Koulchite ou Syndrome Méditerranéen : le racisme sur ordonnance!

  • By UFFP
  • 29 septembre 2026
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Le 29 décembre 2017, Naomi Musenga prise de violentes douleurs abdominales, fait un appel au Samu, de l’autre côté de la ligne, une opératrice transfère l’appel à une autre. En riant et en aparté, elle lui dit, après avoir épelé son nom d’origine africaine : « La dame au bout du fil […] elle m’a dit qu’elle va mourir. » « C’est sûr, elle va mourir un jour », lui répond celle qui prend ensuite Naomi au téléphone. La jeune femme de 22 ans lui dit : « J’ai très mal au ventre », « S’il vous plaît, aidez-moi », « Je vais mourir ». Mais l’opératrice, agacée, refuse de la prendre au sérieux et la renvoie vers la médecine générale : « Appelez SOS Médecins. » Naomi meurt à l’hôpital quelques heures plus tard d’un accident vasculaire digestif pris en charge avec deux heures de retard.

Il y a beaucoup de cas comme Naomie… il y a des Nadia des Mohamed des Selim…

Ces histoires il y en a tellement, mais si l’on creuse un peu plus le sujet on verrait que se cache derrière tout cela, un syndrome bien particulier : le syndrome méditerranéen. Au départ, il ne devait concerner que les « arabes » et bien il est à présent aussi appliqué aux personnes de « couleurs » ou étrangères.

Le syndrome méditerranéen est défini implicitement comme une expression excessive de la douleur ou de la maladie, de la plainte par des patients du pourtour méditerranéen ; il est alors d’usage de moins donner suite à leurs demandes, en particulier d’antalgiques ou de prise en charge immédiate. Ce qui pourrait conduire également à refuser de les prendre en charge, à ne pas les écouter, ou à les infantiliser.

Cet état de fait déplorable, démontre en fait que dans l’inconscient collectif, des mythes hygiénistes perdureraient pour ces 

« populations » elles seraient en effet, perçues comme moins résistantes et résilientes face à la douleur et la maladie.

Stigmatisations et discriminations dans les couloirs de la santé

Une catégorisation de la population, qui semblerait se transmettre de façon implicite de génération en génération. Que ce soit lors de la formation aux métiers de soin, qu’au chevet des patients, ou à l’hôpital. Souvent prononcée en sourdine, des bruits dans les fonds de couloir. Des présupposés infondés, qui ont longtemps alimenté des raccourcis dangereux sur les bancs de la faculté, possiblement avec les internes.

A l’origine, le syndrome cible des   populations dites ou pensées comme étant « exotiques » assez expansives et ou « bruyantes », du pourtour méditerranéen : italiens, espagnols, portugais, marseillais aux peuples d’Afrique du Nord.

Les Arabes ont in fine hérité du syndrome, mais il semblerait néanmoins que depuis tout récemment, le concept se soit ouvert à d’autres populations.

Désormais, les populations « black » ou noires, mais également les ressortissants des pays de l’Est, ou toutes autres personnes considérées par les soignants, comme étant étrangères, sont rangés dans la catégorie.

Déontologie en question

Dans les codes de la profession, tout professionnel de santé se doit de ne pas refuser un patient. Il se doit également de traiter un malade équitablement et justement quelque soit son origine.  Sauf en de rares exceptions et dans des circonstances très précises. Mais, le terrain empirique a démonté que cette règle fait l’objet de nombreuses entorses, selon un rapport de la Défenseure des droits en 2025.

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Mais d’où vient ce phénomène ? qu’est ce qui l’entretien d’hier à aujourd’hui ?

À partir du 19ᵉ siècle, des scientifiques et des médecins mettent en place des théories pseudo-scientifiques à caractère raciste. Palpation des crânes, chirurgie, dissection : tous les moyens sont bons pour forger des discours racistes qui vont circuler des États-Unis à l’Europe.

Fin du 19ᵉ siècle les discriminations contre des gens et des groupes vont alors s’appuyer sur des théories pseudo savantes. Ce racisme médical va donc planter des racines et se développer au fur et à mesure des siècles dans un contexte colonial. Et aujourd’hui encore, ces clichés persistent dans la prise en charge de la patientèle racisée.

Delphine Peiretti-Courtis historienne explique en effet que depuis le 18es, on a hiérarchisé et classé l’humanité en race biologique, mais même si cette théorie à été récusée et invalidée, certains automatismes continuent dans l’inconscient collectif.

