Zohra Bouchenak “la Méditerranée, pour moi c’est à la fois la lumière, le métissage, la mémoire mais aussi l’exil !

  • By UFFP
  • 21 juin 2026
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Nous adorons la femme, l’humaniste, la sœur de cœur et surtout l’artiste. Voici encore une fois, une nouvelle petite “pépite” de femme que l’on a envie de vous faire découvrir chers Cuffies.

Non elle n’est pas de la famille “de lotfi Bouchenak” mais on peut se dire que surement comme notre “chanteur national” elle a surement aussi des origines bosniaques…

Zohra Bouchenak est une femme qui bouillonne de talent, on l’a découvert sur les réseaux, mais on sait qu’elle nous suit en amitié depuis des années, depuis NEW AFRICAN WOMAN à UFFP; et je pense que le destin fait bien les choses…

Elle est connue artistiquement sous le nom de Bouteilles sur Seine, c’est une artiste peintre parisienne autodidacte qui s’est imposée comme une figure singulière dans l’univers de l’upcycling ou l’écologie artistique et de la peinture sur verre. Elle recycle et transforme des bouteilles de vin, de champagne et de liqueur en véritables œuvres d’art décoratives, en leur offrant une seconde vie poétique et colorée. Son nom évocateur ancre son travail dans le paysage parisien tout en
célébrant les couleurs orientales et la lumière méditerranéenne. Des éléments qui dialoguent avec la tradition du verre vénitien, ou l’art du vitrail.
Consultante, entrepreneure, polyglotte et créative, Zohra Bouchenak déploie un parcours professionnel riche et pluriel à la croisée de l’intelligence économique, de la traduction et de la médiation interculturelle. Elle incarne ainsi une personnalité capable d’unir avec finesse rigueur intellectuelle et expression sensible.
Elle s’inscrit dans une lignée ancienne, elle descend du dernier sultan du royaume des Aït Abbas qui remonte à la prestigieuse dynastie des Hammadites, qui firent rayonner l’Algérie depuis le XI e siècle. Cette ascendance s’illustre à travers des figures emblématiques telles que Cheikh El Mokrani (la Révolte des Mokrani en 1871) et le maître soufi Sidi Mohamed Amokran, dont le mausolée, à Béjaïa,
demeure un lieu de mémoire et de recueillement.
Son grand-père paternel, avocat, magistrat et ancien conseiller municipal, a lui aussi marqué l’histoire locale en fondant en 1936 à Bejaïa le premier club de football, le JSMB, dont il fut le premier président. Quant à sa sensibilité artistique, elle semble puiser plus profondément dans l’héritage maternel.
Cet héritage familial a contribué à nourrir son sens de l’initiative et à façonner une
personnalité habitée, déterminée, délicate et libre.

Sa citation préférée :
« Apprenez les règles comme un professionnel pour que vous puissiez les briser
comme un artiste ». Pablo Picasso

Zohra Bouchenak s’inscrit dans la parfaite lignée des UFFP artistes et nous avons le bonheur de vous la faire découvrir dans un entretien coeur à coeur.

Zohra Bouchenak, Artiste, femme engagée multifacettes et fondatrice de Bouteilles sur Seine photo all rights reserved

Entretien avec UFFP

Parlez-nous de votre marque Bouteilles sur Seine

J’ai commencé mes activités artistiques vers 2003-2004, comme un loisir mené en parallèle de ma vie d’étudiante puis professionnelle. Pourtant, ce n’est qu’à la fin de l’année 2019 que j’ai décidé de mettre davantage en lumière mes créations.
Ce cheminement a commencé après un long séjour de neuf mois en Égypte, qui a profondément bouleversé ma vision de la vie et de ma propre trajectoire. Le retour a été difficile, mais j’ai trouvé refuge dans la peinture sur bouteilles. J’y ai puisé les couleurs, la lumière, les arabesques et les motifs végétaux de l’Égypte, mais aussi du Maghreb. L’art du verre de Murano et du vitrail a également nourri mon imaginaire.

