Yamina Saheb” la chaleur n’est pas démocratique, elle épouse la carte des inégalités” !

  • By UFFP
  • 17 juillet 2026
  • 0
  • 77 Views

Déjà la quatrième vague de chaleur extrême en moins de deux mois, et le pire est à venir… à moins que l’on choisisse d’agir sur la cause du réchauffement climatique. Depuis sa cave, Yamina Saheb, autrice du GIEC, lance un cri d’alerte signé par 25 000 personnes.

Le GIEC est l’organe des Nations unies chargé de l’évaluation objective de la recherche scientifique sur le changement climatique. Ouvert à tous les États membres de l’OMM et/ou des Nations unies, le GIEC compile et synthétise les connaissances scientifiques les plus récentes sur le climat.

La France étouffe sous des canicules toujours plus intenses. Les solutions existent pour protéger les villes, les écoles, les hôpitaux et les logements. Ce qui manque, c’est une action politique à la hauteur. Nous vous demandons de présenter d’ici la fin de l’été un plan d’urgence climatique ambitieux, chiffré et financé, pour protéger la population et préparer la France aux défis climatiques à venir.

ll a fait 43 °C, en juin. Nos forets et notre biodiversité en France a aussi payé un prix très fort entre canicule et feux de foret, mais l’on est uniquement dans une dynamique de réaction trop tard…

Encore une canicule (la quatrième est à prévoir encore d’ici fin juillet en moins de deux mois). Et tandis que la Ministre de la Santé nous invite à boire de l’eau, les trains sont à l’arrêt et le fonds d’aide à la transition a été divisé – par trois.

La France étouffe et subit. enfin surtout les défavorisés !!!

Nous savons comment rendre nos villes plus respirables, nos écoles plus fraîches, nos logements plus supportables quand le thermomètre s’emballe. Ce qui manque, ce n’est pas la technologie ni même de l’argent. C’est la décision politique d’en faire enfin une priorité.

Et Emmanuel Macron a encore un an pour la prendre !

Soyons 100 000 cette semaine à lui demander un véritable plan d’urgence climatique, doté des moyens nécessaires pour nous protéger.

https://secure.avaaz.org/campaign/fr/arretez_les_subventions_aux_energies_fossiles_loc/?copy&utm_source=copy&utm_medium=social_share&utm_campaign=58460&share_location=post_action&referer_id=019f6fbd1c087269880806a55298e6d4

 Atteignons les 100 000 d’ici la fin de semaine pour obtenir une réponse du Président. Exigeons la fin immédiate des subventions aux énergies fossiles :

https://secure.avaaz.org/campaign/fr/arretez_les_subventions_aux_energies_fossiles_loc/?copy&utm_source=copy&utm_medium=social_share&utm_campaign=58460&share_location=post_action&referer_id=019f6fbd1c087269880806a55298e6d4

rejoignez l’appel citoyen de Yamina Saheb…

Cher Monsieur Macron,Je vous écris de notre cave, seul lieu encore habitable dans notre immeuble parisien.

