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La Science a besoin des Femmes !


 

 Irina Bukowa entourée des lauréates 2013 photo DR

 

Le Prix l’Oréal Unesco pour la recherche scientifique en est à sa 15e édition.

15 ans d’un prix scientifique mythique qui dévoile le meilleur de l’humanité scientifique au féminin

Un reportage de Fériel Berraies Guigny

Longtemps, les jeunes filles ont hésité à suivre les filières scientifiques: peur de l’échec, durée et cherté des études, contraintes culturelles, tabous sociétaux et  statut de la femme en question, tout était prétexte à les décourager. Le Prix Women in Science a déconstruit toutes ces fatalités. Donnant naissance à des rôle models pour les générations à venir en changeant la vie de beaucoup d’entre elles.  Le prix de la Fondation l’Oréal et l’Unesco ont le rôle précis d’inspirer la confiance. Plus qu’une question de justice sociale, il s’agit aussi d’efficacité sociale et d’encourager tous ces talents au féminin désireux de faire évoluer le Monde et le progrès.

Encourager les femmes et les jeunes filles à embrasser les métiers de la Science et les aider à se tailler la place qu’elles méritent dans la recherche académique, est le défi de la Fondation l’Oréal et de l’UNESCO. Deux institutions qui ont œuvré côte à côte depuis près de 15 ans pour ouvrir la voie au meilleur de la recherche scientifique au féminin. 15 ans, date anniversaire emblématique qui retrace la créativité et la durabilité d’un programme qui a tenu ses promesses.

UFFP était convié à l’inauguration de l’exposition Femmes et Sciences ce mois de mars,  sur l’esplanade des champs Elysées. Et nous avons pu retracer des parcours féminins à l’international dont ceux de tunisiennes qui ont gagné le prix en 2004 et 2005 des égyptiennes, des nigérianes et des sud africaines. Des femmes du Sud remarquables qui ont su faire face à des adversités au nom du progrès de leur société.

Nous avons également était présente  au Gala des Femmes et de la Science où des intervenantes ont pu prendre la parole dont la Ministre française de la Femme, Najat Vallaud Belkacem qui a rappellé encore une fois que la parité et le genre sont des combats au quotidien en France et qu’il ne fallait aucunement cesser de baisser la garde. Le travail devra se faire en profondeur pour que les sociétés du Monde finissent par comprendre l’apport essentiel des femmes dans leur Communauté et notamment dans la Science où elles continuent à être sous représentées.

Plus que jamais la parité dans la formation et l’éducation est nécessaire en vue d’assurer un développement durable des sociétés. La remise du Prix de la Fondation d’Entreprise L’Oréal et l’Unesco pour les femmes et la Science est toujours un grand moment d’intelligence et de partage. Et ce fut encore le cas pour cette 15 édition qui à l’instar de l’année dernière avec la Tunisie ; n’a pas eu de lauréate du Monde arabe. La lauréate Nigériane a cependant représenté notre région et celle d’Afrique ( subsaharienne)

Ce prix depuis 15 ans rend hommage à la fine fleur de la recherche scientifique mondiale. L’Oréal et l’Unesco depuis plus d’une décennie portent ensemble un seul et même message  » le Monde a besoin de la science, et la Science a besoin des femmes » tout comme l’ affirme  souvent Irina Bukowa, Secrétaire Générale de l’UNESCO .

Par ce prix qui aujourd’hui détient une aura internationale, il s’agit d’inscrire une volonté et une intention dans la durée, celle de donner l’envie et la confiance aux jeunes filles du Monde qui pourraient être de nouvelles  » Marie Curie »

Mais il s’agit également « d’investir en elles, les guider et les accompagner dans le Monde hautement compétitif de la recherche pour leur donner les moyens de l’excellence. »

La réussite de ce prix a été rendue possible grâce à la parfaite synergie entre l’Oréal et l’UNESCO. Women in Science est un Prix qui fait plus que récompenser chaque année, cinq femmes scientifiques des cinq Continents. Car il ouvre aussi la porte aux futures gagnantes de demain par l’Octroi de bourses pour les études des filières scientifiques.