L’héritage de ses préjugés est alimenté par   400 ans d’esclavage, une colonisation qui a duré 130 ans et depuis le 18e s, faut-il le rappeler qu’ on a hiérarchisé et classé l’humanité en race humaine biologique ?

Des théories non scientifiques mais qui au départ on légitimé un discours dangereux, selon lequel des races seraient supérieures par rapport à d’autres. Postulat qui a souvent été utilisé pour justifier l’esclavage et la colonisation ensuite.

Ce racisme supposément scientifique et médical aurait émergé avec les travaux de naturalistes, médecins et biologistes. Les écrits du naturaliste Carl von Linné sont les premiers à classifier l’humanité en races dites biologiques. À partir du 19ᵉ siècle, des médecins et scientifiques tentent de préciser ces classifications raciales.

Les chercheurs et chercheuses actuels qualifient aujourd’hui ces théories de “pseudosciences”, mais au 19ᵉ siècle, elles n’étaient pas “considérées comme des pseudosciences”, précise l’historienne Delphine Peiretti-Courtis. Elles étaient considérées comme “des sciences qui construisaient le savoir, à une époque où on les a retenues sous le nom de ‘scientisme’, de foi toute puissante en la science, une période du positivisme, défini par Auguste Comte.

Cette periode, où il s’agissait de prouver l’ensemble des faits par des preuves jugées scientifiques. […] [Ce] savoir, progressivement, se substituera au savoir religieux pour édicter de nouvelles normes et de nouvelles vérités.” Conclue telle.

Racisme biologique et médical les racines du mal viennent des ETATS UNIS

Les théories pseudo-scientifiques racistes visent d’abord le corps noir. Aux États-Unis, le médecin Samuel Cartwright théorise l’absence de douleur des personnes esclavagisées dans les plantations. Quant au gynécologue James Marion Sims, il entreprendra différentes expérimentations médicales sur le corps de femmes racialisées comme noires dans les plantations. Certaines théories raciales pseudo-scientifiques vont également cibler les populations asiatiques et juives. Dans son Essai sur l’inégalité des races humaines en 1855, Arthur de Gobineau définit la race aryenne et condamne très largement le métissage.

Des concepts qui ont été invalidés par la suite. Notamment s’agissant du concept de race humaine biologique, (aucune réalité scientifique avérée ne pouvant le prouver et état de fait clamé haut et fort en 1950) mais paradoxalement, alors que les peuples colonisés acquièrent leur indépendance, et que l’on se saurait attendu à un changement de paradigmes. Les choses peinent à changer et quelques relents subsistent à aujourd’hui.

Le monde contemporain continue de véhiculer préjugés, aprioris, racismes en tout genre. Car ces mêmes hiérarchies, discriminations autrefois basées sur une supposée race supérieure construites dans les lois, enseignées à l’école ” n’ont pas disparu.

Discrimination comme tu as la peau dure

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Elles perdurent, elles ont la peau dure, ces discriminations, elles se renouvellent, se réinventent, font peaux neuves. Quand discriminations et racismes culturels persistent toujours sous couvert de la santé, non seulement les conséquences psychosociales sont terribles mais elles peuvent par action ou omission, finir par tuer !

Par action ou omission… comment entretien ton les discriminations sur les populations ?

En France et dans bien des pays dits « occidentaux, anciennes colonies » les racismes restent inscrits dans les imaginaires et les pratiques délétères persistent en conséquence. Dans un système qui a du mal à s’en défaire ; malgré les discours universalistes et la devise républicaine, notamment en France.

Retrouvez notre entretien avec le philosophe, historien et universitaire

La presse, la publicité, les expositions coloniales, les spectacles ont véhiculé ces relents historiques qui se représentent de manière latente et se transmettent dans l’inconscient collectif.

Ces ONE MAN SHOWS qui ont la part belle en France et je ne nommerai pas les artistes qui font du maghrébin, du bougnoule, la caricature et le fond de commerce artistique de certains, n’aident pas et le pire, c’est que bien souvent ce sont les arabes et les noirs qui font et produisent ces spectacles !!! on pense que l’humour est fédérateur et bien pas tout le temps.

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Nous donnons du grain à moudre dans une ère ou les extrêmes et les populismes sont légion.