Je relis votre appel à “la prudence, à prendre soin des personnes âgées, des plus vulnérables comme des enfants et à suivre l’ensemble des recommandations du gouvernement“. J’en reste abasourdie.Je ne comprends pas qu’un président de la République puisse, une fois de plus, faire peser sur les frêles épaules des citoyens la responsabilité de les protéger, qui est la vôtre. Et je vous imagine sirotant un apéro (loin d’être mérité) dans une pièce climatisée de l’Élysée ou d’un autre palais de la République.Alors j’ai décidé de vous écrire. Cette lettre, vous ne la lirez probablement jamais. Qu’importe : seule l’écriture apaise un peu ma colère.Vous nous demandez “la prudence”. Mais la prudence de qui, Monsieur le Président ? Celle des citoyens qui n’ont jamais voté pour quatre degrés de réchauffement, ou celle d’un État qui, année après année, choisit de ne pas agir sur la cause ? On ne se met pas “à l’abri” d’un climat que l’on continue de dérégler. On ne “boit pas de l’eau” pour réparer des décennies d’inaction climatique.EXIGEONS LA FIN IMMÉDIATE DES ÉNERGIES FOSSILESCette canicule n’est pas une fatalité météorologique. Elle est la conséquence directe et mesurée de votre décision de nous enfermer dans le capital fossile. Nous l’avions écrit, noir sur blanc, dans les rapports du GIEC (IPCC). Vous le saviez. Nous le savions tous. Ce qui nous accable aujourd’hui n’est pas une surprise : c’est un rendez-vous que vous, avec d’autres responsables politiques, avez choisi de ne pas honorer.Et que proposez-vous face à cela ? De nous adapter à une France devenue fournaise, comme si l’on pouvait s’adapter sans fin à un monde que vous vous obstinez à rendre invivable.Je vous écris enfin parce que je ne sais pas comment expliquer à un enfant de six ans que les adultes savaient, et qu’ils ont préféré l’apéro à l’action. Je ne sais pas pour vous ; moi, je refuse de léguer à mon fils un pays où le seul refuge est le sous-sol, et comme seule consigne, la débrouille.EXIGEONS LA FIN IMMÉDIATE DES ÉNERGIES FOSSILESNous finirons bien par remonter de notre cave. Mais je n’oublierai pas qui m’y a laissée : votre inaction climatique, cher Emmanuel Macron, celle qui vole à nos enfants le droit de vieillir sur Terre.Je vous demande d’agir enfin à la hauteur des enjeux, à commencer par mettre un terme à toutes les subventions publiques directes ou indirectes aux énergies fossiles dans notre pays.Demain, il sera déjà trop tard.Yamina Saheb, auteure pour le GIEC, Groupe d’experts climat de l’ONU.

UFFP s’est entretenue avec Yamina Saheb pour parler des enjeux climatiques à venir pour la France mais également globalement.

Découvrez la :

Yamina Saheb,est née en mars 1971, en Algérie, elle est docteure en ingénierie énergétique franco-algérienne, spécialisée dans les politiques énergétiques, sujet de sa thèse de 2003. Elle a travaillé notamment au Centre de recherche de la Commission européenne et l’Agence internationale de l’énergie.

Yamina SAHEB est enseignante à PSIA et chercheure affiliée au LIEPP Sciences Po (Paris), autrice du volet III du 6ème rapport du GIEC.

Dès les années 2010, elle commence à mener une bataille pour faire apparaitre le terme de “sufficiency”, soit “sobriété” en français, dans les rapports de l’Agence internationale de l’énergie et dans les rapports du centre de recherche de la Commission européenne.

Ce n’est donc pas anodin de proposer ce terme qui repose essentiellement sur l’idée de respecter les limites planétaires et de garantir des conditions de bien-être pour tous. Le cadre dans lequel s’applique cette sobriété doit passer par des politiques publiques pour permettre à chacun.e de respecter les limites planétaires.

Yamina Saheb organise en 2023 le premier sommet mondial sur la sobriété avec l’Australie et David Ness, professeur à l’Université de South Australia, dans lequel sont présents plus de 700 participants. Elle crée en 2024 le laboratoire mondial des sobriétés –World Sufficiency LabOuverture dans un nouvel onglet pour répondre aux enjeux de sobriété qui passent par une nécessaire métamorphose de la société. Yamina Saheb rêve de voir advenir des agoras citoyennes de la sobriété partout en France.

Une victoire historique au GIEC mais rien ne change

Lors des travaux préparatoires du sixième rapport du GIEC en 2022, Yamina Saheb a mené un combat pour faire reconnaître officiellement la notion de sobriété. “Le mot réapparaît à la dernière étape des négociations. Une victoire donc discrète mais décisive”, explique-t-elle. Pour la première fois dans son histoire, le GIEC reconnaissait que la réponse climatique ne serait pas seulement technologique, mais impliquerait “une réorganisation volontaire de nos priorités collectives dans le domaine de l’énergie, du logement, de la mobilité ou du travail.”