Ainsi de mécènes, le prix devient un véritable réservoir des talents à venir. En élargissant les ambitions des femmes, l’Oréal a crée un programme vraiment mondial. La clé de ce programme, c’est le haut niveau d’excellence et la constitution d’un réseau de scientifiques d’exception qui forme le jury. Un tri des meilleurs scientifiques du Monde qui a été rendu possible grâce au concours et au réseau de l’UNESCO;

Les Femmes et la Science c ‘est à dire le Prix Women in Science propose chaque année un programme global qui comprend 5 Prix internationaux pour consacrer l’Excellence scientifique.

Crée en 1998, les prix récompensent chaque année cinq femmes issues des cinq régions du Monde ( Afrique et Etats Arabes, Asie Pacifique, Europe, Amérique Latine, Amérique du Nord) pour leur contribution aux progrès de la Science.

1 Bourse spéciale internationale « … sur les traces de Marie Curie » pour reconnaître l’engagement et l’accomplissement à mi carrière

Elle est octroyée chaque année à une ancienne boursière Internationale UNESCO-L’Oréal et récompense une scientifique qui par sa carrière et par la persévérance dont elle a fait preuve au cours de la décennie précédente, incarne l’avenir de la science.

15 Bourses Internationales, 20 Bourses Régionales et 180 Bourses Nationales

Pour encourager les jeunes scientifiques prometteuses et les échanges internationaux. Au cours de leurs recherches au niveau doctoral ou postdoctoral. Ceci leur permettra de développer des réseaux au sein de la communauté scientifique et d’acquérir une expérience qu’elles pourront ensuite partager au retour dans le pays d’origine.

Les Bourses au niveau régional et national permettent d’encourager les jeunes scientifiques prometteuses, deux programmes régionaux ont ainsi été mis en place;

Le jury

Un réseau international de près de 1000 scientifiques choisit chaque année les candidates au Prix. Le jury est composé d’anciens prix Nobel. Les cinq lauréates sont ensuite sélectionnées par un jury international indépendant. Toutes les scientifiques du Monde sont invitées à proposer des candidatures. En alternance chaque année, les prix récompensent les chercheuses en sciences de la vie et en sciences physiques. Ce jury était, présidé cette année par le professeur Ahmed Zewail, Prix Nobel de Chimie 1999, titulaire de la Chaire Linus Pauling de chimie et professeur de physique de l’Institut de Technologie de Californie.

les Cinq lauréates 2013. PHOTO DR

Cette année, les 5 lauréates sont le professeur Francisca Nneka Okeke du Nigéria, le professeur Reiko Kuroda du Japon, le professeur Pratibha L. Gai du Royaume-Uni, le professeur Marcia Barbosa du Brésil et le professeur adjoint Deborah S. Jin des Etats-Unis.

Elles ont été sélectionnées par un jury indépendant et international, présidé cette année par le professeur Ahmed Zewail, Prix Nobel de Chimie en 1999, titulaire de la Chaire Linus Pauling de chimie et professeur de physique de l’ Institut de Technologie de Californie.

Les travaux des lauréates 2013 témoignent d’approches exceptionnelles et novatrices dans la recherche fondamentale en sciences physiques : qu’il s’agisse de permettre une meilleure compréhension du changement climatique, de faire avancer les recherches sur les maladies neurodégénératives, ou de favoriser la découverte de nouvelles sources d’énergie potentielle. « Ces cinq femmes scientifiques d’exception apportent au monde une compréhension plus fine du fonctionnement de la nature » a déclaré Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO. « Leur recherche d’avant-garde et leurs découvertes modifient notre façon de voir et de penser dans de nombreux domaines des sciences physiques et repoussent les frontières de la science et de la technologie. De telles avancées peuvent transformer nos sociétés. »

Présentation des lauréates 2013. crédits photos Julian Dufort

Professeur Francisca Nneka OKEKE.Lauréate Afrique et Etats arabes « la détermination et les sacrifices finissent par payer en Sciences » !

