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Africa Corps de HANS SILVESTER

Ajouté par , Le mai 5, 2013 , dans Buzz, Evasion, Evénement, LifeStyle, Société

Chers UFFPiens un  artiste, un parcours, un livre, une rétrospective pour nous tout ceci est intemporel et pour cause. Alors bon voyage !

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Réputé pour les magnifiques reportages géographiques qu’il réalise depuis plusieurs décennies dans diverses régions du monde, Hans Sylvester, photographe reporter allemand, voue une passion particulière aux peuples de l’OMO (rivière éthiopienne, qui se fraie un chemin tortueux dans le plateau éthiopien) qu’il suit au travers de son objectif. Deux magnifiques ouvrages ont d’ailleurs été consacrés à son travail, aux éditions de La Martinière. Mais les photographies choisies pour l’exposition de l’Hôtel des Arts à Toulon, en 2008 ont été réalisées lors de son dernier séjour en Éthiopie à l’automne 2007. Elles restent donc inédites.

omoDans la région du Rift, en Ethiopie, depuis des temps immémoriaux, vit une quinzaine de tribus adoptant des us et pratiques de l’ancien temps. La peinture corporelle fait partie des coutumes ornementales de ces diverses peuplades. Les hommes de cette vallée d’Afrique sont tous peintres et sont tous peintures. Des peintures nées dans le vif et le spontané, marquant l’indéfinissable barrière entre l’enfance et la maturité. Cet art du corps pour les « OMO » est un mouvement essentiel caractérisant tout un patrimoine culturel, hérité au fil des générations. Pas de code ancestral pour autant, si ce n’est le désir du beau et la séduction du paraître. Le corps bijou, le corps tableau, le corps fierté symbolique. Les clichés de Hans Sylvester sont un régal pour les yeux, l’invitation à une pratique devenue Art des couleurs, parures empruntées à dame nature. De véritables tableaux humains sont alors offerts à notre regard. La plupart sont des corps nus et nubiles, mais il y a également dans cette collection des visages d’hommes ou de femmes plus matures. Les pigments qu’offre spontanément la géologie de la Rift Valley à savoir les rouges, verts, ocres, jaunes, blancs de toutes nuances permettent une palette de couleurs des plus variées.

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La richesse et la beauté de ces pigments proviennent également de la peau et de la couleur au grain si particulier des peuples de l’Omo. Un mélange qui magnifie cet Art vivant. Les peuples de l’OMO pratiquant cet art corporel, n’ont pas la peau noire des populations du Soudan, du Kenya et de l’Ouganda qui absorbe davantage la lumière. A l’inverse, ils présentent une carnation plus rouge et plus cuivrée. Il est intéressant par ailleurs d’ajouter que ces populations se considèrent non noires. Ce qui paraît une évidence par contre, c’est que leur qualité de peau reflète bien la lumière, ce qui constitue un support extraordinaire pour ces pigments colorés. Liberté d’expression absolue, tout est spontané sans effet répétitif. Le savoir peindre corporel, s’acquiert dès le plus jeune âge, au contact des mères qui peignent leurs jeunes enfants. Ce sont essentiellement les adolescents qui se consacrent à cette activité, peignant soit à la main soit à l’aide d’un roseau. Les filles mettent en valeur leurs seins, les garçons peignent leur pénis. Et c’est essentiellement à travers le regard de l’Autre que les fresques humaines prennent vie. Simple logique du miroir sans quoi il serait impossible de peindre visage et dos. Le photographe explique pour sa part que la prise d’image est aussi un tout autre défi, car le soleil africain est très dur, rendant les prises de vues aléatoires. La plupart de celles ci sont prises le matin tôt, ou le soir, ou parfois dans l’ombre. Établir une juste distance entre le sujet objet photographié est aussi une autre contrainte ; Hans Sylvester a du « apprivoiser » avec le temps et la patience l’objet de son regard. Cette exposition est un formidable témoignage par rapport à un Art qui tend à disparaître.

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Car autrefois, la peinture était présente chez tous les peuples de la région, aujourd’hui elle conserve son importance et sa pureté millénaires dans les tribus qui n’ont que très peu ou pas du tout de contact avec le reste de la civilisation. Chez les Hamers, les peintures corporelles étaient extraordinaires, des photos d’il y a 30 ou 40 ans en témoignent. Mais c’est le tourisme, qui en a détruit l’authenticité et la spontanéité. Hans Sylvester, a pour sa part, jeté son dévolu sur une peuplade particulière, la tribu des Surmas. Très isolés dans un territoire qui passe la frontière entre l’Éthiopie et le Soudan ; l’accès y est compliqué, car ce peuple par la force des choses est aussi un peuple de guerriers. S’aventurer dans cette région est donc une gageure que le photographe allemand a parfaitement contourné. Les habitants comme les Surmas n’ont pour la plupart, aucune connaissance de l’extérieur. Petite anecdote à partager : quand Hans Sylvester y est allé la première fois, le seul objet qu’ils possédaient en provenance de notre civilisation était la Kalachnikov…

A réfléchir…

Bio-Express :

Membre de l’agence Rapho depuis 1965, Hans Silvester est né le 2 octobre 1938 à Lörrach en Allemagne. Premières photos à l’âge de 14 ans. Diplômé de l’école de Fribourg en 1955, il voyage à travers l’Europe et commence à publier dans un livre pour enfants sur la vie d’une famille d’écureuils : déjà se manifeste en lui cet amour de la nature et des animaux et ce souci de l’écologie qui ne le quitteront plus. À la même époque, il fait un reportage sur la Camargue. Ses photos en noir et blanc sont accompagnées par des textes de Jean Giono. Ce travail marque pour lui le commencement du succès, en même temps que le début d’une longue histoire d’amour avec la Provence, où il s’installe en 1962.

En 1964 il est envoyé en Amérique du Sud pour le compte d’une organisation caritative, puis il passe six mois aux États-Unis et en Amérique centrale. Suit une longue série de reportages dans le monde entier : Japon, Portugal, Égypte, Tunisie, Hongrie, Pérou, États-Unis, Italie, Espagne… sans oublier la Provence.

Chaque voyage donne lieu à un livre ou à une publication, le plus souvent pour le magazine Geo, dont il inaugure le premier numéro avec une chronique d’un village du pays Basque en 1977. Ses publications attestent de la diversité de ses intérêts : la pétanque, les oiseaux, les épouvantails, les pigeons, l’Afrique.

Crédits :

Photos Hans Sylvester 2007. ADGP Paris.2008

Courtesy of l’Agence de l’Observatoire Paris.

COMMISSAR I AT DE L’ E XP OS I T I ON

Gilles Altieri, directeur de l’Hôtel des Arts et commissaire de l’exposition

Un catalogue a été édité par le Conseil général du Var à l’occasion de cette exposition. 


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