Retrouvez notre ancien dossier sur les conséquences psychosociales du racisme en France

Alors que les théories racialistes subsistent dans l’inconscient collectif, deux universitaires et chercheuses mettent le pied dans la fourmilière, avec la sortie notamment d’un ouvrage celui d’ Élodie Edwards-Grossi, sociologue, coautrice avec Delphine Peiretti-Courtis historienne de ” Le Racisme scientifique et médical, du XIXᵉ siècle à nos jours” (Presses universitaires de France, 2026).

Élodie Edwards-Grossi est quant Maîtresse de conférences en études anglophones et sociologie à l’IRISSO, à l’Université Paris Dauphine – PSL et membre junior de l’Institut universitaire de France.

Delphine Peiretti-Courtis est quant à elle, Historienne, professeure agrégée d’histoire à l’Université d’Aix-Marseille et membre du laboratoire Telemme.

Toutes deux expliquent que, les médecins qui mobilisaient ces théories à cette certaine époque précise fonctionnaient en réseau, ils se connaissaient et échangeaient entre eux. A mesure qu’ils gagnaient en grade et dans l’échelon socioprofessionnel, ils théorisaient et se basaient sur leur savoir non scientifique pour recommander leurs traitements. Ils étaient en même temps, formés dans des bastions universitaires, où  ne gravitaient que les élites sociales”, proches des élites politiques de l’époque et d’un courant hautement raciste et excluant.

Synopsis de l ‘ouvrage :

Depuis plus de deux siècles, des médecins et des naturalistes ont tenté d’ordonner le vivant en classant l’être humain en différents groupes distincts à partir de critères arbitrairement choisis. Ces classifications et les hiérarchies qui en découlent ont été maintes fois réfutées scientifiquement.
Comment expliquer alors les résurgences de ces mythes infondés, produits de l’initiative d’auteurs se présentant comme dépositaires de la scientificité, et faisant l’objet d’entreprises de médiatisation ? Quelles sont les trajectoires sociales, politiques et professionnelles des artisans du racisme scientifique et médical et quelles stratégies mettent-ils en œuvre pour faire accepter l’inacceptable ? En quoi le contexte politique ouvre-t-il la voie à leurs résurgences et à leurs réappropriations ?
Ce livre montre que le racisme scientifique et médical est à la fois le produit et le levier de l’ordre politique et social dans lequel il est façonné.

Des conséquences dramatiques allant jusqu’aux guerres et génocides

Ces pseudo sciences racialistes plus que la maltraitance et discrimination ont amené parfois l’extinction de certaines catégories de population.

Au 19ᵉ siècle, avec la colonisation et l’esclavage, aux États-Unis et en France, on justifiait ainsi le travail forcé et la mort quotidienne de nombreuses personnes dans les colonies.

De 1904 à 1908, le génocide des peuples herero et nama dans le Sud-Ouest africain, en Namibie actuelle, organisé par le père de la colonisation allemande, Carl Peters, en est l’illustration tragique. Lui -même très influencé par le scientifique allemand Ernst Haeckel, qui en 1868 explique que le métissage est dangereux, car il est susceptible de causer l’extinction d’une de ce qu’il qualifie d’espèces”.

Qu’en est il de nos jours, en France  et dans le domaine du soin notamment?

En France notre terrain de réflexion, les discriminations raciales dans le soin restent largement non documentées et niées. Contrairement à d’autres pays, il n’existe aucun état des lieux officiel. Ce silence statistique permet ainsi d’invisibiliser des violences réelles, quotidiennes, systémiques.

Le travail de Myriam Dergham, médecin généraliste à Saint-Etienne et titulaire d’un master en sciences politiques, a permis d’étudier les discriminations dans la santé en France. Dans un rapport que l’on peut trouver à Cairns info, elle se pose la question de connaitre la congruence ou la véracité de l’application du syndrome méditerranéen dans l’inconscient collectif et dans certaines pratiques hospitalières. Un syndrome Orientés vers une certaine catégorie sociale et raciale

Mais AVANT la Méditerranée il y avait chez les psy LA SINISTROSE

A l’origine, le syndrome Méditerranéen est né d’un autre concept, celui du concept de sinistrose. Ce concept est l’invention du docteur Édouard Brissaud en 1908. Il se referrait essentiellement aux accidentés du travail, qui auraient continué, après la guérison, à revendiquer une indemnisation ou une réparation. Les accidentés du travail, sont devenus « les accidentés du travail, mais DESORMAIS, cela ciblerait une tout autre catégorie de population, celle en provenance   du Portugal, d’Italie, du Maghreb…