Université de Nigeria, Nsukka (Nigeria)

La professeure nigériane, maman de six enfants et chercheuse émérite qui a commencé par une carrière de recherches d’abord à Tokyo avant de rejoindre sa terre natale et prenant le risque de laisser enfants et racines derrière elle pour accomplir son rêve scientifique. Elle a été primée pour ses travaux pionniers sur les variations quotidiennes des courants ioniques dans la haute atmosphère, qui pourraient améliorer notre compréhension du changement climatique. Bien au-dessus de la surface de la Terre, à une altitude comprise entre 50 et 1 000 km, se trouve l’ionosphère, une couche très épaisse composée de particules chargées, où les électrons libres sont suffisamment nombreux pour influencer la transmission des ondes électromagnétiques à fréquence radio. Lorsque ces ions se déplacent dans le champ magnétique terrestre, un courant est induit à la manière d’une dynamo et les modifications ainsi provoquées dans le champ magnétique à la surface de la Terre ont de multiples effets sur la planète. Les travaux du Professeur Francisca Okeke ont abouti à de nouvelles découvertes sur la zone de l’ionosphère située au-dessus de l’équateur.

 

Professeur Reiko KURODA. Lauréate Asie Pacifique « j’ai dû enseigner l’anglais en Europe avant de pouvoir enseigner les sciences dans mon pays » !

Université des sciences de Tokyo (Japon)

Cette professeur qui fut la première à enseigner les Sciences dans son pays a du émigrer un premier temps en Europe pour enseigner l’anglais à des étudiants vivant en Grande Bretagne,  avant de revenir enseigner dans son pays. Ses  travaux ont été primés car ils ont amené  l’explication de la différence fonctionnelle entre les molécules « gauchères » et « droitières », donnant lieu à de nombreuses applications pour la recherche, notamment sur les maladies neuro-dégénératives telles que l’Alzheimer.

 

« Chiralité », tel est le terme scientifique utilisé pour définir la spécialité du Professeur Reiko Kuroda. Cette propriété d’asymétrie fait qu’un objet n’est pas superposable à son image dans un miroir et qu’il est orienté soit vers la droite, soit vers la gauche. On peut l’observer dans tous types d’objets, qu’ils soient animés ou inanimés, même dans les plus petits composants de notre corps.

EUROPE

 

Professeur Pratibha GAI. Lauréate pour l’Europe « en Sciences il faut prendre des risques » !

Université d’York (Royaume-Uni)

Pratibha GAI

Connue et reconnue par ses pairs et qui avait déjà révolutionné l’enceinte universitaire quand du temps où elle était étudiante chercheur elle « voulu faire un trou  dans un microscope » entraînant la perplexité de ses professeurs, mais comme elle le dit si bien «  en Sciences il faut prendre des risques » et le reste n’est que Science !

Elle a été primée pour  la mise au point d’une technique de visualisation innovante, permettant d’observer les réactions chimiques des atomes de surface des catalyseurs, ouvrant la voie au développement de nouvelles sources d’énergie et de nouveaux médicaments.

Réussir à observer ce qui est imperceptible à l’œil nu constitue l’une des avancées les plus révolutionnaires de l’histoire de la science. Des microscopes optiques du 16e siècle aux modèles électroniques du 21e siècle, les progrès en matière de visualisation de processus naturels autrefois invisibles ont ouvert un immense champ de connaissances nouvelles. Le Professeur Pratibha Gai fait partie des rares scientifiques à avoir contribué à ce long perfectionnement. Grâce aux très ingénieuses modifications qu’elle a apportées aux microscopes électroniques, il est désormais possible d’observer, au niveau atomique, des processus chimiques qui étaient encore, il n’y a pas si longtemps, un mystère total.

 

Professeur Marcia BARBOSA. Lauréate pour l’Amérique Latine  «  on peut danser la samba avoir un mariage heureux et faire de la science « !