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Pourquoi peindre sur des bouteilles ?
Très observatrice, j’avais remarqué, au début des années 2000, de vieilles bouteilles exposées dans un restaurant. Elles ont immédiatement éveillé ma curiosité. À cette époque, il était encore peu courant de voir des bouteilles vides utilisées comme objets de décoration. Comme quoi, l’inspiration tient parfois à peu de choses.
Peindre sur des bouteilles de vin ou de champagne vides m’est alors apparu comme une manière à la fois utile, créative et responsable de participer à la préservation de l’environnement par le recyclage. Certaines bouteilles étaient déjà très belles et se suffisaient presque à elles-mêmes ; d’autres appelaient une transformation, une seconde vie.
Le tournant de 2019
L’année 2019 a marqué un véritable tournant dans mes créations, juste avant la période du Covid. C’est à ce moment-là que j’ai eu le sentiment de passer de l’artisanat à l’art. Je me suis davantage affirmée dans mon geste, dans mes choix et dans mon univers. Peut-être est-ce aussi lié au passage de la quarantaine  où on ose davantage, on mûrit.
Les bouteilles visibles sur ma page Facebook sont presque toutes issues de cette période. Il m’arrive aussi de reprendre d’anciennes créations, parfois âgées de plus de dix ou quinze ans, pour les enrichir ou les embellir. Certaines pièces peuvent rester plusieurs années en cours avant que je les considère enfin terminées.

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Un peu beaucoup de ton héritage familial, quelles sont tes influences ?
La question des influences et du processus créatif est une grande énigme. Nous sommes le produit de notre personnalité, de notre vécu, de nos expériences et de ce qui nous a été transmis. Dans ma famille, l’art a toujours occupé une place importante, du côté paternel comme du côté maternel.

J’ai grandi dans des appartements remplis de beaux objets d’art, de toiles, sublimés par la lumière méditerranéenne, jouant parfois avec les ombres. Ma famille avait un goût distingué pour la décoration et la mode, mêlant des influences méditerranéennes, européennes et parfois même africaines. Une cousine formée aux Beaux-Arts d’Alger dans les années 1980 m’a certainement influencée d’une
certaine manière. Du côté maternel, la fibre artistique était particulièrement présente : ma mère peignait de belles toiles, même si elle n’a pas été encouragée à poursuivre dans cette voie, et ma tante, styliste couturière, m’a beaucoup inspirée enfant. Je récupérais ses chutes de tissus, souvent somptueuses, pour habiller mes poupées et organiser de petits défilés. Plus tard, les arts plastiques à l’école sont devenus pour moi une véritable bouffée d’air, un espace où je pouvais exprimer librement mes sentiments, mes ressentis et mon imagination débordante.

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Le verre comme médium d’expression pourquoi? c’est vrai qu’ ‘il y a le Murano qui vous a nourrit
Avant de trouver ma voie avec le verre et les bouteilles, je me suis essayée aux portraits, aux caricatures, aux paysages à l’encre de Chine et à la calligraphie arabe.
Ce qui me touche dans les bouteilles vides, c’est la possibilité de les embellir, de leur offrir une seconde vie. D’une certaine manière, tout le monde a droit à une seconde chance. Ce médium est devenu pour moi un véritable socle de communication. Lorsque je peins, il m’arrive de me sentir comme possédée, mon esprit part dans plusieurs directions, comme si un algorithme intérieur venait mêler tout ce que j’ai observé, toutes mes influences familiales et culturelles, pour donner naissance à une création unique.
J’aurais peut-être pu en faire un métier plus tôt, mais comme j’étais bonne à l’école, on m’a encouragée à poursuivre un cursus académique.

Vous avez une histoire familiale super riche, comment composes-tu aujourd’hui avec ton afroeuropeanité? ou une algéropeenne? tu es venue en France quand ?
Mon histoire familiale est singulière. Mon grand-père maternel était un Français d’Algérie, que l’on appelait alors Pied-Noir. Né en Algérie, il avait épousé une Algérienne, que l’on désignait à l’époque comme « Mauresque ». Une telle union était rare, surtout dans le contexte de la guerre d’Algérie, et l’on imagine la complexité que cela représentait pour eux comme pour leurs enfants.
D’un point de vue administratif, nous avions de facto la double nationalité. Nous avons quitté Alger à la fin de l’été 1990, alors que se profilaient l’effondrement politique et les prémices de d’une désorganisation politique et religieuse qui allaient conduire 2 années plus tard à la décennie noire. Nous pensions qu’en tant que « Français », nous serions mieux accueillis que des réfugiés ou des exilés étrangers.
Cela n’a pas été le cas.