Les travailleurs immigrés, furent donc les premiers « malades du syndrome ou concept de la sinistrose, mais avant eux, c’était les Bretons » des travailleurs soumis à des conditions de vie précaires. Heureusement,  des auteurs et activistes comme Frantz Fanon vont finir par dénoncer en 1952, la sinistrose. A leur tour, les psychiatres vont remettre en question la notion en 1960. Et c’est en 1970, qu’on mettra fin à ce postulat.

Surjouer la douleur, feindre ou simuler casser les pseudos théories

C’est le travail de  l’Association Tantquejesrainoire  qui a permis, la semaine dernière, la tenue d’une conférence, sur la santé des femmes afrodescendantes en France. Racisme, discriminations et mise en danger de certaines catégories de patients, un tour d’horizon sur les maltraitances sur les femmes afrodescendantes et la nécessité d’une réelle écoute… ont été les thèmes principaux qui ont été abordés. Cela a permis de dresser un état des lieux des conséquences psychosociales et sanitaires de la mauvaise prise en charge de cette catégorie. Cette journée d’étude « Santé des femmes noires en France a mis en avant les effets du sexisme et du racisme » alors que des groupes de paroles et des des ateliers de santé pour des soins autrement ont été proposés.

Cette conférence et journée de travail, ont permis de dérouler le menu de la journée qui s’est déroulée le18 septembre 2026 à l’Université Paris Cité.

Cette rencontre a souligné les effets néfastes des rapports de domination sexistes et racistes sur l’état de santé mental et physique des femmes noires en France et a mis en lumière le manque d’études sur le sujet en France. Avec l’association Tant Que Je Serai Noire et une équipe de recherche pluridisciplinaire, le souhait est de déposer un projet de recherche en santé publique sur ces questions.

En résumant les points principaux de cette journée, voici les conséquences des discriminations raciales dans le soin et la santé sur les femmes afropéennes :

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Sous-évaluation de la douleur

Accès limité aux anti douleurs (ils exagèrent la douleur) « ils veulent profiter des antidouleur »

Stéréotypes sur les comportements ce qui a pour conséquence un surdosage médicamenteux ou le contraire

Contraintes disproportionnes en psychiatrie, « clichés infantilisants » ou on les présente comme étant « dangereux « un peu plus ou moins

Non prise en charge à temps des symptômes ou des situations

Errance diagnostique

La sémiologie médicale qui se base uniquement sur la peau blanche a aussi eu son « bon dos » pendant un temps, mais elle ne suffit pas à expliquer, ces écarts de prise en charge et les discriminations dans la santé.

Pour beaucoup, elle pourrait aussi influer sur la qualité des formations et la prise en charge de certaines catégories de populations… pour autant, cela reste à vérifier et à débattre nous n’avons pas tous des « maladies tropicales » et nous n’exagérons pas nos symptômes, même si l’on n’est pas blancs comme neige ( boutade) !

C’est notamment dans la santé maternelle, la sexualité et les maladies endémiques que ces discriminations pourraient gravement mettre en danger l’intégrité physique.

Evitement et aggravation des maladies

Si les discriminations amènent d’emblée des inégalités de traitement, il ne faut pas oublier que les stigmatisations et les racismes dans la pratique médicale, font aussi fuir les malades.

Il n’est pas rare, en effet de voir le patient développer un syndrome d’évitement, face aux structures de soins classiques. *

Entre rejet, méfiance et défiance, évitement, la panoplie est entière pour une réelle aggravation des symptômes et donc des maladies.

Quand on ne nous écoute plus, on ne se soigne plus !

Plus que jamais même si on n’en parle pas, ou pas autant qu’il le faudrait, il est important d’alerter et de libérer la parole, de documenter les manquements et d’exiger des politiques de santé équitables.

Cassons les stéréotypes DE LA NOSTALGIE DU BLED des indigènes de la République

Ces populations souffrent essentiellement d’une « pathologie d’adaptation » liée au changement social, de systèmes de vie et de valeurs, une sorte de « crise identitaire liée à une forme de dépression ou de non adaptation au pays d’accueil. Oui c’est la pathologie « bateau » qu’on aime donner à toutes ces populations « indigènes » de la République.