Université fédérale de Rio Grande do Sul, Porto Alègre (Brésil)

Marcia BARBOSA

Une scientifique qui s’est longtemps heurtée aux tabous conservateurs de sa société qui considère que les sciences ne sont pas faites pour les femmes. Et en l’occurrence, elle nous a avoué que pour la brésilienne le seul désir à la base, était de savoir danser la Samba de se marier et de faire deux enfants. Déconstruire les clichés sur les femmes scientifiques et leur devenir sociétal a donc été le premier combat de Marcia Barbosa. Désireuse de montrer aux étudiantes que les Sciences sont aussi une fenêtre d’opportunité. Marcia Barbosa fut primée pour cette édition pour la découverte d’une anomalie de l’eau, non seulement applicable à d’autres liquides, ce qui pourrait entrainer une meilleure connaissance des phénomènes de séismes, mais aussi importante pour la compréhension du repliement des protéines, aspect essentiel pour le traitement de certaines maladies.

 

Au niveau microscopique, l’eau peut présenter des comportements inhabituels et insoupçonnés, que les scientifiques appellent des « anomalies de comportement ». L’eau recouvrant près des trois quarts de la surface de la Terre et composant le corps humain à plus de 50 %, il est primordial, pour le progrès scientifique dans presque tous les domaines, de comprendre avec précision les mécanismes de ces comportements inhabituels. Le Professeur Marcia Barbosa a mis en lumière l’une de ces particularités. Les conclusions de ses recherches pourraient avoir un impact majeur sur notre compréhension d’une multitude de phénomènes naturels allant des tremblements de terre aux protéines humaines.

Professeur Deborah JIN. Lauréate pour l’Amérique du Nord « en Sciences il n’y a ni limites ni frontières » !

National Institute of Standards and Technology, Université du Colorado, Boulder (États-Unis)

Deborah JIN

Le professeur Jin a été la première scientifique à refroidir des molécules à un point tel qu’elle a pu observer des réactions chimiques au ralenti, ce qui pourrait améliorer notre connaissance des processus moléculaires et favoriser la découverte de nouvelles sources d’énergie. Le Professeur Deborah Jin étudie le comportement des molécules lorsqu’elles sont refroidies pratiquement au zéro absolu, la température la plus basse possible. Avec son équipe de l’Université du Colorado, elle a mis au point une technique permettant de réaliser ce processus extrêmement difficile. Le but recherché, lorsque l’on soumet des molécules à des températures si basses, est de ralentir leurs mouvements. Plus les molécules sont froides, plus leurs mouvements sont lents, et les chercheurs peuvent alors observer ce qui se passe lors des réactions chimiques. En parvenant à refroidir les molécules au point de pouvoir observer leur comportement, Deborah Jin a réalisé une découverte majeure et triomphé d’un obstacle qui freinait la communauté scientifique depuis des années.

 

Flash Back  express 2012 sur les profiles qui nous ont marqués

 

Jill Farrant gagnante 2012 pour la région Afrique Subsaharienne et Monde Arabe et à sa gauche  la boursières  tunisienne Emna Harigua ( en photo lors de la soirée des prix en 2012, 14e édition ) photo DR CAPA

Jill Farrant est la gagnante 2012 pour la région Afrique Subsaharienne et Monde Arabe.

Jill Farrant lauréate 2012 pour l’Afrique. Portrait Express

Jill Farrant

Professeur Jill Farrant officie à la Chaire de recherche – Physiologie moléculaire des plantes, Faculté de biologie moléculaire et cellulaire, à l’ Université de Cape Town, en Afrique du Sud.

Jill Farrant étudie les plantes de la résurrection, qui survivent dans des conditions de sécheresse extrême. Bien qu’elles semblent mortes, un apport d’eau les fait immédiatement revenir à la vie. Les gènes responsables de cette quasi résurrection pourraient jouer un rôle capital dans la mise au point de cultures adaptées à des climats très arides, ce qui permettrait d’aider à garantir les besoins en nourriture d’une population mondiale en constante augmentation.

 

La Boursière spéciale Internationale l’Oréal-UNESCO 2012 fut issue du Monde arabe et de l’Afrique du Nord, nous vous en donnons un rapide portrait.