Cette bataille n’était pas sans opposition. Le mot est même devenu “l’un des plus contestés du texte” lors de la relecture par les gouvernements, et disparait même temporairement du résumé destiné aux décideurs. 

Yamina Saheb photo all rights reserved

Yamina SAHEB est enseignante à PSIA et chercheure affiliée au LIEPP Sciences Po (Paris), autrice du volet III du 6ème rapport du GIEC, experte internationale des politiques d’atténuation du changement climatique et fondatrice du réseau OpenExp

Yamina vient de lancer le laboratoire mondial des sobriétés –World Sufficiency Lab

Yamina a été chercheure associée à l’Université de Münster en Allemagne et à l’Université de Lausanne en Suisse. En 2018, elle était responsable du département efficacité énergétique au Secrétariat international sur la charte de l’énergie. Elle a également travaillé au centre de recherche de la Commission Européenne (JRC) et a occupé le poste de responsable des politiques bâtiment à l’Agence Internationale de l’Energie (AIE). 

Yamina est docteure en énergétique et diplômée de l’EHESS en économie de développement et de l’Ecole d’Architecture de Paris la Villette en politiques paysagères. Elle est également ingénieure en équipements techniques du bâtiment. 

Entretien avec Fériel Berraies Guigny UFFP editor

La France et l’Europe occidental, voire le MONDE sont en train de subir des désastres climatiques sans nom, je viens d’une Région la Seine en Marne actuellement en train de se battre contre des feux dans la forêt de Fontainebleau, on dit que c’est criminel, néanmoins  l’extrême sécheresse y est pour beaucoup? qu’en pensez vous?

Les deux ne s’opposent pas, et c’est là tout le malentendu. Qu’un feu parte d’une étincelle, d’une imprudence ou d’un geste criminel, cela ne dit rien de la raison pour laquelle il devient un brasier. Fontainebleau, c’est près de deux mille hectares partis en fumée, une forêt qui a façonné notre culture, des peintres de Barbizon à nos promenades d’enfance et d’adulte. Une allumette, même criminelle, ne transforme pas une forêt humide en torche. Ce qui l’a rendue inflammable, c’est la sécheresse et la chaleur, et celles-ci, elles, ne relèvent pas du fait divers.

On cherche donc un coupable dans la forêt, alors que le véritable incendiaire est dans l’atmosphère. Depuis des mois, les sols de Seine-et-Marne sont asséchés, la végétation est un combustible prêt à s’embraser. Ce n’est pas un aléa : en Europe de l’Ouest, les journées les plus chaudes de l’été se réchauffent près de trois fois et demie plus vite que la moyenne mondiale. Nous avons transformé nos étés en saison du feu. Alors oui, poursuivons les responsables d’un départ de feu s’il y a eu faute. Mais ne nous laissons pas voler le vrai débat : le pyromane que personne ne juge, c’est notre dépendance aux énergies fossiles.

Aujourd’hui, les climatosceptiques et tous ceux qui ont raté le coche des Cop successives, font profil bas, vous en pensez quoi ?

Je n’en tire aucune satisfaction, et surtout je me méfie de l’idée qu’ils auraient disparu. Le climatoscepticisme n’est pas mort : il a changé de costume. Le déni frontal type « le climat ne change pas », « ce n’est pas nous », n’est plus tenable devant une France à quarante degrés en juin. Alors il s’est déplacé. Il ne nie plus le problème, il décourage l’action. Il dit désormais « c’est trop dur », « c’est trop cher », « adaptons-nous », « la technologie nous sauvera », « à quoi bon si la Chine ne fait rien ». C’est ce que les chercheurs appellent les discours du retard.