Le « syndrome méditerranéen » à toutes les sauces (harissa oblige ou poulet yassa) ça devient du pareil au même, tant que l’on cible essentiellement les populations du sud, avec un lexique plus que riche, aux dénominations multiples : syndrome nord-africain, syndrome douloureux polymorphe, syndrome polyalgique des maghrébins. Ce syndrome méditerranéen était aussi appelé en médecine coloniale « coulchite » (ou koulchite, de l’arabe coulch « tout, partout ») ou « mal partout « 

En psychiatrie, même la « Sinistrose » n’a pas survécu.

En clair et en résumé, si l’on est arabe ou noir, on a plus de chance de souffrir du   syndrome méditerranéen, l’hypothèse fourretout  médical, qui englobe autant les personnes originaires du pourtour méditerranéen et au-delà,  grand Sud et populations afro descendantes et les pays de l’EST  nouveaux venus( Albanie, Roumanie etc) toutes ces populations « problématiques » non homogènes et ne pouvant s’adapter à la sémiologie médicale pours corps blancs,   seraient moins résistantes à la douleur.

Pour le médecin et écrivain Baptiste Beaulieu, il s’agirait clairement d’un racisme institutionnel.  Etat de fait qui est peu éclaire, en absence d’une documentation, bibliographie conséquente, toutefois, quelques études et rapports par ci et là, démontrent une réelle inégalité dans la prise en charge et dans les soins.

Ce médecin généraliste, romancier et militant engagé français, est particulièrement connu pour ses prises de position contre les maltraitances médicales, le sexisme, et les violences faites aux femmes.

Il a exercé et partagé son quotidien de soignant à travers son blog à succès Alors voilà avant de publier plusieurs ouvrages remarqués, comme Les pansements invisibles ou Alors vous ne serez plus jamais triste. Ses interventions médiatiques ou sur les réseaux sociaux abordent fréquemment l’empathie en médecine, l’écoute des patientes et les iniquités subies par les mères et les femmes dans la société.

Retrouvez notre entretien avec la psychologue clinicienne Tamila Hachemi

RAPPORT DE LA DEFENSEUR DES DROITS

En 2025, selon un rapport de la Défenseure des Droits, des actes discriminatoires ont été mis en lumière,  tels que refus de rendez-vous de consultation, réorientation abusive et rendez-vous impossibles à prendre via les plateformes dédiées, … notamment pour les bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire, ou de l’aide médicale d’État ; et des atteintes au consentement (suivi gynécologique avec examens et soins psychiatriques en particulier) des faits qui continuent à se produire en France dans des lieux de soins variés (services d’urgence, consultation en cabinet, en centre de santé ou à hôpital public ou privé) et concernent toutes les professions médicales et paramédicales (médecins généralistes, spécialistes, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, secrétariat médical…).

La Défenseure des droits dénonce par ailleurs, elle aussi, la persistance du “syndrome méditerranéen”, source de discriminations ayant des conséquences « délétères immédiates et durables sur le parcours de soins des patients” et source de renoncement aux soins, de retard ou d’absence de prise en charge, parfois fatale. Elle dénonce aussi “une sous-évaluation » de la douleur et « de la gravité des symptômes exprimés par les femmes, notamment lorsqu’elles sont jeunes, d’origine étrangère ou perçues comme telles (…) la douleur de la patiente est soit minimisée, soit remise en cause et renvoyée à une supposée anxiété ou à une souffrance psychologique dissimulée.

Si ces stéréotypes se retrouvent dans de nombreux pays sous des appellations différentes et avec, les conséquences que l’on connait, il est important de ne plus les banaliser, car ce n’est pas la norme.

Il est temps de briser l’omerta, de demander aux médecins d’avoir le courage d’en parler, surtout lorsqu’ils sont d’origine racisée !

En France depuis peu, dans les études de médecine, le manuel national de référence de santé publique consacre désormais une partie à cette notion dans le nouveau chapitre sur les discriminations, au programme des épreuves dématérialisées nationales permettant d’accéder au troisième cycle (internat).

Il y a même des cours de médecine en rapport avec les discriminations dans le milieu. Mais à quel prix, quand on songe aux pertes de vie évitables…

Retrouvez notre entretien avec la Sexologue Anaïs Alachede

Que faire ?