Mounira Hmani Aifa Tunisie. Portrait Express

Mounira Hmani Aifa

Professeur en Génétique moléculaire humaine. Faculté de Sciences, et Chercheuse auprès du Centre de Biotechnologie de Sfax

Lorsque Mounira Hmani Aifa a remporté la Bourse internationale en 2002, elle l’a mise à profit pour intégrer la Faculté des Sciences médicales de Linkoping en Suède. Et ainsi, poursuivre des recherches post doctorales en génétique humaine. De retour en Tunisie, elle a entamé un travail sur les origines génétiques de la surdité héréditaire, au sein du laboratoire dirigé par le Professeur Hamadi Ayadi. En outre, elle a lancé dans le cadre d’un projet suédo-tunisien, une nouvelle étude génétique sur la microphtalmie postérieure, un trouble héréditaire rare affectant les yeux. Mounira est parvenue à identifier plusieurs des gènes en cause, ce qui a permis d’organiser une consultation génétique pour les familles concernées. Mounira Hmani Haifa envisage d’utiliser sa bourse spéciale 2012 pour étudier une nouvelle piste de recherche, découverte au cours du projet : le lien éventuel entre l’un des gènes impliqués dans la microphtalmie postérieure et le glaucome  » lorsque nous aurons compris le mode d’action du gène » explique t-elle  » nous espérons pouvoir développer des traitements »

 

Fériel Berraies Guigny Présidente de UFFP tenant dans sa main Mounira Hmani Aifa en arriére plan Emna Harrigua. Deux tunisiennes à l’ édition 2012  du prix

 

Les Boursières Internationales au nombre de 15,  comptaient parmi elles une Nord Africaine Emna Harigua de Tnnisie et trois d’Afrique Subsaharienne.

 

Afrique du Nord. Emna Harrigua. Tunisie. Portrait Express

Emna Harigua Tunisie. Combattre la leishmaniose

Doctorante en biologie moléculaire, Tunisie (Biologie moléculaire et bio-informatique) à l’Institut Pasteur, Tunis, la tunisienne Emna Harrigua prévoit d’intégrer prochainement l’Unité de Bioinformatique Structurale de l’Institut Pasteur à Paris.

La Leishmaniose tue un demi-million de personnes dans le Monde. Elle est méconnue au Maghreb car on n’en parle pas et elle n’est pas considérée à raison, comme un problème majeur de santé publique. Pourtant elle est transmissible par un moustique qui vit dans notre région et le pourtour méditerranéen. L’étude de la boursière Tunisienne Emna Harigua, vise à mobiliser les citoyens sur la réalité de cette maladie qui peut les affecter. Dans certaines parties du Monde, elle est même une urgence sanitaire!

Découvrir de nouveaux traitements contre la leichmaniose, serait une formidable avancée par rapport à une maladie parasitaire qui affecte 12 millions de personnes et provoque environ 60000 morts par an dans le Monde.

Les Boursières Internationales au nombre de 15, parmi elles une Nord Africaine Emna Harigua de Tunisie et trois d’Afrique Subsaharienne. Voici deux de ses boursières que nous avions i interviewé pour vous chers UFFPiens !

 

Gladys Gahaka. Namibie  » préserver la biodiversité de son pays » !

Gladys Gahaka

De nombreuses espèces végétales et animales sont menacées d’extinction en Namibie,  avec pour causes principales la main mise de l’homme sur la nature, la pollution et l’urbanisation galopante. Surexploitées, elles sont en voie de disparition et leur patrimoine génétique reste peu connu. La Namibie est aujourd’hui, un laboratoire bioscientifique pour la région et l’Université de la Namibie pourrait à juste titre, être considérée comme un centre de recherche de qualité pour la sous région.

Gladys Kahaka, est Docteur en sciences du végétal, en Namibie (Biotechnologie/ Biochimie) à la Faculté de Chimie et Biochimie de l’ Université de Namibie. Elle prévoit d’intégrer suite à la bourse de la Fondation l’Oréal, le Département des Sciences des Plantes, de l’Université de Nottingham au Royaume Uni.

