En France et aussi ailleurs, la haine raciste tue. Hier elle a tué à Trappe et la Verrière
UFFP et sa team tiennent à exprimer leur immense émotion et leur profonde indignation après l’attentat survenu à Trappes et à La Verrière, qui a coûté la vie à une personne et fait plusieurs blessé·es grave, dont une enfant de douze ans, dont le corps est criblé de balles.
Kevin 39 ans a pris sa voiture et son arme automatique et par sa fenêtre, a tiré sur des personnes justes parce qu’elles paraissaient maghrébines, musulmanes ou noires. Un homme est mort à cote d’une aire de jeux et un autre est entre la vie et la mort, il y a trois autres blessés dont une petite fille de douze ans qui a reçu huit balles, et qui lutte pour rester en vie.
Sa faute ? être racisée et porter un foulard.
Nos pensées vont d’abord aux victimes, à leurs proches et à leurs familles. Nous exprimons notre solidarité avec les habitantes et les habitants de Trappes et de La Verrière, ainsi qu’avec leurs élu·es.
Selon les premiers éléments communiqués par le Parquet, le caractère raciste de cette attaque est retenu. Si les forces de l’ordre n’étaient pas intervenues, cela aurait été un carnage une tuerie de masse, UFFP tient donc à leur rendre hommage.
L’explosion des actes racistes antisémites, islamophobes, nous font nous sentir inquiets en insécurité sur le sol de la république.
UFFP est en colère contre la profusion de ce racisme décomplexé sur les plateaux de télé et dans les réseaux auprès de certains par tes, cette désignation d’une communauté comme étant l’ennemi de l’intérieur, cette stigmatisation permanente que nous vivons au quotidien.
UFFP refuse de détourner le regard du climat politique dans lequel ces méfaits interviennent. Depuis le 17 octobre, le déferlement de haine et à la libération de la parole raciste ont franchi un nouveau seuil. (…)
La semaine a commencé avec l’extrême droite qui défile en toute impunité à Lyon malgré un couvre-feu, elle se termine par un passage à l’acte à Trappes. On ne peut pas souffler sur les braises de la haine toute la semaine et prétendre s’étonner lorsque notre société s’embrase. Cette tuerie de masse planifiée, par un individu est ni plus ni moins, la résultante d’un climat odieux par rapport à une communauté. Un passage à l’acte qui n’est ni plus ni moins, un Attentat terroriste islamophobe !
Halte à la haine ! Aux raccourcis, à la stigmatisation, aux boucs émissaires, l’immigration, les arabes, les musulmans, les noirs, devenus les ennemis publics de la République, à dessein pour conforter des campagnes populistes électoralistes « non le grand remplacement et le grand embrasement » brandi comme un épouvantail alibi de tous les maux de notre société, une société « malade de ses enfants différents », stop à la violence des mots, des maux, des images qui ternissent l’esprit de notre chère République de la fraternité et de l’égalité.

photo SHUTTERSTOCK ALL RIGHTS RESERVED FOR UFFP
Marianne est à terre, et ce n’est pas l’œuvre des pilleurs, elle est à terre car on viole tous ses idéaux !
Cette ultra violence, des images, des slogans, des médias polémistes achetés par des partis X nous amènent tout droit à une guerre civile, dont la substantifique moelle, est le nihilisme et la négation de l’autre dans sa différence.
Chasse aux sorcières vaines, qui nous monte les uns contre les autres, elle est belle l’unité et la paix à coup de balles et matraques !
Nous cassons les genoux et le cœur de la république, France pays des lumières et de la fraternité, tu agonises lentement du sang de tes enfants otages de polémiques stériles.
Stop à l’engrenage
Cette violence si elle perdure nous porte vers les portes d’une guerre civile.
Cette attaque à l’arme automatique commise à Trappes et à La Verrière est le bras armé des discours incendiaires fallacieux sur une catégorie de français que l’on ne peut et ne veut digérer. Enfants « bâtards » d’une francité désavouée, UFFP pleure, la matrice à terre, UFFP pleure la haine de l’autre. On ne peut continuellement « nous livrer » aux diatribes, et raccourcis mensongers, une vindicte populaire bien organisée et orchestrée et prétendre que tout ce cirque n’aura aucune conséquence !