Développer les outils de prévention mais également les moyens de protection et la possibilité de recours judiciaires

Lutter contre les stéréotypes, s’informer sur nos droits, savoir comment déposer plainte s’il le faut, améliorer la formation des professionnels de la santé, faciliter le dépôt de plainte devant les ordres professionnels et l’Assurance maladie, avec application de sanctions effectives, proportionnées et dissuasive, oui tous ces outils sont importants.

Protéger les patients, les victimes, mais également les soignants issus de la diversité

Les médecins issus des populations marginalisées font également face au racisme de certains de leurs patients et d’autres médecins ou professionnels de santé. Ils peuvent ainsi subir, du fait de ce racisme, des intimidations, du harcèlement et du dénigrement professionnel sur leur lieu de travail. De telles expériences peuvent nuire non seulement au bien-être et à la santé du médecin, mais aussi au bon exercice de sa profession.

Un médecin cardiologue d’origine maghrébine a été victime de racisme sur son lieu de travail, racisme qui vient d’une collègue de travail qui affichait ouvertement des positions extrémistes. Mais le racisme peut aussi venir des patients, plus habitués à voir des femmes ou hommes de ménage maghrébins dans des postes à haute responsabilité médicale et qui parfois s’emportent en clamant « je ne veux pas me faire soigner par un arabe » !

Paradoxalement, même en étant bien éduqué, surdiplômé, courtois, et n’ayant pas un comportement dit « déviant » le racisme continue à inscrire ses lettres de noblesse dans le milieu médical en France. Être un professionnel de santé respecté, dont la compétence et le rôle social ne peuvent être mis en doute, n’exempt pas de subir pourtant des discriminations.

La réalité, c’est que le racisme est de plus en plus aveugle et frappe indistinctement tous ceux qui sont perçus comme maghrébins ou musulmans ou noirs, quels que soient leur statut social, leur niveau d’éducation ou leur engagement civique.

En outre, ce racisme systémique peut aussi créer des obstacles à l’entrée dans la profession de médecin pour des groupes historiquement exclus, ce qui conduit à une faible représentation et pourrait contribuer à de moindres résultats thérapeutiques pour des patients. Ces obstacles sont causés par un certain nombre de facteurs, y compris des préjugés implicites et explicites lors des admissions et des embauches, un manque d’environnements professionnels inclusifs, des inégalités raciales en matière de financement de l’éducation tout au long de la vie.

Et malheureusement, il est clair que nous ne sommes pas tous égaux face à la prise en charge de la maladie.

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Pour cela, il y a un gros travail de mentalité à faire, déconstruire pour reconstruire surtout

Car tant que l’on alimentera les stéréotypes et les discriminations fondés sur la race ou l’ethnie il faudra s’attendre à de graves manquements, des dérapages, du déni, pouvant conduire à mettre en danger la bonne pratique médicale. ET A TUER DES GENS !

Il faut casser la langue de bois, briser l’omerta, avoir le courage d’alerter et de dénoncer, ne pas attendre qu’il y ai une autre victime…

J’ai eu la chance pour ma part de survivre à ma pancréatite aigüe il y a six ans, alors que mon époux français venait de décéder d’un cancer du pancréas ( il fut bien traité tout au long de son parcours dans ce même hôpital, il était gaulois, il s’est éteint quand même ) moi j’ai survécu mais seize heures dans d’atroces souffrances, on n’a pris en compte ma douleur et mes cris ni la gravité de ce que j’avais, j’étais pieds nus, vêtue d’une djellaba en coton en plein automne, tellement j’ai eu mal je me suis faite dessus… je suppliais que l’on me donne quelque chose, on m’a fait deux faux diagnostics, covid, puis embolie pulmonaire, j’étais sale pendant seize heures (honte de le dire, dans mes selles tout ce temps) me suis trainée pieds nus aux toilettes, , j’étais seule mes petits livrés à eux même à la maison… personne pour me défendre, j’ai longtemps supplié pour un anti douleur, on ne m’a rien donné. Mais on s’est trompés deux fois sur le diagnostic ( errance de diagnostic) , le troisième, enfin après seize heures de souffrance, une pancréatite aigue qui a faillit m’emporter. J’ai eu plus de chance que Naomie Musenga.