Gladys envisage d’exploiter les récentes avancées dans le domaine de la transcriptomie ( puces à ADN) par l’étude de trois espèces animales et végétales en danger. La première, le ximénia est une plante économiquement très importante pour les populations locales qui s’en servent pour le bois, comme fruit comestible et huile. La seconde, appelée griffe du diable, est employée en phytothérapie et représente une source de revenu non négligeable pour la population locale. La troisième appartient au règne animal, il s’agit du guépard. Ce dernier, est menacé d’extinction.

L’étude du génome d’une seule espèce, pourrait contribuer à fournir les données nécessaires, à l’amélioration de processus tels que la germination et la reproduction. Pour permettre la sauvegarde et l’exploitation durable d’espèces menacées.

Entretien:

            La recherche scientifique vous sentiez que c’était votre voie? oui c’est de famille je dirai. Très jeune j’ai appris à administrer les médicaments au bétail malade. Mais il est vrai qu’au départ, je me suis posée la question de savoir, s’il n’était pas préférable de m’intéresser à traiter les humains en faisant plutôt de la médecine. Mais mes visites dans les hôpitaux m’ont vite fait changer d’avis. Je sentais que ce n’était pas pour moi.

Donc du monde médical, vous passez au monde végétal? à l’Université j’ai jeté mon dévolu sur la chimie et la biochimie. Et depuis lors, j’ai toujours tenté de trouver le croisement entre ces deux sciences.

Vous vous êtes spécialisée dans la génétique moléculaire pourquoi? Cela a été mon orientation depuis le Masters et le Doctorat. En tant qu’enseignante à l’Université, j’enseigne les sciences de la génétique moléculaire, pour montrer par exemple aux étudiants comment appliquer la génétique moléculaire dans les différents aspects de la vie, comme la recherche d’ADN dans les scènes de crime.

Les femmes scientifiques dans votre pays, sont-elles encouragées à faire votre métier? il est vrai qu’en général on pense qu’une femme devrait être à la cuisine ! c’est une croyance générale, mais en Namibie c’est différent. Depuis notre indépendance, l’éducation est encouragée pour tout le monde. C’est un défi, bien sur car au niveau de la parité il y a encore beaucoup de choses à faire. Mais il y a cependant une volonté politique pour faire avancer les choses. L’éducation de base est importante et s’agissant du cycle supérieur, notamment pour les sciences, des bourses sont proposées aux hommes comme aux femmes. C’est une volonté cependant assez récente.

Depuis la fin de la guerre et l’indépendance, il y a donc beaucoup d’efforts? oui j’ai vraiment senti cela quand je suis retournée au pays, mais tous les namibiens sont encouragés quand même à quitter le pays pour se spécialiser. J’ai fait ma licence au pays et ensuite on m’a intégrée à l’Université. Par la suite, on m’a envoyée à l’international compléter ma formation. Il y a réellement un suivi du gouvernement, qui nous garantit que notre poste est en attente pour nous, jusqu’à notre retour. C’est vraiment encourageant et cela permet au pays de ne pas perdre sa matière grise. Cependant, les opportunités d’emploi sont limitées et ce pour tout le monde, le marché est assez petit. La Namibie est un pays qui est très peu industrialisé. Nous avons du tourisme, de l’écologie, mais cela ne génère pas d’emploi réel pour nous.

Vous vous intéressez à la préservation de certaines espèces en voie de disparition? oui en fait, mon étude tente d’exploiter les récentes avancées des biotechnologies génomiques qui nous permettraient d’identifier les gènes les plus importants d’une espèce en les comparant avec une partie des génomes connus d’autres espèces. Il est crucial de protéger la biodiversité de mon pays, car certaines espèces sont importantes pour notre environnement, tout comme pour notre économie et font aussi vivre aussi une partie de notre population.

Que voudriez vous dire à vos jeunes sœurs qui seraient tentées de suivre vos pas dans la Science? il faut y croire, et pour les métiers de la Science, il faut avoir de la passion et de l’engagement. Les femmes peuvent y arriver, il leur suffit d’y croire et de ne jamais lâcher prise !