Dire « c’est trop dur » est devenu la forme polie du renoncement, un discours du retard qui a remplacé le vieux climatoscepticisme. C’est en réalité plus insidieux que le déni, parce que cela se pare des habits de la raison. Donc plutôt que de savourer leur silence, je préfère nommer ce qu’ils nous ont coûté : trente ans. Nous savions dès 1990, le premier rapport du GIEC était sur la table. Ce que nous avons accumulé, ce n’est pas un déficit de savoir, c’est un déficit d’action  et une partie de ce retard porte un nom et des financements.

On dit que les réfugiés climatiques juridiquement n’existent pas, pourtant de facto si? Que pouvons-nous prévoir dans les années à venir?

Il y a effectivement un vide juridique face à une réalité massive. La Convention de Genève de 1951 protège celui qui fuit des persécutions ; elle n’a rien prévu pour celui qui fuit une terre devenue inhabitable. Le « réfugié climatique » n’a donc pas de statut, pas de droits attachés, alors même que des dizaines de millions de personnes sont déjà déplacées chaque année par les sécheresses, les inondations et les chaleurs extrêmes.

Pour les années à venir, trois choses me paraissent prévisibles. D’abord, l’essentiel des déplacements sera interne aux pays, et non des grandes traversées vers le Nord : on quitte d’abord la campagne asséchée pour la ville, la région exposée pour une autre. Ensuite, l’injustice est totale, ceux qui subissent les premiers et le plus durement sont ceux qui ont le moins émis. Le Sud global paie une facture qu’il n’a pas commandée. Enfin, l’Europe ne sera pas un sanctuaire : le pourtour méditerranéen, l’Espagne, l’Italie, le sud de la France connaîtront leurs propres déplacements. Ma conviction est qu’on n’arrêtera pas ce mouvement avec des murs. On l’atténue en agissant sur la cause, l’économie des fossiles, et en construisant enfin un statut de protection. Mettre fin à l’économie des fossiles, c’est aussi refuser de déraciner.

On parle d’écocide, de Globocide, pensez vous que ces termes sont trop forts ou sont-ils sont la réalité?

« Écocide » n’est pas un excès de langage : c’est un concept juridique précis, porté par des juristes et des États pour inscrire dans le droit international la destruction grave, étendue et durable des écosystèmes. Une trentaine d’années après le mot « génocide », il répond au même besoin : nommer un crime pour pouvoir le juger. Et il a une vertu que j’estime décisive, il déplace la responsabilité. Il ne vise pas le citoyen qui prend sa voiture faute d’alternative ; il vise ceux qui décident, en connaissance de cause, de systèmes qui détruisent le vivant. C’est cohérent avec tout ce que je défends : la responsabilité incombe à qui dessine l’architecture des choix.

« Globocide » est un terme plus récent, moins stabilisé ; en tant que scientifique, je reste attachée aux mots précis. Mais je comprends ce qu’il cherche à dire : l’échelle, désormais planétaire, de ce que nous mettons en jeu. Je poserais une seule limite. Nommer, oui, c’est indispensable pour agir et pour juger. Mais si le mot devient si apocalyptique qu’il paralyse, il se retourne contre nous. On nomme pour se mettre en mouvement, pas pour se résigner. La maison brûle ; l’enjeu est d’éteindre le feu, pas seulement de crier au feu.

Beaucoup aiment à dire que nous subissons des chaos climatiques provoqués par les hommes, entre les projets HARP que l’on moque en disant que scientifiquement cela n’existe pas, mais des scénarios cauchemars futuristes existent, que faut-il retenir?

Retenons d’abord ce qui est vrai, parce qu’il est bien plus puissant que n’importe quel scénario secret : oui, le dérèglement climatique est d’origine humaine, mais il n’a rien de caché. Il ne vient pas de rayons mystérieux ni d’un programme dissimulé. HAARP est un programme de recherche sur l’ionosphère ; il ne pilote ni la météo, ni le climat, et aucune donnée scientifique sérieuse ne soutient l’idée qu’on manipulerait le temps depuis une antenne. Aller chercher là une explication, c’est, sans le vouloir, offrir un cadeau aux vrais responsables : pendant qu’on traque un fantôme, on ne regarde pas la cause documentée : l’économie des fossiles.

