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Wafaa Sobhy Vice-Présidente GAFI Egypte « changer l’image que les médias ont de nos régions » !


 

Wafaa Sobhy est Vice-Présidente du GAFI qui est l’agence de promotion pour l’investissement et concerne autant les investissements internationaux que les investissements locaux. Le GAFI gère autant les zones franches que les zones d’investissement privées. Cette brillante économiste a aussi beaucoup surfé dans le tissu associatif ; elle avait lancé avec un groupe de femmes des sessions de coaching et mentoring pour les jeunes diplômés afin de les initier au monde entrepreneurial.

Par Fériel Berraies Guigny, photo Diane Cazelles

Wafaa Sobhy était présente lors de la Semaine Economique de la Méditerranée à Marseille, le mois de novembre dernier et avait intervenu dans divers panels, dont l’allocution d’ouverture de la Semaine Economique. UFFP est allée à sa rencontre pour évoquer son parcours mais également les stratégies mises en place par son pays pour développer le tourisme.

Bio Express

Wafaa a passé 28 ans au Sein du GAFI où elle a occupé diverses positions avant de devenir Vice-Présidente. Elle est très active au sein de cette institution et elle a participé à bon nombre de projets et initiatives régionales, nationales et multilatérales avec un focus particulier pour l’investissement et la promotion en Egypte. Avant le GAFI elle fut chercheuse auprès du Suez Canal Authority. Détentrice d’une maitrise en économie et sciences politiques de l’Université du Caire, plus tard elle obtient également un diplôme en gestion et finance à El Sadat Académie pour les Sciences Managériales. De 2010 à 2012 elle élue présidente de l’ANIMA Investment Network, puis devient Vice-Présidente de l’OCEMO.

Entretien avec UFFP :

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Votre rôle au sein du GAFI ? J’ai un background d’économiste, et bien que notre Institution ait une approche macro économiste, dans ma vie antérieure je me suis également intéressée à la formation des jeunes diplômés afin de les initier au monde entrepreneurial.

Le bilan de cette expérience ? On s’était à l’époque, principalement intéressés au cas des jeunes femmes diplômées, mais avec du recul, je réalise que l’expérience ne fut pas bien aboutie. Car la plupart des jeunes femmes concernées étaient désireuses de trouver un emploi mais dans la fonction publique. Nous devons vraiment changer cette mentalité et même au sein du GAFI, nous avons un programme qui s’appelle BIDAYA (c’est à dire le commencement) qui a pour but de mieux orienter les jeunes diplômés et de changer les mentalités. On aide les start-up et on initie les jeunes aux valeurs entrepreneuriales.

Microfinancing des femmes et des jeunes par exemple, cela va aussi dans ce sens ? Oui des projets comme ENDA, le microfinancing etc…, tout cela regroupe des efforts que les pays en développement tentent d’instaurer durablement afin d’encourager l’entrepreneuriat dans des franges de population, où cela est parfois difficile de se lancer en solo. Bien sûr on a commencé cela un peu tard, mais c’est bien de l’avoir fait quand même.

Qu’est ce qui fait que l’entrepreunariat reste peu accessible en Egypte, le non accès à l’éducation de base? Je pense que le problème ne vient pas uniquement de l’accessibilité pour les filles et les garçons à l’enseignement. Le problème de base reste la pauvreté, dans les gouvernorats les plus reculés d’Egypte, là où la pauvreté prévaut, les enfants sont exploités par les familles. Ils doivent aider les parents et la famille. C’est le plus grand défi auquel est confronté en général le gouvernement égyptien.

Quels sont les effets du post printemps arabe en Egypte par rapport au tourisme, les IDE, l’impact sur la société en général ? On a eu trois ans assez difficiles et beaucoup d’atermoiements, ce fut un tremblement de terre et cela prend toujours du temps pour trouver l’équilibre. Mais grâce à Dieu, actuellement on est dans une phase de reprise. Quelques chiffres, si on parle des IDE pendant l’année fiscale 2012/2013 étaient de l’ordre de 3,9 Mds et de 2013/2014 on était à 4,1Mds

C’est un bon signe pour nous, il y a beaucoup d’opportunités en Egypte et nous vivons seulement sur 6 % de toute la Superficie de l’Egypte, c’est vous dire l’espace que l’on a de disponible. Avec 26 millions d’habitants dont 56 %             sont des jeunes. On a accès à des marchés à plus de 1,6 milliards d’habitants au travers de nos accords commerciaux. Le nombre de méga projets, dont celui du projet de développement du Canal de Suez, donc vous voyez, il y a un retour à l’espoir et aux perspectives d’investissements dans le pays.

Aujourd’hui on parle également de sécurité avant l’investissement dans nos régions, comment rectifier le tir ?

Il y a un gros travail de rectification à faire au niveau des médias. On sait qu’il y a beaucoup d’amalgames et de fausses informations qui circulent et les médias sont malheureusement toujours à la recherche de sensationnalisme. Il faut casser cette spirale infernale, on n’a pas le droit de mal informer sous prétexte d’une recherche de scoops. Certains médias dont Al Jazeera, ne nous rendent pas service, on ne demande que la réalité et la vérité !

Parlez-nous de vos attentes sur cette 8e édition de la SEM ? on est là pour clarifier notre image, pour expliquer quelles sont nos attentes, pour informer de ce que l’on fait et de ce qu’il restera à faire pour dynamiser nos économies touristiques. Cette année, il y a plus d’égyptiens dans cette édition et j’en suis heureuse car il est vrai que géographiquement Marseille n’est pas dans les préférences de l’Egypte.

Parlez-nous des Tourismes de l’Egypte ? Nous avons beaucoup de produits : le tourisme culturel, le tourisme de loisirs et de banc de sable. Il y a également le tourisme du désert, différents produits et différentes clientèles.

Le Tourisme de masse vous en pensez quoi ? Qu’il faut y mettre fin, on doit s’adapter aux changements, accepter qu’il faut peut-être renoncer aux Tours Opérators pour développer nous-même notre propre tourisme !

On doit changer notre façon de travailler, en Egypte on est en train de changer le produit touristique.

L’attente des révolutions fut également le désir d’une stabilité sociale, qu’en est-il aujourd’hui ? Aujourd’hui, on a une nouvelle Constitution et un nouveau Président élu par le peuple avec un pourcentage de plus de 90 % et le gouvernement a mis en place un agenda de réformes que l’on a mis en forme et qui va aboutir. L’Egypt economic Summit, une grande conférence économique va se dérouler en février 2015 à Sharm El Sheikh afin de promouvoir la nouvelle Egypte. D’ici là on devrait avoir fini notre agenda de réformes et on va changer la loi sur l’investissement, celle du travail etc

Cela va permettre d’améliorer l’environnement du business, à côté de cela on est sur de grands projets « prefeasability studies » pour organiser de nouvelles offres pour les investisseurs.

Parlez-nous des femmes au pouvoir ? On a une femme Ministre de la Coopération internationale, on a une Ministre du Travail et de l’Immigration…

Si vous deviez définir la nouvelle Egypte en trois mois. Egypte nouvelle est égale à l’espoir et le progrès !

Que voudriez-vous dire aux jeunes femmes qui nous lisent ? Je voudrais leur dire de continuer à travailler, d’exceller et de ne jamais renoncer à leurs rêves.

 Merci Wafaa Sobhy !

 

 


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