Nos pensées encore une fois vont d’abord aux victimes, à leurs familles et aux habitants de ces deux villes. A TOUS CEUX QUI ONT ETE ASSASSINES LES INDIGENES DE LA REPUBLIQUE puisque c’est ainsi que l’on se sent continuellement.
Il y a un climat de guerre civile et ce n’est pas une théorie du complot. Car entre ceux qui soufflent sur les braises et ceux qui retirent les marrons du feu, toute une communauté est stigmatisée. Parler de racaille ou de karcher ne va pas non plus aider à l’unité en respect des différences de tout un chacun.

photo SHUTTERSTOCK ALL RIGHTS RESERVED FOR UFFP
La France actuelle terre d’inégalités
Comment prétendre à la justice, à la paix sociale et civile dans une terre qui entretient depuis toujours des discriminations au faciès ?
Quand on sait qu’un tiers des personnes arrêtées en France sont issues de l’immigration, que bien souvent, sans raison.
Par Fériel Berraies Guigny
Qu’à chaque crise ou mouvement social, on revoit la balle à l’ultra gauche, cela signifie aussi déresponsabiliser une certaine communauté encore et toujours.
La politique des camps qui s’affrontent est délétère et rien de bon ne viendra.
Pour Dominique de Villepin l’essentialisme ne pourra pas augurer d’une sortie de crise. Outre de bloquer toute possibilité de sortie de crise, cela alimente les tensions, c’est comme mettre de l’huile sur le feu. Et nous vivons une véritable poudrière sociale à l’heure actuelle.
Pour De Villepin « la France de Souche n’existe pas » !
Pas de la nouvelle France, je n’y crois pas. Pas de la France de souche, elle n’existe pas. Non, la France tout court », précise-t-il, formulant ainsi une réponse indirecte au concept de la France insoumise d’une part et au Rassemblement national de l’autre.
Homme de droite préféré de la gauche par son parti la France Humaniste ( le parti qui rassemble le plus de jeunes en France » il nous donne une leçon magistrale de républicanité.
La France est certes un vieux pays comme il l’avait clamé aux Nations Unies, mais la « République » dans ses valeurs ne voit pas les différences ethniques. Selon ses dires, il n’y aucune distinction en fonction de l’origine, chacun vient tel qu’il est !
Une République qui se fracture
Mais voila le discours est beau, humaniste mais dans le ré alité, les fractures sont profondes, la question des binationaux tant de fois décriée, et bien de Villepin à contrecourant des extrêmes, ne voit aucune inquiétude à la bi culturalité, pourquoi faire un choix quand on peut nourrir notre République de nos richesses culturelles ?
Stop aux renvois systématiques à l’ultra gauche, dés que l’on veut revendiquer un droit, aux indices ethniques, et à la question de l’intégration. Tout ceci alimente le piège identitaire, il ne faut surtout pas faire de distinction entre les français.
Qui est plus ou moins français que l’autre ? une barbe, un voile, une couleur de peau, un cheveu crépu, une religion ?
Autopsie d’un vivre ensemble moribond
En ces temps hautement troublés, dire que la cohésion sociale est en péril, est un euphémisme.
Nous devons rester attachés à une France universelle, malgré tous les malheurs sociaux qui nous entourent, les révoltes lycéennes, le mouvement des gilets jaunes, la vie chère, la démocratie qui agonise.
STOP aux épouvantails de la République
Nous devons mesurer la portée des discours et théories fumeuses sur le grand remplacement et l’invasion des barbares et des sauvages, non on ne va pas ISLAMISER NI LA France NI L’EUROPE NI LE MONDE, n’en déplaise aux discours des Trump du MONDE. On ne peut pas matin, midi et soir désigner des femmes et des hommes à la vindicte populaire et prétendre que les mots sont sans conséquences. Réduire des personnes à leur origine supposée, stigmatiser le voile, vouloir rendre une religion responsable des actes de quelques-uns, c’est nourrir la haine et enfermer la France dans le piège identitaire.
La paix et la cohésion sociale sont en danger et ce n’est ni la faute des immigrés, des clandestins ou des mestèques… tout ceci est la résultante de politiques économiques et sociales délétères ces quarante dernières années avec un spécial focus pour ces dernières années, ou la crise a creusé les écarts sociaux et le fossé et la dette son désormais gigantesques.
Il nous faut considérer la légitimité des revendications sociales actuelles, condamner toutes les violences injustifiées, protéger le citoyen et surtout rassurer le français en continuant à défendre l’Etat de droit.