Et cette cause, nous ne l’avons pas déduite d’une rumeur : elle est établie dans les rapports du GIEC, validés par les États, sur plus de trente ans. Quarante milliards de tonnes de CO₂ rejetées chaque année : voilà le « projet » qui dérègle le climat, et il se déroule à ciel ouvert, subventionné, dans chaque pot d’échappement et chaque chaudière à gaz.

Cela dit, il existe une vraie manipulation délibérée de l’atmosphère dont il faut parler, non pas cachée, mais ouvertement débattue : la géo-ingénierie, en particulier l’injection d’aérosols dans la stratosphère pour renvoyer une partie du rayonnement solaire. Là, le risque est réel, et des centaines de scientifiques réclament un accord international de non-usage, tant les effets seraient incontrôlables et injustes. Voilà le vrai « scénario cauchemar » à surveiller : pas une antenne secrète, mais la tentation de bricoler le thermostat planétaire pour maintenir l’économie des fossiles. La leçon est constante : ne courons pas après les fantômes, la réalité documentée suffit à exiger l’action.

Les Chemtrails sont ils une réalité, pourquoi manipule-t-on l’atmosphère? l’utilisation de l’énergie fossile aussi

Sur les « chemtrails » entendus comme un épandage chimique secret depuis les avions : non, cela ne tient pas scientifiquement. Ce que l’on voit derrière un avion, ce sont des traînées de condensation de la vapeur d’eau qui gèle en altitude. Il n’existe aucune preuve d’un empoisonnement organisé du ciel. Je le dis d’autant plus tranquillement que je n’ai aucune raison de ménager les pouvoirs en place : simplement, si l’on veut être crédible pour les combattre, il faut viser juste.

Mais votre intuition de fond, elle, est parfaitement exacte : oui, on manipule l’atmosphère. Massivement. À ciel ouvert. Depuis la révolution industrielle, l’humanité y a ajouté plus de deux mille milliards de tonnes de CO₂. Voilà la véritable altération de l’air que nous respirons et du climat que nous léguons, sauf qu’elle n’a rien de secret : elle sort de nos voitures, de nos usines, de nos chaudières, et elle est financée par nos impôts. En France, l’État subventionne encore le fossile. C’est cela, le vrai « épandage » : légal, comptabilisé, et réversible d’un trait de plume politique.

Alors pourquoi le fait-on ? Non par complot, mais par inertie et par intérêt parce que des systèmes entiers, et des rentes considérables, reposent sur le fossile, et qu’il est plus confortable de désigner des citoyens ou des avions que de nommer cette dépendance. Ma réponse est simple et non négociable : cessons de subventionner la cause. C’est le sens même de la mobilisation que je porte.

On a su urbanisé, tué les arbres, bétonné, les politiques détournent le regard, certains disent que la France a un problème avec les riches alors que l’on sait que ce sont les pauvres qui payent le prix des bouilloires energétiques?

Vous mettez le doigt sur le cœur du sujet. Nous avons artificialisé les sols, abattu des arbres, bétonné, construit des immeubles entièrement vitrés, inhabitables l’été, puis fabriqué des villes qui deviennent des fournaises dès que le thermomètre grimpe. Ce ne sont pas des accidents : ce sont des décisions d’aménagement, prises ou tolérées par la puissance publique, qui détournent ensuite le regard quand la facture arrive.

Et cette facture, ce sont bien les plus modestes qui l’acquittent. Le cadre supérieur rentre le soir dans un logement isolé, climatisé, et peut fuir la ville le week-end. La personne précaire, elle, vit sous les toits dans une bouilloire thermique, sans climatisation, travaille souvent dehors, et ne part nulle part.