Le Mentoring de l’Oréal et l’expérience à Paris? je n’arrive pas à trouver les mots, car pour moi c’est un rêve devenu réalité! ce prix m’a donné les bases et les fondations pour persévérer et donner le meilleur de soi même. Cet appui financier va pouvoir me permettre d’approfondir mes investigations. Mais c’est surtout la reconnaissance internationale que me confère ce prix, de l’anonymat à la reconnaissance internationale. J’ai rencontré des personnages incroyables, et le réseautage aussi est très important pour ma carrière. Oui cela va changer ma vie.

 

Pegotty Mutai. Kenya  » combattre les parasites pour éviter aux enfants de grandir malades »

Peggoty Mutai

Ces parasites viennent des pays en développement et affecteraient un milliards de personnes dans le Monde. En Afrique, en Asie, en Amérique Latine, touchant notamment les catégories sociales les plus pauvres de ces régions.

Peggoty Mutai, est Doctorante en chimie médicale au Kenya à l’Université de Nairobi et a étudié aussi à Cape Town en Afrique du Sud. Une fois la bourse obtenue, elle prévoit de compléter sa formation à l’ Institut de Parasitologie de l’ Université de Mc Gill, Québec au Canada. Peggy va explorer le potentiel inexploité des végétaux locaux, à la recherche de nouveaux traitements contre les vers parasites responsables des maladies qui touchent des millions de personnes dans les pays émergents.

 

Doctorante en chimie, Peggoty Mutai a pour objectif de trouver de nouveaux traitements contre les vers parasitiques.

 

Entretien:

1/ Les Sciences une évidence pour vous? oui depuis toute petite j’en rêvais, je viens d’un village au Kenya, Kericho et j’ai toujours été proche de la nature. J’ai très vite été attirée à l’école par les disciplines scientifiques dont la chimie, j’ai su que plus tard j’allais en faire mon métier.

2/ Parlez nous de votre recherche? je suis en train de tester de nouveaux médicaments qui pourraient venir enrayer la problématique des vers parasites qui touchent beaucoup les catégories vulnérables dont les enfants de mon pays.

3/ Ces parasites sont un réel frein à la croissance ? oui absolument, les enfants qui les ont n’arrivent pas à leur pleine croissance, ils ne sont pas dans leur potentiel intellectuel, notamment s’agissant de l’apprentissage à l’école. Cela explique que beaucoup d’entre eux ne vont plus à l’école. Des parasites qui sucent le sang et causent aussi l’anémie chez les enfants. Quand ils sont trop nombreux chez l’enfant ils peuvent causer des blocages intestinaux. Ces parasites se transmettent au travers de la nourriture et viennent des conditions sanitaires insalubres, de l’eau contaminée, avec des parents qui n’inculquent pas toujours aux enfants les règles élémentaires de l’hygiène. De nos jours, des séances de déparasitage se tiennent dans les écoles : tous les enfants reçoivent des médicaments vermifuges. Après ces séances, on constate moins d’abstention à l’école, les enfants se portent mieux.

4/Que se passe t-il quand les parasites sont résistants alors que les résultats des tests actuels semblent difficiles à interpréter ?

Nous étudions les effets de certaines de nos plantes locales sur la possibilité de trouver un remède. Pour les tester, nous utilisions jusqu’à maintenant un système long et inefficace : nous analysions les excréments de moutons. Mon travail consiste désormais à prendre des protéines (*) venant de vers et à les insérer dans de la levure ! Tout est fait en laboratoire maintenant. Quand nous obtenons des composés prometteurs, nous pouvons les tester sur les moutons dans un second temps. C’est plus efficace.

Les enfants contaminés par les parasites grandissent avec cela et même les traitements naturels, à base d’herbe parfois ne suffisent plus. Car on a observé une certaine forme de résistance des parasites.

