organisme.
Et contrairement à ce qu’on a tendance à faire intuitivement, un farniente total au début des vacances n’aide pas vraiment.
Une activité physique modérée (marche, natation, vélo) dès les premiers jours entretient la flexibilité du système nerveux.
Le soir, quelques minutes de respiration lente ou de cohérence cardiaque envoient au corps un signal de sécurité.
Sur le plan du soutien nutritionnel, le magnésium bisglycinate le soir accompagne utilement cette phase de relâchement musculaire et nerveux, tandis qu’un adaptogène comme l’ashwagandha aide le système nerveux à sortir en douceur d’un état d’alerte prolongé.
Enfin, il faut accepter que cette transition prenne 48 à 72 heures.
Retrouvez les conseils de Feriel Berraies Therapeute
www.feriel-Berraies-therapeute.com
https://therapeutes.com/sophrologue/ozoir-la-ferriere/feriel-berraies
https://expertes.fr/expertes/70088-f%C3%A9riel-berraiesguigny
[1] Vingerhoets AJJM, van Huijgevoort M, van Heck GL. Leisure Sickness: A pilot study on its Prevalence, Phenomenology, and Background. Psychotherapy and Psychosomatics. 2002 ; 71(6) : 311-317.
[2] Dhabhar FS. Effects of stress on immune function: The good, the bad, and the beautiful. Immunologic Research. 2014 ; 58(2) : 193-210.
[3] Van Heck GL, Vingerhoets AJJM. Leisure Sickness: A Biopsychosocial Perspective. Psychological Topics. 2007 ; 16(2) : 187-200.