La chaleur n’est pas démocratique : elle épouse exactement la carte des inégalités. C’est pourquoi je refuse qu’on fasse porter la responsabilité sur les « gestes » de chacun. La consommation d’énergie n’est pas la somme de choix individuels flottant dans le vide : elle est déterminée par des logements, un urbanisme, une offre de transport ; bref, par un cadre que seul l’État façonne.

Le vrai problème n’est donc pas que les citoyens refuseraient d’agir. C’est qu’on leur présente la facture pendant que les plus gros émetteurs sont épargnés.

La sortie, je la crois du côté de la sobriété, non pas l’austérité subie qu’on agite pour faire peur, mais une politique publique : rénover en priorité les passoires/bouilloires thermiques, végétaliser et désimperméabiliser les villes, offrir des mobilités du quotidien qui ne supposent pas de posséder une voiture.

À une condition, toujours la même pour qu’elle soit juste : que ceux qui polluent le plus paient le plus, et qu’on protège d’abord les plus vulnérables.

La canicule créera des pandémies, des pénuries d’eau et d’aliments car l’agriculture sera impactés, y aura il une guerre de l’eau un  jour?

Les risques que vous décrivez sont documentés, et il faut les prendre au sérieux sans les dramatiser. La chaleur fragilise les récoltes, tend les ressources en eau, et déplace vers le nord des maladies et des vecteurs qui n’y étaient pas. Ces effets ne s’additionnent pas seulement : ils s’enchaînent. Une sécheresse qui abîme l’agriculture, c’est une tension sur l’eau, sur les prix alimentaires, sur la santé, le tout en même temps. C’est pourquoi je définis la sobriété comme l’évitement de la demande d’énergie, d’eau, de matériaux et de terres : ces ressources forment un même système.

La « guerre de l’eau », elle, n’est pas une fiction lointaine. Les conflits d’usage existent déjà, y compris chez nous, souvenez-vous des affrontements autour des méga-bassines. Mais je me méfie du mot « guerre » brandi comme une fatalité, parce qu’il nourrit un fatalisme qui désarme.

La rareté de l’eau n’est presque jamais purement physique : c’est d’abord une question de répartition et de demande. Une agriculture qui économise l’eau, des usages partagés équitablement, une demande réduite à la source, voilà ce qui évite la guerre, bien plus sûrement que la résignation.

Le conflit n’est pas écrit, il est fabriqué et devient probable si nous laissons filer la demande et l’injustice et il est évitable si nous agissons sur les deux.

Parlez-nous de votre travail au sein de l’ONU, les textes ne suffisent pas, que faut-il faire? AVAAZ ET UN APPEL à la mobilisation, parlez nous de votre initiative

J’ai été autrice principale au sein du GIEC, notamment sur le chapitre consacré aux bâtiments, où nous avons fait entrer la sobriété dans le vocabulaire scientifique international.

La sobriété, ce n’est pas le « standard de vie décent » minimal ; c’est répondre à des besoins humains universels, finis et satiables au sens de Manfred Max-Neef en évitant la demande superflue de ressources, dans les limites planétaires.

La sobriété n’est pas une transition de plus, ni même une transformation : c’est une métamorphose.

Mais vous avez raison : les textes ne suffisent pas. Nous savons depuis plus de trente ans, la connaissance est robuste, les scénarios existent. Ce qui manque n’est ni la science, ni la faisabilité : c’est le courage politique d’assumer que la difficulté est distributive, pas physique.

Un rapport du GIEC ne vote pas de loi. Il éclaire, encore faut-il des mains pour agir.

C’est pourquoi, cet été, depuis ma cave, la seule pièce encore vivable de mon immeuble parisien pendant la canicule, j’ai lancé un appel. Une exigence simple et non négociable : arrêter toutes les subventions publiques aux énergies fossiles en France, cesser de financer la cause même de la fournaise.