5/ Vous comptez donc beaucoup sur votre formation à Mac Gill? oui car il y a des facilités et des structures d’observation et d’études que nous n’avons pas en Afrique. Il faut se dire que si aujourd’hui on a pas trouvé encore une cure, c’est simplement parce que cela a été négligé. Ces vers on les considère comme une maladie tropicale qui ne touche que certaines régions du monde.

6/ Que font les gouvernants à l’heure actuelle? beaucoup de programmes ont été lancés dans plusieurs pays, afin de sensibiliser sur l’amélioration des conditions de vie et sur l’hygiène notamment. C’est un début pour tenter d’enrayer la propagation massive des infections. L’Etat est investi et beaucoup d’ ongs aussi donnent des médicaments à l’école, ce sont de bons programmes qui peuvent aider les enfants à les vermifuger.

7/ Seuls les enfants à l’école sont concernés? dans la plupart des cas oui, ce sont les enfants qui vont à l’école qui peuvent en bénéficier. C’est le côté  » santé publique » mais s’agissant de la qualité des médicaments on a observé qu’ils devenaient un peu obsolètes, car les vers commencent à y résister. Et c’est à ce niveau qu’il faut réagir, d’où mon étude.

Il faut trouver de nouveaux médicaments et les moyens de faire et la technologie aussi . Mac Gill va me donner le moyen de trouver le remède approprié à ces vers résistants.

8/ Quels conseils donneriez-vous aux mamans de jeunes enfants qui sont la cible de ces parasites?

Toujours se laver les mains après les toilettes, avant de manger. Bien laver les fruits et légumes, toujours bouillir l’eau avant de l’a boire. Et si possible utiliser des bonnes toilettes.

 

9/ en conclusion votre expérience avec le prix L’Oréal ? Cela a été une formidable expérience où j’ai pu rencontrer des scientifiques du monde entier, échangé avec eux. Les lauréats sont des role models pour moi, et j’ai pu visiter les laboratoires L’Oréal et voir comment la recherche opérait. Le monde de la cosmétique et celui de la recherche scientifique n’est pas si étranger qu’on le pense, dans les deux cas cela fait avancer l’humanité.

 

Conclusion:

Ce prix a changé la vie des femmes qui en ont bénéficié, pour les boursières cela signifie un accompagnement doctoral et post doctoral. Pour les lauréates des Continents, une magnifique reconnaissance de leurs recherches et de leurs carrières dans les Sciences, pour la boursière spéciale, un énorme coup de pouce pour encore persévérer sur les voies de l’excellence scientifique. A aujourd’hui, 1300 femmes dans 106 pays ont été primées, un formidable élan qui a aussi bousculé les stéréotypes, en démontrant que les femmes plus que jamais sont capables d’innover et d’amener des contributions notables à la science. Les femmes de toutes ces éditions ont démontré leur excellence et leur dévouement au progrès. Grâce aux travaux de toutes ces scientifiques, des maladies peuvent être combattues, notre environnement préservé et  pourraient entre autre, paver la voie à de nouvelles promesses de lutte contre la faim dans le Monde. On commence également à avoir des percées incroyables concernant les maladies à origine neurodégénérative.

Dans le Sahel, on pourrait parvenir à combattre certaines fatalités. Tous ces lauréates ont été une source d’inspiration, plus qu’un simple cours de science ou de biologie. Les jeunes boursières récompensées sont aussi la preuve qu’une relève est désormais assurée. Il nous appartient aujourd’hui de guider et de former cette nouvelle génération de scientifiques; il faut le faire dans les mécanismes d’apprentissage de l’enfance, à l’école en donnant aux enfants cette capacité de s’étonner, de questionner. En forgeant leur esprit à l’éveil et aux questionnements, on les prépare à ces carrières de la recherche. Des Institutions comme l’UNESCO, sont des ardentes défenderesses de la parité dans l’accès à l’enseignement primaire pour les filles et les garçons. « Toutes les études démontrent que les systèmes les plus équitables et les plus inclusifs sont les plus efficaces à faire émerger les talents dans tous les domaines » affirme Irina Bukowa. C’est la Mission de l’UNESCO qui promeut depuis toujours la Science au service du développement durable et de la paix.

 


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