Je fais mon coming out six ans après, je ne savais pas à l’ époque ce qu’étaient tous ces syndromes, j’étais la bourgeoise des beaux quartiers, jamais je n’aurai pu penser qu’une djellaba et des pieds nus, auraient tant impacté sur la lecture culturelle de mes douleurs. Je ne saurai jamais, quelle part de préjugés et quelle part d’incompétence, ou de dépassement du staff…

Je ne veux pas accabler les soignants, ni faire de polémique, mais ma lecture aujourd’hui, a changé.

Si l’on veut un jour, vraiment prendre en charge les inégalités de santé entre les patients en France et ailleurs, il sera essentiel de ne plus essentialiser une douleur à la culture ou la provenance éthnique.

Nous avons le même corps et les mêmes douleurs !

UFFP

UFFP la Fondatrice et Présidente FERIEL BERRAIES GUIGNY :
Tour à tour mannequin, criminologue, diplomate et journaliste, la franco tunisienne Fériel Berraies Guigny a lancé en février 2011, une Association loi 1901 du nom de United Fashion for Peace. Parmi les activités de l'Association, une Caravane de mode internationale qui met en avant la paix, la tolérance, le dialogue entre les civilisations par le biais de la mode et de l'artisanat éthique. Née dans la foulée du printemps arabe, cette Association réunit tous les artistes du monde pour la paix, désireux de donner de l'espoir dans des régions en crise ou en transition. Depuis le mois de mai dernier, le magazine en ligne a aussi vu le jour pour être le portevoix de tous ses combats pour une planète éthique. La première programmation de la Caravane de mode se fera prochainement en février 2012 en Afrique subsaharienne sous la thématique de l'éducation pour la paix à la Triennale de l'Education en Afrique. Sept pays ont été les Ambassadeurs, Tunisie, Maroc, Cameroun, Afrique du Sud, France/Niger et Burkina Faso.
Fériel Berraies Guigny dirige par ailleurs, depuis des années deux panafricains New African en co rédaction et New African Woman/ Femme Africaine qu'elle a crée pour le groupe de presse britannique IC publications. Elle a longtemps été journaliste correspondante presse pour la Tunisie.

UFFP Contenu rédactionnel webzine :
Magazine français pour une planète éthique. Se veut une plateforme internationale pour une mode éthique qui défend la paix, la tolérance, l'échange, le dialogue entre les civilisations par le biais de la culture, de la création et de l'artisanat. Rubriques : 'Planète éthique' - 'Le rendez-vous des entrepreneurs' - 'Ethnical Conso : beauté bio, manger éthique' - 'Ethical Fashion' - 'Eco Déco' - 'Culture éthique' - 'Eco Evasion' - 'Société et éthique' - 'Femmes d'Ethique' - 'Prix Ethique' - 'Paroles Ethique'.
Mission de l'Association UFFP :
La Caravane United Fashion for Peace est née ce mois de février passé dans la foulée du printemps arabe et suite au massacre de femmes ivoriennes dans le marché lors des affrontements civils dans le pays. C'est une Association loi 1901française, née du désir de rendre hommage a à tous ceux qui ont perdu la vie pour un idéal de paix dans le Monde, tous ceux qui ont été sacrifiés alors qu’ils recherchaient simplement la dignité humaine. Cette Association et plateforme internationale est apolitique, sans coloration religieuse ou ethnique, elle se bat pour la mode éthique, défend par le biais de la culture, de la création et de l'artisanat, la paix, la tolérance, l'échange, le dialogue entre les civilisations.
Dans le farouche désir de combattre pacifiquement les injustices sociales et économiques à l'encontre des peuples par la culture, elle entend véhiculer des messages d'humanité. Son slogan le beau au service de l'autre, permet des passerelles, des rencontres et l’ acceptation des diversités couture. L'esthétique pour l'éthique reste son credo.

United Fashion for Peace entend fédérer le meilleur de la création internationale dans le respect de la diversité, des us et des coutumes. Tout un symbole de paix aujourd'hui, alors que le Continent continue de subir les soubresauts de son histoire.
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United Fashion for Peace, c’est un concept qui propose un défilé de mode « clés en main », une animation « décalée » à l’occasion d’une manifestation, d’un colloque, d’un forum, d’assises politiques, économiques, scientifiques.
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C'était une idée, elle est devenue un projet, aujourd'hui une Association qui a hâte de trouver des programmateurs, des sponsors et des partenaires afin de pouvoir sa première édition.
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contact: unitedfashionforpeace@gmail.com

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