Notre installation en France a ressemblé, à bien des égards, à celle des Pieds-Noirs qui avaient quitté l’Algérie en 1962. Les diplômes de mes parents n’étaient pas reconnus, à 40 et 43 ans, ils ont dû tout recommencer. Mon jeune frère et moi avons également fait face aux clichés et aux assignations.
On me conseillait par exemple de choisir l’espagnol en deuxième langue, sous prétexte que l’allemand serait trop difficile pour moi. En troisième, j’ai été orientée vers une classe où l’on regroupait une majorité d’élèves que l’on ne destinait pas à de longues études. Je me suis accrochée et j’ai terminé première de la classe à chaque trimestre. Mon niveau en français et en mathématiques dépassait largement
celui de nombreux camarades nés en France.
Une identité multiple et assumée ?
J’ai grandi dans un pays rempli de paradoxes. Cosmopolite mais fermé, autoritaire tout en restant ouvert à d’autres cultures. Cette complexité ressemblait aussi à celle de ma famille, et elle nuance l’image que l’on peut avoir de l’Algérie, à tort ou à raison.
J’ai toujours côtoyé des personnes venues d’horizons différents, Européens, Africains, Moyen-Orientaux. Cela a nourri mon ouverture d’esprit, mon goût du voyage, mon aisance relationnelle et ma capacité d’adaptation. Alger était elle-même traversée par de multiples influences, notamment africaines.
Dans les années 1980, le panafricanisme était encore visible à Alger. Son empreinte ne s’est pas effacée du jour au lendemain. Je me souviens notamment des quelques vitrines de créateurs dans les rues d’Alger, où j’entrevoyais des chapeaux, foulards ou turbans africains colorés, adaptés à une mode méditerranéenne avec une touche française. Je me souviens aussi de la série culte Racines, dont le héros Gambien Kounta Kinté a marqué toute une génération d’Algériens, sans doute sensibles à la
violence de l’esclavage et à la quête de liberté.
Je me suis toujours sentie singulière, aussi bien en Algérie qu’en France. Cette singularité n’a jamais été une source de conflit intérieur. Je ne me définis pas dans
l’opposition entre ces deux pays, mais dans la continuité de ce qu’ils m’ont transmis.
Mon identité est propre, multiple et assumée.

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Ces bouteilles c’est de l’artisanat de votre région en partie, que voulez vous offrir au monde à travers elles ?
Au cœur de ma démarche se trouve une grande sensibilité. Pour moi, peindre sur du verre recyclé est une véritable langue de transmission. C’est un médium privilégié, entre ombre et lumière, pour exprimer des émotions, des ressentis et des états d’âme que je ne parviens pas toujours à formuler oralement.
Chaque œuvre devient un vecteur intime. Les couleurs vibrantes et les motifs
complexes traduisent des joies, des nostalgies méditerranéennes, des émerveillements face à la lumière, mais aussi des émotions plus profondes liées à la mémoire et au passage du temps. La transparence du verre et ses reflets changeants renforcent cette dimension poétique, presque thérapeutique, pour celles
et ceux qui s’y reconnaissent.
Je propose aussi des créations sur mesure, pensées au plus près des envies et de l’imaginaire de chacun. Une bouteille peut devenir un cadeau original, éthique et profondément personnel. À travers elle, j’essaie de retranscrire toutes les émotions possibles et les messages.

Quel regard portez vous, en tant que Méditerranéenne, sur la société dans laquelle tu crées ?
En tant que Méditerranéenne, je porte un regard sensible, lucide et contrasté sur la société dans laquelle je crée. La Méditerranée, pour moi, c’est à la fois la lumière, le métissage, la mémoire, mais aussi l’exil, les blessures et les contradictions. Cette complexité nourrit beaucoup mon travail.
Mes bouteilles parlent de passage, transformation et de seconde vie. Elles partent d’un objet délaissé pour devenir une pièce lumineuse, personnelle et presque précieuse puisque chaque bouteille est unique. Dans mes bouteilles, il y a cette idée de passage, de transformation et de seconde vie. C’est ma manière de répondre à une société qui consomme vite, jette vite et oublie parfois la valeur des choses comme des êtres.
Je crée avec cette envie de faire du lien entre les cultures, entre le passé et le présent, la beauté et la fragilité, entre l’intime et l’universel.
J’ai grandi avec plusieurs cultures, plusieurs imaginaires, plusieurs appartenances. Cela m’a appris à ne pas voir les choses de manière figée. Je crois beaucoup à la nuance, à la transmission, à la possibilité de créer des ponts entre les mondes.
Je ne cherche pas à imposer un message, mais à transmettre une émotion, une lumière, une forme de douceur, une poésie accessible dans un monde souvent fragmenté.
Selon vous, les femmes et les artistes portent-ils aussi une dimension politique et humaniste ?
Les femmes et les artistes en général portent souvent une dimension politique et humaniste, même lorsqu’ils ne la revendiquent pas directement ou qu’ils en soient conscients ou pas. Créer, c’est déjà poser un regard sur le monde, c’est choisir ce que l’on veut montrer, réparer, transmettre ou questionner. L’art est un média et il a toujours été un mode d’expression autant que l’écriture ou la parole.