Tribune de Dounia Bouzar
Dounia Bouzar « il faut remettre un être humain là où l’idéologie avait fabriqué une catégorie » !
Il faut arrêter la catégorisation des êtres humains, remplacer l’humain à sa juste place, car on ne passe pas directement de la haine au meurtre.
Entre les deux, la représentation de l’autre se transforme.
L’autre cesse d’être un individu. Il devient une catégorie. Puis cette catégorie devient un « Ennemi ». Et lorsque cet Ennemi a été suffisamment déshumanisé, sa destruction peut finir par apparaître comme légitime. Il devient une cible.
C’est cela qui permet de tirer sur un inconnu
Pour tuer quelqu’un que l’on n’a jamais rencontré, il faut en quelque sorte ne plus le rencontrer psychiquement comme une personne.
Ne plus voir un homme, une femme, un père, une sœur, un voisin, un passant.
Voir à sa place « un Arabe », « un musulman », « un Juif », « un Noir », « un étranger ».
La personne disparaît derrière l’étiquette.
C’est l’un des mécanismes que j’ai étudiés pendant dix ans de lutte contre la radicalisation : la pensée se resserre jusqu’à devenir binaire. Il n’y a plus des individus singuliers. Il y a « nous » et « eux ».
Puis vient la globalisation
Ce qu’a fait un individu finit par être attribué à tout son groupe. On ne dit plus : « l’un d’entre eux a commis un acte violent », mais : « ils sont violents ».
On est passé d’un acte individuel à une identité collective supposée.
Et c’est là que les mots commencent à compter.
À force de parler de millions de personnes comme si elles formaient un seul corps, on prépare psychiquement la possibilité qu’un jour quelqu’un transforme cette population-problème en cible.
Cela ne signifie évidemment pas que celui qui prononce une généralisation raciste est un futur terroriste.
Mais le passage à la violence ne naît pas dans un vide idéologique
L’arme intervient à la fin du processus.
Bien avant, il y a eu une modification du regard :
un humain est devenu une catégorie ;
la catégorie est devenue une menace ;
la menace est devenue un Ennemi ;
et l’Ennemi a fini par devenir une cible.
C’est aussi là que la prévention — et la désescalade — doivent commencer.
Si la radicalisation est un processus, la désescalade en est un aussi
Elle ne consiste pas seulement à demander aux uns et aux autres de « se calmer ». Elle consiste à inverser le mécanisme : remettre de la complexité là où s’était installée la pensée binaire, des individus là où l’on ne voyait plus que des groupes, des histoires singulières là où l’idéologie avait fabriqué un Ennemi collectif.
Une démocratie peut supporter des désaccords très durs. Elle ne peut banaliser la disparition des individus sous la globalisation d’un stigmate.
Le piège après Trappes serait de répondre à la catégorisation par une autre catégorisation.
Désamorcer, ce n’est pas nier le conflit. C’est empêcher que le conflit transforme des personnes en catégories ennemies.
La réponse démocratique devrait peut-être commencer par ce mouvement inverse :
Remettre un être humain là où l’idéologie avait fabriqué une catégorie.
Face à la haine, l’unité de la République est cruciale
Les pouvoirs publics doivent s’assurer de garantir la protection de toutes les habitantes et tous les habitants de ce pays et aux responsables politiques qui nous gouvernent de mettre un terme à la surenchère autoritaire et au racisme décomplexé qui s’exprime depuis le 17 octobre. Aucun·e d’entre nous ne doit avoir peur pour sa vie en raison de sa couleur de peau ou de son origine.
Depuis des semaines, les mobilisations battent leur plein partout en France et devraient faire l’honneur de notre démocratie. Ici, des jeunes exigent des conditions d’études correctes, là les pompiers demandent les moyens de nous protéger, toutes et tous réclament une vie digne.
Le gouvernement n’a qu’une seule réponse, la répression, un seul horizon politique, la remise en cause de l’Etat de droit.
Manifester « pacifiquement » est un droit !
Il faut continuer à se mobiliser avec calme et détermination, pour marcher contre la vie chère, aux côtés des lycéennes, lycéens, et aussi pour défendre l’état de droit, le droit de manifester, pour appeler aux solidarités face aux haines racistes.
Retrouvez notre billet sur les mouvements lycéens
Plus de place à la FAC pour ne pas finir à la BAC !