La pétition est en ligne sur Avaaz. Je l’ai écrite comme mère autant que comme chercheuse, parce que je ne sais pas comment expliquer à un enfant de six ans que les adultes savaient et qu’ils ont préféré l’apéro à l’action.

Là où les rapports nous ont laissés impuissants, la mobilisation citoyenne, elle, a un pouvoir.

Signez, partagez. Je refuse de léguer à nos enfants un pays où le seul refuge est le sous-sol.

merci à la Scientifique, la maman mais surtout l’humaniste !

big up FROM UP

signez et relayez la pétition qui est en haut et en bas !!!

https://secure.avaaz.org/campaign/fr/arretez_les_subventions_aux_energies_fossiles_loc/?copy&utm_source=copy&utm_medium=social_share&utm_campaign=58460&share_location=post_action&referer_id=019f6fbd1c087269880806a55298e6d4

Lisez nos autres sujets sur la thématique, restons vigilants, protégez vous et soyez résilients !

votre santé est en jeu, restons vigilons

nos petites astuces et mes conseils de thérapeute

le coeur les reins les poumons, vont être mis à mal durant la canicule, faites vous accompagner si besoin

pensées pour ceux à l’hôpital soignants et patients qui souffrent

Mobilisons nous pour nos enfants notre terre, notre planète et sa biodiversité celle qu’UFFP aime tant du NORD AU SUD !!!!

Nos entretiens avec les spécialistes :

oui feu Wangari Maathai une dame que j’adorais Prix Nobel de la paix disait qu’il fallait planter les arbres elle avait tout compris

Notre entretien avec elle sorti des archives

UFFP

UFFP la Fondatrice et Présidente FERIEL BERRAIES GUIGNY :
Tour à tour mannequin, criminologue, diplomate et journaliste, la franco tunisienne Fériel Berraies Guigny a lancé en février 2011, une Association loi 1901 du nom de United Fashion for Peace. Parmi les activités de l'Association, une Caravane de mode internationale qui met en avant la paix, la tolérance, le dialogue entre les civilisations par le biais de la mode et de l'artisanat éthique. Née dans la foulée du printemps arabe, cette Association réunit tous les artistes du monde pour la paix, désireux de donner de l'espoir dans des régions en crise ou en transition. Depuis le mois de mai dernier, le magazine en ligne a aussi vu le jour pour être le portevoix de tous ses combats pour une planète éthique. La première programmation de la Caravane de mode se fera prochainement en février 2012 en Afrique subsaharienne sous la thématique de l'éducation pour la paix à la Triennale de l'Education en Afrique. Sept pays ont été les Ambassadeurs, Tunisie, Maroc, Cameroun, Afrique du Sud, France/Niger et Burkina Faso.
Fériel Berraies Guigny dirige par ailleurs, depuis des années deux panafricains New African en co rédaction et New African Woman/ Femme Africaine qu'elle a crée pour le groupe de presse britannique IC publications. Elle a longtemps été journaliste correspondante presse pour la Tunisie.

UFFP Contenu rédactionnel webzine :
Magazine français pour une planète éthique. Se veut une plateforme internationale pour une mode éthique qui défend la paix, la tolérance, l'échange, le dialogue entre les civilisations par le biais de la culture, de la création et de l'artisanat. Rubriques : 'Planète éthique' - 'Le rendez-vous des entrepreneurs' - 'Ethnical Conso : beauté bio, manger éthique' - 'Ethical Fashion' - 'Eco Déco' - 'Culture éthique' - 'Eco Evasion' - 'Société et éthique' - 'Femmes d'Ethique' - 'Prix Ethique' - 'Paroles Ethique'.
Mission de l'Association UFFP :
La Caravane United Fashion for Peace est née ce mois de février passé dans la foulée du printemps arabe et suite au massacre de femmes ivoriennes dans le marché lors des affrontements civils dans le pays. C'est une Association loi 1901française, née du désir de rendre hommage a à tous ceux qui ont perdu la vie pour un idéal de paix dans le Monde, tous ceux qui ont été sacrifiés alors qu’ils recherchaient simplement la dignité humaine. Cette Association et plateforme internationale est apolitique, sans coloration religieuse ou ethnique, elle se bat pour la mode éthique, défend par le biais de la culture, de la création et de l'artisanat, la paix, la tolérance, l'échange, le dialogue entre les civilisations.
Dans le farouche désir de combattre pacifiquement les injustices sociales et économiques à l'encontre des peuples par la culture, elle entend véhiculer des messages d'humanité. Son slogan le beau au service de l'autre, permet des passerelles, des rencontres et l’ acceptation des diversités couture. L'esthétique pour l'éthique reste son credo.