En tant que femme, issue d’une histoire familiale et culturelle multiple, je ressens cette dimension de manière assez intime. Mon parcours m’a appris que l’identité, la place que l’on nous donne, les clichés que l’on subit ou les silences que l’on porte sont déjà des sujets profondément humains, et donc quelque part politiques.
À travers mes bouteilles, je ne cherche pas à faire un discours militant au sens strict.
Mais le simple fait de transformer un objet abandonné en œuvre lumineuse porte déjà un message, rien ni personne ne devrait être réduit à son apparence, à son origine ou à son premier usage. Il y a toujours une possibilité de seconde vie, de beauté, de réparation.
Je crois aussi que les artistes ont cette capacité de rendre visibles des émotions, des mémoires ou des fragilités que la société préfère parfois laisser dans l’obscurité. Les femmes, en particulier, ont longtemps créé dans des espaces moins reconnus, plus intimes, plus silencieux. Leur regard est donc précieux, parce qu’il porte souvent une mémoire de résistance, de transmission et de dignité.
Selon moi, la dimension humaniste est de créer du lien, ouvrir un espace de sensibilité, rappeler que derrière chaque histoire personnelle il y a quelque chose d’universel. L’art peut adoucir, mais il peut aussi éveiller. Il peut réconcilier avec la beauté, tout en nous invitant à regarder autrement le monde et les êtres qui nous entourent.

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Tour à tour mannequin, criminologue, diplomate et journaliste, la franco tunisienne Fériel Berraies Guigny a lancé en février 2011, une Association loi 1901 du nom de United Fashion for Peace. Parmi les activités de l'Association, une Caravane de mode internationale qui met en avant la paix, la tolérance, le dialogue entre les civilisations par le biais de la mode et de l'artisanat éthique. Née dans la foulée du printemps arabe, cette Association réunit tous les artistes du monde pour la paix, désireux de donner de l'espoir dans des régions en crise ou en transition. Depuis le mois de mai dernier, le magazine en ligne a aussi vu le jour pour être le portevoix de tous ses combats pour une planète éthique. La première programmation de la Caravane de mode se fera prochainement en février 2012 en Afrique subsaharienne sous la thématique de l'éducation pour la paix à la Triennale de l'Education en Afrique. Sept pays ont été les Ambassadeurs, Tunisie, Maroc, Cameroun, Afrique du Sud, France/Niger et Burkina Faso.
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UFFP Contenu rédactionnel webzine :
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Dans le farouche désir de combattre pacifiquement les injustices sociales et économiques à l'encontre des peuples par la culture, elle entend véhiculer des messages d'humanité. Son slogan le beau au service de l'autre, permet des passerelles, des rencontres et l’ acceptation des diversités couture. L'esthétique pour l'éthique reste son credo.

United Fashion for Peace entend fédérer le meilleur de la création internationale dans le respect de la diversité, des us et des coutumes. Tout un symbole de paix aujourd'hui, alors que le Continent continue de subir les soubresauts de son histoire.
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United Fashion for Peace c’est un vecteur d'amour et le partage dans la création.
Pour les organisateurs il s'agit de créer un évènement mais aussi de véhiculer une philosophie de vie dans la création. Pour laisser quelque chose aux générations futures " loin des passerelles du luxe, UFFP est avant tout une histoire d'amour et d'amitié avec les peuples, leur création, leur identité et leur patrimoine au service de l'autre.

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contact: unitedfashionforpeace@gmail.com

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