Des personnalités s’expriment par des tribunes :
Hella Ben Youssef « quand les discours politiques banalisent la haine, qui porte la responsabilité du passage à l’acte » ?
En Conclusion
Nous enfants de la République sommes égaux, quelle que soit notre confession, notre couleur de peau et notre statut social, nous sommes les enfants de France.
L’heure est aux Etats généraux de la République, à l’union sacrée pour la paix civile et l’avenir de notre pays dit Dominique de Villepin, et il a complétement raison, il faut démystifier, déstigmatiser et il faut véritablement un sursaut NATIONAL !
L’appel à la fraternité, à la paix, à la cohésion sociale, est le seul moyen de parvenir à ce que
l’on vive en France, en sécurité.
Combien d’Aboubacar Cissé assassiné dans une mosquée en 2025, faudra till ? pour le comprendre.
Il faut arrêter les crimes anti musulmans comme celui de Hichem Miraoui assassiné la même année dans le Var dans un crime raciste, Combien d’enfants seront encore visés par des tirs à la carabine comme ce vieux qui a sorti son arme sur des jeunes qui jouaient dehors « dehors les arabes et les musulmans » disait-il rappelez-vous cet homme qui a été jugé pour des insultes racistes et qui a fait un tir à la carabine près d’enfants en Haute Loire, et qui a été condamné à quinze mois de prison avec sursis probatoire.

photo SHUTTERSTOCK ALL RIGHTS RESERVED FOR UFFP
Quand l’ARCOM fera telle vraiment son travail pour sanctionner les propos de certaines chaines que nous ne nommerons pas, tous ces politiques avec leurs propos haineux et racistes et leurs théories « fumeuses » ?
Oui les stigmatisations et les fake news sont très dangereuses et amènent des passages à l’acte et de grandes haines et violences dans la vraie vie.
Combien d’Albanie, de Palestine, de Congo, d’Etats Unis faudra til pour comprendre la réalité de ce qui se joue sur le terrain.
ET surtout d’amalgamer la révolte et le mouvement lycéen qui a toute sa légitimité et stop aux théories fumeuses « d’intifadha ou de violences urbaines et GRAND REMPLACEMENT » quand certains parlent et décryptent le mouvement lycéen : c’en est presque hilarant et pathétique.
Depuis le 17 octobre, une certaine chaine diffuse 32 récits ou fake news par jour sur le mouvement lycéen !!!
La Banalisation des extrêmes politiques, de leurs idées, les discours fakes des médias à leur solde, continueront à nous mener sur un terrain glissant vers encore plus de violences !
Entre violences institutionnelles, économiques, sociales, politiques et médiatiques, nous nageons en pleine dystopie.
Cessons d’armer idéologiquement les individus isolés racistes. Oui l’ordre racial s’est imposé à nous « par la force » on a trop souvent oublié cela. Oui la différence peut être une arme et devenir mortifère, c’est malheureusement un fait social en France.
Il n’y a pas au fond de « bon ou mauvais immigré » il n’ y a que des « immigrés » des « coupables d’être musulman, arabe ou noir »
Le racisme est là, une certaine France a un problème avec ce que « l’on est et non ce que l’on fait » quelque soit le comportement exemplaire du francais non de souche.
Alors être arabe, musulman ou noir, et bien cela signifie des probabilités de mourir soit durant un attentat, ou lors d’un contrôle policier, ou une non prise ne charge aux urgences ( lire notre dossier racisme médical) toutes ces variables participent à la morbidité de notre catégorie sociale.
Retrouvez nos autres dossiers sur le racisme en France et ses effets psychosociaux et médicaux sur les victimes ainsi que les entretiens et tribunes de spécialistes
Il faut arrêter la lecture culturelle des victimes
Car le racisme tue aussi à petit feu
et les traumas et les conséquences psychologiques sont à long terme sur les populations victimes
Le racisme politique et médiatique oui oui il perdure et est une arme de répression massive des « indigènes » de la République
Voir notre dossier
Les inégalités sociales doivent être remise en question même quand il s’agit du chaos climatique !
La France doit réhabiliter son passé colonial et ne pas reproduire inlassablement les mêmes schémas !
Stop aux relents coloniaux qui perdurent !
Et la violence policière sous couvert de répression et d’autoritarisme à l’encontre des racisés injustement et uniquement car racisés, doit cesser