United Fashion for Peace entend fédérer le meilleur de la création internationale dans le respect de la diversité, des us et des coutumes. Tout un symbole de paix aujourd'hui, alors que le Continent continue de subir les soubresauts de son histoire.
Investir dans la paix c'est investir dans les peuples
UFFP est une plateforme internationale destinée à valoriser la création éthique centrée sur le développement humain durable.
Pont couture entre les peuples du Monde, cette plateforme a pour vocation de faire la promotion d'une création éthique et sans frontières. Favoriser un jour le commerce équitable de ces produits, pouvoir faire venir les artistes sur Paris pour leur organiser des défilés et vendre leurs produits.
United Fashion for Peace, c’est un concept qui propose un défilé de mode « clés en main », une animation « décalée » à l’occasion d’une manifestation, d’un colloque, d’un forum, d’assises politiques, économiques, scientifiques.
United Fashion for Peace c’est la présentation d’artistes qui font vivre et revisitent une culture, c’est un témoignage de richesse et de savoir faire, c’est la promotion du développement durable avec l’ambition d’accéder à la conscience durable
United Fashion for Peace c’est un vecteur d'amour et le partage dans la création.
Pour les organisateurs il s'agit de créer un évènement mais aussi de véhiculer une philosophie de vie dans la création. Pour laisser quelque chose aux générations futures " loin des passerelles du luxe, UFFP est avant tout une histoire d'amour et d'amitié avec les peuples, leur création, leur identité et leur patrimoine au service de l'autre.

C'était une idée, elle est devenue un projet, aujourd'hui une Association qui a hâte de trouver des programmateurs, des sponsors et des partenaires afin de pouvoir sa première édition.
UFFP dans le Monde
UFFP est à la recherche de programmations dans le Monde, de partenaires et de sponsors qui souhaiteraient se rapprocher de l'éthique, du développement durable, de la préservation des Arts et métiers, des droits de l'homme, de la culture et de la parité, sans oublier le dialogue entre les civilisations qui sont les valeurs qu'elle véhicule.
A chaque programmation dans un pays où événement donné, sont mis en avant les créateurs du pays hôte qui sont dans l'éthique.
UFFP s'adapte à toutes les thématiques et les rencontres politiques, économiques, culturelles, développement, environnements, bio, bilatérales, multilatérales, fêtes d'indépendance, fêtes nationales, parité, jeunesse, droits de l'homme, ou encore pour médiatiser une problématique donnée de la région.
A terme, L'Association voudrait pouvoir faire également du caritatif, et organiser des ventes de charité, au profit d’une ONG ou association défendant des valeurs similaires et la mettre en avant à l'occasion d'un défilé programmé.
Siteweb: http://www.unitedfashionforpeace.com
contact: unitedfashionforpeace@gmail.com

UFFP mode d'emploi :
La promotion d’un pays passe par la mise en avant de ses valeurs, de ses atouts et par une communication à la fois ciblée, régulière et soutenue. La Côte d'Ivoire de la paix et de la réconciliation souhaite développer un tourisme culturel mais également donner une image positive d’une Afrique à la fois moderne et traditionnelle où les valeurs humaines, sociales et pacifiques prédominent.

View All Posts